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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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conquerirlabourse

L'été 2008 est de retour. La déflation est juste derrière.

Audience de l'article : 13527 lectures
Nature de contenu : Edito
Nombre de commentaires : 27 réactions
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(179 Votes) - Note : 4.63
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La psychologie des foules ne concerne pas que les opérateurs et spéculateurs sur les marchés financiers.

 

Ses changements affectent l'ensemble de la société, et se répercutent jusqu'aux dirigeants. Ceux-ci sont touchés par ces changements avec retard, parce qu'ils sont isolés de la majorité des citoyens par la bulle confortable et le microcosme privilégié dans lequel ils vivent. Mais ils finissent quand même par être touchés.

 

Rappelez vous ce qui s'est passé de 2008 à 2010 : L'ensemble des dirigeants et experts économiques, sûrs de leur vision euphorique de l'économie qui leur faisait croire qu'il suffisait de faire joujou avec des équations monétaires, des taux d'intérêt ou une planche à billets pour créer de la richesse et de la croissance avaient lancé de très ambitieux plans de relance : vagues de quantitative easing aux USA, relance par la dette massive aux USA et en Europe.
Ils ont obtenu un maigre rebond de l'activité de quelques trimestres, sans aucune création d'emplois.

 

Dans le monde idéal des inflationnistes qui croient aux hélicoptères illimités de Bernanke, la solution à la crise serait toute simple : Une Europe (fédérale et unie bien entendu) émettrait dans la joie, la bonne humeur et la fraternité solidaire 2000, 3000, 4000 milliards d'eurobonds, pour racheter les dettes de tous les états en difficulté, et relancer ensuite toutes les économies à coup de billets magiques et créateurs de richesse.

 

La BCE se lancerait dans le même temps dans un quantitative easing massif à l'européenne, pour mettre les taux des emprunts de tous les ex-états de l'Europe fédérale en dessous de 3%, et tout ce beau rêve serait supervisé par des experts de la commission européenne, afin d'éviter que des peuples stupides et mal éduqués ne viennent perturber ce programme par des pratiques obsolètes appelées "élections" ou "référendums".

 

De l'autre côté de l'Atlantique, ce serait un peu pareil : on ferait tourner de nouveau la planche à billets et les déficits publics, via un troisième puis un quatrième round de quantitative easing, afin de relancer encore plus l'économie. Et ensuite une gentille stagflation effacerait toutes les dettes et tout irait bien.

 

Mais alors, pourquoi le CAC est-il aujourd'hui à 2850 alors qu'il était à 6000 en 2007 (combien d'inflationnistes nous affirmaient il y a encore quelques mois qu'il ne redescendrait plus en dessous des 3400 du fait des politiques monétaires "accomodantes"?

 

Pourquoi l'indice CRB des matières premières est-il aujourd'hui à 310 (soit sensiblement son niveau de 2005) alors qu'il était à 475 en 2008 ?

 

Pourquoi l'action Total dessine-t-elle une figure baissière en tête épaules géante sur plus de 10 ans ?

 

 

Pourquoi l'indice de la bourse Grecque est-il déjà revenu à son niveau de 1990, montrant la voie à tous les autres indices européens et américains qui présentent un graphique similaire, avec juste quelques trimestres de retard ?

 



 

Précisons que ce retour s'est opéré en monnaie courante, et malgré le fait que les taux d'inflation en Grèce soient restés au dessus de 10% jusqu'en 1994, et au dessus de 5% jusqu'en 1998, phénomène considéré comme "impossible" par les inflationnistes !

 

Pourquoi l'Europe ne parvient-elle pas à s'unir pour nous proposer un feu d'artifice d'eurobonds et de quantitative easing, et intervient-elle aussi mollement dans la crise des dettes souveraines ?

 

Pourquoi les Républicains américains sont-ils devenus partisans de la rigueur et du contrôle de la dette, alors qu'ils étaient les champions de la dépense et du déficit public en 2008 juste avant l'élection d'Obama ? Et pourquoi le congrès américain se met-il à bloquer toutes les nouvelles initiatives de relance économique des démocrates ?

 

La réponse à ces questions est simple : La psychologie des foules progresse, trimestre après trimestre, vers un niveau de pessimisme de plus en plus grand. Cela est associé à une aversion au risque de plus en plus marquée (plans de rigueur), et à un désir de repli sur soi (divisions croissantes entre pays en Europe, et à l'intérieur d'un même pays entre partis politiques aux USA).

