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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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L’internationalisation du Yuan, un essor économique pour le monde (communiqué du Politburo)!

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C’est un papier qui fait certes quelque peu communiqué officiel du Politburo mais cela ne retire rien à l’intérêt de ce document.

L’internationalisation du Yuan n’est pas tant un « essor » économique pour le monde que la matérialisation de la puissance économique chinoise et la prise en compte de ces nouveaux équilibres dans le système monétaire international et de façon générale dans les modes de gouvernance mondiale.

Charles SANNAT


LIMA, 12 octobre (Xinhua) — Cette semaine, des annonces majeures ont grandement fait avancer la cause de l’internationalisation de la monnaie chinoise, ce qui devrait bénéficier davantage au monde.

Jeudi, la première phase du système de paiement interbancaire international de Chine (CIPS) a été lancée à Shanghai, permettant aux institutions financières de profiter de services de compensation et de règlement pour les transactions transfrontalières en renminbi (RMB).

Vendredi, la présidente du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a annoncé que le FMI avait bientôt fini d’évaluer si le RMB allait être inclus dans le panier monétaire des Droits de tirage spéciaux (DTS).

Ces annonces ont renforcé le statut du RMB en tant que monnaie mondiale, et l’internationalisation rapide du RMB a parallèlement eu un impact positif sur d’autres pays.

En mai dernier, lors de la visite du Premier ministre chinois Li Keqiang au Chili, les deux pays ont convenu sur un swap de devises d’une valeur de 22 milliards de yuans (3,5 milliards de dollars) dans les trois prochaines années, ce qui devrait promouvoir le commerce et les investissements bilatéraux.

La Chine a convenu d’accorder un quota de 50 milliards de yuans (8,1 milliards de dollars) aux investisseurs institutionnels étrangers qualifiés au Chili. La China Constuction Bank a été nommée en tant que banque en charge de la compensation du yuan pour le Chili, devenant la première de ce genre en Amérique Latine.

En janvier, l’Argentine a demandé le quatrième versement d’une valeur de 400 millions de dollars dans le cadre d’un swap de devises de 11 milliards de dollars signé en juillet 2014.

Ces accords ont également aidé l’Argentine a réduire une partie de sa dette, selon un rapport de la société de conseil argentine Ecolatina publié au mois d’août. Un autre rapport publié par la société de conseil argentine Econometrica a également révélé que ce swap avait « sauvé 2015 » pour l’Argentine et « l’avait protégée de revers économiques internationaux ».

En septembre, la Banque populaire de Chine a nommée la banque chinoise ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) en tant que banque en charge de la compensation du RMB en Argentine, facilitant le commerce et les investissements bilatéraux.

Ces actions ont aidé l’Argentine, comme le révèlent les efforts du gouverneur de la Banque centrale d’Argentine Alejandro Vanoli pour obtenir un second swap de devises cette semaine.

L’ambassadeur de Chine en Argentine, Yang Wanming, a confié à l’agence de presse argentine Noticias Argentinas fin septembre que « nous sommes actuellement en train d’examiner cette requête (pour un second swap), car nous accordons une grande importance à la coopération financière avec l’Argentine ».

Comme le démontrent les exemples du Chili et de l’Argentine, l’internationalisation du RMB aide les deux parties dans un moment de sévères restrictions financières. Le dollar américain montant en flèche vis-à-vis des devises latino-américaines, le RMB fournit une alternative puissante.

Avec les banques en charge de la compensation et les swaps de devises, les pays tels que l’Argentine et le Chili peuvent renforcer leurs réserves de change dans une nouvelle dénomination et promouvoir le commerce bilatéral avec l’un de leurs partenaires clés. Pour la Chine, cela fixe le RMB en tant qu’alternative viable face au dollar américain.

Bien que le RMB n’ait pas la présence de la monnaie américaine en terme de commerce mondial, il est maintenant plus logique pour les pays de l’utiliser pour le commerce avec la Chine ou des entreprises chinoises.

Le tant-attendu système de paiement international CIPS, lancé par la banque centrale de Chine, inclut 19 banques chinoises et étrangères en tant que participants directs. Les participants indirects incluent 38 banques chinoises et 138 banques étrangères, a indiqué la banque centrale dans un communiqué.

De telles actions aident également à soulager les critiques de longues dates selon lesquelles la Banque mondiale et le FMI sont les seules organisations internationales vers lesquelles les pays en développement puissent se tourner.

De nombreux pays, dont ceux qui soutiennent normalement la Banque mondiale, saluent la compétition dans la finance internationale, comme l’on peut également le voir dans la popularité de la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures (BAII) proposée par la Chine.

Les pays latino-américains saluent la coopération financière avec la Chine, car l’internationalisation du RMB a déjà bénéficié et continuera à bénéficier à la région.
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