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Charles Dereeper

Charles Dereeper

Rédacteur, éditeur, entrepreneur, trader...

Je vis en fonction de l’intuition, du coeur et de la possibilité de mourir à chaque instant. Pas de vie sans création quotidienne ! 

Je mets à la poubelle la culture chrétienne et le reste des religions pour neuneus attardés qui veulent nous faire gober qu'il existe trois dieux uniques (car 3 = 1, ben oui quoi, c'est un truc religieux, nous les quiches, on peut pas comprendre, c'est que eux) dont en plus, nous serions séparés (ben oui, si dieu est déjà en nous, on n'a plus besoin de se soumettre à des religieux assoiffés de domination... leur seule solution consiste à nous raconter qu'on est tout seul et dieu est ailleurs. Bien sûr, on peut lui dire bonjour, mais à condition de prendre une carte de membre...).

En fait, en considérant que nous sommes tous connectés ensemble nous les humains basiques, la vie retrouve son sens perdu et on peut se passer sans souci de cette morale catholique bidon...

Sinon, j'ai tenté du mieux que j'ai pu, d'effacer ce que m’ont raconté les profs gochos de mon enfance (yavait du boulot), l'éducation plus qu'inefficace de mes parents et toutes les âneries que l’Etat français a tenté de m’imposer pour me tenir en laisse...

Je suis totalement contre le dogme du profit maximal, qui égare la majorité des humains et qui détruit tout !

J'ai besoin autour de moi de gens électrons libres, insoumis aux normes sociales vicieuses et visqueuses et insoumis à leurs propres peurs !

Un spécial remerciement éternel pour Alain qui en 2001 / 2003 m'a offert le plus précieux des cadeaux.


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Miser sur la Chine, l'immobilier, l'or et le retour à terme de l'inflation... Conversations avec Jean Christophe Bataille

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Hello

Voici la suite de mon interview de Jean Christophe Bataille, la première partie est lisible ici : http://www.objectifeco.com/economie/croissance-recession/recession/avenir-de-la-france-pour-eviter-l-ecroulement-un-qe-europeen-est-necessaire-accompagne-d-une-reduction-des-deficits.html

Quelques jours après cette première publication, nous avons pu tous mesurer à quel point l'histoire du QE et les explications de Jean Christophe Bataille étaient réalistes. Le CAC 40 a pris 200 points en ligne droite en une dizaine d'heures de cotation, l'EUR USD a mangé, faisant un plus bas au dessus de 1,23 tandis que l'Or, descendu à 1150, est remonté fissa sur 1200 dollars l'once... tout ça parce que Mario Daghi, boss de la BCE, a fait une simple promesse (donc même pas une action concrète) que le QE eventuel européen serait beaucoup plus massif que les précédents tests réalisés l'an dernier. La réaction assez vigoureuse des marchés montre bien, que cette problématique du QE est la clef de notre avenir économique pour la communauté financière mondiale.

Aujourd'hui, vous pourrez lire une conversation sur les différents thèmes que sont l'immobilier, l'or, le choix d'une devise pour conserver son patrimoine, la Chine.

Charles Dereeper



INTERVIEW


L’avenir de la France ?

L’avenir de la France n’est pas rose. Parce qu’on cultive un déficit budgétaire depuis 30 ans et, surtout, on désindustrialises le pays. Alors, on a de très belles entreprises, de très grandes entreprises, mais elles sont multinationales. Elles délocalisent beaucoup leurs productions. En plus, elles délocalisent parfois leurs fiscalités. Cela n’arrange pas nos affaires. C’est un des problèmes majeurs, je trouve. Le fait qu’on ne soit plus capable de donner du travail. On a un problème éducatif dans certaines classes de la population. C’est très compliqué à gérer. Non, moi, je ne suis pas optimiste du tout pour l’avenir de la France. Je suis plutôt optimiste sur l’avenir de l’Europe, parce que je ne crois pas du tout à la chute de l’euro. C’est bien trop important d’avoir une dimension mondiale pour tous nos pays. Par contre, on va vivre nous une période assez difficile et je crois que l’Europe va se remette lentement de tous ces chocs.


