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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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Loic-Abadie

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La BCE en service minimum, illustration d'un problème insoluble !

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Nombre de commentaires : 11 réactions
Depuis l'annonce du plan de soutien de la BCE aux pays les plus en difficulté de la zone euro, il n'y a eu curieusement aucun changement dans la taille du bilan de la BCE. La banque centrale, qui avait augmenté la taille de son bilan d'environ un milliard d'euros entre juin 2011 et juillet 2012 n'a plus rien fait depuis.

ecb3010

(graphique : Bloomberg)

Et les taux longs espagnols, bien qu'ayant baissé depuis l'annonce du plan, restent à des niveaux élevés et proches de 6% :

Spainrate3010

Nous sommes ici bien loin d'une action offensive de rachats massifs de dette, visant à ramener ces taux à leurs niveaux d'avant crise.
L'explication de cette situation est bien sûr à chercher du coté de l'Allemagne : Ce pays est lourdement exposé à la crise des dettes souveraines des pays d'Europe du Sud, via trois canaux :

- L'endettement de son système bancaire, à levier très élevé (le leverage ratio des grandes banques allemandes est supérieur à 25, parfois 30 ou 35).
- La créance de la balance Target 2 que la Bundesbank détient vis à vis de la BCE, donc indirectement de l'Europe du Sud.
- Les engagements de l'état allemand dans les plans de "stabilisation financière" européens (programmes également connus sous le nom de "cavalerie" ou de "fuite en avant dans la dette").

Cette exposition peut être estimée à au moins 50% du PIB allemand, on comprend donc aisément que l'Allemagne cherche à éviter toute crise conduisant à la dislocation de l'eurozone, en particulier avant les échéances électorales de 2013.
Mais dans le même temps, les électeurs et contribuables allemands n'ont aucune envie de prendre à leur charge le train de vie des ménages d'Europe du Sud.

Angéla Merkel en est donc réduite à jouer l'équilibriste, c'est à dire faire juste ce qu'il faut pour éviter la dislocation de l'eurozone, tout en maintenant le plus de pression possible sur les pays d'Europe du Sud pour les contraindre à plus de rigueur et calmer ainsi l'électeur-contribuable allemand.
Cette politique permet certainement de gagner un peu de temps, mais elle n'empêchera pour moi pas l'implosion de l'eurozone.
Une union monétaire formée de pays très inégaux sur le plan de la compétitivité, et dotés d'un marché du travail limitant fortement l'ajustement des salaires conduit obligatoirement à des déséquilibres massifs entre les balances des paiements des pays membres, qui aboutissent ensuite à un surendettement intenable pour les états les plus faibles.

Pour sortir de l'impasse créée par une union monétaire en voie de dislocation, il n'y a que deux solutions :

1) Arrêter l'union monétaire et retourner aux monnaies nationales, avec au préalable un programme de restructuration des dettes généralisé. C'est pour moi la voie saine et raisonnable, vu que nous sommes dans un contexte où il sera impossible d'ajuster les salaires au niveau qui serait nécessaire au rétablissement des équilibres de compétitivité entre pays membres de l'union.

2) Mener une politique de transferts de fonds massive et durable des pays les plus compétitifs vers les pays les moins compétitifs : L'Europe du Nord subventionnerait alors fortement l'Europe du Sud pour combler les trous au fur et à mesure qu'ils se creusent. Cette solution est souhaitée bien entendu par les keynésiens partisans du fédéralisme européen, et elle est de nature typiquement socialiste et collectiviste. Elle n'est pour moi pas viable, car il s'agit d'un jeu où tout le monde sera perdant :

- Les entreprises d'Europe du Nord verront leur compétitivité étouffée par les prélèvement fiscaux et sociaux nécessaires pour renflouer l'Europe du Sud.

- L'Europe du Sud vivra sous régime d'assistanat, et les entreprises d'Europe du Sud ne pourront toujours pas retrouver la compétitivité nécessaire, à cause d'une monnaie trop forte pour elles (les rigidités salariales ne permettant pas les ajustements nécessaires).

L'économiste Jacques Delpla, en tant que fédéraliste et partisan du maintien de l'euro est partisan de la seconde solution, via sa proposition d'allocation chômage européenne. Je ne partage pas évidemment pas ses vues, mais il a au moins le courage d'annoncer clairement la couleur, et d'aller au bout de sa logique keynésienne, contrairement à beaucoup d'autres qui n'osent évidemment pas avouer aux contribuables leurs intentions réelles et les conséquences du fédéralisme (une autre proposition de cet économiste étant de taxer massivement le patrimoine des français pour restructurer la dette publique...Les lecteurs de ce site apprécieront comme il se doit cette belle idée keynésienne ...et surtout se méfieront du jour où un responsable politique s'en emparera !).

