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8 signes qui montrent que les américains changent doucement leur manière de manger pour améliorer leur santé

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Aux Etats-Unis, la consommation de soda est en chute, tandis que l’aversion des consommateurs pour le sucre est appelée à se développer à vitesse grand V.

L'une des tendances alimentaires américaine de 2015 s’est traduite par un véritable engouement autour du maïs sain. Avec une kyrielle de produits à base de maïs bio, garantis sans OGM.

Darren Seifer, analyste du secteur agroalimentaire chez NPD Group, a récemment déclaré que les consommateurs se focalisent de plus en plus sur des aliments bios et sains. Et quand on en vient à un des symboles alimentaires US – l’épi de maïs – les consommateurs privilégient désormais de l’organic sweet corn, du maïs doux bio et d'origine locale - à l’opposé du sirop de maïs à haute teneur en fructose, un édulcorant que l’on retrouve dans une large palette de produits industriels et responsable du développement de pathologies comme l'obésité et le diabète.

L'aversion des consommateurs pour le sucre, sous toutes ses formes, est un phénomène appelé à s’accélérer. Pour Darren Seifer, cela fait parti d'une tendance générale des consommateurs de plus en plus conscients de ce qu'ils mangent, et comment leur alimentation affecte non seulement leur santé personnelle - mais aussi l'environnement et le bien-être animal.

Voici huit tendances alimentaires qui sont en train de faire bouger le système alimentaire américain, et qui sont en passe de devenir encore plus populaire en 2016.

1. Le Locavorism

Locavorism-vs-Globavorism 


Lancée à San Francisco en 2005 et ancrée dans le mouvement de l'agriculture biologique, le locavorism est connu chez nous sous le terme de circuit court. Une pratique qui consiste à manger de la nourriture produite localement, plus spécifiquement dans un rayon de 100-miles autour du lieu de production. Une façon saine et durable de s’alimenter. Car d’un coté, la nourriture est plus fraîche et ne nécessite pas de conservateurs. Et de l’autre, le locavorism est également meilleur pour l'environnement, puisque les denrées alimentaires ne voyagent pas beaucoup avant de rejoindre les consommateurs. C’est donc moins d'énergie utilisée pour le transport et une diminution de l’empreinte carbone, c’est-à-dire les émissions de CO2 qui contribuent au changement climatique.

L'année dernière, un petit groupe d’intrépides « locavores » de Bristol, en Angleterre, a entamé un projet de recherche baptisé Going Local Going Green, qui a permis de suivre la progression de leurs quêtes alimentaires dans un rayon de 100 miles. Aux États-Unis, le mouvement locavore est en train de recruter et de faire des émules. Alors que le Vermont, le Maine, le New Hampshire et l'Oregon ont conservé leur place de leaders dans le Locavore Index 2015, plusieurs Etats ont gagné des places entre les classements 2014 et 2015 : le Massachusetts (11 à 5), Wisconsin (8 à 6), Montana (9 à 7) et le Connecticut (20 à 10).

Le rejet des aliments génétiquement modifiés peut contribuer à accroitre encore plus l’intérêt pour le locavorism. « La controverse autour des OGM incitera les consommateurs à devenir encore plus intéressés que jamais par les aliments bios « hyper locaux », prédit Aaron von Frank, PDG de GrowJourney, qui vend en ligne des semences bios en fonction des saisons.

En plus de consommer sur place, l'un des principaux aspects du locavorism est de manger les produits de saison, ce qui implique le fait de renoncer à certains aliments à certains moments de l'année, jusqu’à abandonner complémentent certaines denrées. Se nourrir comme nos ancêtres revêt un attrait. « Manger de saison, c’est tout le plaisir d'être dans l'instant et de déguster quelque chose de nouveau », explique Sarah Elton, auteur de Locavore: From Farmers’ Fields to Rooftop Gardens, How Canadians Are Changing the Way We Eat

2. Des aliments sains et nutritifs

gallup food

« L'industrie agroalimentaire est incroyablement douée pour manipuler les propriétés des aliments », affirme Kelly Brownell, doyen de l’Ecole des politiques publiques de l'université de Duke. « Avec juste la bonne texture, la bonne couleur, la bonne odeur pour vous en faire consommer autant que possible, et provoquer un état de manque quand vous n’en avez plus ».