S’il n’y a pas une chute de l’euro… Je ne sais pas, si on arrive à 120 – 130 % de dette / PIB et que l’on commence à attaquer la dette de la France, il se passe quoi ? Inévitablement, cela augmente d’année en année.

Tu sais comme moi que l’on ne lutte pas contre une banque centrale. Tous les gens qui ont essayé… Moi, je ne crois pas du tout à ça. Ce que je crois, c’est qu’on va avoir du quantitative easing de façon assez massive et que les spéculateurs peuvent faire ce qu’ils veulent, ils vont se faire massacrer. A partir du moment où le quantitative easing est en route, les taux longs ne montent plus. Tu as bien vu ce qui s’est passé aux États-Unis ? Ce n’est pas possible ! C’est quand même une méthode extrêmement lourde. Du coup, c’est vrai que cela facilite le financement de l’économie, ça décline la courbe des taux avec un avantage aussi pour les investisseurs longs termes. Pour moi, si la France arrive à se réformer, cela a été quand même le cas de l’Espagne et du Portugal… à marche forcée. II faut que l’Italie et la France arrivent à le faire. Il y a quand même du monde qui pousse, à commencer par la banque centrale, d’ailleurs, qui fait un petit chantage : On laisse la dette de la France se dégrader et puis on ne fait pas de quantitative easing tant que l’on n’a pas mis en route les réformes de structure. C’est vrai que les Français sont des petits malins mais je pense qu’à un moment on va butter... Et puis, il y aura un changement politique avec, peut-être, des gens plus clairvoyants. J’ose espérer.

Non, je ne suis pas inquiet pour l’Europe. Ce qui est en train de se passer, c’est 1,1 bientôt pour l’euro. Pour parler de trading et de spéculation, je pense que l’on va rebondir, parce que l’on est dans une zone d’incertitude tant que le QE européen n’est pas en route, très probablement on peut avoir un rebond du dollar. Je crois que l’on va vers la parité à terme. On va vers la parité parce qu’on va vraiment être obligé d’envoyer « lourd ». Je vais te dire, les Américains n’attendent que cela. C’est une interview d’un des gouverneurs de banque centrale, qui est d’ailleurs très intéressante, qui disait : « Nous, que l’euro soit faible ne nous gêne pas tant que ça. Ce qui nous gênerait vraiment, c’est que l’Europe rentre en déflation, parce que là, on y plonge tous ». Et eux veulent que l’Europe sorte de la récession et de la déflation. C’est probablement ce qui va se passer, parce que Draghi c’est quand même un type qui vient de Goldman Sachs. Je pense qu’il a convaincu tout le monde, mis à part quelques monétaristes - dont je ne te cite pas le nom mais que tu connais -, surtout le gouverneur allemand de la banque centrale, « la gouverneure ». Là, il y a encore des réticences, c’est clair, mais je pense que l’on s’oriente vers cela.

Pour répondre à ta première question, qui était celle des monnaies à choisir. Moi je dirais, soit on fait du trading - et là on choisit tous les trois mois, ce qui est compliqué-, soit on reste sur le dollar pendant encore deux ans et on n’optimisme pas, parce que je pense que le dollar peut remonter. Après c’est compliqué, parce que le yuan va grimper à un moment. Le yuan ne peut pas rester comme cela, arrimé au dollar à parité quasi fixe, alors qu’à Shanghai tu as plus de Rolls-Royce et de Porsche qu’à Paris ou à New York. Il y a un vrai problème.


Et Hong Kong ! J’en viens. A Hong Kong, ils confondent la Clio et les Porsche… C’est un problème.

