Charles Dereeper : Les pilotes Air France savent ils vraiment conduire les avions ? A priori, non...
OK, cette semaine, il semble que je sois en pétard contre la terre entière. Je n'y peux rien. Il y a des choses qu'on ne peut pas laisser passer.
Je suis de près l'affaire du krach Rio Paris. En effet, je suis d'un côté fasciné par la tentative de perfection de l'être humain dans le domaine du transport aérien et de l'autre, en tant qu'utilisateur assez régulier, je nourris une certaine curiosité sur cet A330 mystérieux qui s'est croûté de tout la haut...
Je relève la dépêche suivante, qui est totalement inadmissible :
Pour Air France, la note du BEA dédouane les pilotes et confirme qu'une panne des sondes a été l'origine de la déconnexion du pilotage automatique, qui précéda le décrochage.
Ecrire cette phrase, c'est se foutre de la gueule du monde. J'attends ce que va dire le rapport publié vendredi prochain, mais à lire cette phrase, on se demande si les pilotes de Air France ne sont pas un brin débiles, car incapables de contrôler un avion sans pilote automatique. Qui plus est, les premières lectures expliquaient que l'avion a piqué du nez vers le haut et non décroché...
Quand on pense à l'Américain qui a posé sur la rivière Hudson, sans moteur et en manuel un Airbus, sauvant tous les passagers, et qu'on lit que les pilotes Air France n'y sont pour rien car le pilote automatique s'est débranché tout seul à cause d'un problème technique, il y a de quoi se poser quelques questions. Peut être que la vitesse est un paramètre essentiel, mais l'Américain, lui, était à poil de moteur et les sondes Pilot défectueuse, c'était quand même devenu un détail secondaire dans son cas désespéré...
Va-t-on assister à un énième show français qui consiste à être incapable de reconnaître une erreur ? Je pense à tous les gens qui sont morts dans ce crash. Pendant ce temps là, les syndicats français de pilotes sont en train de se démener pour sauvegarder l'image publique de leurs adhérents. Moi, je les trouve plutôt sales sur ce coup là, les syndicalistes... J'ai du mal à croire qu'il n'y ait pas d'inscrit au programme des écoles de formation, un cours qui apprend à ne pas se foutre la gueule en l'air quand on n'a plus de sondes de vitesse... surtout quand on connaît l'extraordinaire travail d'analyse des erreurs qui a été produit depuis des décennies dans ce secteur... C'est peu crédible cette version. Cela sent encore la manip ! On ne va jamais avoir le fin mot de l'histoire.
Charles Dereeper
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Le 26 juillet 2011 par : Philippe PAILLOLE
salut Charles,
je vais me faire l’avocat du diable :
pas de sonde pitot = pas d’indication de vitesse, de plus, la nuit tu ne vois pas la ligne d’horizon, tout est noir, alors pour se poser comme sur l’Hudson c’est un peu plus difficile. Attendons le rapport définitif.
Le 26 juillet 2011 par : Patsux
Bonjour,
Comme vous, voir le pilote cabrer pendant un décrochage me parait étrange. Cela dit, je possède ma licence de pilote privée (petit monomoteur), et je sais que les évènements s’enchaînent très vite en cas de problème et peut conduire le pilote à faire des actions aberrantes. C’est humain.
Si les indicateurs de l’avion n’annonçaient pas une faible altitude, on peut penser à une erreur de pilotage suite au problème technique. Mais j’attends le rapport définitif pour voir l’indication exacte des instruments, la gestion des moteurs, etc. pour en savoir plus.
Sinon, si le pilote est encore présent dans l’avion, c’est en partie pour gérer les problèmes techniques. Donc la phrase d’Air France est clairement aberrante. La mauvaise fois est une maladie je crois...
Le 26 juillet 2011 par : Charles DEREEPER
Philippe, il ne s’agit de se poser mais juste de rester en l’air sans se viander...