Mais alors même que l’agroalimentaire tente d’attirer les consommateurs avec des aliments transformés, de plus en plus de consommateurs recherchent l’opposé : des aliments non-transformés, sains et nutritifs, comme les fruits, les légumes, les noix et les graines. Cet intérêt sans cesse croissant pour une alimentation saine est corrélé avec une aversion croissante pour le sucre. Un récent sondage Gallup a révélé que 44% des Américains inclus maintenant des aliments bios dans leur régime alimentaire, alors qu’une bonne moitié des sondés évite le sucre. 77 %des Américains misent sur des graines, telles que les céréales, les pâtes et le riz, tandis que plus de 60 % évitent désormais les sodas. Et chiffre impressionnant pour les Etats-Unis, 9 Américains sur 10  essayent maintenant d'inclure des fruits et légumes dans leur alimentation.

Non seulement les consommateurs US sont de plus en plus en quête d’aliments sains, mais ils sont également prêts à payer un premium pour les obtenir. Selon l’enquête 2015 Global Health & Wellness de Nielsen, qui a interrogé plus de 30 000 internautes, 88 % des Américains sont prêts à payer plus cher pour des aliments plus sains. Les ventes mondiales de produits alimentaires sains sont estimées à 1 000 milliards de $ en 2017, selon Euromonitor.

Pour savoir ce que les consommateurs vont rechercher de plus de plus au cours des prochains moins, on pourrait résumer cela en un seul mot. « Il suffit de penser au mot "sans" », précise Darren Seifer. « Sans conservateurs, sans additifs, sans hormones de croissance. »

« Bien que les préoccupations économiques restent essentielles pour les consommateurs, les préoccupations de santé et de bien-être continuent de prendre une place de plus en plus importante », souligne l’analyste de marché, James Russo, de chez Neilsen. « Les raisons sont variables : sociétale, démographique, technologique, gouvernementale - mais surtout, il s’agit d’un changement des consommateurs sur le poids que l’alimentation peut avoir en termes de santé. »

3. Une alimentation plus orientée sur les plantes

plant-food

Global Food Forums, qui organise des conférences sur les marchés alimentaires mondiaux, affirme que 2016 verra le décollage de l’herbivorism. Les plantes jouent un rôle plus central dans un nombre surprenant de produits, et pas seulement chez les vegans (végétaliens) et les défenseurs des autres alternatives végétariennes. Cette tendance va de pair avec la recommandation émise l'année dernière par la commission fédérale du Dietary Guidelines Advisory, qui souligne que les Américains devraient manger moins de viande.

Les prix élevés de la viande, les craintes sur les hormones, les problèmes de santé, et même la peur des cancers induits par des consommations excessives de viande et de charcuterie ont conduit au fait que les restaurants centrés sur une cuisine végétale sont les nouvelles coqueluches de l’univers alimentaire US.

Dans le documentaire In Defense of Food, basé sur son livre best-seller, Michael Pollan offre une solution simple aux problèmes de santé liés à l'alimentation aux États-Unis, qui ont abouti au fait que près de 7 adultes sur 10 sont considérés en surpoids ou obèses. Sa recommandation : « Mangez des aliments. Pas trop. Et principalement des plantes. » Il s’agit de manger ce que nos ancêtre ont mangé pendant des milliers d'années, avant l'avènement des aliments industriels transformés qui jonchent le paysage alimentaire.

Michael Pollan relève qu’il est très rare dans nos vies qu’une réponse à une question complexe soit si simple - mais c’est bien le cas quant il s’agit de manger.

4. Haro sur les OGM

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En 2013, un sondage du New York Times a révélé que 75 % des Américains ont exprimé des préoccupations au sujet des OGM présents dans leur nourriture, et la plupart d'entre eux se sont dits préoccupés par leurs effets sur la santé. Ainsi, alors que le mouvement anti OGM a pris de l’ampleur ces dernières années, les préoccupations des consommateurs sur cette question seront encore plus présentes en 2016.

Selon Nielsen, 43 % de la population mondiale, dans tous les profils démographiques, serait prête à payer plus pour des aliments sans OGM. D’ailleurs, « peu importe ce que la science dit, de nombreux consommateurs ont fait leur choix : ils ne veulent pas de bricolage génétique avec leur nourriture », analyse Technomic, un cabinet spécialisé en recherches sur l’alimentation. En 2016, toujours selon ce cabinet, « certains convives seront attirés par des restaurants vantant les mérites de plats sans OGM ; et d'autres vont exiger un étiquetage des OGM sur les menus. Voilà un gros problème pour la chaîne d'approvisionnement, puisque de nombreuses cultures (comme le soja pour la nutrition animale) ont été génétiquement modifiées pour accroître la productivité ».