Donc voilà ! Que ces gens-là aient une parité aussi faible… Alors, la difficulté avec la Chine, c’est ce qu’a connu le Japon en 85, avec les accords du Plaza. En réalité, il faut augmenter la monnaie mais les Chinois sont des gens très prudents et ils ne veulent pas faire ce qu'a fait le Japon. Parce que le Japon a augmenté la valeur de sa monnaie de façon un peu trop rapide et cela c’est très mal passé. Donc je crois que les Chinois, qui sont pragmatiques, vont faire monter doucement leur monnaie, au fur et à mesure de leur progression. Moi, j'ai une confiance totale dans la croissance chinoise. On expliquait que la Chine en 2008 – tu sais, j’allais sur le blog La déflation que tu connais - et j’expliquais à l'époque que la Chine n’était pas un pays faible et qu’il allait vite grossir, beaucoup grossir. On me disait « oui » mais il y a des économistes, dont je ne sais plus le nom d'ailleurs, qui disent que les Chinois ne vont pas arriver à faire de la croissance.


C’est l’atelier du monde. Et puis, quand on arrête de leur acheter leurs produits, tout s'écroule… Je pense que les gens n'ont jamais mis les pieds en Chine, parce que pour dire une truc pareille, il faut juste ne pas avoir conscience de ce qui se passe. Je partage ton avis, c’est hallucinant de penser que l'Europe et les Etats-Unis sont tout, et le reste de l’Asie n'est rien. C'est une drôle de vision.

C'est un dénommé Petty, ou je ne sais plus son nom, un économiste qui est d'origine chinoise où je ne sais pas quoi, qui disait : « De toute façon, dans la crise de 2008, on ne peut pas compter sur la Chine… » parce que, en réalité, si il y a des gens qui ont tiré le monde, c’est bien eux. Et leur marché intérieur ne va faire que croître. Ils ont une classe moyenne qui commence à être importante et elle va aussi grandir. Moi, mes inquiétudes à long terme, elles ne sont pas là pour être franc. Elles sont dans la hausse des matières premières. Je parle de long terme. La hausse des matières premières parce que, quand on voit ce que l'on consomme par jour, sur la planète entière, et qu'il y a encore des millions d'Indiens qui accèdent à la croissance, des millions de Chinois et puis d’autres pays dans l’Asie du sud-est qui, petit à petit, veulent avoir leurs bagnoles… Enfin moi, je suis très pessimiste sur le partage des ressources. Je suis à peu près persuadé que cela peut générer des conflits. Donc ça, oui, c'est une véritable inquiétude à long terme.

Je crois que le yuan va jouer tout son rôle. De toute façon, à un moment, les Chinois vont négocier. L’or, ce n'est pas possible parce qu’il n’y a pas assez de réserves d'or dans le monde, pour adosser toute la monnaie en circulation sur l'or. Cela n'a pas de sens, même aujourd'hui. En revanche, recréer un système monétaire – et ça, je crois que la Chine l'exigera et que beaucoup de pays l'exigeront – à partir des droits de tirage spéciaux du FMI, avec un panier de devises dont l’or, puisque l’or est une devise, ça, ça a du sens. Je pense que ça arrivera. C'est la future monnaie sur laquelle il faudra s'adosser.


En attendant cette monnaie, si je suis ton raisonnement long terme sur les matières premières, le dollar australien ou le dollar canadien, qui sont assis sur des réserves de matières premières assez importantes, sont peut-être des solutions sympathiques ?

Alors, si je résonne en spéculateur je te dis : Non. Puisque, moi, je les ai « shortées » contre le dollar, là, pendant la descente du dollar américain.


Enfin, à horizon 10 ans ? A horizon 15 ans ? Puisqu'en fait, l’euro et le dollar vont entrer dans des phases de turbulence. De toute façon, l'Europe va entrer en phase de turbulence, ça on est d'accord.

Moi, je ne miserais pas sur l’euro.


