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Vincent Benard - Les vraies leçons de la bulle immobilière Israélienne

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(article du 19 août 2011)




Les manifestations fleuves qui ont animé les rues d'Israël ces derniers jours, avant de devenir un vaste rassemblement de la gauche pro-état providence, ont débuté comme une protestation des plus jeunes contre les coûts du logement dans les grandes villes.

Accusé libéralisme, levez vous !

Naturellement, vu de l'hexagone, cette bulle a été l'occasion de découvrir combien, dans la presse comme dans les milieux politiques, une posture anti-libérale constitue un bon substitut à l'intelligence et à la réflexion pour pondre facilement du mauvais papier. Par contre, pour ce qui est de contribuer à alimenter le débat de réflexions constructives, c'est un autre problème. Bref, la cause est entendue, ce sont les politiques "ultra libérales" de Benyamin Netanyahu qui sont en cause.

Je ne connais pas vraiment ce monsieur, je ne suis pas son parcours de près, j'ignore c'est une Margareth Thatcher mâtinée de Winston Churchill en costard cravate, comme il aime à se présenter sur son site, ou si l'exercice du pouvoir en a fait un mollasson à la David Cameron dont les timides écorchures contre l'état providence sont présentées comme ultra libérales par la Gauche parce que c'est pratique et que cela évite d'avoir à approfondir l'argumentaire. Notons tout de même que, comme le dit l'article cité plus haut, les manifestations se déroulent "alors que l'économie israélienne est en bonne santé, le chômage bas, le shekel fort, l'investissement étranger élevé et la croissance ferme". Je suppose que les politiques ("ultra libérales" ?) dénoncées par nos analystes de choc doivent y être un peu pour quelque chose.

La réglementation du sol en Israel : ultra planifiée

Là n'est pas le problème. Sur la question du logement, il est clair qu'Israel est et reste un état socialiste, et que la bulle immobilière de ce pays est, comme partout, provoquée par une gestion socialiste du sol.

Pour des raisons historiques que je n'aborderai pas*, Israel fut conçu par ses fondateurs comme un vaste état providence, entre autres caractéristiiques. D'ailleurs, nombre de primo-migrants fondèrent des "Kibboutzim" au fonctionnement communautaire. On peut dire qu'avec les premières communautés des 13 colonies de nouvelle Angleterre au XVIIème siècle, l'état d'Israël fut à l'origine une des deux seules expériences de mise en place d'un communisme volontaire. Comme en Amérique, cette expérience fut un échec cuisant, et Israël est devenu graduellement une sociale démocratie fondée sur un développement capitalisme corseté par un état providence assez tentaculaire. Et il est exact que Benyamin Netanyahu, lors de ses différents passages au gouvernement, soit en tant que premier ministre, soit aux finances, a réformé de nombreux pans de cet état providence, ce qui a permis à Israel de sortir d'une crise économique assez dure au tournant du millénaire, malgré les coûts très élevés entrainés par la situation géopolitique particulière du pays*.

*Cet article se veut purement orienté sur des question d'économie politique et ne traite pas des questions de litiges de propriété entre les différentes communautés qui se disputent le territoire d'Israël. Merci à ceux que cela démangerait de nous épargner tout commentaire polémique sur le conflit Israélo-arabe. Il y a d'autres forums pour cela.

Vestige quasi soviétique de cet état providence, le sol, en Israel (hors territoires contestés), est toujours géré de façon quasi totalement publique. 93% est géré depuis la création de l'état Hébreu par une administration, l'ILA (Israel Land Administration), dont environ 75% en propriété étatique directe et le reste possédé par des entités para-étatiques. Au cours du temps, seule une toute petite partie de ces terres ont été vendues (7% au total). En Israel, "être propriétaire" signifie généralement être détenteur d'un bail emphytéotique de 48 à 98 ans sur une parcelle. L'influence britannique, sans aucun doute... En outre, les "ventes" sont conditionnées à des "plans de développement" qui doivent faire l'objet d'un processus de validation long, mêlant démocratie "participative" et bureaucratie, tout comme dans le cas des PLU français.