 

Observez le nom des derniers gadgets keynésiens inventés en Europe : le "FESF" (fonds européen de stabilité financière), le "MES" (mécanisme européen de stabilité), ou bien du dernier jouet du FMI, la "Ligne de précaution et de liquidité" (dont le marché semble se moquer éperdument d'ailleurs) : En 2008-2009, les objectifs des dirigeants étaient de "relancer". A présent ceux-ci espèrent beaucoup plus modestement "stabiliser" un peu les choses et éviter l'effondrement. Ils échoueront bien entendu, mais leurs ambitions sont déjà fortement revues à la baisse depuis l'hélicoptère tout puissant de Bernanke.

 

Observez ce qui se passe pour l'immobilier français : Juste après le début d'implosion de la bulle immobilière française en 2008, le gouvernement avait employé les grands moyens (avec une certaine réussite d'ailleurs en matière de regonflement de bulle) : loi scellier hyper-avantageuse fiscalement, prêt à taux zéro, fiscalité allégée.
Aujourd'hui, alors que le moteur de la bulle cale de nouveau, que fait ce même gouvernement ? Il supprime la loi scellier, durcit le PTZ et la fiscalité immobilière. Tout ce qu'il faut pour précipiter l'implosion de la bulle, implosion qui devrait cette fois aller jusqu'au bout !

 

Ces changements de comportement sont typiquement déflationnistes (au moins à moyen terme, parce qu'à long terme le risque de faillite d'état et d'hyperinflation est évidemment bien réel). L'indice des prix en France n'a progressé que de 0,4% sur les six derniers mois. Et le gros de la baisse des matières premières est à mon avis à venir, sous l'effet du ralentissement des économies émergentes et de l'entrée en récession des économies occidentales.

 

L'indice Harpex du coût du fret maritime me semble clair sur ce point :

 

 

Nous sommes aujourd'hui dans la même situation qu'en été 2008 : au début de la vague 3 d'un nouveau grand marché baissier, juste après un rebond technique assez long pour laisser croire aux américains que la menace de la récession s'éloigne chez eux.

 

décomposition elliottiste de l'eurostoxx  :

 

 


Cette vague 3 devrait, comme au second semestre 2008, donner lieu à une nouvelle et puissante vague de déflation sur l'ensemble des actifs (dont nous avons déjà eu un modeste aperçu), au profit du cash, et en particulier du dollar US.


Les inflationnistes risquent de découvrir de nouveau dans les trimestres à venir (et je pense en particulier à la première moitié de l'année 2012 qui serait le coeur de tendance de ce nouveau marché baissier) qu'un changement majeur de psychologie des foules est capable de balayer n'importe quelle équation ou dispositif de politique monétaire.

 

Vous pouvez suivre mes anticipations économiques, la composition de mon PEA et mes opérations avec ma lettre Boostez votre PEA ! .

 

Loïc Abadie

loic-investir-devenirrentier
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27 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Loic ABADIE jeudi, 24 novembre 2011 14:28 Posté par Loic ABADIE

    A Nicolas, je pense aussi au risque de faillite en série d'états au voisinage du point bas de la crise, sur un scénario argentin. Dans ce contexte, la déflation serait suivie d'hyperinflation.

    A Ursus : l'or pourrait baisser, mais moins que les autres actifs, du fait d'un flux d'investisseurs de long terme souhaitant se protéger dès maintenant d'un risque d'effondrement du système financier et monétaire. Ce comportement s'est vérifié en 2008-2009.

    A Mike : C'est effectivement curieux. La vague analogue (3.1) de l'été 2008 avait aussi donné de faibles excès de pessimisme (l'EPCR avait fait son pic loin de son enveloppe supérieure d'écart-type), et le pic de volumes associé avait été réduit. Mais là, au delà du rebond en cours, je pense qu'elle a encore du potentiel : 3 semaines de baisse et 9% de baisse seulement sur le SP, c'est quand un peu léger !

  • Lien vers le commentaire karlusson jeudi, 24 novembre 2011 09:47 Posté par karlusson

    le spectre refait surface, il hante les marchés et les plis cérébraux des {{aficionados de la déflation}}... la fameuse déflation, cheval de bataille de {{Loïc}} depuis des lustres. Pour ce qui est du foncier et de l’immobilier français, la déflation ferait bien de remettre les pendules à l'heure. Notre Nostradamus de la finance finira bien par avoir raison un jour (pile ou farce ?). Cordialement.

