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Angleterre, Union-européenne et Brexit - Qui en profitera le plus ?

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A première vue, selon beaucoup de spécialistes, le Brexit serait une catastrophe pour l’économie britannique.

La banque d’Angleterre a d’ailleurs renchéri. D’après elle, le vote du leave aurait de lourdes conséquences. A savoir, une augmentation du chômage, une alimentation de l’inflation, un ralentissement de l’activité économique mais encore un effondrement de la consommation des ménages et des entreprises avec un résultat récessif à la clef.

Le FMI est même allé plus loin, en affirmant que pour les années à venir, le divorce anglais provoquerait des dommages désastreux au niveau régional.

L’accès plus limité au marché unique dont disposera le Royaume-Uni dans un futur proche, inquiète bon nombre d’experts.

Mais cette nouvelle configuration peut aussi s’avérer être un avantage. La Grande-Bretagne ne va pas non plus se couper du monde sous l’effet d’un seul vote de sortie de l’UE. Le pays pourra maintenir une certaine distance ou marge de sécurité supplémentaire avec l’euro zone et l’UE.

En Europe, les choses ne se sont guère améliorées. Une proportion croissante de régions croule sous les dettes. L’Italie est en proie actuellement à une pagaille bancaire. Les prêts non performants qui explosent, et les créances irrécouvrables inondant le marché sont là pour nous le rappeler. Elles sont le reflet d’un contexte plus que critique.

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Les banques italiennes sont asphyxiées par environ 360 milliards d’euros de prêts non performants. L’ABE (l’autorité bancaire européenne) estime que ces créances douteuses représentent 16.6% de la totalité des prêts accordés. Un ratio énorme qui a eu pour principale conséquence de faire chuter les valorisations bancaires italiennes.

Monte dei Paschi Banca di Siena, troisième banque italienne de par la taille de ses actifs, se négocie maintenant autour de 0.28 €. UniCredit, la plus grande banque du pays avec un peu moins de 1 milliard € d'actifs, se négocie à un tiers de ce qu’elle valait il y a un an.

Pour éviter la catastrophe, Mario Draghi le pompier de service de la BCE, va lancer un plan de sauvetage qui permettra d’éteindre partiellement l’incendie sur le secteur bancaire italien.

Cependant, les transalpins ne sont pas les seuls touchés par le fléau des prêts non performants. Le Portugal est aussi menacé, les créances douteuses atteignent un ratio affolant de 19.2%.

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Ratio de prêts non performants avant 2016

Quant à l’Allemagne, n’en parlons même pas. Elle, qui est considérée comme l’ossature inflexible de l’UE, supporte en réalité toutes les dettes d’une construction à l’échafaudage devenant dangereusement bancal.

La banque phare du pays, Deutsche Bank, a vu sa valorisation perdre -45% depuis le début de l’année.

Si la déconnexion du Royaume-Uni avec l’UE pourrait avoir des effets néfastes pour l’économie britannique sur le court terme, rien n’est moins sûr à long terme. L’Europe traverse une crise identitaire, monétaire et de gouvernance.

L’éloignement des banques anglaises du marasme européen ne peut que leur être bénéfique à échéance plus lointaine. Quand la BCE aura grillé toutes ses cartouches, l’Angleterre sera bien contente de ne pas avoir à payer l’addition finale. À mon goût, elle devrait être plutôt salée. Reste à savoir qui va la régler. Allemagne ? France ? Faites vos jeux, rien ne va plus.

William Finck

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