L'état spéculateur foncier

Comme dans de nombreux cas où le sol est propriété de l'état, celui ci a joué au spéculateur foncier pour maximiser ses revenus lorsque la baisse mondiale des taux d'intérêts et les indiscutables réussites économiques des politiques "ultra libérales" sus-mentionnées ont enrichi la population et donc augmenté la demande de logement. Ce phénomène de rétention foncière publique en période de boom économique a pu être également observé en Arizona, au Nevada, mais aussi en Chine ou en Espagne.

Au contraire, dans les états américains où le crédit était aussi folklorique qu'ailleurs (cf. "foreclosure gate etc.") mais où les réglementations foncières sont plus libérales (exemple : le Texas), il n'y a pas eu de bulle sur les prix, il y a eu excès de construction.

Le quotidien de centre gauche Haaretz, peu suspect de complaisance pour Benyamin Netanyahu, publie une tribune qui met en cause la bureaucratie de l'ILA dans la formation de la bulle :
 

The first and most important thing that must be done is to dismantle the Israel Lands Administration. We must get rid of this dinosaur, which is the primary reason for the rise in land and apartment prices. The ILA, an archaic monopoly, controls 93 percent of the country's land and releases it in a miserly fashion in order to get the highest possible price.

 

Rather than continue this profiteering, the ILA should be forced to sell all the state lands it controls to the public - that is, to privatize the land and turn it into a freely marketed commodity. If the ILA merely announced such a new policy, we would immediately see land prices come down, and apartment prices as well. 

Cette assertion est elle fondée sur des arguments solides ? Et bien oui. Cette synthèse du Global property guide nous apprend que, comme partout, les taux d'intérêt ont chuté en Israel dans les années 2000, de plus de 6% à moins de 4%. En corollaire, la croissance entre 2002 et 2007 a affiché un robuste 4-5% de moyenne, et l'inflation (hors immobilier), galopante au début des années 90, a été vaincue. Ajoutons qu'Israel reste un pays de forte immigration, et que la population y est beaucoup plus jeune que dans les pays occidentaux du monde chrétien occidental (voir Wikipedia).

 


 



Il en a résulté une recrudescence de la demande de logements. L'offre a-t-elle suivi ?



Et bien non ! malgré cet environnement économique hyper favorable, le nombre de mises en chantier et de logement livrés est resté étale dans les années 2000 et nettement inférieur à ce qu'il était dans les années 90 !

La cause ? C'est "Buy it in Israel", une entreprise d'aide à l'installation de nouveaux arrivants qui nous la donne :
 

Currently, the apartment planning stage in Israel takes five to seven years on average because of the bureaucracy in the planning institutions and delays in the approval of building permits, compared with an average of one year only in other western countries. Even without any special requests, the approval of planning construction permits can take a minimum of two years. If changes or corrections are needed to be made to construction plans, the process can take between three to four years.


Comme en Grande Bretagne ou en France, entre la décision d'ouvrir un terrain à la construction et la livraison, 5 à 7 années en moyenne sont nécessaires. Et voilà pourquoi le coût médian des appartements, à Tel Aviv, atteint 12 fois le salaire médian dans le même bassin d'emploi, soit autant qu'en Californie au sommet de sa bulle, et voilà pourquoi l'offre ne réagit pas à la demande : les promoteurs, malgré les signaux de marché très forts, doivent tenir compte du risque que leur production arrive à la vente à contretemps, dans une phase de retournement. Au prix où ils ont été obligés de payer le droit de construire à l'ILA, une surproduction serait suicidaire. Alors ils tendent à maintenir leurs projets dans une enveloppe très conservatrice.

Conséquences politico économiques de la bulle

Il y a là danger pour M. Netanyahu et son gouvernement. La relative décennie de prospérité vécue par Israël grâce à la libéralisation de son économie risque de se finir en eau de boudin, parce que l'argent va là où les signaux laissent entrevoir les meilleurs profits, et qu'il y a tès clairement une bulle immobilière qui s'est formée en Israël. A priori, cette bulle n'est pas aussi potentiellement dangereuse pour l'économie Israélienne qu'elle ne l'a été pour les USA : l'encours du crédit immobilier dans l'état Hébreu, malgré la bulle, ne dépasse pas 20% du PIB, contre 90% aux USA au plus fort de la bulle, signe qu'en Israël, les banques ne prêtent pas à n'importe quelles conditions.



