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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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« La montée de l’isolationnisme allemand… » L’édito de Charles SANNAT

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Marcel Fratzscher est l’ancien chef de l’analyse des politiques internationales à la Banque centrale européenne, et il est l’actuel président du think tank DIW à Berlin.

Il vient juste d’écrire un article intitulé The Rise of german isolationism qui peut se traduire par “La montée de l’isolationnisme allemand”.

Cette montée de l’isolationnisme et de la volonté de repli des Allemands qui représente pour lui un danger, pour d’autres une grande opportunité, n’est pas qu’un mouvement allemand, c’est un mouvement mondial et les peuples rejettent massivement les politiques d’ouverture à tout vent de mondialisation et de globalisation menées par les élites qui nous dirigent depuis 30 ans maintenant.

Aux États-Unis, le succès de Donald Trump relève exactement de ce raisonnement et de ce rejet par les classes moyennes d’une politique qui les asphyxie littéralement.

Entre pression économique et pression migratoire, l’Allemagne vacille !

Cette information est fondamentale car en Europe, le pays qui depuis 20 ans est le grand, l’immense vainqueur et de la construction européenne et de la mondialisation c’est l’Allemagne eu égard à son made in Germany à la qualité reconnue partout dans le monde. Avec une balance commerciale monstrueusement excédentaire, avec un euro faible pour l’industrie allemande, l’Allemagne s’est imposée comme l’usine de l’Europe et l’usine haut de gamme du monde, équipant la Chine de ses machines outils facilitant ainsi l’essor industriel de l’empire du Milieu.

Hélas, les choses changent et les convictions allemandes vacillent et c’est logique. D’abord, la Chine, après avoir rattrapé des pays comme la France ou les USA, est désormais en train de tailler des croupières à la “grande” Allemagne, mais en plus, l’afflux de migrants et les événements de Cologne ont laissé des traces durables et brisés plusieurs tabous.

Voilà donc ce que nous dit Marcel Fratzscher

“BERLIN – Lors des élections régionales récentes en Allemagne, les électeurs ont adressé un blâme retentissant au parti de la chancelière Angela Merkel, l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Avec un nombre croissant d’Allemands perdant confiance dans une solution européenne à la crise des réfugiés en cours, l’appel à l’isolement et à l’unilatéralisme allemand est de plus en plus fort. Les forces politiques et d’extrême droite gagnent du terrain.

Cela est très troublant mais ne devrait pas être choquant. L’Union européenne a toujours réussi à trouver des solutions communes à des problèmes communs, et cela a été le cas à chaque crise. Dans la crise actuelle des réfugiés, les pays de l’UE ont fait preuve d’un manque flagrant de solidarité avec l’ Allemagne, beaucoup refusant de prendre même une petite part du fardeau.

Malgré le récent accord avec la Turquie visant à réduire l’afflux de réfugiés syriens, la plupart des Allemands ne s’attendent pas à ce que les partenaires européens changent de cap.

Ceci est d’autant plus exaspérant pour les Allemands que leur pays a la charge financière la plus lourde pour les programmes de sauvetage effectués à Chypre, en Grèce, en Irlande, au Portugal ou en Espagne ces dernières années.

Ajoutez à cela le sentiment de trahison, la possibilité imminente d’une sortie britannique de l’UE, et il devient difficile de ne pas voir pourquoi les Allemands pensent que se distancier de l’Europe pourrait bien être la meilleure solution.

En Allemagne, le sentiment dominant est que les autres pays en veulent uniquement au porte-monnaie allemand, en particulier la France qui plaide fortement pour une union de transfert. Dans ce contexte, si la crise financière venait à nouveau à s’intensifier, les partenaires de l’UE de l’Allemagne ne pourraient probablement pas s’attendre à ce qu’elle accepte tous les programmes de sauvetage financiers.

En d’autres termes, le véritable filet de sécurité financière de l’Europe basé sur une solidarité sans faille n’existe plus. Le refus des dirigeants européens à prendre leurs responsabilités et à se mettre d’ accord sur une solution commune à la crise des réfugiés est non seulement dommageable pour les réfugiés mais également préjudiciable à l’avenir de l’UE, car cela affaiblit la volonté de l’Allemagne de réformer et de coopérer avec le reste de l’ Europe.

Ne vous méprenez pas : si les choses continuent sur leur trajectoire actuelle, le nationalisme étroit qui est à la hausse en Allemagne aujourd’hui reviendra hanter chaque membre de l’ UE.”

Mais le nationalisme est déjà en route, inéluctable, un excès répondant à l’autre comme nous l’enseigne dramatiquement l’histoire de notre “vieille Europe” !

Le problème de ces élites mondialistes et globalisantes c’est que la libre circulation et l’accueil à tout prix sont devenus des idéologies pour ne pas dire des “religions” !! Or les équilibres nationaux, les équilibres sociaux sont toujours fragiles, toujours et il est normal de mettre des limites non pas par égoïsme mais pour préserver les grands équilibres qui assurent la concorde nationale et la paix civile.

Oublier cela est criminel et l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions.

Je reste convaincu que sauver les migrants est notre devoir le plus sacré, mais sauver les migrants, les protéger, les nourrir en attendant de pouvoir rentrer chez eux, cela peut et doit se faire dans des camps administrés par le HCR.

Sauver les migrants n’implique pas ni de les naturaliser, ni de les faire travailler pour un euro de l’heure au plus grand plaisir du patronat allemand, car la réalité c’est qu’il n’y a aucune générosité là-dedans, les migrants sont juste un outil à la disposition des psychopathes et apprentis sorciers qui nous dirigent pour faire baisser… le coût du travail !

En ce sens, il n’y a rien de plus antisocial qu’une immigration hors de contrôle. Ce n’est évidemment pas le cadre supérieur qui verra son travail pris par un migrant ne sachant pas parler la langue du pays d’accueil, mais ce qu’il reste d’ouvriers… Encore une fois, les plus faibles paieront le prix de nos lâchetés, de nos erreurs et de nos démissions.

En attendant, mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

“Insolentiae” signifie “impertinence” en latin
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