« Il y a déjà beaucoup de controverse autours des OGM, mais je pense que ce débat va sérieusement s'intensifier en 2016, à cause de la récente décision de valider [par la Food and Drug Administration] le saumon OGM comme étant propre à la consommation humaine », explique Abigail Keeso, une infirmière et co-fondatrice de Clean Life, une plate-forme pour une alimentation saine.

5. Des œufs de poules en plein air

cage-free eggs

Aux Etats-Unis, 2015 a marqué un tournant dans la longue campagne pour libérer les poules pondeuses de leurs cages et des élevages en batterie, dans la mesure où plusieurs des plus grandes marques alimentaires US ont annoncé qu'elles cesseraient de s'approvisionner avec des œufs produits par des poules soumises à une forme si extrême de confinement que les gallinacés sont incapables de déployer leurs ailes une seule fois dans toute leur vie. Ces promesses indiquent une réponse des entreprises qui s’adaptent à des consommateurs de plus en plus exigeants sur le fait que leurs aliments soient produits sans cruauté envers les animaux. Cette tendance va très probablement se développer encore plus pendant les années à venir.

« Quand vous avez tout le monde de McDonald à Taco Bell, de Dunkin 'Donuts à Nestlé, qui sont en train de basculer leurs approvisionnements avec des œufs de poules en liberté, vous savez que c’est en train de devenir la norme dans la société », indique Josh Balk, directeur principal de la politique alimentaire à la Humane Society of the United States (HSUS). Pendant la dernière décennie, la HSUS a été à l'avant-garde dans la campagne nationale anti cage.

Terrence O'Keefe de WATT Global Media, une société d’information sur l’industrie agroalimentaire, affirme que « la demande du marché pour les œufs de poules en liberté est le plus important  développement de 2016 pour les producteurs américains d'œufs ».

Pour Josh Balk, « en aucun cas une entreprise ne sera désormais en mesure de convaincre ses clients que c’est quelque chose de normal de traiter les animaux comme des machines et de les immobiliser au point qu'ils peuvent à peine bouger ».

6. Des sauces pimentées et des épices

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Les Etats-Unis et monde occidental vont assister à une augmentation constante de l'intérêt des consommateurs pour les sauces pimentées et les aliments épicés. 

Technomic appelle cela l’effet Sriracha (la fameuse sauce pimentée thaïlandaise).La société explique que « les chefs ont appris que la sauce Sriracha peut ajouter un cachet ethnique instantané à une nourriture aussi simple qu’un sandwich ». Et en 2016, de nouveaux ingrédients seront recherchés partout dans le monde pour relever les plats, comme le piment Bhut Jolokia d’Inde (réputé 400 fois plus fort que le Tabasco), le sambal d'Asie du Sud, le Gochujang de Corée, la harissa, le sumac et le Dukkah d'Afrique du Nord.

Nous assistons également à une prise de conscience croissante des avantages associés à la consommation d'aliments épicés en termes de santé. « Les preuves s’accumulent et la recherche expérimentale démontre les bénéfices des piments et des épices ou de leurs principes actifs sur la santé humaine », a déclaré Lu Qi, professeur associé à la Harvard School of Public Health et co-auteur d'une étude publiée l'an dernier, qui montre que les aliments épicés tels que les piments peuvent augmenter la longévité. Cela résiderait dans la capacité de la capsaïcine, un des principaux composants actifs du piment, de réduire les effets nocifs des LDL (lipoprotéines de basse densité), ou le mauvais cholestérol, ainsi que ses propriétés anti-inflammatoires, qui contribue à réduire le risque de problèmes cardiaques. Les aliments épicés stimulent aussi la production des hormones du « bien-être » comme la sérotonine, ce qui peut contribuer à soulager le stress et à contrer les syndromes de la dépression.

7. Les fruits et légumes moches

ugly fruits

Des images créées de toute pièce par les entreprises d’agroalimentaires aux chefs se focalisant sur l'aspect visuel de leurs plats, nous avons été conditionnés à croire que les fruits et légumes aux formes parfaites sont en quelque sorte meilleurs. Ce désir pour des produits à l’apparence parfaite joue un rôle important dans le gâchis alimentaire ; les tubercules torsadées et les brocolis pliés sur eux-mêmes offrent les même goûts et nutriments que les versions aux formes parfaites, mais ils finissent dans la poubelle avant même d’avoir vu un consommateur.