  • Lien vers le commentaire jctrader56 jeudi, 24 novembre 2011 07:57 Posté par jctrader56

    Toujours aussi interessant de vous lire . Merci de partager votre point de vue.

  • Lien vers le commentaire ursus35 mercredi, 23 novembre 2011 19:34 Posté par ursus35

    Bonsoir Loïc,

    et en ce qui concerne l'or, que devient son cours en cas de déflation, ça monte ou ça baisse ?

  • Lien vers le commentaire balthazar mercredi, 23 novembre 2011 18:59 Posté par balthazar

    @ Loic

    Mais alors, pourquoi le CAC est-il aujourd'hui à 2850 alors qu'il était à 6000 en 2007 (combien d'inflationnistes nous affirmaient il y a encore quelques mois qu'il ne redescendrait plus en dessous des 3400 du fait des politiques monétaires "accomodantes" ?

    > prix des actions et prix ne sont pas forcément corrélés
    je ne constate pas de baisse des prix autour de moi, sauf les actions (mais pas les bonds européens :))

    J'explique que les actions baissent parce que les bénéfices a attendre sont moindre voire inexistants voire negatifs
    En 2008, malgré un effondrement du prix des actions, on a pas vu les prix baisser.

    En europe, je veux bien que la rétraction de la masse monétaire ne soit pas compensée par l'augmentation de la base monétaire relativement réduite (x2 en 10 ans tout de même , sans compter les actuels QE qui ne disent pas leur nom et que le traité européen interdit), ce qui effectivement rend possible une déflation de prix sur les produits euro.

    Aux USA quand on voit ça :
    http://www.les-crises.fr/0800-base-monetaire-americaine/
    Toute idée de déflation me parait vraiment improbable, d'autant que l'immobilier s'est déjà ramassé une sacrée pelle.
    Meme avec une retraction enorme la masse monétaire ne peut pas "obsorber" une telle augmentation de la base monétaire. Il s'agit de simple mathématique là.

    Et je pense que le premier reflexe des pays producteurs de MP sera plutot d'augmenter les prix en prévision que le contraire.

    Mais malgré tout, vos articles sont passionnants bien construits et il est toujours interessant de lire un avis contraire.

    @Smart

    Le blog de Berroyer est tres bon en effet

    Il me semble qu'il oublie une hypothese :
    monétiser ET baisser les depenses
    ce serait la bonne solution et je pense que c'est ce que veut l'allemagne
    elle refuse la monétisation officiellement pour "forcer" les pays du sud a reformer (sans quoi monétiser ne sert à rien et conduira au mur)
    officiemeetn et en bout de course elle l'acceptera parce qu'il n'y a pas d'autre solution , meme pour elle-meme : 80% de dette/PIB en periode de crise et de deflation (dans l'hypothese d'une non-monétisation) est juste impossible, mathematiquement.

    rien à voir avec le japon : on est pas en période faste autour de nous, on pourra pas subir une deflation tranquillos dans notre coin comme le japon il y a 20 ans. Non, ça va etre le boxon partout, au japon, aux USA, en europe et, au moins a court terme, meme en Chine. Les gens le sentent et se protegent avec des actifs tangibles. Les dollars et les euros font peur.

  • Lien vers le commentaire yves mercredi, 23 novembre 2011 18:41 Posté par yves

    ... rafraichissante ;-)

  • Lien vers le commentaire mike300051 mercredi, 23 novembre 2011 18:40 Posté par mike300051

    Je ne comprends pas trop l'équation :
    - les bourses chutent depuis plusieurs jours et pourtant
    - volumes faibles et stables au lieu de monter
    - EPCR qui baisse au lieu de monter
    - VIX stable au lieu de monter
    Quelqu'un a t'il une réponse à ce phénomène ???

  • Lien vers le commentaire yves mercredi, 23 novembre 2011 18:15 Posté par yves

    Merci Loic pour cette note raffraichissante, keep the good work ;-)

  • Lien vers le commentaire Joseph Pietri mercredi, 23 novembre 2011 16:42 Posté par Joseph Pietri

    En phase totale! Il faut purger. Je ne vois pas comment nous pourrons y réchapper.
    http://www.objectifeco.com/economie/anticipations-tendances/article/joseph-pietri-inflation-ou-deflation-pourquoi-ca-les-preoccupe-tant