On notera que ce même économiste annonce la faillite prochaine de l'Espagne et du Portugal, d'ici deux à trois ans, tout en pensant que la restructuration de la dette de ces pays permettra d'éviter l'implosion de l'eurozone. Nous verrons bien, mais pour ma part je ne crois pas aux miracles, surtout dans ce type de situation de grande crise où les dissensions incitent plus à la séparation qu'aux accords d'union

Loïc Abadie




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11 commentaires

  • Lien vers le commentaire Balthazar samedi, 08 décembre 2012 12:05 Posté par balthazar

    "Oui, d'ailleurs maintenant il y a des néo nazis au parlement grec."

    > ça c'est ce qui arrive quand on ne fait pas ce qu'il faut au moment où il faut, de sorte qu'on créé des situations inextricables.

     Une idée pour les Grecs pour faciliter les négos : payez pour nous sinon on met des Nazis dans notre parlement. Y aura bien quelques effarouchés pour accepter de payer pour éviter le drame. Pas vrai sigsegv ? 

    Et puisque vous parlez de l'Allemagne, racontez nous la magnifique expérience d'inflation qu'elle a connu. Et expliquez nous la différence avec la "déflation n'amène que des catastrophes." . Les catastrophes elles sont déjà là : ça s'appelle la mauvaise gestion, la bureaucratie, la vie au dessus de ses moyens. Le problème c'est de gérer la catastrophe en y mettant fin en s'attaquant aux trois racines de la catastrophe, pas en faisant mumuse avec la monnaie.  Inflation ou déflation ne sont ni des solutions ni des causes, ce sont justes des rééquillibrages inevitables.

  • Lien vers le commentaire Balthazar samedi, 08 décembre 2012 11:55 Posté par balthazar

    "Les plans d'austérité ne servent à rien à part augmenter le problème puisque le PIB baisse plus vite que la dette..."

    > le but n'est pas de rembourser une dette qui de toutes les façons ne le sera pas (ou sinon expliquez moi comment  ne serait-ce que la France pourrait rembourser 90% de son PIB par exemple ...).

    Le but de l'austerité est de remettre ces pays sur le chemin de la production dans un rapport avec ce qu'il consomme. Donc soit en augmentant la production , ce que permet notamment la baisse des salaires ou des reformes institutionnelles par exemple, soit de diminuer la consommation.

    La question n'est pas de savoir s'il faut le faire, car soit avec l'austérité, soit avec l'hyperinflation, cela est INEVITABLE sauf si d'autres pays acceptent de payer pour eux eternellement. 

  • Lien vers le commentaire SIGSEGV samedi, 24 novembre 2012 21:12 Posté par sigsegv

    Allegretto Non Troppo > "Les taux d'intérêt de  6% et la chancelière Markel maintiennent une pression bienfaitrice sur les pays passagers clandestins de l'Euro."

    Oui, d'ailleurs maintenant il y a des néo nazis au parlement grec. C'est triste qu'un siècle après de tristes évènements en Allemagne, certains n'aient toujours pas compris que dans un système capitalistique la déflation n'amène que des catastrophes.

  • Lien vers le commentaire SIGSEGV samedi, 24 novembre 2012 20:55 Posté par sigsegv

    Sinon la balance Target 2 ne représente qu'à peu de choses près les excédents commerciaux cumulés depuis 2007.

  • Lien vers le commentaire SIGSEGV samedi, 24 novembre 2012 20:53 Posté par sigsegv

    Les plans d'austérité ne servent à rien à part augmenter le problème puisque le PIB baisse plus vite que la dette...

    Sinon : "Mener une politique de transferts de fonds massive et durable des pays les plus compétitifs vers les pays les moins compétitifs : L'Europe du Nord subventionnerait alors fortement l'Europe du Sud pour combler les trous au fur et à mesure qu'ils se creusent. Cette solution est souhaitée bien entendu par les keynésiens partisans du fédéralisme européen, et elle est de nature typiquement socialiste et collectiviste."

    Y a à peu près rien de keynésien là dedans, c'est une composante de la théorie des zones monétaires optimales de Robert Mundell, qui fait justement parti d'un courant dit "supply side economics" auquel sont opposés les keynésiens !

    Je suppose que pour vous, le fait que la France dispose d'un budget national avec transferts de fonds entre régions est "de nature typiquement socialiste et collectiviste." (il faudra rajouter les transferts entre les états des Etats Unis; comme pour à peu près tous les pays du monde)

  • Lien vers le commentaire Balthazar jeudi, 22 novembre 2012 11:54 Posté par balthazar

    @ Helios et @ Alex

    Vous avez raison
    Et l'ajustement a bien lieu sous nos yeux.
    Ca parait dur pour les Grecs mais une faillite totale du type Argentine n'est pas la panacée non plus. 
    La position allemande, très critiquée en France, comporte tout de même des avantages : 
    - imposer une rigueur, somme toute très mesurée, n'a pas encore résolu la crise de l'endettement grec, mais au moins ont-ils maintenant un déficit primaire nul. C'est déjà un  premier pas. Par ailleurs, contrairement à ce que beaucoup dise l'ajustement se fait bel et bien.
    - rester un peu souple et dans l'euro, permet à l'état grec d'etre un minimum aidé. En imaginant le pire, on peut très bien imaginer qu'un dictateur ou l'armée aurait pris par la force le controle d'un pays  complètement désemparé.
    - sur la dette elle-même, quelque soit la politique choisie, elle ne sera pas payée, ce n'est donc pas  la peine d'épiloguer. La seule question, c'est comment on gère le fait qu'ils ne paieront pas. 

