Charles Dereeper - Acheter ou Louer - Fiche 5 - Les données du problème variables dans le temps : la question de l’apport personnel
Ce court chapitre, je vous avouerais que je l’écris avec beaucoup de plaisir. Combien de cadres supérieurs ai-je rencontré dans ma vie, qui n’avaient pas pris le temps de cette réflexion incontournable ! Ils gagnaient bien leur vie mais gâchaient leur argent acquis durement en ne s’en occupant pas sérieusement. A quoi bon alors travailler, me suis-je souvent posé la question…
La question de l’apport ne peut se résoudre que par l’analyse objective de votre savoir faire en matière de finances, de rendements et de placements.
La clé est le taux d’intérêt - assurances comprises - que vous payez à votre banque : sur 20 ans, il tourne autour des 4,6% au moment où j’écris.
Si vous êtes capable d’obtenir pendant 20 ans un rendement moyen supérieur à 4,6% brute d’inflation : EMPRUNTEZ 100% du montant de votre maison auprès de votre banque et placez vos liquidités !
Mais si vous n’y connaissez pas grand-chose et que vous vous contentez habituellement de placer votre argent en sicav monétaires, alors GLONFLEZ AU MAXIMUM DE VOS CAPACITES VOTRE APPORT et empruntez le solde auprès de la banque pour payer votre maison.
Ce sujet mérite à lui tout seul un livre entier : il s’agit de l’art de faire travailler son argent à long terme.
Je dînais récemment avec un ami parisien qui venait de finaliser sa première opération immobilière spéculative : 30.000 euros de gains en cinq mois, avec peu de travail et une mise de départ de 45.000 euros. Il désirait maintenant acquérir un studio en défiscalisation et rembourser son emprunt avec les loyers.
« Jamais je n’achèterai mon appartement principal, car je me retrouverais endetté jusqu’au cou et les banques refuseraient de financer mes nouvelles opérations spéculatives ».
Clairement, cette personne rentre dans la première catégorie : elle utilise son argent de manière dynamique pour réaliser des « coups ». Il est fort probable, mais non certain, qu’à horizon 20 ans elle obtiendra un rendement moyen annuel supérieur à celui qu’il faudrait payer à la banque sous forme d’intérêt pour l’achat d’une résidence principale.
Au contraire, je suis entouré également de petites fourmis qui amassent lentement des économies par leurs forces de travail. Ces personnes ne veulent prendre aucun risque sur leur capital durement accumulé. Elles ont donc intérêt à apporter un maximum d’argent dans l’apport initial puisque le rendement de leurs placements est inférieur à celui payé à la banque. En effet, il ne sert à rien de disposer de liquidités qui rapportent environ 3% quand il faut, à côté, emprunter à 4,6%. Il vaut mieux minimiser la taille de l’emprunt en utilisant les ressources disponibles.
Tout dépend donc de votre culture par rapport à l’argent et surtout, de votre comportement et de vos aptitudes.
Il existe de nombreux moyens de gagner entre 5 et 10% par an à long terme, que ce soit en misant sur de l’immobilier ou des entreprises. En acceptant de prendre des risques limités et diversifiés, il est relativement facile de battre le taux de la banque. Si vous ne savez pas faire, vous pouvez toujours lire quelques cours PDF qui ont été écrit pour révéler la manière dont s’y prennent, ceux qui parviennent à le faire. (RDV sur www.edouardvalys.com ou sur www.richeoupauvre.fr à partir de 2008 ou à la fin de ce livre, dans les annexes)
Mais, par expérience, je sais que le problème n’est pas la technique, mais la dimension psychologique des humains… Pour de nombreuses personnes, il est compliqué et bloquant de prendre le temps d’étudier les possibilités d’investissement de manière à faire travailler son argent indépendant de son travail de tous les jours. Que l’argent puisse rapporter encore plus d’argent, parfois, tout simplement plus de gains que la seule force de son travail au quotidien, est une chose qui en repousse plus d’un.
Nous sommes en présence de deux mondes, l’argent qui fabrique de l’argent ou le travail qui est rémunéré par de l’argent.
Parvenir à prendre du recul sur son quotidien et à se projeter dans l’avenir à long terme n’est pas du goût de tous.
Il est plus facile et accomodant de se lever chaque matin pour aller « bosser », toucher son salaire en fin de mois, le placer pour une grosse part en monétaire ou assimilé et le solde dans des sicav actions. Zéro question, zéro tracas, pas de bla-bla… Chacun sa logique de vie.
L’important est d’être en accord avec et de savoir pertinemment ce que vous faites. Là est la clé du problème : savoir exactement ce que vous désirez et le faire !
Si l’avenir ne vous intéresse pas, ne cherchez pas trop à fabriquer de l’argent avec votre capital… car attention aux fausses solutions qui consistent à écouter le premier conseiller venu (qui présente bien) pour prendre des risques. Soit vous n’avez pas envie de vous ennuyer avec votre argent et vous l’apportez au moment de l’achat de votre résidence principale, soit vous en voulez plus.
Si vous décidez de battre le taux de la banque à long terme, alors, impossible d’y couper : vous devez vous y immerger en profondeur dans les arcanes de l’investissement, de la finance et de la gestion patrimoniale.
Les pigeons qui désirent prendre des risques, mais sans se prendre la tête, je peux vous garantir que nombreux sont les chacals à les attendre au tournant… Ils sont nombreux ceux qui ont le sentiment d’avoir agi en prenant des initiatives et des risques… alors que la plupart du temps, au final, ils ne sont pas forcément les grands gagnants de l’histoire… très nombreux…
Déléguer a un coût ; soyez certains que ceux qui font le boulot à votre place vous présenteront toujours leurs factures, et elle sera souvent salée…
Je ne compte plus les centaines de clients qui, par leur laxisme et leurs contradictions, parviennent à un résultat financier contre-productif, sans même en avoir conscience. C’est qu’en effet, il faut déjà se prendre la tête dès lors qu’on souhaite juste estimer et quantifier l’efficacité d’une démarche. Quand on sait derrière qu’il est nécessaire de trimer ensuite pour choisir ses investissements, autant dire que battre le taux de la banque se mérite ! Donc, soit vous plongez la tête dedans, soit il est préférable de rester totalement en dehors. Les solutions de demi-mesures ont toutes les chances de se terminer de manière un peu amère pour vous…
Pour finir, n’oubliez pas une petite phrase qu’on se répétait avec malice dans la salle de marché où je tradais dans ma jeunesse : LE CONTROLE RENFORCE LA CONFIANCE… La messe est dite dans ces cinq mots…
Charles DEREEPER
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