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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

Charles-Sannat

«Inférieurs de tous les pays unissez-vous ! »

Audience de l'article : 1098 lectures
Nombre de commentaires : 1 réaction
Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Non je ne fais pas mon Karl Marx, bien que face aux communistes j’aime défendre la libre entreprise et face aux libéraux extrémistes, j’ai du mal à ne pas penser au médecin des urgences qui sauve mon bébé à 3 heure du matin sans même me demander d’argent mais gratifié d’un immense sourire de gratitude évidemment…

Avec Agnes Verdier-Molinié la Directrice de l’Ifrap, un réservoir à pensées libérales (think-tank en anglishe), nous avons débattu sur le « c’est mieux ailleurs » et il « faut absolument faire des réformes structurelles ».

Ne vous méprenez pas sur le fonds de ma pensée, quand il est possible de faire mieux nous devons faire mieux bien évidemment, mais il existe des contextes où même faire mieux, ce n’est pas suffisant et faire croire qu’avec quelques réformes structurelles nous réglerons comme par enchantement des problèmes qui durent depuis 40 ans, est un très grossier mensonge. Une malhonnêteté intellectuelle trop répandue! L’inverse est également vrai. Ce n’est pas en baissant encore plus le temps de travail par exemple que l’on pourra créer plus d’emplois.

On vous compare systématiquement des choux et des carottes pour les besoins de la « cause » à défendre !
Il faut faire des réformes structurelles pour baisser le chômage… regardez au Royaume-Uni, leur PIB va tellement mieux !!!
Sauf que, on ne peut pas comparer les taux de chômage par exemple puisque les centaines de milliers d’anglais qui ont la chance d’avoir un contrat de travail 0 heure de travail (oui ne rigolez pas), qui ne bossent pas, et qui ne sont donc pas payés… ne sont pas comptés comme chômeurs.

Franchement en s’y prenant comme ça même nos glandus de mamamouchis devraient réussir à faire baisser « officiellement » le taux de chômage. Donc on ne peut pas affirmer ce genre de chose que l’on soit « libéral » ou pas !

On omet aussi de vous dire que le PIB anglais augmente quand la bourse monte parce que entre 20 et 25% du PIB britannique est fait par la City… Inversement entre 2007 et 2009 la chute fut bien plus sévère chez les anglais que chez nous… ce n’est pas moi qui le dis. Ce sont les faits.

Ensuite on ne vous dit pas non plus, parce que ce serait trop compliqué pour vos petits neurones de citoyens qui doivent surtout ne rien comprendre, que l’inflation au Royaume-Uni est plus du double de celle de la France… donc le PIB vu qu’il est exprimé dans des monnaies différentes… et bien c’est normal qu’il aille plus vite chez les uns que chez les autres… c’est l’effet inflation.

Bon c’est vrai que nous nous avons l’euro… et les anglais leur propre monnaie. Dire donc que les anglais vont mieux aujourd’hui parce qu’ils ont fait des « réformes » c’est très comment dire… très limité comme argument, car évidemment les aspects monétaires jouent un rôle essentiel. Mais il est interdit de parler de la relance monétaire avec sa propre souveraineté de monnaie « attention facho devant », ou « coco derrière » !

D’ailleurs si on regarde les choses avec objectivité, là où c’est le moins pire (car ce n’est pas fameux quand même) c’est les pays, non pas où ils ont fait des réformes structurelles, mais qui disposent encore de leur propre monnaie…

Mais en vous disant cela suis-je honnête intellectuellement ?

Non… non pas que je vous mente, mais c’est un raisonnement partiel et cela doit-être dit, écrit pour que vous puissiez réfléchir, penser et analyser par vous-même.

Je peux vous faire de grands discours et être péremptoire. La vérité c’est que le système économique est devenu d’une complexité extrême et que celui qui veut réduire les problèmes à une cause veut vous tromper et il le sait.

Non nous n’avons pas « un » ou « deux » problèmes mais une liste à la Prévert.

Les réformes n’aboutiront à rien car il est déjà trop tard !

On veut vous faire croire que l’on peut encore faire quelque chose et si vous faites tout plein d’efforts vous aurez alors la « chance » de travailler pour 10 fois moins qu’avant … on est même prêt à vous forcer à accepter, à entendre certains… écoutez bien la vidéo ci-dessous.