Toutefois, tout ce mal investissement immobilier, qui constitue un double transfert anti social de richesse du groupe des acheteurs de logement vers, d'une part, celui des vendeurs (généralement mieux nanti) et d'autre part, vers l'état et l'ILA, constitue une perte pour l'économie, dont Israël aurait pu se passer.

Il n'empêche que la bulle immobilière donne des ailes aux nostalgiques de l'état "corne d'abondance", et que s'il est trop tôt pour savoir si la coalition au pouvoir va en faire les frais, cela ne rend pas sa position plus confortable.

Face à cette situation, B. Netanyahu semble avoir résisté aux sirènes interventionnistes pronant plus de logement social et de subventions, et pris de bonnes décisions : réforme de l'ILA, privatisation accrue des terres, débureaucratisation de la gestion des sols. Mieux eut valu qu'il décidât cela quelques années auparavant, mais enfin, mieux vaut tard que jamais. Mais l'on se dit que si la gauche avait été au pouvoir, le prétexte à plus d'interventionnisme aurait été tout trouvé.

Les leçons de la bulle Israélienne


Economiquement, la situation de l'état hébreu peut se résumer en une formule :
 

La liberté a fait la richesse du peuple Israélien,
le socialisme s'ingénie à détruire une part de cette richesse
en l'orientant dans la mauvaise direction.

 

Au delà des réactions de politique politicienne qui tendront toujours à incriminer le libéralisme là où l'état est manifestement coupable des disfonctionnement observés, notons qu'en Israël comme ailleurs, les bulles immobilières sont susceptibles de créer de nombreux désagréments économiques et sociaux, et que tout politicien cherchant à libéraliser l'économie "productive" de son pays ne devrait jamais oublier d'en faire autant de sa gestion foncière, sous peine de voir l'enrichissement des plus dynamiques devenir le cauchemar de ceux qui ne peuvent pas monter dans le train de la croissance en même temps que les autres.

La libéralisation foncière est, d'abord, une exigence d'équité sociale.

---------
Sources pour cet article

- Haaretz : Tel aviv protesters are missing the point
- Global property guide : Israel House Price inflates further
- Israel Mortgage Blog
- Buy it in Israel : the cost of bureaucracy

Lire également :


- Essai de loi de formation des bulles immobilières
- L'échec du kibboutz en Israel, preuve ultime de la faillite du communisme
- Pourquoi l'Amérique est elle devenue capitaliste plutôt que communiste au XVIIème siècle ?
- Bulles immobilières et foncier, comment ça marche
- Réglementation foncière et crise du logement, problèmes et solutions


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Commentaires

Le 19 août 2011 par : enzov12

Bonjour Vincent.

Très bon article qui a le mérite de poser clairement la problématique du logement. Seulement voilà vous semblez ignorer à mon avis un point essentiel : la gestion de la population.

En effet, la question du logement est directement liée à l’évolution démographique : il est évident que plus la population croit et à un rythme soutenu, plus il faudra construire de logements. Maintenant se pose une question plus d’ordre politique : il faut assumer les choix politiques que cela suppose : construire du logement concentrationnaire. Est ce que c’est ce que la population souhaite vraiment ?

J’en doute. Personnellement je trouve Monaco absolument affreux mais que voulez vous : il n’y a pas de recette miracle : quand on veut concentrer une forte population dans un même endroit, il n’y a pas d’autre solution que de construire des tours immondes.

La question du logement est donc étroitement liée à celle de la démographie. En toute honnêteté, a t’on réellement besoin d’être de plus en plus nombreux ? Le patronat ment allègrement en prétendant manquer quasi systématiquement de main d’oeuvre. Mais le plus curieux c’est que les syndicats ne condamnent pas ce mensonge. C’est que l’ennemi c’est le grand capital point barre. Essayer de créer un rapport de force plus favorable aux salariés ne semble même pas leur venir à l’esprit...