Donc, tu ne miserais pas sur l’euro. Moi non plus je ne miserais pas sur l’euro. Donc, je reviens à ma question initiale : Est-ce que tu penses que le dollar australien et le dollar canadien, qui sont assis sur une garantie en matières premières, ils ont quand même un bon stock, est-ce que tu ne penses pas que ce sont des alternatives à l’euro, à long terme ? En terme de conservation de capital ?

Si tu veux, je vois les fluctuations en trading et les difficultés qu'on peut avoir à prévoir à plus d'un mois… On peut avoir une vision à court-moyen terme, à six mois, un an, parce qu’il y a des fondamentaux économiques que l'on fuit, c'est une base du trading intelligent à mon avis. Je crois que cette difficulté à prévoir, parce que tout peut se produire, me conduirais - si j'étais dans ta logique de protection du patrimoine, pour quelqu’un qui est expatrié et qui ne veut pas que son argent se déprécie - je serais dans une logique de diversification.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je me mettrais en dollar américain. J'attendrais peut-être encore un peu pour le dollar australien, le dollar canadien. Moi, je ferais un panier de devises. Un peu sur le modèle de ce que veut faire le FMI à terme, c’est-à-dire créer un système monétaire international beaucoup plus assis sur l'ensemble de la planète. Et puis, dilue ton risque. Tu ne feras peut-être pas un carton spéculatif, mais spéculer à 20 ans, pour moi, cela n'a pas de sens. Donc, je diversifierais mes actifs. Dans mon patrimoine, j'ai acheté des lignes assez importantes de devise, c'est un fonds de chez Rothschild. Ce sont des actifs monétaires libellés en yuan- j’ai fait cela il y a longtemps -, de façon à profiter d'une hausse du yuan à long terme.


D’accord. Donc, tu as pris du yuan ?

Non. Je n'ai pas pris du yuan, parce que le yuan ne rapporte rien. Par contre, j'ai pris des actions chinoises en yuan, par le biais de SICAV de chez Rothschild. Des SICAV… en fait des fonds communs de placement, pas du tout des SICAV. C'est d'ailleurs des SICAV qui ne sont pas ouvertes à tout le monde, parce que je sais qu’à l'époque il fallait justifier d'un patrimoine d’au moins un million d'euros pour pouvoir les acheter. C'est l’AMF qui fait ces restrictions-là.


Oui, ce sont les « investisseurs confirmés ».

Exactement. J'avais acheté ces lignes-là il y a pratiquement 4-5 ans - je l'avais d'ailleurs mis sur mon blog quand je les avais achetées - de façon à profiter à long terme. On est sur des actifs longs termes. De toute façon, les actions que j'ai, moi, je les garde des siècles. Ce n’est pas pour moi les actions ; ce n'est pas un produit spéculatif du tout. C’est profiter de la croissance dans un pays, sur un continent et puis c'est diversifier… Moi, je les fais gérer. Je t'avoue que c'est très compliqué de connaître le bilan de chaque société. On ne peut pas tout faire.

Pour synthétiser, tu diversifierais sur différentes devises, dollar australien, dollar US, la Chine…







Qu'est-ce que tu penses de l’or ? Si l’on résume, tout le monde était chaud bouillant, c’est monté à1 800, après tout le monde dit « ça va partir à 2 500 » et on va perdre le contrôle de la situation. Les États-Unis ont montré qu'il n'avait pas du tout perdu le contrôle de la situation, bien au contraire, comme tu l’as souligné. Derrière, l'or est revenu. On parle de manipulation de marché. On dit que les réserves d'or n'existent plus à la FED… On entend tout et n'importe quoi sur l’or. L’Allemagne qui veut récupérer, puis, qui ne veut plus récupérer son stock. La Suisse qui a demandé le rapatriement de son or physique.

Dans tout ce brouhaha, c’est quoi ton opinion ?

Moi, je suis acheteur d'or depuis 2004. La première fois que j'ai acheté de l’or, c’est en 2004. Je suis très or physique. Je suis persuadé que les leviers utilisés au COMEX et, effectivement, je crois qu'il y a des mécanismes de location de réserves, en particulier celle de la banque centrale américaine, qui ne sont pas clairs.