Les supermarchés refusent de présenter des fruits et des légumes moches, et la plupart de ceux-ci ne voit donc jamais la lumière du jour. Des milliards de tonnes de produits parfaitement savoureux - mais esthétiquement douteux – vont à la décharge chaque année." Le National Resources Defense Council estime qu’un nombre hallucinant, de six milliards de livres de fruits et légumes sont gaspillés chaque année aux États-Unis parce qu'ils sont considérés comme laids.

L'année dernière, Ariel Schwartz, rédacteur en chef pour l’innovation à Tech Insider, a relaté son expérience en lançant sa startup appelée Imperfect. Son but vise à changer la perception de ce qu'on appelle les produits moches. L'entreprise, qui facture 12 $ pour une boîte de produits mixtes provenant des fermes de Californie -qui coûterait normalement 20 $ dans un magasin ou 35 $ pour un service en ligne de livraison similaire -, prévoit d'étendre ses activités dans le reste des Etats-Unis. « Peut-être est-il temps de redéfinir ce que nous considérons comme des produits ‘attrayants’ », écrit Schwartz.

En Australie, une entreprise familiale appelé Eat Me Chutneys travaille également à lutter contre le gaspillage alimentaire en transformant des produits moches, pour faire de 200 à 300 pots de chutney chaque semaine. Ils ont récemment mené une campagne de crowdfunding pour lever des fonds afin de les aider à atteindre leur objectif cible : sauver 10 tonnes de produits moches en 2016.

8. L’année de l'ouvrier agricole

tomato workers

Beaucoup de travailleurs agricoles et d’ouvriers dans l’agroalimentaire font face à des abus et à un certain nombre de conditions dangereuses, comme des expositions prolongées à des pesticides et autres phytosanitaires toxiques. Heureusement, ces dernières années, leurs histoires ont été révélées et la sensibilisation du public n'a cessé de croître. Par exemple, en janvier 2015, après un combat de deux décennies contre des conditions de travail esclavagistes chez les producteurs de tomates américains, le secrétaire d'État John Kerry a présenté la Coalition des travailleurs d'Immokalee, qui a reçu la Médaille présidentielle pour ses efforts remarquables dans la lutte contre la traite des êtres humains.

Au cours de la dernière décennie, plus de 1200 travailleurs agricoles ont été libérés de réseaux agricoles esclavagistes rien qu’en Floride. Cela peut sembler énorme, mais comme Barry Estabrook, auteur de Tomatoland : How Modern Industrial Agriculture Destroyed Our Most Alluring Fruit, l’explique, « Ce que vous voyez est uniquement la pointe d'un iceberg vraiment laid. Le problème, c’est que ce sont des dossiers très difficiles à amener en justice ».

En septembre, le ministère du Travail US a proposé de remettre à jour les normes de protection des travailleurs, en relevant à 18 ans l'âge minimum que doit avoir un travailleur agricole pour manipuler des pesticides, et également en élargissant les « zones d'exclusion » pour tous les espaces qui ont été traités avec des pesticides. Ces règles pourraient bientôt accroître les niveaux de protection de quelques 2 millions de travailleurs agricoles aux Etats-Unis.

Compte tenu de la prise de conscience accrue du travailleur agricole, avec un marché du travail plus réglementé aujourd'hui, de la volonté d'augmenter le salaire minimum et de l'avancement de l'automatisation, il n’est pas étonnant que Technomic a baptisée 2016, the Year of the Worker.

Quelles que soient les tendances alimentaires spécifiques qui peuvent déparquer au cours de cette année, il est clair que de plus en plus les consommateurs US ont tendance à aller vers une alimentation plus saine, plus durable, plus éthique et plus humaine. De quoi continuer à contribuer à plus de changements dans le système alimentaire US dans son ensemble. Plus qu’une tendance de 2016, c’est un véritable mouvement de fond qui va durer sur une longue période.

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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Fabrice mardi, 26 janvier 2016 08:05 Posté par fabulousfab

    Tout ceci est positif mais je doute fort que cela concerne une majorité d'américains. Je suppose qu'il s'agit surtout de classes aisées issues des grands métropoles.
    Je leur souhaite bon courage avant d'obtenir l'étiquetage des aliments OGM

  • Lien vers le commentaire hftrade lundi, 25 janvier 2016 22:32 Posté par hftrade

    C'est clair que les yankees reviennent de la malbouffe. mais la bas ca avait atteint presqu'un point de non-retour dans l'exces

    maintenant je ne serais pas etonné que le meme phenomene touche la france.