Charles Dereeper - Acheter ou Louer - Fiche 8 - Les données du problème variables dans l’espace : les loyers et les prix du m² immobilier
Changeons de dimension : oublions le temps, place à l'espace !
Depuis quelques dizaines de pages nous discutons essentiellement de tous les paramètres qui varient dans le temps. Il existe deux autres composantes qui rajoutent une couche de subtilité, pour choisir au final si nous devons louer ou acheter notre logement principal : l’immobilier n’est pas un bien standard. Selon les lieux, à une même date donnée, vous ne payez pas le même prix pour obtenir la même quantité de mètres carrés.
C’est simple à comprendre : que vous habitiez Nice, Paris ou Nantes - voire dans un bled que personne ne connaît - si vous désirez acheter une action de la société L’OREAL cotée en Bourse, chacun aura le même titre en portefeuille avec les mêmes droits et la même valeur.
Pour l’immobilier, il n’en est rien. Ce chapitre est très important : le marché de la location ou de la vente dans l’ancien n’est pas efficient. Il existe de nombreuses distorsions, dans des fourchettes allant de 10 à 30 ou 40%, dues au fait que : soit que les propriétaires sont mal informés des prix de vente, soit que les acheteurs n’y connaissent rien.
La preuve pas plus tard que cette semaine, je signe l’achat d’une studette à Rennes à 3500 euros le mètre carré en plein centre, de très bonne qualité, alors que le prix moyen est de 4400 euros pour ce genre de produits… 900 euros d’économie par m² acheté !!!
Au sein d’un même quartier, en fonction de l’étage d’un immeuble, du voisinage, de la vue sur mer, sur parc ou autres, les prix varient, à surfaces identiques. Une décoration particulière, une exposition aux bruits ou aux odeurs et les prix varient de 20 ou 30%.
Paris dépasse les 7.000 euros le mètre carré contre parfois 1.500 euros en Province. Donc, selon les régions, les enjeux de l’accession à la propriété ou à la location ne sont pas les mêmes.
En outre, ce n’est pas parce que la tendance globale française des prix immobiliers grimpe que toutes les zones géographiques vont répliquer à l’identique et au même moment la même quantité de hausse. Rien n’est linéaire. Il y a en permanence des opportunités et des distorsions. Sans parler des simples effets de mode qui apparaissent de temps à autre.
Hormis le marché en lui-même, les variations peuvent également dépendre des caractéristiques du vendeur. Si ce dernier a un prêt relais sur le dos, une succession avec des déchirements familiaux, un besoin pressant d’argent, les prix de vente seront bien différents de ceux obtenus avec des vendeurs qui n’ont pas besoin d’argent à court terme !
J’ai écris un livre sur ce sujet COMMENT ACHETER SON LOGEMENT MOINS CHER GRACE A INTERNET qui reprend toutes les astuces qui existent pour obtenir de meilleurs prix. Et elles sont nombreuses autant qu’efficaces. Il est vraiment dommage de ne pas les exploiter systématiquement par méconnaissance, tant elles en valent la peine ! (sur www.edouardvalys.com ou www.richeoupauvre.fr)
Bref, vous aurez compris que l’immobilier est comme une boîte de chocolats : vous ne savez jamais ce sur quoi vous allez tomber. Et il y a des heureuses surprises comme de moins bonnes.
Ce qui nous intéresse dans ce livre, c’est le rapport entre la progression des loyers et celle des mètres carrés.
C’est une notion fondamentale. Il est impossible d’acheter un bien sans le prendre en compte.
PLUS les prix au mètre carré sont élevés et déconnectés des prix à la location et PLUS il y a avantage à louer.
Inversement, PLUS vous parvenez à acheter un bien bon marché et MOINS, vous avez intérêt à louer.
Charles DEREEPER
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