Mais je soupçonne fort nos élites politiques d’utiliser l’arme démographique comme cache sexe à leur piteuse politique budgétaire : commençons par dépenser la richesse que l’on n’a pas produite -base de l’état providence- si possible à crédit afin de ne pas froisser les électeurs potentiels par des hausses d’impôt. Bien évidemment, le remboursement de telles dépenses est facilitée par une hausse de l’assiette fiscale ou dit autrement par une hausse de la population...

Je ne suis pas spécialement malthusien, mais force est de reconnaître que les politiques artificielles de développement démographiques dans les pays dit avancés me semblent particulièrement suspectes.

Cordialement.


Le 19 août 2011 par : Vincent BENARD

Le développement démographique est "ingérable" démocratiquement, il résulte des décisions de millions d’hommes et de femmes dans le monde. La démographie soutenue en Israel est d’abord migratoire : les habitants qui viennent peupler Israel dépeuplent d’autres pays.

Sinon, je suppose qu’en Israel comme ailleurs, le taux de divorces augmente, baissant le nombre moyen d’habitants par foyer, et donc augmentant mécaniquement la demande de logements. On peut le regretter ou s’en ficher totalement : c’est comme ça et AUCUNE solution interventionniste n’y est possible en régime démocratique. J’ose espérer que les avortements forcés à la chinoise ne deviendront pas la règle...

Et donc, il faut loger ces gens. Et très franchement, on peut faire autre chose que du concentrationnaire, notamment en libérant le foncier constructible.

J’ajouterai que les grands ensembles concentrationnaires sont d’abord le fait des états, monaco étant une exception géographique très particulière (et de vous à moi, je trouve le bétonnage monégasque plus classe que celui de Moscou, ou de la courneuve, voire même celui de la baule - Je vous recommande particulièrement un voyage dans les villes secondaires de l’ex URSS : les stigmates du temps ancien sont... édifiants, c’est le cas de le dire).

Enfin, avant que le monde ne soit réellement menacé de surpopulation, il y a vraiment beaucoup de marge. Si, si. A condition, évidemment, de laisser l’inventivité humaine améliorer nos moyens de production et les marchés permettre la diffusion de cette production. Comme déjà écrit, aujourd’hui, les inefficiences alimentaires sont EXCLUSIVEMENT le produit d’interventions étatiques :

- distorsion de l’allocation de ressource-sol en faveur des agro-carburants subventionnés dans les pays industrialisés productifs

- Contraintes étatiques pesant sur l’agriculture et la distribution des produits agricoles dans la plupart des pays pauvres.

- absence de marché commun fluide en afrique

- guerres tribales, etc...

Pas le temps de mettre des liens dans tous les coins, je reviendrais plus tard.


Le 20 août 2011 par : london511

Bonjour, ma question n’est pas en rapport avec votre article. Cependant pensez vous en tant que spécialiste du libéralisme que le candidat Ron Paul est victime d’une censure de la part des médias aux USA et en France ?


Le 20 août 2011 par : Vincent BENARD

Censure ne me parait pas le terme adéquat aux USA. Je dirais plutôt : "sous pondération volontaire". Il passe tout de même pas mal à la télé. Mais il est "déclassé" par les grands médias. La vidéo comique de Jon Stewart est à ce sujet éclairante. Mais il est tout de même passé régulièrement chez Glen Beck, Andrew Napolitano, et qqs autres grands talk shows.

En France, il y a une phase d’ignorance, puis, lorsqu’il ne sera plus possible de l’ignorer, il y aura une campagne de désinformation sans égale : "extrême droite", "réactionnaire", etc... cf. Le traitement réservé à MM. Blocher et Klaus par notre presse.


Le 25 août 2011 par : miranda

« La libéralisation foncière est, d’abord, une exigence d’équité sociale ».