J'ai été aussi beaucoup surpris de voir dans la chute de l’or des flash trade absolument incroyables, qui ne peuvent venir que de très très grosses mains. Ce n'est pas possible autrement. Donc il y a une volonté de faire baisser l’or, je le crois.

Cela correspond aussi à une réalité, qui est celle de l’arrêt du quantitative easing américain, qui justifie une vraie baisse de l’or. L’or, c’est une monnaie qui te dit : Aujourd'hui, on dilue la dette dans de la monnaie imprimée ; à partir du moment où l’on imprime plus, je reprends une valeur qui est pour moi sous-estimée, par rapport à la valeur de l’or en dollar. Tu remarqueras, par exemple, que l’or n’a pas beaucoup baissé en euro. Pourquoi ? Parce que l’on attend un quantitative easing européen et que cette dilution de la dette européenne va probablement créer une montée de l’or en euro.

L’or est une monnaie. Donc elle arbitre. Sans compter les problèmes de manipulations, que je crois indubitables. Pourquoi il faut avoir de l’or ? Il vaut avoir de l’or physique, parce que je crois que l’on n’a pas une adéquation parfaite entre l’or papier, présent dans le monde, et l’or physique même en tenant compte des leviers. On n’a pas une parfaite adéquation. Le COMEX a d’ailleurs été accusé de tout un tas de truc, et pas par des gens sur internet qui bavardent mais par des institutions qui font de vrais contrôles, qui sont officielles. Il y a donc cette première dimension.

Ensuite, la dimension monétaire. Je ne suis pas sûr qu’on n’ait pas un QE 4, dans un ou deux ans. Ce n’est pas impossible parce que la masse de la dette est trop forte, il va falloir faire de la dilution. Je pense qu’à 2 %, même 2 % frelatés… 2 % d’inflation, cela ne suffira pas. C’est un outil qui va être utilisé de façon plus importante. Je n’ai rien contre, pour peu que les budgets soient contrôlés. C’est ce que je t’ai dit au départ. Si on a de saines pratiques aujourd’hui, on peut essayer de rattraper le passé, sans subir ce qu’a subi l’Amérique en 29, ou même l’Allemagne avec une hyperinflation, enfin ça c’était du côté de Versailles. Il ne faut jamais oublier que la déflation américaine, que les difficultés économiques allemandes se sont soldés par une Seconde Guerre mondiale. Donc quantitative easing, oui, mais qu’on contrôle les budgets, que l’on se désendette vraiment. Si c’est pour faire du quantitative easing et augmenter la dette, c’est non.

On est toujours dans un débat qui est particulier. Il faut étudier ce que fait Abe aujourd’hui. C’est un mec qui monte la TVA quand même ! Il monte la TVA, il fait du quantitative easing à fond, mais il essaie d’équilibrer son budget. On n’est pas dans le laxisme budgétaire qui est décrié par les gens que je lis, en particulier sur ton portail. Non, ce n’est pas vrai.

C’est vrai pour la France mais, mais pour l’instant, on n’a pas fait de quantitative easing. On n’a fait qu’alimenter les banques. Pour moi, il n’y a pas d’expansion bilancielle au niveau de la BCE.


Si je synthétise ton opinion, un QE est probable en euro, voire inévitable et salutaire.

Inévitable !


Un QE n°4 est probable aux États-Unis ?

Possible ! Cela va dépendre beaucoup de l’Europe. De toute façon, cela va dépendre du taux d’inflation. Les Américains sont allés jusqu’à faire, après la guerre, et ça c’est un autre exemple d’inflation générée par les Américains avec la planche à billets, ils sont arrivés à faire jusqu’à 17 % - tu vérifieras d’ailleurs sur les courbes d’inflation américaines -, je crois qu’ils ont fait ça en 46 ou en 47. Ils ont même fait plus. Ils ont fait une inflation considérable parce qu’ils devaient diluer les dettes de guerre dans la monnaie. Et c’est le créancier obligataire qui a payé. Il ne faut pas rêver.