    Je les tiens pour les seuls responsables de leur propre sort. Et le discours victimisant m'énerve au plus haut point (du style c'est la faute de GS) . Mais je conçois malgré tout qu'on puisse les aider un minimum, c'est à dire concrètement : payer pour eux encore un peu plus, alors qu'ils ont déjà bien vecu avec notre argent (sous forme de prets à l'état grec,  en échange d'efforts concrets.  Or ces efforts, ils les font ! -50% sur un salaire c'est pas de la gnognotte.
    Ca c'était pour la Grece. 

    Pour l'Espagne, l'aspect sauver des investisseurs imprudents, plutot que les espagnols eux-mêmes (par exemple en capant  les taux d'emprunts variable) me gêne en revanche. Concrètement, on finance , ou allons financer des investisseurs plus qu'imprudents. Ca n'est pas sain du tout. Aider des gens, et sous conditions, je le conçois, payer les erreurs d'investisseurs , non.


    Mon propos c'est de faire remarquer que ce n'est pas la faute de l'euro. Accuser l'euro, c'est aussi bête qu'accuser une pièce d'or ou un bout de papier pour ses malheurs. Surtout si cette monnaie essaie de rester un minimum stable en limitant la planche à billets (beaucoup diraient qu'on imprime déjà trop).

    Au contraire l'euro joue son rôle. Parce qu'on a pas trop imprimé (c'est relatif) il contraint les politiques à faire que les choses rentrent dans l'ordre : baisse des salaires en grece, défaut de paiement des insolvables, trouillomètre des creanciers au maximum qui obligent les gouvernants à tenir compte des realités budgétaires.

    Tant que l'euro fait attention à sa crédibilité en limitant un minimum le bilan de la BCE, mais avec la souplesse que n'aurait pas une monnaie basée sur le métal sans dévaluations,  je suis clairement favorable à l'euro.

    Les responsables sont les gouvernants paniers percés et les electeurs candides, pas la monnaie.


  • Lien vers le commentaire alex6 mercredi, 21 novembre 2012 22:12 Posté par alex6

    Il y a tout de meme une voie intermediaire, a savoir la reduction drastique du perimetre d'intervention des etats dans TOUS les pays de la zone. Cela libererait enormement de cash vers l'investissement industriel et permettrait de limiter les degats des transferts monetaires nord/sud via le retour de la croissance. Reste a savoir s'il reste suffisamment de temps pour que la machine puisse redemarrer dans les conditions actuelles....
    Car solution 1 ou 2, si les etats persistent a ecraser les economies par leurs niveaux de depenses pharaoniques, c'est la faillite qui sera au bout du tunnel de toute facon, monnaie locale ou euro.
    Les pays qui ont reussi ont TOUS reduit le perimetre d'intervention de leur gouvernement de maniere importante (Scandinavie, Canada, Australie, NZ etc...) L'austerite est un non-sens economique puisqu'a perimetre d'intervention etatique equivalent, les rentrees fiscales diminuent tout en voyant les peuples s'appauvrir de plus en plus via la diminution des prestations sociales. C'est aussi tres explosif d'un point de vue social.

  • Lien vers le commentaire fanfan mercredi, 21 novembre 2012 16:09 Posté par fanfan

    la solution 1 n'arrivera jamais, aucun responsable politique n'aura le courage de s'y embarquer

  • Lien vers le commentaire Helios mercredi, 21 novembre 2012 15:54 Posté par helios

    ça semble bien marcher l'austérité, concernant l'Europe du Sud, en particulier la Grèce.
    "un marché du travail limitant fortement l'ajustement des salaires" : en Grèce l'ajustement est violent, -50% voire pire. Et la semaine de travail de 6 jours est prévue.
    "le train de vie des ménages d'Europe du Sud" : en Grèce la protection sociale a pour ainsi dire disparu, et quasiment tous les services publics sont en voie de disparition (sauf la police et l'armée, ce qui n'empèche pas la criminalité d'exploser).
    La balance commerciale s'améliore, seulement à cause du fait que les Grecs n'importent presque plus rien.
    Le PIB est en chute libre.

  • Lien vers le commentaire Fabulous mercredi, 21 novembre 2012 14:23 Posté par OSS

    entre mi 2011 et mi 2012, la BCE a augmente son balancesheet de 1200 milliards (1.2trillion)