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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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conquerirlabourse

le fédéralisme avance masqué

Audience de l'article : 7490 lectures
Nature de contenu : Edito
Nombre de commentaires : 22 réactions
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(96 Votes) - Note : 4.40
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Avec la nouvelle étape de cette crise du crédit qui a commencé en 2007, nos élites qui ont si bien su gérer la crise du crédit depuis 2007 (après gonflé la bulle de crédit qui en est à l'origine à coup de plans de relance keynésiens) souhaiteraient nous imposer une grande idée : le fédéralisme européen et son instrument phare : les eurobonds.

 

Cette grande idée est très simple :

 

Nous avons actuellement dans l'Eurozone 4 pays qui parviennent plus ou moins à avoir un budget pas trop catastrophique (bien qu’en déficit) : L’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, l’Autriche. Ces pays représentent 113 millions d’habitants. Lorsque nous allons revenir à une situation de forte récession (y a-t-il encore quelqu’un qui en doute ?), ces pays devront de nouveau faire face à une chute de leurs recettes fiscales, et à de nouvelles dépenses liées par exemple au soutien de leur système bancaire qui va se retrouver en difficulté (je pense par exemple au leverage ratio de 35 de la Deutsche Bank), et auront sans aucun doute fort à faire avec leurs finances publiques.

 

Face à ces pays il y a tout le reste de l’eurozone, essentiellement l’Europe du Sud et la France (dont la situation budgétaire est presque aussi inquiétante, voir mon autre article sur le sujet). Environ 210 millions de personnes. Ces pays avaient déjà des budgets complètement dans le rouge en période de relatif beau temps (2010) et vont devoir faire à présent face aux mêmes problèmes (soutien au système bancaire qui a toutes les chances de se retrouver en difficulté à cause de la récession, demandes de prestations sociales liées à la crise, chute des recettes fiscales). Autant dire "mission impossible" pour eux...

 

La grande idée du fédéralisme européen, c’est que les 4 moins mauvais élèves (110 millions de citoyens, l'Allemagne essentiellement), qui auront déjà toutes les peines du monde à boucler leur propre budget avec la crise qui revient en force, vont pouvoir gentiment prendre en charge les dettes et les déficits de tous les autres pays (210 millions de citoyens, soit presque le double), selon le bon vieux principe socialiste qui consiste à faire payer les plus prévoyants et les plus responsables pour récompenser les plus irresponsables et les plus mauvais.

 

Pour cela, tous les pays d’europe vont se regrouper dans la joie et la bonne humeur solidaire pour faire un nouveau super-emprunt de 2000 milliards d’euros appelé « eurobonds » (tout le monde sait, à condition d'avoir fait l'ENA, que lorsqu’on est surendetté, la bonne façon de régler le problème est de faire un nouvel emprunt encore plus gros pour payer les emprunts précédents).

 

Bien entendu cela va « relancer la croissance et l’emploi », et les dettes vont se rembourser toutes seules grâce à cette « croissance » (les précédents plans de relance par la dette réalisés en Europe nous montrent aujourd’hui le bien fondé de cette approche).

 

Avec notre bon sens primitif et quelques notions de calcul de niveau collège (nous n’avons pas le niveau d’un brillant enarque-économiste qui multiplie les interventions dans la presse à la gloire des eurobonds et de la fuite en avant dans la dette, en accusant au passage les autres de se comporter comme Bernard Madoff), nous comprenons que cela ne peut en aucun cas marcher, comme Vincent Bénard l’a très bien expliqué ici, et une grande partie de la population des différents états européens n’y croit évidemment pas du tout. Ce projet ne passera donc pas politiquement.

 

C'est bien dommage pour la mouvance fédéraliste (pour résumer : une grande partie du PS, tout le centre, une large aile gauche de l’UMP, et même le Medef), qui voudrait quand même faire aboutir sa Grande Idée sans demander son avis à une masse de primitifs incultes appelés "électeurs".

 

La solution est simple : Il suffit de se passer de l’avis de ces primitifs en avançant par des « petits pas » sans éveiller l’attention (c’est une expression que j’ai eu l’occasion de lire sur plusieurs blogs centristes qui ont reçu la Lumière Européenne).