Mais qu’est-ce qui est le plus intéressant pour les générations futures : C’est que les gens qui détiennent la dette américaine soient floués, ou que les jeunes puissent investir ?


Attends… Je voudrais juste terminer sur l’or. S’il y a des QE qui se mettent en place, l’or remonte ?

Ah oui ! Le QE fera remonter l’or en euro. Attention. L’or, il ne faut pas que le considérer qu’en dollar. Parce que l’or en dollar, il ne va pas nécessairement remonter beaucoup, si l’Amérique continue à prospérer avec une inflation à 2 % et si elle ne relance pas un QE. Mais pour que l’Amérique ne relance pas un QE, il faut que l’Europe lance le sien. Pour moi, cela ne marchera pas autrement. Parce qu’autrement les Américains vont importer de la déflation. D’ailleurs, on voit bien qu’ils ont du mal à faire monter leur inflation à plus de 2 %. Tu sais qu’il y a un cercle vertueux dans l’inflation. Il faut aussi que les revenus montent, c’est une vraie spirale, il faut d’ailleurs pas qu’elle s’emballe parce qu’après c’est une spirale inflationniste et, là, tu montes à 10–15 comme dans les années 70. Cela se règle. C’est pour ça que je trouve que les gens de la FED, d’ailleurs ils ne sont pas tous d’accord sur les dates, gèrent avec beaucoup de précision leur inflation monétaire.




Avec une sortie par un QE, qui relance l’inflation, ont fait quoi en tant qu’acteur économique quand on a 30-40 ans, 50 ans, et que l’on a encore 10 ou 20 ans d’univers professionnel devant soi ? On emprunt à taux fixe, tout de suite, maintenant que les taux sont faibles ? Et on achète ?

Moi, je me bats contre les gens qui disent « il ne faut pas acheter de l’immobilier ». L’immobilier ce n’est pas cela. L’immobilier c’est un investissement d’au minimum 10 ans. C’est un investissement qui se recycle. Tu achètes où ? Le mieux placé possible, avec le meilleur rendement possible, pour te faire la meilleure plus-value possible. Cela n’a jamais été aussi facile. Quand tu as un immobilier florissant, je peux te dire que c’est compliqué de trouver tout cela à la fois. Donc, les gens qui me disent « il ne faut pas faire d’immobilier » parce qu’on va rentrer en déflation, ça me fait marrer. D’abord, parce qu’on ne rentre pas en déflation, aucune banque centrale n’acceptera ça. Impossible ! Aujourd’hui, ce n’est pas possible avec des outils qu’on a. Et deuxièmement, acheter de l’immobilier un peu partout, dans plusieurs pays quand on a pas mal d’argent. Je ne sais pas, si tu es en Thaïlande, t’achètes un truc en Thaïlande…


Tu finances à taux fixe ?

Oui. Je finance tout à taux fixe. Ou au minimum à [taux] variable capé. Ce n’est pas la peine de prendre des risques sur une montée des taux, même si les taux vont rester bas très très longtemps. Il vaut mieux payer une petite prime mais au moins tu es assuré de ton truc. Tu sais ce que tu vas payer. Tu sais ce que tu vas sortir. Tu sais ce que tu vas recevoir.


Pour toi, il faut continuer à acheter de l’immobilier ?

Je n’ai jamais arrêté d’acheter de l’immobilier. Je vends un truc, je rachète autre chose. Moi, faire de l’immobilier sans aucun intérêt à déduire, sans faire de travaux, c’est fiscalement te faire massacrer. Ça ne m’intéresse pas.

Il y a des façons d’investir dans l’immobilier vraiment très professionnelles, d’avoir du rendement, d’avoir très peu d’impôt et puis même des plus-values.


Tu as une opinion sur l’immobilier en Allemagne ?

