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Vincent Benard

Vincent Benard

Vincent Bénard est analyste à l'Institut Turgot (Paris) et, depuis mars 2008, directeur de l'Institut Hayek (Bruxelles). C'est un spécialiste du logement et  de la crise financière de 2007-2008 (subprimes). Grand défenseur du libéralisme économique, Vincent décortique tous les errements des Etats providence !

Conquérir la bourse

Des hautes personnalités dénoncent la guerre contre la drogue

Audience de l'article : 2049 lectures
Nombre de commentaires : 13 réactions

 

Je signale au lecteur pas trop pressé la sortie récente d'un rapport d'une organisation internationale basée au Brésil (The Global Commission on Drug Policies) et signé d'une liste assez impressionnante du monde politique et économique international (Paul Volcker, et les anciens présidents du Mexique, de la Colombie et du Brésil, entre autres) condamnant sans appel l'échec abyssal de la guerre contre la drogue. Extrait (passages en gras d'Ob'Lib'):

 

 

The implementation of the war on drugs has generated widespread negative consequences for societies in producer, transit and consumer countries. These negative consequences were well summarized by the former Executive Director of the United Nations Office on Drugs and Crime, Antonio Maria Costa, as falling into five broad categories:

 

 

1. The growth of a ‘huge criminal black market’, financed by the risk-escalated profits of supplying international demand for illicit drugs.
 
2. Extensive policy displacement, the result of using scarce resources to fund a vast law enforcement effort intended to address this criminal market.
 
3. Geographical displacement, often known as ‘the balloon effect’, whereby drug production shifts location to avoid the attentions of law enforcement.
 
4. Substance displacement, or the movement of consumers to new substances when their previous drug of choice becomes difficult to obtain, for instance through law enforcement pressure.
 
5. The perception and treatment of drug users, who are stigmatized, marginalized and excluded.
 

 

 

Et encore:

 

 

Drug policies must be based on human rights and public health principles. We should (...) treat people dependent on drugs as patients, not criminals.

 

 

Certain fundamental principles underpin all aspects of national and international policy. These are enshrined in the Universal Declaration of Human Rights and many international treaties that have followed. Of particular relevance to drug policy are the rights to life, to health, to due process and a fair trial, to be free from torture or cruel, inhuman or degrading treatment, from slavery, and from discrimination. These rights are inalienable, and commitment to them takes precedence over other international agreements, including the drug control conventions. As the UN High Commissioner for Human Rights, Navanethem Pillay, has stated, “Individuals who use drugs do not forfeit their human rights. Too often, drug users suffer discrimination, are forced to accept treatment, marginalized and often harmed by approaches which over-emphasize criminalization and punishment while under-emphasizing harm reduction and respect for human rights".

 

 

 

 

 

Leurs propositions sont encore un peu tièdes à mon goût, elles abordent surtout la dépénalisation des consommateurs, pas suffisamment la question de la production et de la distribution, mais au moins, ces personnalités font oeuvre utile en démontrant, exemples à l'appui, que les politiques non répressives obtiennent de bien meilleurs résultats et créent bien moins de dommages collatéraux.

 

 

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Lire :

 

 

Le rapport (PDF, 16 pages) cosigné par, entre autres: Paul Volcker, George Schultz, Ernesto Zedillo, Fernando Enrique Cardoso, Cesar Gaviria, Richard Branson, Mario Vargas Llosa...

 

 

Articles précédents sur le même sujet - De votre serviteur :

 

 

Il faut arrêter d'urgence la guerre contre la drogue (Objectif Eco)

 

 

Afghanistan, pourquoi la guerre risque d'être perdue (Ob'Lib')

 

 

Drogue: le coût de la guerre ( publié par le nouvel économiste)

 

 

Drogue: sortir des impasses de la prohibition (interview, les dossiers du net)

 

 

 

 

 

Autres auteurs en Français :

 

 

Cannabis.free.fr, une mine de textes pro légalisation

 

 

Dossier "légalisation" du JDN - textes pro et anti légalisation.

 

 

 

 

 

Autres auteurs en Anglais  :

 

 

Dossier du Cato Insitute

A Drug War Carol, une BD pédagogique et parodique de Charles Dickens, désormais disponible aussi en français.

 

 

Autres articles par la Global Commission on Drug Policies

 

 

Plusieurs PDF de très bon niveau ici

 

 

Et notamment le texte de Moses Naim intitulé "The Drug Trade, the politicization of criminals and the criminalization of politicians" (malgré un passage inapproprié sur... le changement climatique !)

 

 

Et à voir et revoir, évidemment...

Traffic, Le chef d'oeuvre de Steven Soderbergh, avec Michael Douglas (IMDB), qui résume toutes les questions dérangeantes posées sur la politique de "guerre à la drogue".

 

 

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Retrouvez mon nouveau livre "Foreclosure Gate, les gangs de Wall Street contre l'Etat US"

 

 

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13 commentaires

  • Lien vers le commentaire helios mercredi, 15 juin 2011 06:59 Posté par helios

    A Singapour je crois les problèmes liés à la drogue sont quasiment inexistants. Il est vrai que les lois de ce pays appliquées en France produiraient une véritable hécatombe.

  • Lien vers le commentaire london511 samedi, 11 juin 2011 15:46 Posté par london511

    Ceci serait une solution , mais la TVA devrait parfaitement couvrir les coûts des soins médicaux.

  • Lien vers le commentaire Vincent BENARD vendredi, 10 juin 2011 21:53 Posté par Vincent BENARD

    @ London 511 : Sur le fond, personne n'a envie de payer pour l'inconséquence des autres. On veut bien se cotiser pour la malchance mais pas pour ceux qui se mettent volontairement dans la M... Je comprends donc parfaitement votre interrogation.

    Ceci dit, aujourd'hui, vous payez déjà. Un toxico qui va chez le docteur bénéficie de la CMU comme n'importe qui. La cirrhose de votre voisin alcoolique, vous la payez également. Le Cancer du type qui s'est fait ses deux paquets/jour, aussi. Mais au moins ceux qui ont pêché légalement ont payé des taxes... même si ces taxes ne vont pas à l'assurance maladie.

    Bref, le problème est ici le système de santé qui ne fait pas de différence entre malchance et irresponsabilité.

    Le rapport cité montre que dans les pays ou la légalisation est effective, la consommation n'augmente pas. D'autre part, la légalisation de la production permet de normaliser les dosages et les produits de coupage. Enfin, un prix contenu signifie quasiment zéro délinquence. Donc le prix pour la collectivité serait BIEN PLUS FAIBLE en cas de légalisation. Et en plus, on pourrait prélever la TVA...

  • Lien vers le commentaire london511 vendredi, 10 juin 2011 20:45 Posté par london511

    A titre personnel je ne veux pas payer les soins médicaux souvent lourds pour des maladies qui pourraient êtres évitées, si les drogues se diffusent massivement ceci aura un cout énorme pour la collectivité.

  • Lien vers le commentaire london511 vendredi, 10 juin 2011 13:32 Posté par london511

    Si les drogues venaient à êtres autorisées, il faudrait faire prendre en charge les soins médicaux aux consommateurs et non au reste de la société.