 

Dans cette optique, la BCE a commencé à racheter en masse les obligations italiennes et espagnoles, faisant chuter de 100 points de base les taux des emprunts à 10 ans de ces deux états, et le FESF, peut lui aussi emprunter pour racheter des obligations pourries d’europe du sud. Et cette même BCE fixe à présent quasiment toute la politique économique de l'Italie (en attendant de s'occuper d'autres pays).

 

Nous avons ici clairement les premiers mouvements vers un fédéralisme qui avance masqué et contre l’avis des peuples européens. Mais je ne pense pas que nos euro-énarques avanceront ainsi très loin, la crise et ses réalités économiques se chargeront de pulvériser assez vite toutes leurs constructions. Et ce retour de boomerang achèvera de les discréditer pour longtemps.

 

 

 

Vous pouvez suivre mes anticipations économiques, la composition de mon PEA et mes opérations avec ma lettre Boostez votre PEA ! .

 

Loïc Abadie

loic-investir-devenirrentier
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22 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Loic ABADIE dimanche, 14 août 2011 06:46 Posté par Loic ABADIE

    A Small gov, je n'ai évidemment pas la prétention d'avoir réalisé de telles performances (mes gains cumulés depuis 2007 sont d'environ 145%, 2007 ayant été très légèrement perdante).

    Les solutions sont multiples : la protection passe par une part d'or physique (j'ai conseillé depuis pas mal de temps 10% du patrimoine) et une part expatriée dans un pays fiable (Singapour, Norvège par exemple).
    Pour le reste, un timing pas trop mauvais sera nécessaire à la "survie" : cash + swings baissiers tant qu'on restera comme maintenant dans un contexte déflationniste (je maintiens ce mot, il a été récemment confirmé par la hausse des T-Bonds et la chute de la quasi-totalité des actifs tangibles), puis arbitrage vers les actifs tangibles le moment venu.

    Sur l'immobilier : je ne suis pas contre une part d'immobilier (même si je n'en ai pas pour l'instant), à la seule condition d'avoir un rendement locatif élevé (j'ai indiqué le niveau souhaitable : 8% brut).

  • Lien vers le commentaire Loic ABADIE dimanche, 14 août 2011 06:37 Posté par Loic ABADIE

    A Hub62 : Le risque n'est sans doute pas immédiat. Mais il faut déjà à mon avis se méfier sérieusement des fonds offrant un rendement élevé (eurossima, qu'on retrouve un peu partout par exemple), dont l'exposition aux PIIGS et aux dettes spéculatives est importante, voir ce rapport
    [http://www.generali.fr/media/PDF/att00005907/RapportEurossima30juin2010.pdf->http://www.generali.fr/media/PDF/att00005907/RapportEurossima30juin2010.pdf], page 10 et 11.
    d'autres fonds (AFER par exemple) ont une gestion beaucoup plus prudente.

    Les rendements actuels :
    http://www.francetransactions.com/assurance-vie/Assurance-taux-2010.html


    Pour les petits patrimoines, on peut sans problème arbitrer dès maintenant vers les livrets A et LDD, le rendement après fiscalité devient proche de celui de l'assurance-vie, avec moins de risques.

    Pour les plus gros patrimoines, le problème est que si un état comme la France vient à faire défaut, le cash sur livret n'est pas un abri beaucoup plus sûr. Mais son avantage (important) est qu'on pourra le changer très rapidement en actifs tangibles quand le moment sera venu.

  • Lien vers le commentaire Loic ABADIE jeudi, 11 août 2011 14:05 Posté par Loic ABADIE

    Bonjour Stéphane, il est évident qu'il ne faudra pas passer le restant de sa vie en cash...juste un moment !
    Et au niveau du timing sur l'utilisation de son cash, il vaudra mieux acheter un peu trop tôt que trop tard.

    Sur le scénario de la stagflation (= récession + inflation gentille entre 5 et 12-13%), il est pour moi tout simplement exclu dans le système actuel, les politiques n'ont même plus cette option : Une inflation à 6% serait associée à des taux longs au dessus de 6%, autant dire un arrêt de mort immédiat pour nos états surendettés qui verraient la charge d'emprunt sur leur dette exploser. L'issue (après la phase de déflation) sera plutôt un scénario de type argentin (défaut en série d'états et dévaluation brutale). Dans ce contexte, emprunter peut être redoutable pendant la phase de déflation, surtout si ses revenus chutent, mais évidemment excellent si c'est fait juste avant la dévaluation vu qu'on remboursera en monnaie de singe.
    Là encore, c'est le timing qui compte.
    Une petite idée dans ce domaine : acheter des foncières fortement endettées (pas tout de suite évidemment, mais quand on sentira le boulet de la dévaluation approcher).
    Cela évite de s'endetter soi-même, on n'a rien à rembourser et on ne peut pas perdre plus que sa mise, tout en profitant d'un actif tangible avec un levier associé à la dette, et très certainement d'une décote importante sur l'ANR (il suffit de voir l'ANR de CBSM ou ZIF par exemple).

