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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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« Le Haut Conseil à la censure installé par François Normal 1er ! »

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Nombre de commentaires : 2 réactions
Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Je voulais vous parler plus longuement aujourd’hui des accords de Bâle 3 qui viennent d’être revus. Hélas, François Normal 1er tenait aujourd’hui une conférence de presse avec plus de 600 journalistes venus écouter et relayer la bonne parole présidentielle.

Avant d’aborder les propos effroyables tenus par le Président, revenons rapidement sur les accords de Bâle 3. Les banques devaient appliquer de nouvelles règles prudentielles et comptables afin d’assurer leur solvabilité et donc garantir d’une meilleure façon l’épargne de leurs clients.

Pour atteindre ce résultat, c’était assez simple. Il fallait forcer les banques à augmenter sensiblement leurs fonds propres, c’est-à-dire les sous qu’elles sont censées avoir vraiment dans leur caisse pour garantir… qui sont accessoirement les vôtres !!

Mais comme les banques sont dans un état financier déplorable, ce que personne ne vous dira histoire que vous continuiez à croire à la fable de « la crise est finie » et « les banques sont solides », figurez-vous que finalement on se contentera de 3 petits pour cent. 3 !!

« Un ratio de levier fixé à 3 %

Ce ratio représente le rapport entre les capitaux des banques et l’ensemble de leurs actifs, sans prise en compte du risque, et s’ajoute aux règles pondérées du risque. Il a été fixé à 3 %, ce qui signifie qu’à partir de 2018, chaque banque devrait détenir des capitaux représentant 3 % de l’ensemble de ses actifs. »

Bon, je vous l’accorde, dit comme cela ce n’est pas clair… Alors prenons des chiffres simples.

Soit le bilan d’une banque ayant au hasard 1 000 milliards d’euros d’actifs (peu ou prou comme la Société Générale par exemple), eh bien cette banque, pour être considérée comme solide, doit avoir 3 % de fonds propres… soit 30 milliards d’euros dans ses caisses… Ceux qui veulent en savoir plus à ce sujet iront lire l’article des Échos en annexe ou encore la note (illisible soit dit en passant) de l’agence Standard & Poor’s consacrés à ce sujet.

1 000 milliards contre 30 milliards !! Achetez vite de l’or, vous allez vous faire couillonner par les banquiers et en plus les soldes !! Il me semble d’ailleurs que c’est exactement ce chiffre qui avait été avancé par un autre blogueur, le Professeur Chevalier, et qui lui a valu il y a quelques semaines une condamnation à 8 000 euros d’amende par l’AMF, ce qui est une somme énorme pour nous (les blogueurs) et d’ailleurs sans aucun procès mais juste à l’issue d’une réunion d’une commission de sanctions. Remarquez, il va falloir que l’on prenne l’habitude des sanctions ou que l’on prenne la poudre d’escampette vers d’autres cieux si nous souhaitons conserver une certaine liberté de parole car au rythme où vont les choses… nous sommes désormais en plein roman 1984 sauf que cette fois-ci, ce n’est pas une histoire. C’est notre réalité.

Hollande l’effroyable imposteur de la démocratie !

Sous ses atours bonhomme, le Président François Hollande se révèle au fil des mois le fossoyeur de notre pays, de notre démocratie et de nos libertés sans même parler de son bilan économique absolument désastreux.

Ce soir, tous les journalistes de France et de Navarre glosent sur le « virage » libéral pour certains, social-démocrates pour d’autres, ou encore néolibéral pour ceux qui sont encore crypto-marxiste. Ce sujet à d’ailleurs entraîné de très nombreuses questions de la part d’imbéciles se croyant intelligents et cherchant à faire dire au Président dans quelle case il fallait désormais le ranger… Voilà à peu près la hauteur du débat assez pathétique.

Pour les plus futés, ils se sont tout de même légèrement intéressés à cette nouvelle politique, à ce nouveau pacte de responsabilité aussi fumeux que le fut tout le reste de cette présidence et par exemple ce choc de simplification. Souvenez-vous de la période des chocs !