D’ailleurs, ils aimeraient bien tous supprimer l’idée même de démocratie, de liberté, de peuple souverain… On va vous faire bosser bande de feignasses, et bosser cela veut dire « exploiter »… d’ailleurs vous auriez besoin d’un petit coup de fouet… au sens propre, cela va vous motiver un peu.

Je confirme d’ailleurs que dans le libéralisme il n’y a bien aucune « race » ni différence… rassurez-vous, nous serons tous bien égaux dans la misère et dans l’esclavage. Non, il n’y a pas de race… il y a des castes. N’oubliez pas cela.

Ce qui reviendra un jour, à proclamer… « inférieurs de tous les pays unissez-vous », mais nous n’y sommes pas encore.

Les réformes n’aboutiront à rien car il n’y a plus rien à faire. Le monde est dans une déflation séculaire pour des raisons démographiques, pour des raisons de mondialisation, et pour des raisons technologiques et de limitation des ressources naturelles.

Le modèle économique de la révolution industrielle est MORT !!

Le modèle c’est plus de croissance chaque année, basée sur une consommation de masse nécessitant une masse de travailleurs et un recours à une énergie pas chère et abondante.

Aujourd’hui les progrès techniques font que pour le côté « masse de travailleurs » vous repasserez. Plus besoin de travailleurs.

Pour la croissance forte, et bien suivez le cours des matières premières. Si la consommation explose les prix des ressources explosent. La seule raison de la faiblesse des cours des matières premières c’est la faiblesse de la croissance.

Si la croissance repart, alors, les prix s’envoleront et viendront fracasser la reprise. En clair, la raréfaction des ressources ne se voit pas encore lors d’une récession mais rend impossible désormais toute croissance élevée.

Faire des réformes structurelles n’est pas la réponse.

Faire plus de contrats minables n’est pas la réponse.

Faire plus de précarité n’est pas la réponse.

C’est la réponse des lobbys du grand capital… c’est-à-dire des multinationales comme on dit aujourd’hui, mais ce n’est pas la réponse des peuples, ni même une réponse techniquement viable à terme.

La réponse c’est de repenser en totalité notre modèle économique en mettant au cœur de ce dernier la simplicité volontaire, l’économie circulaire, la durabilité et « l’upgradabilité » des produits.

La réponse c’est repenser notre façon de travailler, de redistribuer les richesses en dehors de l’idée de salaire.

La réponse c’est de repenser la mobilité et la façon d’occuper nos territoires.

Non la réponse ce n’est pas être de « drôate » ou de « gauôche », dans l’idéologie ou le baratin. La réponse n’est pas une réponse mais pleins de réponses !

La réponse à notre crise n’est pas de tenter de réparer un système au bout du rouleau. Ce système est déjà mort.

La réponse c’est imaginer un nouveau monde, car oui, sans hésiter et c’est une certitude, une autre vie est évidemment possible. C’est à nous d’imaginer le monde non pas tel qu’il est, mais tel que nous souhaiterions qu’il soit !

Alors, en attendant, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire tartemolle samedi, 03 octobre 2015 07:31 Posté par tartemolle

    Bonjour Charles,
    Pas d'accord avec "Sauf que, on ne peut pas comparer les taux de chômage par exemple puisque les centaines de milliers d’anglais qui ont la chance d’avoir un contrat de travail 0 heure de travail (oui ne rigolez pas), qui ne bossent pas, et qui ne sont donc pas payés… ne sont pas comptés comme chômeurs.
    "
    Voilà une affirmation qu'on lit partout dans les médias mainstream inféodés au pouvoir socialiste. C'est simplement manipulatoire et malhonnête. La réalité est que la moyenne de ces centaines de milliers de contrats zéro heure est de 27 heures de travail par semaine. De là à en conclure que ce sont des chômeurs, il y a un pas (malhonnête) que d'aucuns pourraient s'autoriser à ne pas franchir....
    Sur le fond de votre papier tout à fait d'accord avec le fait que les réformes structurelles (quoi que vous en disiez nécessaires et vitales en France) ne suffiront pas à redresser ce pays car le modèle économique actuel est mort et doit être totalement repensé.