Oui bien sûr. Je connais bien l’immobilier allemand. Le problème de l’immobilier allemand c’est que dans l’habitation il y a très peu de rendement, il y a des charges qui sont assez importantes. Les immeubles sont très chargés, c’est comme cela. Je pense à Munich que je connais bien.

En revanche, dans l’immobilier professionnel, il y a des rendements importants et une stabilité économique qui est quand même intéressante, avec un potentiel de plus-values qui n’est pas négligeable.

Après, il y a le mythe de Berlin. Alors pourquoi pas. Mais tu sais, Berlin reste quand même une ville à la fois administrative et très alternative. Moi, le potentiel de plus-values à Berlin j’ai du mal à l’évaluer.


Tu préfères faire de l’immobilier professionnel dans la zone économique qui va bien en Allemagne ?

Je préfère faire de l’immobilier professionnel partout. Ou du meublé touristique, pour te dire mon avis. C’est l’hédoniste qui permet vraiment de faire de l’immobilier intelligent. Aujourd’hui, l’immobilier en habitation principale c’est une vraie catastrophe. Enfin, je parle en location habitation principale, en revenu foncier. Parce que c’est taxé au-delà de tout, c’est contraignant au possible, il y a des risques de défauts considérables avec une justice qui ne fait pas son travail ou très mal son travail. Non, là, ce n’est pas possible.


L’immobilier d’habitation en Floride ?

Ah ! C’est un peu mon regret ! J’ai eu des coups à faire en 2008, ou en 2009, extraordinaires. Mais bon, ça a bien remonté parce que les Américains, avec la quantitative easing, ils font remonter les actifs.

C’est tout le problème de la dilution monétaire. Les dettes se déprécient et les biens tangibles, comme l’immobilier, l’or, etc., montent. Alors, avec l’arrêt du QE, il va avoir un « Stop » à la montée. Mais si on arrive à refaire un peu croissance mondiale, on ne va pas faire une croissance énorme, mais si l’Europe… Je pense qu’il y aura un hiatus entre l’Europe et l’Amérique parce que les Européens vont le lancer trop tard. C’est clair. C’est pour cela qu’il risque d’y avoir un QE 4. Parce que les Européens, à mon avis, n’ont pas fait le boulot de dilution monétaire indispensable pour repartir avec des niveaux de dette pareils. Il n’y a pas une période de l’histoire, je me réfère aux États-Unis : les Américains ne sont pas sortis de la crise de 29 sans faire de QE. Tu regardes ce qu’ils ont fait, c’est du QE. Ce qu’a fait Roosevelt c’est du QE. Ce n’est pas un nouvel outil. Ce n’est pas vrai.


Donc, QE possible et probable, mais pas sûr aux États-Unis. L’immobilier en Floride ? Parce qu’il y en a quand même qui arrive à trouver des opportunités à 10-15% de rendement. En enlevant les grosses charges, il arrive à en tirer 10 dans l’habitation.

C’est sympa ! En plus, aux États-Unis quand un locataire ne paie pas, tu vas chercher le flic du coin et puis il dit « Monsieur, il faut payer ! ». Voilà quoi.

Donc, tu es plutôt favorable à de l’immobilier libellé en dollar ?

Les monnaies vont toutes se déprécier. La seule qui risque de monter par rapport à l’ensemble des monnaies, pour des raisons de développement économique rapide, de taille et de prépondérance, c’est probablement le yuan parce qu’il est complétement sous-évalué.


C’est la seule sur Terre ?

De toute façon, j’ai des réserves en yuan mais cela reste quand même relativement limité. Je ne mettrais jamais tout mon argent en yuan. Par contre, j’ai beaucoup d’argent en euro. Pourquoi ? Parce que je vis en Europe. Il faut avoir de l’argent du pays dans lequel on vit. C’est là que tu as le moins de surprise.