Si Picasso avait ses périodes en fonction de couleur, François Normal 1er lui a également ses périodes. Après les chocs, nous entrons dans l’ère des pactes et des hauts conseils.
Finalement, les charges des entreprises seront réduites de 30 milliards d’euros et pas de seulement 20 milliards d’euros comme c’était le cas avec le CICE qui est le crédit d’impôt auquel personne n’a jamais rien compris et qui ne marche pas. Raison pour laquelle on fait un nouveau bidule qui va englober l’ancien machin… mais cette fois-ci, on va aller encore plus loin.

On ne change pas une politique qui perd et une équipe de bras cassés

Comme a si bien tenté de nous l’expliquer l’autre béat-benêt préoccupé par les courbes… de Julie (qui, bien que forts belles, ne sont pas économiques), « il ne s’agit pas de changer de chemin, il s’agit d’aller plus vite, plus loin, d’accélérer, d’approfondir »…

Et c’est bien tout le problème de cette administration en échec patent. Nous allons, grâce à ce béat de l’Élysée (qui, lui, tient à sa vie privée), aller encore plus vite dans la même direction, c’est-à-dire celle du mur (pas le spectacle de l’autre hein, je parle de l’obstacle pas du spectacle). Remarquez cela abrégera peut-être les souffrances du peuple français et celles de Valérie (Triewerler) qu’il ne pouvait pas plaquer décemment alors qu’elle a demandé l’asile conjugal à l’hôpital menaçant de se jeter par la fenêtre du rez-de-chaussée du palais pestilentiel pardon (ce clavier marche de plus en plus mal) présidentiel si elle était forcée par les médecins de retourner à sa maison… Principe de précaution oblige, ils ont gardé la première con-cul-bine du mamamouchi en chef.

Du coup, il y a bien un ou deux journalistes qui se sont collés à la question qui fâche du genre et avec votre copine vous en êtes où ? Là, mamamouchi 1er dit « ha, jocker atteinte à la vie privée, je vais régler ça à la maison ce soir, ou demain, ou après avoir réuni et installé le haut conseil aux con-cul-bines ».

Car oui, mes chers lecteurs, la mode hiver/printemps 2014, le haut conseil aux machins bidulesque se porte haut en couleur et en bandoulière. Mamamouchi, qui a décidé de reprendre vaillamment les choses en main, nous a préparé un plan tout « énarchique » tout en création de commission théodule de toutes sortes, mais pour faire moderne on a changé le nom des machins qui de commissions deviennent haut conseil, le plus drôle étant le haut conseil stratégique à la dépense publique… Cela nous promet tout plein de réunions super très drôles et je sais qu’en 2014 on va sacrément rigoler. Il y a aussi le conseil à la simplification lié au choc du même nom et dont le premier sinistre en chef, ground Z’ayrault, avait affirmé que le choc de simplification était terminé et achevé grâce à un travail super rapide de 2 mois… Consternant.

Tout cela est accessoire… l’important est la parole présidentielle sur l’Europe

Je cite très précisément les propos du copain de Julie… ou de Valérie, on ne sait pas encore très bien, mais il va clarifier sa situation avant d’aller voir le Pape… je me marre. Le mariage homo n’est pas un outrage au pape, mais une histoire de con-cul-bine vous empêche de vous présenter devant le Saint-Père… Je pense que François (le Pape) est nettement plus tolérant que François (le mamamouchi) y compris sur les affaires de mœurs… tout le monde sait bien que la chair est bien faible mon fils !

Bref, les propos du chef sont les suivants :

« Ce serait ça un gouvernement de la zone euro, je veux notamment rassurer les frileux notamment à la veille de ce parlement européen qui va être renouvelé. Il ne faut pas avoir peur de l’Europe, il faut plutôt craindre qu’elle ne s’affaiblisse, et qu’elle ne finisse par disparaître. Faire l’Europe ce n’est pas défaire la France, c’est au contraire en renforçant d’avantage l’Europe que l’on protégera d’avantage la France et moi je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne pas seulement en France, parfois même au gouvernement ou d’autres qui veulent briser l’acquis communautaire, je ne laisserai pas non plus faire ceux qui veulent sortir de l’euro qui pensent ainsi sauver la nation alors qu’ils la mettent en péril, parce que notre avenir c’est dans l’Europe, mais une Europe que l’on doit réorienter. »

Monsieur le Président êtes-vous en train de menacer votre peuple ?

Je quitte le domaine pur de l’humour quelques instants tant ces propos me semblent graves et dans le prolongement d’une réduction des libertés.