Avec cette assertion, vous faites je pense vous aussi fausse route. Il n’y aura jamais équité sociale si on applique la libéralisation foncière en l’état sans mesure préalable. Un peu comme si sur le titanic en plein naufrage, après distribution planifiée des uniques canots de sauvetage aux élus de 1ère classe, vous disiez aux passagers de 3ème classe, bâtez vous équitablement et que le meilleur gagne pour récupérer ….« pinuts », puisque tous les canots de sauvetage sont maintenant à l’eau.

Avant de revenir à une gestion plus libérale du foncier et « peut être » plus équitable, il est absolument nécessaire de repasser par une « réforme foncière », un peu comme l’étaient les réformes agraires post révolutionnaires, ou les politiques de remembrements des années 70.

En effet, à l’heure actuelle, trop de gens monopolisent le foncier dans des endroits tendus alors qu’il n’ont plus aucune nécessité de résidence économiquement justifiée (typiquement, les retraités dans les centres villes, mais il y en a d’autres ). Alors qu’à l’inverse beaucoup de salariés multiplient les trajets économiquement absurdes pour rejoindre leur lieu de travail.

Un grand remodelage de la propriété foncière serait un préalable à toute libéralisation du marché, sans quoi, nous ne ferions qu’aggraver le problème et la spéculation. Et cette réforme foncière ne pourrait ce faire que dans le cadre d’un dispositif planifié, ou « socialiste » si vous préférer ce terme. Du genre, et ce n’est qu’un exemple, il faudrait inciter les retraités à aller s’installer dans des zones « moins tendues », en couplant ce chantier titanesque par exemple avec le problème de la dépendance, du genre on se charge de votre dépendance (village médicalisé à la campagne ) en échange de la remise de votre logement en centre ville sur le marché à un prix raisonnable. C’est là une opportunité historique à saisir et qui est un bon moyen d’acceptation de cette mise à mal transitoire mais nécessaire de la notion de propriété privée.

Autre piste, on peut admettre que maintenant, l’immobilier est cher (surpopulation, protection des terres agricoles…), mais il doit l’être à l’acquisition, comme à la détention. La encore, trop de gens monopolisent de trop grandes surfaces pour la taille réelle de leur foyer, souvent acquises à un prix ridiculement bas à une époque ou on ne se préoccupait pas de gestion des sols. Et le cout de la détention de telle surface est ridiculement bas aujourd’hui en comparaison du coup de l’acquisition. Pour une plus grande équité intergénérationnelle, il serait la encore urgent de remettre à l’ordre du jour, au moins pour un certains nombre d’années, la « property taxe », ou tout du moins une augmentation dissuasive de la taxe foncière, et ceci afin de « contraindre » les gens à adapter eux-mêmes leur surface d’habitation à la taille réelle de leur foyer ou à leur utilité économique. . Ce n’est donc pas la encore ce que l’on peut appeler une politique libérale, Et j’insiste sur le mot contraindre, il faut en finir avec les incitations fiscales. (Quand je me comporte bien sur la route, je ne reçoit pas un chèque de la prévention routière, par contre si je me comporte mal, je suis taxé sur mes deniers). Il est urgent de rétablir aussi cette règle dans le domaine de la détention foncière. Car il devrait bientôt apparaitre comme une évidence avec l’augmentation de la population et l’exode rural toujours actuel que monopoliser un logement en plein centre ville sans raison économique valable est un acte antisocial. (oui je sais c’est encore choquant de dire ca aujourd’hui, mais on est maintenant entré sans retour possible dans une économie de la rareté).

Ainsi, il est indispensable de normaliser progressivement la détention foncière, avant d’envisager une véritable libéralisation à proprement parler du foncier. Il faut d’abord défaire avec les mêmes outils ce que l’on a mal construit, avant de changer définitivement les règles du jeu.


L'auteur
Vincent BENARD

Analyste à l’institut TURGOT, Conseiller national du Parti Libéral Démocrate, www.lepartiliberal.fr -

Spécialiste du logement, du libéralisme, des retraites et de l’économie en crise ; Auteur de "Foreclosure Gate, les Gangs de Wall Street contre l’état US", éditions Edouard Valys - http://bit.ly/foreclosure-gate

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