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Charles Dereeper : L’immobilier et les actions coteraient ils le même prix s’il n’y avait pas l’argent de la drogue ?

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(article du 6 décembre 2010)

Des expériences récentes m’ont fait longuement réfléchir sur ce sujet tabou. Avant de démarrer, je suis obligé de préciser mes relations à la drogue. Je fais partie des rares qui n’ont jamais expérimenté les produits. La raison est simple : j’ai bataillé pendant onze ans de manière acharnée pour optimiser ma psychologie et être heureux tous les jours. Il m’est donc impossible de laisser un produit chimique se fixer sur mes neuro transmetteurs pour les booster le temps de quelques heures moyennant une sensation agréable et accessoirement, un allègement de mon portefeuille... Car derrière, une fois un apport de drogue effectué, le corps très rapidement arrête de travailler pour produire en interne le bonheur… préférant l’apport extérieur, moins exigeant en terme d’efforts.

Ce qui ne m’empêche pas de penser qu’il est normal que des milliards d’humains sur terre préfèrent éviter la bataille contre soi et miser sur la solution de la drogue, qu’elle soit légale (psychotropes, anxiolytiques, décontractants musculaire, somnifères… la liste est longue) ou illégale. Il y a là un besoin fondamental qui devrait être géré par le marché s’il n’y avait pas la question de morale que certaines drogues sont acceptables et d’autres non…

Mon contact économique avec la drogue se limite à trois expériences. J’ai été approché une fois par des dealers qui avaient un gros problème à gérer... Ils gagnaient tous entre 700.000 et 1 millions d’euros par an… sous la forme de billets. Ils ne savaient plus quoi en faire et étaient prêts à donner jusqu’à 10% des flux à celui qui trouverait une solution pour dématérialiser ! J’aime bien l’argent, mais là, suis parti en courant.

Mon deuxième contact a eu lieu récemment. Je ne peux rien écrire, par mesure de sécurité, mais je me bornerais à dire que les esprits criminels non sanguinaires, donc attirés par l’argent, sont parfois brillants et feraient d’excellents chefs d’entreprise s’ils se donnaient la peine d’accepter un peu moins de rendements avec des produits ou services légaux. J’ai été renversé par l’ingéniosité de ce que j’ai vu au Costa Rica. Incroyable.

Mon troisième est aussi récent. Il concerne l’immobilier. Une transaction vient de me passer sous le nez sous le prétexte que le prix officiel versé par l’acheteur était en fait accompagné d’une belle et grosse mallette remplie de billets dont la provenance ne laissait aucun doute.

Ce qui m’amène donc à réfléchir sur un plan macro économique. Ce que nous savons de manière certaine, c’est l’existence « d’un fameux trou noir de la comptabilité mondiale », dixit les statisticiens. Pas grand monde n’en parle, mais si chaque année, on confronte les chiffres d’importation d’un pays contre un autre par rapport aux chiffres d’exportation de l’autre côté, on constate des décalages. Mis bout à bout à l’échelle mondiale, il manque chaque année des dizaines ou des centaines de milliards, qui, sur une période de trois ou quatre décennies, finissent par représenter beaucoup, beaucoup d’argent.

Ces décalages d’argent sont issus essentiellement de la fraude et évasion fiscale, mais en grande partie, de tous les trafics avec en premier poste, la drogue. Il m’a toujours étonné de voir les politiciens refuser de mettre la main sur cet immense pactole fiscal en légalisant la drogue. D’un côté, la demande a toujours existé et existera toujours. Avec l’explosion de la démographie mondiale, le business est juteux. De l’autre, la morale en plein déni, refuse la réalité humaine. Les Etats dépensent sans compter de l’argent pour tenter de limiter le trafic de stupéfiants, le genre de combats inutiles et perdus d’avance qu’aiment entretenir les sociétés humaines.

 

Toujours sur un plan macro, les dealers de haut niveau, accumulent des fortunes assez rapidement. Ils se retrouvent souvent dans la peau d’investisseurs économiques. Ce qui pose plusieurs énormes et dangereux problèmes. Le premier, c’est que « ces investisseurs » ne combattent pas à armes égales, puisque eux ne subissent pas d’impôts dans leur business de base. Ils ne sont donc pas freinés et vont plus vite dans leur développement. En matière économique, les business légaux n’ont aucune chance de survie face à cette concurrence anormale.

