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Les taux négatifs arrivent. Que faire avec son épargne ?

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La prise de pouvoir des taux négatifs a bousculé l’ensemble du secteur bancaire. En France, les choses changent. De nombreux groupes bancaires ont fait le choix de compenser la variation négative que leur inflige la BCE, et de ponctionner l’épargne chez les grandes entreprises. Une nouveauté, car jusque là, ces mesures étaient appliquées seulement aux clients institutionnels qui débordaient de liquidités !

Natixis (BPCE) a affiché clairement sa volonté de taxer une partie du cash-flow laissée sur les comptes courants des sociétés importantes.

La facturation se fera néanmoins au cas par cas, selon la taille de la trésorerie, elle ne dépassera pas les -0,4 %, qui est le taux négatif imposé par la BCE aux banques. Quant aux réseaux des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires, ils ont peu de clients de grandes entreprises, mais une politique identique va s'appliquer.

tauxnegatifs

Cependant, cette politique de taux négatifs sur les dépôts des particuliers serait une pilule difficile à faire avaler auprès des clients individuels.


Les épargnants s’attendent à récupérer au moins le montant de la somme qu’ils ont déposé. Malgré que les taux fléchissent de plus en plus vers le bas, cela sonnerait comme un véritable affront que de taxer le cash des ménages privés.

Par ailleurs, dans ce domaine, beaucoup de français sont mal familiarisés avec les taux négatifs. Cela s’explique par l’existence de dispositifs tels que, les fonds en euro, les assurances-vie, ou le livret A qui ont toujours procuré des rendements positifs. Même si le taux du livret A est amené à probablement baisser de 0.75% à 0.50% en août 2016, il resterait encore légèrement positif.

Les banques ne chercheront donc pas à tout prix, une répercussion des taux négatifs sur les dépôts des particuliers. D’autant qu’elles nécessitent de disposer dans leurs balances d’actifs, et pour des raisons règlementaires, des liquidités de haute qualité. Elles doivent respecter un ratio dit de liquidité, LCR, en vertu des normes Bâle III. Il stipule que, l’encours des actifs liquides de haute qualité (HQLA), doit être au moins égal au total des sorties nettes de trésorerie (qui s’étale sur les 30 jours suivants). Les banques ont ainsi plus intérêt de garder le plus longtemps possible, l’argent de leurs clients.

Enfin, pratiquer les taux négatifs pourraient dissuader les épargnants de conserver leur cash sur un compte bancaire, et le planquer sous un matelas. Ces liquidités retirées n’iront pas forcément relancer la consommation interne ! A défaut, elles peuvent fournir un effet inverse, se révélant inaptes pour stimuler la croissance.


L’ère des taux négatifs marque l’apogée d’une nouvelle guerre déclarée contre les épargnants de la part des banques centrales. Avec un contexte aussi délicat, il est compliqué de savoir où placer son argent exactement.


Bien sûr, posséder des liquidités reste toujours appréciable. Toutefois, les taux négatifs cumulés au risque élevé de faillites bancaires limitent le champ d’action quand on est un déposant. Parmi la flopée d’établissements bancaires, c’est parfois le dédale complet pour s’y retrouver. J’ai décidé de clarifier les choses dans un dossier spécialement dédié aux banques, avec notamment la liste des banques les plus fiables en France et à l’étranger.

Pour conclure, je dirais, laissons œuvrer Mario Draghi. Son machiavélique hélicoptère monétaire va mettre chaos la masse des rentiers et épargnants encore debout. Finalement, par les temps qui courent, si l’on a de l’argent et des pistes pour l’investir, mieux vaut le faire que de l’abandonner sur un compte dormant.

William Finck

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