  • Lien vers le commentaire Loic ABADIE jeudi, 11 août 2011 07:27 Posté par Loic ABADIE

    Sur le thème du "comment faire pour se protéger", en dehors des mesures d'assurance classiques qui ont toute leur place pour ceux qui le peuvent (avoir de l'or physique, et des comptes dans des pays dont la situation est très solide, comme Singapour et la Norvège par exemple), nous n'avons malheureusement pas d'autre alternative qu'essayer d'avoir le bon timing.

    Si une série de gros états venait à faire faillite, il n'y aura aucune "bonne banque", la monnaie perdra une grande partie de sa valeur, où qu'elle se trouve.

    La première phase de cette nouvelle vague de crise est toujours déflationniste : Les T-Bonds US ont flambé depuis quelques jours, malgré la note abaissée par S&P, et tous les actifs tangibles ont chuté à l'exception notable de l'or.
    Les gouvernements feront sans doute tout ce qu'ils pourront pour soutenir le système bancaire et financier, jusqu'au "bouquet final" (effondrement de l'ensemble du système monétaire à réserve fractionnaire).

    A un moment, nous devrons donc sans doute troquer notre cash (agrémenté éventuellement de quelques positions de trading baissières) contre des actifs tangibles (valeurs décotées bien choisies, pétrolières, minières, ou même certaines valeurs foncières par exemple).

    Si nous le faisons trop tôt, la déflation attaquera notre patrimoine, si nous le faisons trop tard, la dévaluation monétaire s'en chargera.
    Il y a très peu de gagnants dans ces situations de grande crise.

  • Lien vers le commentaire Loic ABADIE jeudi, 11 août 2011 07:13 Posté par Loic ABADIE

    Bonjour Fanch, je vous rappellerai simplement l'échec du référendum sur la constitution européenne, qui a eu lieu bien avant la crise, malgré le soutien des partis que vous qualifiez de "non-extrémistes".
    Avec la crise en cours, nul doute que si on retentait l'expérience aujourd'hui, le rejet serait encore bien plus massif.
    Enfin, quand les politiques actuelles auront provoqué la faillite de nombreux états européens et placé l'ensemble des pays de l'eurozone dans la plus grande crise des cent dernières années, je ne pense pas qu'il restera grand monde pour vouloir "prendre un peu de recul dans les analyses" et faire avancer ce "merveilleux" projet européen.

  • Lien vers le commentaire london511 mercredi, 10 août 2011 22:33 Posté par london511

    Ne pensez vous pas que la planche à billet va tourner à plein régime pour sauver les banques et faire fondre les dettes, provoquant en même temps une inflation incontrôlable touchant les détenteurs de capitaux et les consommateurs ?

  • Lien vers le commentaire guyem mercredi, 10 août 2011 22:04 Posté par guyem

    Merci pour cet article , petite question à moins que cela m ait echappé dans les precedents posts : quels peuvent etre les elements de timing pour fuir l euro ???

  • Lien vers le commentaire Charles DEREEPER mercredi, 10 août 2011 22:00 Posté par Charles DEREEPER

    merci Loic pour cette détente. je dois confesser que je me suis bien marré à la lecture. le truc qui est super, c'est que tout est parti pour qu'on se marre nickel pendant encore quelques années... le festival a ouvert depuis qq jours. c'est gratos. les dépeches tombent toutes les minutes apportant son lot...

  • Lien vers le commentaire Vincent BENARD mercredi, 10 août 2011 21:41 Posté par Vincent BENARD

    "Et ce retour de boomerang achèvera de les discréditer pour longtemps"

    Dieu t'entende, mais la résilience de l'oligarchie face à sa propre stupidité ne laisse pas d'étonner.

  • Lien vers le commentaire harry mercredi, 10 août 2011 21:32 Posté par harry

    Très lucide. Merci.