Monsieur le Président vous n’avez eu de cesse lors de cette conférence de dire et de répéter que la liberté de parole était l’un des fondements de notre démocratie et je ne puis que partager avec vous cet avis.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs. Vous avez répété cela de la même façon que les slogans de 1984, où l’on explique que la guerre c’est la paix, et que le ministère de l’Intérieur c’est le ministère de l’Amour, cet amour de la liberté et du peuple, cet amour de la contradiction et du débat dont on sent la force chez vous comme chez votre ministre de l’Amour, Manu.

Monsieur le Président, je ne suis pas un frileux qui veut en finir avec l’Europe et je n’ai point besoin d’être rassuré, encore moins par vous.

Cette Europe, Monsieur le Président, va à l’encontre des intérêts des peuples et je suis opposé en tout point à tout ce que vous avez évoqué. Les intérêts français ne sont pas les intérêts allemands. L’euro est un carcan qui nous enferme dans une politique économique mortifère, déflationniste et récessive, et c’est pour cette raison que nous nous désindustrialisons aussi rapidement (entre autre, car il y a d’autres facteurs comme la mondialisation). Cette Europe profondément antidémocratique, où les peuples souverains ne sont pas représentés, cette Europe où le politburo que représentent les membres non-élus mais désignés de la Commission de Bruxelles et qui ont tous pouvoirs ou presque sur nos vies. Cette Europe infestée par les lobbies de toutes sortes et qui achètent, qui corrompent nos zélites sans scrupule. Cette Europe qui ravage la Grèce, l’Espagne, l’Italie et tant d’autres pays, tant d’autres grandes nations. Cette Europe qui nomme des dirigeants non-élus comme ce fut le cas en Italie.
Cette Europe qui légifère sur la contenance des chasses d’eau de mes chiottes ou sur la puissance de mon aspirateur mais qui se montre autiste à toutes nos aspirations. Cette Europe que l’on veut nous imposer, cette Europe que l’on nous force à accepter même lorsque nous la refusons par le vote démocratique via les référendums.

Alors Monsieur le Président, je ne veux pas en finir de l’idée d’Europe, je veux en revanche en finir de l’escroquerie de l’Europe dont vous êtes le défenseur et le zélote zélé.

Je veux en finir de ce projet européen qui, plus il avance, plus il ravage les peuples, et vous nous proposez d’aller encore plus loin et plus vite dans cette voie, comme ces espèces de fous du comité central du parti en URSS qui proposaient encore plus de communisme pour sortir l’URSS des problèmes.

Non Monsieur le Président, cette Europe-là n’est pas la solution, elle est en grande partie LE problème. La monnaie unique, l’euro, EST un problème et pas mineur tant il nous enlève des marges de manœuvre, nous obligeant à un ajustement sans pouvoir utiliser le levier monétaire.

Monsieur le Président, votre méconnaissance de l’économie, de ses circuits, de ses impacts rend vos décisions et votre politique pour notre pays dangereuse. Vous voulez nous aligner sur l’Allemagne, ce qui est une erreur stratégique majeure. Vous ne ferez jamais de votre peuple des Allemands !

Mais tout cela pourrait presque vous être pardonné, sauf que, sauf que vous avez décidé par des propos d’une rare violence dans la bouche d’un Président décidé de ne pas laisser faire ceux qui ne pensent pas comme vous.

Alors Monsieur le Président soyons clairs, si vous souhaitez ne pas nous laisser faire dans un débat d’idée, si vous souhaitez nous réduire au silence, si vous souhaitez aller encore plus loin dans votre politique d’espionnage du peuple, dans vos réductions des libertés alors n’oubliez pas cette phrase de Kennedy :

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. »

Restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement www.lecontrarien.com.

http://bourse.lesechos.fr/forex/infos-et-analyses/le-comite-de-bale-va-assouplir-les-regles-imposees-aux-banques-941989.php

http://www.standardandpoors.com/ratings/articles/en/eu/?articleType=HTML&assetID=1245347005841

http://www.youtube.com/watch?v=8Pjz038FvwQ
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2 commentaires

  • Lien vers le commentaire zoulou2 mercredi, 15 janvier 2014 09:03 Posté par zoulou2

    Bravo Charles, on rigole bien, garde ton comptabilite clean, parce que tu va avoir un control fiscal dans pas longtemps, regarde les miseres qu'ils font a Henri.