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Henri Dumas

Henri Dumas

Libéral convaincu,  je tire des expériences de ma vie une philosophie et des propositions.
Le tout sans prétention de vérité.
Mon blog : www.temoignagefiscal.com

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Bachar el-Assad et François Hollande

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Dis grand-père, comment c’est fait un despote ?

Voilà une question qui n’est pas évidente tant la perception de la souffrance parait en être une composante essentielle. En effet, à quel moment les entraves à la liberté découlant des manœuvres des hommes du pouvoir provoquent-elles des souffrances si évidentes que ceux-ci sont alors naturellement qualifiés de despotes ?

Pour tout dire je ne sais pas. Je me demande si la relativité peut ici entrer en jeu.

Car, par ailleurs, les méthodes despotiques, si l’on exclut l’échelle de la souffrance, sont en réalité toutes les mêmes.

Le cas Bachar el-Assad peut servir de référence.

Homme d’une minorité Alaouite, branche du chiisme, il se maintient au pouvoir en Syrie, majoritairement sunnite, par un népotisme élargi à sa secte.

Evidemment, la majorité de sa population conteste cet état de fait, ce qui interdit toute élection transparente et sincère. Donc pas de démocratie possible.

La légitimité supposée de Bachar el-Assad va découler de l’hypothèse que sans lui ce serait le chaos.

Pour démontrer cette hypothèse, il doit rapporter la preuve d’un état potentiel de subversion. Il laisse à cet effet libre cours à une répression si injuste des opposants qu’elle alimente en réaction une radicalisation de ceux-ci faisant office de subversion.

La société va être artificiellement privée de sa multiplicité et réduite à une équation binaire limitée aux activistes, laissant de côté l’écrasante majorité qui ne souhaite pas prendre parti.

Finalement, il ne subsiste que, d’un côté les hommes du pouvoir et leurs affidés, de l’autre une opposition réduite à ses éléments violents, bagarreurs et primaires, les seuls qui affrontent le risque.

Tout cela n’est possible qu’avec l’aval des puissants du monde. Ici se seront les opérateurs mondiaux du pétrole qui préfèrent traiter avec une minorité d’interlocuteurs, fussent-ils des despotes, plutôt qu’avec une multitude plus difficile à manœuvrer.

Ce fonctionnement bien rodé a été mis en difficulté par l’explosion de l’information due à l’arrivée d’internet. Ayant accès à la parole de façon géographiquement illimitée, les opposants à Bachar el-Assad finirent par culpabiliser le monde démocratique au point de voir celui-ci faire mine de leur venir en aide.

Cet apport leur donnant du courage, ils manifestèrent publiquement leur désaccord à l’omniprésence de Bachar et de ses sbires. Celui-ci reste alors dans son scénario initial, il augmente la répression, accroit la violence. Il va jusqu’à qualifier l’opposition de terroriste.

Le comble est qu’en agissant ainsi il déchaine un cycle qui effectivement devient si violent qu’à l’intérieur même de cette violence apparaît une minorité hyper-violente qui se prétend l’opposition.

Bachar el-Assad a alors beau jeu de déclarer qu’elle est effectivement l’opposition et de tuer largement en affirmant la viser, alors que c’est lui et lui seul qui a engendrer sa présence.

Chaque société comprend son quota de fous sanguinaires que les despotes sont habitués à exciter pour justifier leur despotisme.

Evidemment, ici, il s’agit de vie et de mort directement physiques. Peut-on aussi appeler despotisme la même attitude lorsqu’elle s’exprime dans un cadre destructif qui n’implique pas directement la vie physique ? C’est ce qui est épineux.

François Hollande est-il un despote ?

Homme d’une minorité socialiste, branche du collectivisme, il se maintient au pouvoir en France, pays majoritairement libéral depuis 1789, par un népotisme énarque élargi à l’écolo-gauchisme variante du communisme.

Evidemment, la majorité conteste cet état de fait. Il faut faire en sorte qu’elle ne puisse pas s’exprimer lors des élections.

La légitimité supposée d’Hollande découle de l’idée que sans lui la justice sociale serait bafouée, la répartition des richesses injuste. Pour démontrer cette hypothèse, il doit rapporter la preuve d’un dysfonctionnement dans l’échelle des richesses.

A cet effet, il laisse libre cours à une répression fiscale aveugle, dont il se vente à travers son ministre des finances Michel Sapin.

Terrorisée et culpabilisée la majorité silencieuse s’exclut du débat.

Les oppressés fuient ou se cachent. Ce qui reste d’opposition se crispe laissant une place inconsidérée à la pensée simplifiée de la contestation pure et simple, sans dimension sociétale, sans réalisme.

Cette fuite et cette crispation sont expliqués par Hollande non pas bien sûr comme une conséquence naturelle à son oppression fiscale caricaturant l’égalité, mais comme la légitimité de cette oppression, comme la preuve de la nécessité de lutter contre de pseudos capteurs de richesse, pour leur éradication.

C’est une attitude typiquement despotique que de prétendre agir pour le bien commun contre un danger que l’on a en réalité fomenté.

Se faisant Hollande divise en deux son opposition, d’un côté ceux qui se noient en acceptant son faux discours, de l’autre ceux qui se discréditent en le simplifiant. Il peut objectivement espérer conserver le pouvoir de la même façon qu’il l’a conquis, c’est-à-dire en étant minoritaire, tant il a cassé volontairement, par l’oppression fiscale, la sérénité nécessaire à la démocratie.

Les dégâts sont considérables.

D’abord intellectuellement et globalement le pays est castré.

Ensuite, individuellement, les dégâts sont extrêmes pour ceux qui sont les victimes de cette oppression tactique. Ils sont anéantis même s’ils ne sont pas immédiatement tués. Leurs jours sont comptés tant l’agression fiscale dont ils sont l’objet est destructrice.

L’idée pernicieuse d’une égalité possible par la force va empoisonner le débat en lieu et place d’un partage naturel accepté, légitime et efficace.

Le drame est que l’on ne sort pas du despotisme, façon Bachar el-Assad ou façon François Hollande, autrement que par la force.

Dans les deux cas l’oppression aveugle d’une partie de la société au motif de son danger sociétal — qui en réalité n’existe que dans la tête du despote – va entrainer une réaction primaire qui, laissant penser au despote qu’il est dans son bon droit, va lui permettre d’amplifier son oppression.

Face à cela l’opposition va se raidir jusqu’à inclure en son sein les plus violents, l’explosion n’est pas loin, elle est incontournable.

Dans ces conditions, bien que le sang, pour l’instant, ne soit pas directement versé, je crois que l’on peut dire qu’Hollande est un despote qui nous expose gravement.

Cordialement. H. Dumas
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