Le 26 juillet 2011 par : polymerics
Bonjour Charles, C’est avec beaucoup de plaisir et d’intérêt que je lis régulièrement vos articles . Concernant les crash du Rio Paris, il me semble un peu réducteur de n’engager que la responsabilité des pilotes ( voir le site excellent de CRASH AÉRIEN où cet accident est commenté par des pilotes). Pour faire une synthèse rapide des faits connus : 1/ Les pilotes ont sans doute mal géré la panne initiale( pitots givrés, indications vitesse erronées) 2/ Les ingénieurs ayant conçu le système informatique ont également m...dé( en effet l’ordinateur est programmé pour se déconnecter quand il ne reçoit plus d’information valables des capteurs.... c’est vachement bien pensé que l’ordinateur dise aux pilotes dans un moment critique : "bon mes ptits gars moi je ne sais plus piloter avec ce que l’on me donne donc démerdez-vous !!!!") 3/ Aibus a me...dé dans sa com en disant que ses merveilleux avions ne pouvaient pas décrocher ( en oubliant de préciser - tant que les ordinateurs maintiennent l’avion dans son domaine de vol - ce qui n’est pas tout à fait la même chose.) 4/ La conception même des avions modernes à commandes de vol électriques fait qu’il n’y a plus de liaison mécanique directe entre les commandes et les gouvernes. Si une panne totale électrique survient ( malgré la redondance des équipements) l’avion devient incontrôlable. 5/ On va nous dire que statistiquement c’est improbable et donc par extension (abusive) impossible, sauf que si l’on rapproche les probabilités et la loi de Murphy on s’aperçoit que si quelque chose peut aller de travers, ça ira fatalement de travers un jour ... ou l’autre. Donc en conclusion tout ça n’est pas très rassurant pour les usagers réguliers des compagnies aériennes. Étant moi-même pilote privé, je me sens beaucoup plus rassuré aux commandes d’un avion léger ou d’un planeur pur qu’en tant que passager occasionnel d’un avion de ligne.
Cordialement Christian.
Le 26 juillet 2011 par : Charles DEREEPER
j’ai bcp rigolé en lisant vos précisions. un grand merci pour tout.
Le 26 juillet 2011 par : brucibru2
Les ailes ont gelé il parait aussi, en plus des sondes qui ne marchaient pas. Et comme le commandant était dans les toilettes avec l’hôtesse il n’a pas pu réagir au sommeil profond du copilote qui cuvait son whisky. Ce qui est cool, c’est que les passagers ont pu profiter de la descente, et 10 bornes, même à trois cents kilometres à l’heure (en descente verticale), il faut tout de même 2 minutes. Ca doit faire long... une expérience qui doit être intense.
Le 26 juillet 2011 par : polymerics
ça n’a rien de rigolot, quoique un petit rire nerveux en franchissant la passerelle de l’avion ça aide sans doute à dominer sa peur ! Personnellement j’avais moins peur de l’avion (de ligne) depuis que je pilotais mais avec cette histoire, j’appréhende à nouveau de prendre l’avion, surtout qu’ils sont de plus en plus grands. Tu me diras qu’en cas de pépin on part en bonne compagnie si tant est que la quantité prime sur la qualité !!! Au final tout ça est bien inquiétant. Et dans l’état d’esprit sécuritaire qui prédomine dans notre pays, j’y vois quelque incohérence. Ce progrès qui n’en est au fond pas un, j’appelle ça du "délire d’ingénieurs". Cordialement Christian.
Le 26 juillet 2011 par : brucibru2
"Fort ralentissement de la croissance britannique, freinée par le mariage princier" AFP (sic).
Pas possible d’écrire une diarrhée pareille.
Le 26 juillet 2011 par : pavdu69
hypothèse hors des sentiers battus mais c’est peut-être un coup des américains avec leur projet HAARP pour discréditer Airbus aux yeux du monde et continuer à vendre des Boeing.
http://fr.wikipedia.org/wiki/High_f...
Le 26 juillet 2011 par : fabgrass
relevement du nez : surement pas une action des pilotes, mais plus surement le givrage et la perte de portance des ailes, qui produit ce genre de résultat sur certains avions (a330 je sais pas)
mais oui givrage => cabrage => décrochage et alors la le talent des pilotes n’y peut pas forcément grand chose, a moins d’en avoir vraiment beaucoup. Si par la suite l’avion se retrouve en position acrobatique, a des vitesses et des accélérations hors cahier des charge, des dégats structurels ; les pilotes vont pas sortir effectuer les réparations...
Si givrage des pitot, givrage des ailes possible
Le 26 juillet 2011 par : Charles DEREEPER
j’attends vendredi. je lis toutes vos hypothèses. je constate que au final, on n’en sait toujours pas grand chose des causes. et justement, le thème de mon article, c’est que j’aimerais bien savoir, pas gober une version médiatique foireuse, mais juste SAVOIR techniquement pourquoi.
Le 26 juillet 2011 par : WALD
On peut trouver les analyses d’un ancien pilote de ligne sur ces 2 liens internet : http://henrimarnetcornus.20minutes-... et http://henrimarnetcornus.20minutes-... Cordialement
