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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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Inflation, poussée durable ou feu de paille ?

Audience de l'article : 10171 lectures
Nature de contenu : Edito
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Il est incontestable que l'inflation repart à la hausse depuis la fin 2009. Les taux d'inflation se situent actuellement à 2% en France, 2,4% en Allemagne et 2,7% aux USA.
Le plus gros de cette poussée inflationniste vient de l'énergie, des matières premières et des produits agricoles (hors énergie et alimentation, la « core inflation » ne progresse en effet que de 1,2% aux USA).

 

Ces chiffres restent toutefois très modérés et bien loin des taux à 10% et plus enregistrés à la fin des années 70 et au début des années 80.

 

Que faut-il attendre à présent ?

 

Deux éléments devraient à mon avis s'opposer au développement d'une inflation forte à moyen terme : Le principal est l'existence d'une bulle d'investissement en Chine, qui est appelée à éclater, le second est la pression croissante des marchés sur les dettes souveraines, qui devrait infléchir les politiques budgétaires vers moins de laxisme.

 

1) Le surinvestissement en Chine :

 

Nouriel Roubini a très justement mis en garde contre ce déséquilibre actuel de l'économie chinoise, qui consiste à doper artificiellement la croissance par une politique économique (taux bas, subventions ou interventions gouvernementales directes) stimulant excessivement les investissements.

 

La part des investissements dans le PIB chinois (formation brute de capital fixe) est aujourd’hui proche de 50% alors qu’elle était à 42% juste avant la crise (voir le graphique ci-dessous), niveau déjà nettement excessif.

 

 

 

A titre de comparaison avec d’autres économies émergentes, cette part atteint aujourd’hui 35% en Inde, et 19% au Brésil et 22% en Russie.

 

Ce surinvestissement a déjà des conséquences spectaculaires, comme ces villes fantômes chinoises (64 millions d’appartements inoccupés) décrites dans un reportage vidéo de SBS, mais il concerne aussi les projets industriels.

 

Lorsque cette bulle d’investissement éclatera, elle entraînera de fortes pressions déflationnistes, sous deux formes :

 

- Une baisse de la demande en matières premières, et une chute du prix de celles-ci, parce que la Chine est devenue un acteur dominant en matière de consommation de matières premières, comme nous le montre ce tableau de Jeremy Grantham, tiré de son dernier dossier très intéressant consacré aux matières premières, et dont la lecture est vivement recommandée.

 

 

- Une pression à la baisse sur le prix des produits manufacturés, en raison d'une surcapacité de production en Chine associée à un trop grand nombre de projets d'investissement industriels à la rentabilité douteuse.

 

2) La pression sur les dettes souveraines.

 

Cette pression s'est déjà faite sentir fortement sur des pays comme la Grèce, le Portugal, L'Irlande, l'Espagne, avec des taux grecs et portugais qui battent chaque jour ou presque de nouveaux records (plus de 16% pour la Grèce aujourd'hui, dans l'indifférence des marchés !).

 

Mais la mise sous surveillance négative de la note AAA des USA par Standard & Poor's (qui a donné lieu à un petit trou d'air vite effacé sur les marchés) indique que même les plus grands vont devoir infléchir leurs orientations vers un peu plus de rigueur, et qu'il sera bien difficile d'envisager un Q.E.3 après l'expiration du Q.E 2 en juin aux USA.

 

Plus de rigueur signifiera aussi moins de soutien à la consommation et moins de pressions à la hausse sur les prix.

 

J'envisage donc un scénario en trois temps :

 

- A court terme, dans les mois à venir, l'inflation pourrait continuer à augmenter un peu, sur sa lancée actuelle, jusqu'à un niveau de l'ordre de 3%.

 

- Ensuite (horizon 1 à 3 ans), je pense que les deux facteurs cités plus haut (surinvestissement en Chine et dettes souveraines) entraîneront une chute importante du prix des matières premières et une nouvelle poussée déflationniste (associée à une deuxième vague de récession et une chute des marchés).

 

- Je partage cependant totalement le point de vue de Jeremy Grantham, qui détaille de façon très convaincante dans sa lettre citée plus haut et publiée sur le site de GMO les raisons pour lesquelles les matières premières sont entrées dans un nouveau marché haussier séculaire : Cette chute prévisible constituera, si elle a lieu comme je l'espère, une opportunité historique pour investir sur le secteur des matières premières, et préparer le troisième temps, celui du long et très long terme, qui serait marqué par un retour de l'inflation, cette fois à un niveau bien supérieur aux 2 ou 3% actuels.

 

En attendant cela, étant d'une nature prudente et n'aimant vraiment « surfer les bulles », je patiente à grande distance de celles-ci en consacrant une partie de mon PEA (un peu plus de 60% quand même actuellement) à l'investissement en small caps décotées, tout en gardant une part importante de liquidités.

 

Ce choix a permis tout de même à mon PEA de progresser d'environ 17% sur les 6 derniers mois, avec une prise de risque raisonnable et un niveau d'investissement qui s'est situé entre 50 et 65% seulement sur cette période.

 

Loic Abadie

 

Vous pouvez désormais suivre mes anticipations économiques, la composition de mon PEA et mes opérations avec ma lettre Boostez votre PEA ! .

 

(dernière parution le 18 avril)

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