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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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DE GIRO 2

L'action des banques centrales et la vie des étoiles massives...

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L'action des banques centrales, depuis le début des années 80 jusqu'à aujourd'hui peut se comparer à la vie d'une étoile massive, qui brûle par fusion nucléaire son énergie de plus en plus vite, avec des sources d'énergie qui durent de moins en moins longtemps jusqu'à son implosion finale en supernovae. La fusion de l'hydrogène d'une étoile de 25 masses solaires dure 7 millions d'années, celle de l'hélium 500 000 ans, puis il faut seulement 200 ans pour fusionner tout le carbone du coeur stellaire, et un seul jour pour le stade final qui est la fusion du silicium en fer dans le coeur de l'étoile.

L'action d'une banque centrale utilise aussi des réserves de "carburant" pour relancer artificiellement les économies.

Le premier stade de l'action des banques centrales est le plus long et le plus efficace pour obtenir le résultat recherché (la relance) :

Dans ce premier stade, les banques centrales se contentent de baisser les taux à chaque récession ou ralentissement économique, pour inciter les acteurs économiques à s'endetter plus, ce qui permet à la croissance de repartir. Malheureusement cette relance va consommer du "carburant" à chaque relance, la capacité d'endettement du système n'étant pas illimitée : A chaque cycle de relance économique, la banque centrale relève ses taux pour reconstituer ses marges de manoeuvre, mais elle les relève de moins en moins haut à chaque nouveau cycle, jusqu'à épuisement de sa marge de manoeuvre.
On peut considérer qu'aux USA et en Europe, ce stade (celui de la "fusion de l'hydrogène" de notre étoile) est terminé depuis 2008-2009, et quelques années auparavant au Japon : Les banques centrales ont été incapables de relever leur taux tout au long du cycle de croissance qui a débuté en 2009 (le dernier relèvement de la FED étant purement symbolique).

fed funds rate

Le second stade (la "fusion de l'hélium" de notre étoile) est celui du quantitative easing :

A ce stade, n'ayant plus de marge de manoeuvre avec la baisse des taux, les banques centrales vont acheter directement des obligations d'état en augmentant la taille de leur bilan, pour forcer les taux longs à baisser et injecter des liquidités dans le système. Nous sommes entrés dans ce stade en 2008-2009, et malheureusement, contrairement au précédent stade qui a duré plus de 25 ans, ce second stade est déjà en train de s'achever aujourd'hui, 6 à 7 ans après son lancement.
En effet, tous les taux des obligations d'état (jusqu'à 10 ans au moins) sont maintenant proches de 0, et les taux négatifs ne pourront pas aller bien loin (un taux fortement négatif inciterait les opérateurs à retirer leur argent du système bancaire et financier).

bund

Le troisième stade, qui a commencé au Japon avec les achats directs par la banque centrale d'actions de l'indice Nikkei et par les achats de la BCE d'obligations d'entreprise est celui du quantitative easing élargi.

Ce sont les derniers instants de la vie de notre "étoile", où elle brûle l'oxygène puis le silicium : Cette fois la banque centrale va tenter de pousser directement à la hausse le prix des actifs pour créer chez les épargnants un sentiment de richesse (virtuel tant qu'ils n'ont pas vendu leurs actions) qui les incitera à consommer et à dépenser. L'ennui est que ce stade ne pourra pas fonctionner longtemps...La banque du Japon possède déjà 60% des trackers actions du marché japonais, et deviendra prochainement le premier actionnaire de 55 des plus grosses sociétés du nikkei ! (lire cet article de Bloomberg). Quand elle aura acheté toute la fraction liquide du marché, le jeu prendra fin, et le troisième stade aussi. Ce qui risque de se produire très vite, dans quelques années tout au plus.

Nous entrerons alors dans le dernier stade, celui où notre étoile accumule du fer dans son noyau, dont la fusion consomme de l'énergie au lieu d'en produire, ce qui aboutit à son implosion.

L'entrée dans ce dernier stade commencera par une phase de déflation, avec une baisse de tous les actifs et une nouvelle récession, contre laquelle les banques centrales seront démunies, ayant épuisé toutes leurs marges de manoeuvre. Elle sera bien plus violente qu'en 2009, parce que cette fois les banques centrales et les états perdront toute leur crédibilité auprès des autres acteurs du système économique.

Elles tenteront alors sans doute, avec les états, des manoeuvres désespérées (la "fusion du fer"), dont la mise en oeuvre ne fera qu'augmenter la panique des opérateurs :

- La mise en place de taux fortement négatifs, qui revient à imposer massivement les épargnants...ce qui ne fera que détruire un peu plus leur confiance et leur envie de consommer.

- Ou bien au contraire une distribution gratuite massive d'argent aux ménages (sorte de "revenu universel" dévoyé, financé uniquement par la planche à billets). Cette fois c'est la valeur de la monnaie papier qui s'effondrera et provoquera une crise hyperinflationniste (qui est la façon probable par laquelle les compteurs seront "remis à zéro" après la phase déflationniste).



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4 commentaires

  • Lien vers le commentaire Antoine Blanchys mercredi, 14 septembre 2016 14:14 Posté par ablanchys

    Bel article. Un peu triste. Car cela pourrait être la fin d'un système auquel nous étions habitués. Mais clairement, il faudra réinventer d'autres mécanismes d'ailleurs parce que la Finance ne peut, à elle seule, résoudre une équation économique impossible : comment continuer à faire croître indéfiniment une planète qui a une limite physique ? (sauf rupture technologique majeure...)

  • Lien vers le commentaire Olivier Noraz mercredi, 14 septembre 2016 13:03 Posté par Olivier Nor

    bonjour Loïc,

    Je partage aussi cette vision de l'évolution économique.

    Je ne l'avais jamais envisagé sous cette présentation, elle est très révélatrice. Je m'appuie plus sur la fonction exponentielle ou l'exemple du nénuphare qui double sa taille chaque jour et récouvre les océans en 100 jours.
    Si vous me le permettez, je vous pique votre exemple en citant ma source bien évidemment.

    Pour ce qui est des solutions à cette situation : actifs tangibles, tangibles et tangibles !!!!


    Bien à vous
    Olivier

  • Lien vers le commentaire karlusson mercredi, 14 septembre 2016 08:07 Posté par karlusson

    tu ne dis pas si la fin se résumera à une naine blance ou un trou noir, avec les déficits et les normes de Bâle3, c'est le trou de Bâle dans le bas de laine des épargnants. La super nova pourrait être le départ d'un nouveau cycle économique, une nouvelle révolution sublimant l'entropie. Nous sommes dans le règne de la thermo-dynamique. Tout est relatif, surtout la richesse... Merci.

  • Lien vers le commentaire Francois DULIEGE mercredi, 14 septembre 2016 06:58 Posté par amporelle

    Loic,
    Je suis trés en phase avec cette analyse.
    Je sais que c'est une question diificile, mais si vous deviez donner une échéance à l'entrée dans le dernier stade, celui de la déflation qui précédera l'hyper inflation, quelle serait elle ? 2 ans, 5 ans ? plus ?
    Encore félicitation pour la clareté de vos propos.
    François