Charles Dereeper : 3 ingrédients indémodables qui expliquent la formidable croissance de Volkswagen
En 2004, Volkswagen ne va pas bien : les bénéfices sont en chute de 30%. 2006, deux ans plus tard, 20.000 emplois sont détruits dans le cadre d’une grosse restructuration. Puis, la machine germanique se remet en route…
…2011, le même constructeur automobile est en lutte pour la suprématie mondiale contre Toyota !!!
Il y a quelques leçons à tirer de ce formidable retournement industriel et commercial. En regardant dans le détail, on découvre que le constructeur allemand à partir de 2007 / 2008 s’est attaché à renouveler sa gamme en sortant une cinquantaine de nouveaux modèles ou nouvelles éditions. Pas de développement commercial sans lancement de nombreux produits nouveaux, c’est la règle. C’est malheureux à écrire, je déteste cela, mais la croissance intérieure et organique des entreprises passe par la nouveauté perpétuelle. Le consommateur veut sans cesse des nouvelles offres, des améliorations. C’est l’un des stimuli auquel il réagit le plus. La durée de vie des produits diminue sans cesse. Nous vivons à l’ère de l’éphémère. Les gens n’achètent pas qu’en fonction de leurs besoins ou de l’usage, mais aussi sous forme d’impulsion, définissant leur identité sociale à travers ce qu’ils possèdent.
Outre la quantité, il est nécessaire de créer des produits qui plaisent dans une logique d’offre à la Apple. En me permettant d’être un peu subjectif, bien que Toyota soit le must chez le constructeur automobile sur un plan qualité et fiabilité, je trouve plus facilement mon bonheur au niveau du design dans le groupe Volkswagen qui comporte désormais 10 marques. Le groupe allemand a sorti une quantité de voiture, toute séduisante à l’œil. Comme je l’ai déjà écrit, je suis assez réceptif au charme d’Audi, avec son A5, sa TT version 1 ou la dernière R8 qui me fait frétiller comme un gosse.
En dehors d’Audi, les autres marques du groupe ont toute trouvé leur public, la seat Ibiza ou l’increvable Golf en tête.
Quantité de l’offre avec segmentation précise multimarque, qualité de l’offre, il reste le troisième point clé du succès, la fabrication. Les Allemands sont des pros depuis toujours sur un plan industriel. Ils ont commencé à développer des plateformes communes dès les années 90 en standardisant les composants. Marketing, design et distribution sont indépendants. Pourtant, on retrouve la même base technique sur la Golf, le Touran, l’Audi A3 ou la Seat Leon. Au final, les économies sont supérieures à 15%. Les délais de développement / lancement de nouveaux modèles sont réduits jusqu'à 18 mois seulement pour certains modèles. Le plus gros coup reste le Porsche Cayenne dont seuls le moteur et le design diffèrent vraiment du Touareg VW. Le Cayenne est devenu l’automobile la plus rentable de la planète car vendu assez cher, surcote Porsche oblige, mais fabrication aux coûts maitrisés.
Que dire de plus si ce n’est que je suis un admirateur des entreprises de ce genre… On est loin des coups tordus des stratégies de domination d’entreprises dont je tairais le nom. Apple ou Volkswagen, c’est un même combat, celui de la production d’objets à distribution mondiale qui rencontre le succès (une sorte de vote sans tricherie possible) auprès des consommateurs pourtant de plus en plus difficiles à satisfaire. L'année 2010 a dépassé les attentes du marché pour Volkswagen avec plus de 7 milliards d'euros de profits et une trésorerie disponible dépassant les 18 milliards.
Ce qui va être intéressant désormais est de suivre dans la durée le parcours de Volkswagen. Vont ils parvenir à entretenir la "cash machine" ou vont ils commettre des erreurs comme bon nombre d'organisations humaines finissent par le faire et lesquelles ?
Charles Dereeper
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