Deuxième point, ces investisseurs doivent trouver des produits supports pour placer leur argent. L’immobilier et la bourse sont souvent le réceptacle de cette finance criminelle. J’ai lu des articles sur les mafias chinoises qui contrôlaient le développement des villes en Chine ou la mafia russe qui était dégoûtée d’avoir perdu autant d’argent dans l’immobilier à Londres. J’ai vu un reportage sur le marché espagnol où l’on voyait les autorités démunies face au fait que les russes faisaient des transactions légales avec des maisons sur les bords de mer, tandis que ces mêmes gangs russes commettaient les pires choses en Russie. La justice espagnole ne pouvait pas prouver que les transactions immobilières étaient criminelles. Le droit international est du gruyère.

Il est évident que les prix immobiliers sont impactés assez considérablement par l’argent criminel. Il n’y a pas que les vilains traders, les entrepreneurs esclavagistes ou les footballeurs pour se payer des luxueuses demeures. Il faut allonger la liste avec tous les trafiquants…

Comme l’immobilier et les fonds de commerce, les obligations et les actions sont également touchées. L’argent de la drogue est partout. Les îles Caïmans et d’autres « hot spot » sont les principaux témoins du souci… On ne connaît pas le montant global de l’argent du crime qui a été accumulé depuis des décennies, mais il est probable qu’il s’agisse désormais de l’une des plus grosses puissances financières de la planète.

Il se pose alors une question : si rien ne se passe, le dominant financier du monde sera mécaniquement à terme, mafieux.

Que pour une question morale, on laisse faire cela, sans même un semblant de pragmatisme, montre à quel point, l’être humain est encore peu développé contrairement à ce que tout le monde prétend. Il n’y a pas de conscience du monde. Bilan ? Toujours le même, il faut la jouer pour soi et oublier ses congénères humains.

Charles Dereeper

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Commentaires

Le 6 décembre 2010 par : Sinclair

98% d’accord sur l’analyse.

Sujet tabou que voilà, hélas. Quand j’entends dans les médias tous ces braves gens fiers de répéter "La drogue c’est de la merde !", ça me déprime vraiment.

Sous prétexte de protéger nos populations, la prohibition des drogues est un échec total :

1) L’alcool et le tabac sont deux des drogues les plus dures et les plus destructrices. Hypocrisie.

2) On peut se procurer les diverses substances très facilement. Y compris les ados. Échec.

3) Les produits de contrebande peuvent être coupés avec les pires saloperies. Et bien sûr quasi impossibilité de mesurer ce phénomène. Désastre sanitaire.

4) La police mène une guerre contre sa propre population. Aux USA, une bonne moitié de la population carcérale est issue de la drogue, souvent pour simple consommation. Désastre social.

5) Le pire est bien entendu les revenus mirobolants qu’en tirent les mafias et leur permettent de corrompre de larges pans de nos sociétés. Menace pour la démocratie.

6) Le tabou empêche d’aborder le sujet avec intelligence. LA drogue, ça n’existe pas. Il y a diverses substances, chacune ayant des propriétés spécifiques de psychotrope, d’addiction, de nocivité, etc. Il existait des recherches poussées jusqu’aux années 70 qui ont toutes été abandonnées. Obscurantisme.

7) Et c’est enfin une privation de liberté. Personnellement, j’aimerais pouvoir expérimenter une fois dans ma vie le peyotl, l’ayahuasca ou le LSD, par curiosité anthropologique.

8) En Afghanistan, entre autres, l’argent du trafic permet aux talibans de s’armer très efficacement.

Question : les trafiquants sont-ils tellement riches qu’ils puissent empêcher la levée de la prohibition ?


Le 6 décembre 2010 par : Sinclair

Les 2% restants :

"l’être humain est encore peu développé contrairement à ce que tout le monde prétend."

Il en a toujours été ainsi. On a tendance à se croire au centre du monde et au sommet de l’évolution.

"Il n’y a pas de conscience du monde."

Cette conscience se développe rapidement, bien qu’elle soit encore minoritaire. Rappelez vous que la première image globale de la Terre date des missions Appolo. Moins de 50 ans.

"Bilan ? Toujours le même, il faut la jouer pour soi et oublier ses congénères humains."

Personnellement, je choisis d’agir pour moi-même, pour les principes auxquels je crois, dans le respect de toute vie sur Terre et au delà.

Oublier nos congénères reviendrait à abolir une partie essentielle de notre conscience du monde, non ?


L'auteur
Charles DEREEPER

Rédacteur, éditeur, entrepreneur, trader...

L’intégralité de mes articles est publiée sur Objectifeco à cette adresse : http://www.objectifeco.com/auteur/c... que je considère comme mon blog perso.

Je vis en fonction de l’intuition, du coeur et de la possibilité de mourir à chaque instant.

Je mets à la poubelle la culture chrétienne, ce que m’ont raconté mes profs ou mes parents et toutes les âneries que l’Etat français a tenté de m’imposer pour me tenir en laisse...

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