Fabien Pot : Economie France - Coup de chaud sur le crédit immobilier
L'année 2010 se finit sur des chapeaux de roues pour le crédit à l'habitat.
L'encours de ce type de crédits augmente de 14,4 milliards d'euros pour le seul mois de décembre, et tutoie désormais les 800 milliards d'euros (798,1) :
De son côté, la production de crédits nouveaux atteint un record absolu, à 157,8 milliards d'euros sur un an. Le précédent record datait de novembre 2006 (156,6 milliards d'euros) :
Comment expliquer un tel phénomène, alors que le chômage continue d'augmenter ? Il faut probablement y voir un effet d'aubaine, comme cela avait été le cas avec la hausse des immatriculations.
Le Scellier 2010 était extraordinairement avantageux, puisque l'état vous offrait 25% du prix de votre bien neuf (en réduction d'impôt). En 2011, cet avantage diminue, il est donc probable que cela ait conduit un certain nombre de particuliers fortunés à signer un achat avant le 1 janvier.
L'avantage Scellier reste malgré tout significatif (22% dans le neuf BBC), mais son coût pour la collectivité le condamne probablement à terme : 50% des transactions dans le neuf en 2009 pour un coût de 3 milliards d'euros (donc au moins 27 milliards d'euros sur 9 ans si je compte bien). Il est donc possible qu'il soutienne encore le marché cette année, dans une moindre mesure, mais qu'il provoque un effondrement dans le neuf en 2012 par retour de baton (ce qui va arriver cette année dans l'automobile, à mon avis).
D'autre part, les taux d'emprunt n'ont cessé de baisser tout au long de l'année pour atteindre un plus bas à 3.41% en décembre (d'après la Banque de France). Cependant, l'obligation à 10 ans du trésor remonte fortement, après avoir atteint un plus bas en septembre. La relation entre l'OAT TEC et les taux de crédits à l'habitat est très forte, on peut donc s'attendre à une remontée prochaine de ces derniers :
C'est ce qu'annonce entre autres le courtier empruntis.
On le voit, les facteurs de soutien à la reprise des transactions (et donc des prix) devraient s'estomper progressivement en 2011, puis en 2012, même sans nouveau choc majeur sur les marchés. Les prix pourraient donc former une figure que les analystes chartistes en bourse appellent un "double-top".
Fabien POT
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