J’ai bien sûr des actifs qui sont libellés en dollar mais ce sont des actions ou des choses comme ça, qui ont bien grimpé mais qui vont probablement rebaisser à la fin du QE. Il ne faut pas rêver. On verra. Je ne suis pas très optimiste sur les indices. Je n’ai pas de délai précis mais à chaque fois que l’on arrête le QE, il y a quand même une baisse.

Il ne faut jamais oublier que quand on fait une dilution monétaire pareille, on dit « ça fait monter les actions » mais c’est une valeur faciale. En réalité, si tu rajoutes 50 % de masse monétaire, toutes les dettes se dévalorisent de 33 %... mais les actions aussi, l’immobilier aussi. Tout se dévalorise en monnaie constante de 33 %. Ce qui monte, c’est la valeur faciale.


D’où ma question initiale de début d’interview. La première que je t’ai posée, c’est celle-là : Comment on fait ?

Sur le plan pratique, on a un potentiel inflationniste qui est loin d’être négligeable à moyen-long terme. Donc, je pense qu’il faut avoir des biens tangibles, qu’on amortit au fil des ans. Donc, je crois qu’il faut de l’immobilier et de l’or physique. Ça c’est clair. Ensuite, sur le plan des actions, tout ce qui est valeur mobilière, il faut être libellé dans un panier de devises, dollar, pourquoi pas du yuan. Je crois que c’est intelligent. Moi, avoir du canadien, de l’australien, des valeurs matières premières – qui sont d’ailleurs massacrées, tu le sais -, les acheter maintenant pour plus tard, ce n’est pas une bêtise. Pour le long terme, 10 ans, 15 ans, dans la monnaie du pays, c’est, à mon avis, un très bon placement. Un jour ou l’autre, elles vont re-flamber. Voilà déjà une belle répartition… Après, on rentre dans le détail.


crisedusiecle
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4 commentaires

  • Lien vers le commentaire Oliver jeudi, 27 novembre 2014 18:18 Posté par obotrade

    Pas un schéma pas un graphe et pourtant limpide comme l'eau de roche.


    Une phrase à noter : "Un QE dilue la dette dans de la monnaie imprimée"


    Vue d'ensemble synthétique. L'immobilier commercial avec l'essor du e-commerce, je reste sceptique à moins qu'il s'agisse d'immobilier commercial comme des entrepots Amazon...


     

  • Lien vers le commentaire hftrade mardi, 25 novembre 2014 22:24 Posté par hftrade

    @fontainovitch


    effectivement il y a la dette facile a mesurer, mais aussi le prix des actifs gonflé artificiellement


    => le P/E yankee moyen est a 20. ca monte pas beaucoup plus haut en general


     


    en gros encore plus de dette (levier) pour gonfler la  valeur des actifs


    ce genre de truc ca se termine mal en general, comme en 2008


    en europe, par contre pas de QE et un P/E plus raisonnable sur le CAC franchouillard


     

  • Lien vers le commentaire Keyvan mardi, 25 novembre 2014 15:59 Posté par Fontainovitch

    Bonjour,


     


    merci pour cette interview, j'ai été un déflationniste en culotte courte. Je n'avais pas anticipé les assouplissements quantitatifs de la fed!! je suis aujourd'hui plus nuancé car je me suis trompé.


    Pour en revenir au cas US, on peut voir que depuis 2007 la dette américaine est passe de 9 000 milliards à 16 500 milliards d'USD (grosso modo madame le juge). En quoi les QE ont améliorer la situation économiques des US ?


    Je vois en effet la croissance est plus ou bcp plus important qu'en France, mais je ne vois pas l'effet vertueux à moyen-long terme notamment vis à vis de la dette ?


    Peut être que je n'ai pas compris quelque chose ?


    merci de votre aide


    Fontainovitch


     

  • Lien vers le commentaire hftrade mardi, 25 novembre 2014 12:04 Posté par hftrade

    les flash trades sur l'or demontrent statistiquement une manipulation de cours


    maintenant trouver le coupable c'est autre chose, mais il suffit de regarder les grands acteurs sur le marché