Samuel Rondot : Sous traiter ses besoins en externalisant à l’international, l’avenir incontournable pour les PME !
Autodidacte en informatique il m’arrive régulièrement d’être coincé par mon manque de formation théorique.
La plupart du temps une recherche approfondie sur internet me permet de dépasser cet handicap mais parfois ce n’est pas suffisant.
Depuis quelques temps déjà, j’ai pris la décision de faire appel à des « Freelancers ».
Cela se passe de la manière suivante :
-On fait une description la plus exacte de son problème.
-On sélectionne la liste de compétence probablement nécessaires à le résoudre
-Puis on le publie sur une site d’appel d’offres avec une durée de validité (en générale de 3 à 5 jours pour un petit projet).
Dans les jours suivant des informaticiens en freelance vont proposer leur service à un certain prix et éventuellement poser quelques questions. En règle générale, pour quelques lignes de codes et un projet de 2 ou 3 heures pour un spécialiste, je reçois de 10 à 30 propositions, largement de quoi répondre à mes attentes.
Les prix vont de quelques dizaines de dollars à plusieurs centaines pour le même travail.
Viens ensuite l’étape la plus délicate, choisir le candidat. Le prix est une chose mais si on ne s’en tient qu’à ca on risque de se retrouver avec un étudiant de première année qui n’a pas demandé grand chose car il n’est pas du tout certain d’y parvenir.
Ensuite, je fais très attention au pays d’origine du freelance. Il est évident qu’un américain, un indien ou un brésilien n’auront pas les mêmes charges donc la même marge à proposer. Mais il faut aussi faire très attention à la langue et aux habitudes de certaines régions.
Prenons les chinois, leur culture les pousse à dire oui à tout (même s’ils n’ont pas forcément les compétences) et leur anglais est souvent approximatif. En revanche, à leur décharge, je dois avouer que si on a de la chance, certains sont bons, en fait, très très bons et coûtent très peu cher. L’expérience m’a toutefois montré qu’à moins qu’il soit réputé (chaque site propose un système de notation et de commentaire, on se fait donc un avis facilement), choisir un asiatique c’est un peu de la loterie.
Souvent mon premier choix se porte sur un indien. Leur niveau d’anglais est souvent impeccable, leur disponibilité aussi (grâce à leur fuseau horaire en avance sur le notre mais pas trop) et leurs compétences excellentes. Je ne me prive pas de choisir d’autres destinations de temps à autre, ca me donne aussi l’impression de voyager par procuration.
Ensuite pour faire mon choix, j’adopte 2 types de stratégies :
- Soit j’ai fait un appel d’offre car j’ai pas vraiment le temps de faire les recherches pour rédiger le code moi même. Auxquels cas, je choisis les freelancer les mieux notés avec le meilleur rapport qualité prix. En général, ca coûte un peu plus cher puisqu’ils ont déjà une réputation mais au moins je suis sur du résultat.
-Soit je fais un appel d’offre parce que je suis moi même coincé et là je préfère multiplier les candidats, en général 4 ou 5. Je choisis plus le prix que l’expérience car souvent des jeunes qui ont l’envie vont se révéler plus fiable pour aller au bout du projet que des freelance établis qui joueront la facilité et poseront le risque d’abandonner en cours de route.
Sur mes 4 ou 5, j’ai toujours 2 ou 3 touristes. Ils ont cru qu’ils pourraient plier ca en 1h et m’en facturer 3 mais après les premiers problèmes ils disparaissent, je n’aurait donc pas à les payer. Puis souvent il y a un besogneux, il va y passer des jours et des nuits pendant 3 jours alors que ca aurait du lui prendre 3h. Et enfin, on trouve aussi régulièrement le petit génie qui va plier le boulot en quelques minutes alors que déjà des dizaines d’autres se sont cassés les dents dessus. Au final j’en paye 2 au lieu d’un seul mais je suis sur que le boulot est fait et il m’a coûté moins cher que de faire appel à une star déjà reconnue.
Les freelances demandent de 10 à 100$ de l’heure en fonction de leur origine. Le site facture 3$ par freelance « embauché » et le freelance paye 5$ pour accepter un boulot. En règle général ces petits projets me coûte de 20$ à 50$ et le paiement se fait à travers le site qui agit comme tierd de confiance. Au début du boulot je paye le site qui lui même ne versera l’argent au freelance si je suis satisfait du résultat. Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à valider le travail et l’argent est débloqué à son attention en quelques minutes.
Au fil de l’eau, cela m’a bien sur permis de construire un petit réseau de contacts toujours prêt à prendre un petit boulot mais je me prive rarement de faire un appel d’offre car il est souvent plus intéressant d’aller chercher directement une personne avec la compétence spécifique.
Il est évident que je jouis de 2 avantages important :
Un niveau de base en informatique solide, bien que autodidacte, qui me permet de bien poser les données du problème
Et un niveau d’anglais suffisant pour que la communication ne soit jamais un problème.
Mais je suis sur qu’en cherchant un peu, on doit pouvoir trouver la même chose en français et que dans de nombreux cas, le freelance sera parfaitement capable de synthétiser et interpréter la demande que vous aurez à faire, en revanche je doute que ca soit au même prix.
En écrivant ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser au vieux débat retro qui voudrait que français, on donne du travail au français. A cela je répondrai sans intention de polémiquer que je serai prêt à payer un peu plus cher si j’étais sur de trouver le même choix de compétence. Dans la réalité, les coûts sont démesurés en comparaison. On ne parle pas d’un peu plus cher mais de beaucoup beaucoup plus cher. Un spécialiste en France se paye au delà de 60 à 80 euros par heure, voire parfois bien plus. Et surtout le réservoir de candidat n’a absolument rien à voir.
Demain, vous avez besoin d’un designer, d’un traducteur, de toutes autres formes de service qui peuvent être livrés à distance, pensez y. Le freelance est en plein essor et pour moi c’est l’avenir.
Samuel Rondot, directeur des sites www.bestcfd.com (courtier CFD spécialiste du CAC 40) et www.samuelrondot.com
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