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Henri Dumas

Henri Dumas

Libéral convaincu,  je tire des expériences de ma vie une philosophie et des propositions.
Le tout sans prétention de vérité.
Mon blog : www.temoignagefiscal.com

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Lettre ouverte d'un entrepreneur à M. Piketty

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Monsieur,

J’ai lu avec attention votre ouvrage ” Le capital au XXIsiècle”.

Il n’est pas téméraire d’affirmer que vous êtes un homme intelligent, un redoutable et prudent débatteur, mais aussi que vous êtes totalement partial, probablement collectiviste-socialiste.

Vous ignorez volontairement les réalités de l’entreprise. Ce faisant, vous n’avez pas commis un livre d’économie, mais hélas un roman de gare démagogue et larmoyant à souhait, bien écrit.

Celui qui s’adresse à vous, qu’évidemment vous ne lirez jamais alors qu’il vous a lu, a subi une avanie largement égale aux dégâts d’une guerre tels que vous les décrivez :“…Quelqu’un qui a 60 ans en 1940, qui perd tout son patrimoine dans un bombardement, une expropriation ou une faillite a peu de chance de s’en remettre… A l’inverse, une personne qui a 30 ans en 1940 et qui perd tous ses avoirs – sans doute peu de chose – a encore largement le temps d’accumuler un patrimoine après la guerre “

Votre description donne une vague idée de ce que représente un pillage fiscal tel que je l’ai vécu, justement à 60 ans, et dont vous réclamez la généralisation.

Première falsification de votre ouvrage

Le capital n’est considéré par vous que dans sa dimension consumériste.

Or, cette dimension du capital n’est qu’un épiphénomène lié à l’actuelle culture socialiste de la civilisation occidentale finissante.

En réalité, le capital, est l’outil essentiel de l’entrepreneur, le socle de l’économie, il n’est que cela, mais en cela il est essentiel à la vie et au progrès des sociétés.

Une seule fois, sur 949 page, vous en faites état : ” …le capital joue toujours aujourd’hui un rôle central dans les processus de production, et donc dans la vie sociale. On a toujours besoin avant de commencer à produire de pouvoir avancer des fonds, pour payer des bureaux ou des équipements, pour financer des investissements matériels et immatériels de toutes natures….”

Le reste du temps vous nous ramenez à Balzac, auteur de génie, impécunieux par négligence, veulerie et gout du luxe, alors qu’exactement à la même époque Frédéric Bastiat posait les fondements d’un raisonnement économique inégalé, encore parfaitement valide aujourd’hui.

Deuxième falsification de votre ouvrage

Vous sous-entendez, sans jamais en apporter la preuve — l’auriez-vous pu ? que les hommes politiques seraient plus aptes à gérer le capital que ne le sont ceux qui le possèdent, que ce soit d’eux-mêmes ou par héritage.

Or l’histoire de l’humanité fait la démonstration du contraire, ce qui aurait dû vous rendre prudent sur ce sujet.

Troisième falsification de votre ouvrage

Ici il y a lieu de reconnaître votre prudence affichée.

Vos chiffres paraissent tirés, dans leur plus grande partie, de statistiques fiscales, avec tout ce que cela comporte de falsifications et de manipulations de la part des ministères des finances, quels qu’ils soient.

Sur vos courbes, les années les plus égalitaires sont les années de guerre.

Vous ne pouvez dissimuler que la richesse est liée à la puissance économique d’un pays et que sa diminution impacte directement la vie de ses citoyens.

Vous évoquez la surimposition des USA, sans la lier à leur déclin, que vous attribuez à la montée en puissance du Japon et de l’Europe, votre explication est contraire aux faits.

Heureusement pour vous, la cupidité des banquiers vous sert de canevas, mais avez-vous réfléchi au fait qu’elle est en réalité un avatar du socialisme, en ce qu’elle consiste à faire gérer des sommes énormes issues du mutualisme — fonds de pension, assurances, etc… — par des opérateurs qui n’en sont ni propriétaires ni responsables.

Vous ne paraissez pas surpris que les époques de dettes démesurées au cours des siècles précédents aient été provoquées par des cataclysmes du type guerre ou révolution, pendant qu’aujourd’hui nos seuls politiques et leur vénalité, hypocritement appelée socialisme, en réalité corruption acquisitive de voix, aient pu arriver au même résultat : un endettement surréaliste.

Pour vaincre le mal, vous proposez d’en augmenter la cause : l’impôt. Est-ce vraiment sérieux de la part d’un économiste ?

Vous ne pouvez pas ignorer la logique simple de Von Mises : l’économie libérale est la seule vraie démocratie puisque c’est le consommateur, donc la base, qui commande. Où qu’il soit pris, l’impôt, in fine, se retrouve inclus dans le prix des choses, donc à la charge du consommateur, du citoyen.

Conclusion

Vous êtes un homme dangereux, parce qu’enseignant. Votre registre n’est pas celui de Karl Marx qui ne s’adressait qu’à des chercheurs, à des intellectuels, vous vous adressez à nos jeunes et au grand public. En cela votre responsabilité dans la ruine à venir est colossale.

Vous n’avez pas compris ce qu’est un entrepreneur. En lui offrant un avenir limité par des taxes à 90% s’il atteint le niveau des 0,1% des plus riches, vous anéantissez sa raison de vivre. Il sait qu’il n’a probablement aucune chance d’y arriver, mais il a besoin que cela existe pour espérer et prendre les risques insensés qu’il doit nécessairement prendre. L’homme, ici ou ailleurs, a besoin d’infini.

N’enlevez pas le gros lot aux joueurs de Loto, ils ne joueront plus.

Tout homme politique a la nécessité de croire qu’il pourrait accéder au poste suprême, alors que tout connaisseur de la politique sait qu’en réalité ce poste n’existe pas, il n’est qu’apparence.

Votre leitmotiv, ce que vous stigmatisez, est que le capital rapporte. Or, s’il rapporte, c’est qu’il est utilisé, qu’il remplit son rôle économique. Autrement, il est dilapidé par les politiques en un Etat social, ogre dévoreur de capital financier, puis, in fine, de capital humain.

M. Piketty, dans une société efficace et libre les hommes en bonne santé sont en très bonne santé. Dans une société en difficulté et oppressante, les hommes en bonne santé le sont un peu moins. Mais, dans les deux sociétés, hélas, les malades restent les malades. Il en est de même pour la pauvreté.

Les difficultés causées aux riches ne rendent pas les pauvres moins pauvres, au contraire.

Il est dommage que votre intelligence ne soit pas mise au service du libéralisme, de la dénonciation de l’usage abusif fait par certains de la fortune qui, alliés à la force des Etats, s’éloignent de l’économie, de la créativité, de la concurrence, pour se vautrer dans les profits illicites du monopole, sous couvert de socialisme.

D’où vous vient cette haine des riches ?

Bien cordialement. H. Dumas
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