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Henri Dumas

Henri Dumas

Libéral convaincu,  je tire des expériences de ma vie une philosophie et des propositions.
Le tout sans prétention de vérité.
Mon blog : www.temoignagefiscal.com

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conquerirlabourse

Fanfan Machiavel est au pouvoir

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Notre improbable Président de la République fait fuiter un rapport auquel seul ont accès les gens autorisés.

Ce rapport, incontestable puisqu’issu de Bercy, dénonce les privilèges des petits bourgeois de province et d’arrondissement qui détestent fanfan (ou plutôt dont il pense être détesté, sondage oblige sans doute).

Ainsi donc, notaires, taxis, huissiers, greffiers, dentistes, pharmaciens et bien d’autres, dont la profession est organisée et protégée devraient, par mesure de justice de revenus, se trouver dans le bain énergique, tonique, violant, mais juste et efficace de la concurrence.

Lequel bain concurrentiel ravigotant n’est pas prescrit pour la SNCF, l’EDF, la Sécurité Sociale, les caisses de retraite, la presse, les grandes surfaces et leur loi Royer, ainsi que toutes les autres grosses machines en situation de monopole, plus ou moins dépendantes et associés de l’Etat socialiste. Bizarre, bizarre. Il y a un loup quelque part.

Loin de moi l’idée de ne pas applaudir des deux mains à la libre installation et à la libre concurrence, mais, là, je n’y crois pas.

Les raisons en sont multiples, par exemple :

Prenons les pharmaciens :

L’Etat a organisé le tiers payant pour tous. Cela suppose qu’il ait en face de lui une profession organisée, donc corporatiste, qui puisse surveiller le financement du tiers payant. Malgré cela apparaissent régulièrement des dérives. Si, soudainement, le nombre de pharmaciens triple, qu’arrivent sur ce marché des commerçants purs et durs, donc totalement libres, le risque de dérive pour la Sécu est illimité. Voilà donc notre pauvre Sécu, qui avait mis son travail sur le dos des pharmaciens à travers le tiers payant, obligée de reprendre le flambeau. Or, tout le monde sait qu’elle en est totalement incapable. Alors ? Comment on fait ?

Prenons les taxis :

En ces temps de disette, s’il est un métier facile c’est bien celui-là. Le marché libéré, il n’est pas douteux que le nombre des taxis va au moins tripler. On les met où devant les gares, ils circulent comment ? Il y a des années que les investissements routiers sont sacrifiés sur l’hôtel d’abord de la solidarité, puis de l’écologie. Impossible de lâcher d’un coup une meute de transports individuels, le réseau n’est pas capable de la recevoir.

Prenons les notaires :

Encadrés comme des fonctionnaires, ils se plient à toutes les exigences de Bercy et des services des hypothèques. Comme leur pitance dépend quand même de leur clientèle, ils se débrouillent avec ces contraintes et assurent le service. Ils sont l’interface entre nous et la bureaucratie. Qu’ils s’installent librement, leur nombre va, là aussi, au moins tripler. Bercy et les services des hypothèques ne pourront plus les maitriser. Comme pour la Sécu, ces deux monstres devront se mettre à faire leur travail, qu’ils ne savent pas faire eux non plus. Bonjour les dégâts pour la fluidité des transactions.

En résumé :

Imaginer que les intelligences supérieures qui nous gouvernent n’aient pas conscience de cette problématique n’est pas raisonnable.

Par contre, imaginer qu’ils nous prennent pour des cons est parfaitement raisonnable.

Voici, de mon point de vue, le plan “communication” de Fanfan Machiavel.

Ce que pourrait dire mon petit enregistreur s’il était placé dans un bureau à l’Elysée, je vous laisse deviner lequel :

“Valls, voilà, nous allons, à l’aide du rapport grotesque de l’IGF (ce n’est pas le premier et ce ne sera pas le dernier), effrayer ces petits emmerdeurs de professionnels protégés qui nous traitent de socialos. A sa lecture, ils vont voir ce que l’on pourrait leur faire. Culpabilisés par leur système corporatiste dépassé, ils vont le croire et ils vont chier dans leurs frocs. Alors on va leur dire que, grâce à nous, on ne change rien. Ainsi c’est à nous qu’ils devront leur rente, ces cons. T’as compris Valls ? On les tient, ils vont nous manger dans la main.”

En réalité

Il est certain que les monopoles et le corporatisme sont les deux piliers de notre ruine, de la dérive de notre économie. Ils sont directement responsables du manque de réactivité de notre économie, de rentes de situation qui bloquent le renouvellement des énergies et torpillent la jeunesse. Ils sont indirectement les responsables de la dérive de notre bureaucratie qu’ils accompagnent servilement. Ils sont aussi, en conséquence, responsables pour partie de notre endettement sidéral.

La libre concurrence et la liberté d’entreprendre seraient évidemment la solution. Mais elles ne peuvent pas se limiter à quelques professions stigmatisées. Elles doivent être globales, accompagnées du respect de la propriété privée et du capital.

Dans cette annonce, l’Etat triche. Le discours est inaudible. C’est une honte de constater un tel machiavélisme de la part des hommes de l’Etat. Cette communication partielle et trichée est inacceptable. Elle va troubler les esprits non formés aux choses de l’économie et générer des dégâts qui seront longs à effacer. Elle est facteur de haines à venir.

Bien cordialement. H. Dumas
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