Charles Dereeper – Acheter ou Louer – Fiche 3 - Les données du problème variables dans le temps : l’inflation
Un sujet mal maîtrisé la plupart du temps
La France a connu depuis un siècle toutes sortes de configurations économiques. Je sais que la plupart des Français ne maîtrisent pas bien le sujet de l’inflation qui est, malheureusement, l’une des deux données fondamentales sur un plan économique, avec celle de la croissance.
Par mes centaines de contacts chaque année auprès de lecteurs, j’ai pu mesurer à quel point le sujet ne passait pas et surtout à quel point les idées reçues, parfois totalement fantaisistes, prenaient le dessus sur l’approche rationnelle du problème.
Que dire sinon que lorsque vous tenez un billet de 20 euros dans la main, il permet en 2007 et 2008 d’acheter la même quantité de biens et services, alors qu’en 2009, vous ne pourrez plus vous offrir que 95% de ce que vous pouviez acheter en 2007. Les 5 % restants ont disparu, avalé par l’érosion monétaire.
L’inflation est une sorte de dévalorisation permanente de la monnaie. Ses causes ? Principalement les pouvoirs politiques en place qui font tourner perpétuellement la planche à billets en dépensant plus qu’ils ne rentrent d’argent dans les caisses.
Pour faire simple…
La plupart du temps, chaque année, les économies occidentales progressent. On parle alors de « croissance économique ». Cela signifie que le pays a produit un peu plus que l’année précédente, des biens et services (Je schématise ici).
Conséquence : en théorie, un état a besoin d’introduire chaque année un peu plus de monnaie en circulation que l’année précédente, à hauteur de la progression de la croissance des biens et services. En effet, le montant de ces liquidités injectées dans l’économie DOIT normalement correspondre au montant de biens et services produits en plus par rapport à l’année précédente afin qu’il subsiste une cohérence entre monnaie et production de biens et services. C’est le point crucial de tout le système financier mondial. Quand vous avez compris cela, vous avez la clé en mains pour tout saisir.
Vous devez considérer la valeur de votre billet de 50 euros comme fluctuante et non comme fixe, malgré que le chiffre 50 euros soit inscrit en gros dessus. Selon le temps qui passe, ces 50 euros (simple chiffre) ont une équivalence variable avec la quantité de marchandises échangeables (ces marchandises représentent la réalité, le monde physique des objets et services), qui diminue en période d’inflation et qui augmente en période de déflation. C’est ce point souvent qui semble mal compris. La déflation n’est qu’une simple revalorisation de la monnaie papier qui gagne alors en pouvoir d’achat !
Revenons à nos moutons tout noirs…
Dans un monde parfait où les politiciens véreux et voleurs n’existeraient pas (la belle utopie), chaque année, nous aurions donc autant de monnaie en plus que de biens et services. Du coup, l’inflation et la dévalorisation du pouvoir d’achat de la monnaie n’existerait pratiquement pas.
Seulement, la réalité ne ressemble pas à cela. Et quand je vous dis qu’elle ne « ressemble pas », c’est même vraiment pas du tout !!!
Les Etats dépensent sans compter l’argent sans même se soucier d’équilibrer les comptes. Il n’y a presqu’aucun rapport entre la progression des biens et services et la mise en circulation de monnaie supplémentaire. C’est ce décalage qui fait monter les prix.
Vous devez comprendre que les agents économiques (Etats et entreprises en tête) ne sont pas stupides. Selon la nature de leur business, ils augmentent les prix de vente afin de compenser la dévalorisation permanente de la monnaie. L’exemple parfait est celui du prix des timbres postes. Leurs coûts sont sans cesse révisés à la hausse.
Je ne vais pas disserter sur les raisons qui amènent ces politiciens et administrateurs de la fonction publique à claquer ces montagnes d’argent. Ils ont tous de beaux discours bien rôdés et bien rassurants pour calmer la colère éventuelle du peuple. Ah ! les belles explications. Si j’avais le temps, j’en ferais un livre, tiens. Ca pourrait se résumer en une phrase : comment dépenser 100 euros alors qu’on pourrait obtenir le même résultat plus simplement et avec seulement 50 euros ! Quant à ce pauvre Keynes, il a du creuser un trou profond de cent mètres à force de se retourner dans sa tombe à chaque fois que son nom et ses idées sont détournées par le monde politique…
Sincèrement, tout est pipo : il s’agit d’une pure escroquerie. Ces gens nous volent, de manière intelligente certes, n’empêche qu’ils pillent le monde en dépensant plus que les ressources issues des impôts qu’ils ont à disposition le permettent. C’est maladif ! Aucune excuse n’est recevable. Factuellement, les faits et rien que les faits : à la tête des états, personne ou presque ne parvient aujourd’hui à s’empêcher de dépenser plus que les rentrées fiscales. Point. Voilà les faits. C’est le seul constat à retenir.
Pour payer ces vols, les fonctions publiques de tous les pays du monde ont un moyen bien simple : l’emprunt et la création monétaire. C’est silencieux et discret à souhait. Cela ne fait pas de bruit et 95% des volés ne le voient pas par manque de connaissance et de culture économique. En même temps, dans ces conditions, il est difficile de ne pas se laisser tenter, si on réfléchit trois secondes en se mettant à la place des politiciens responsables des finances publiques !
Dur de leur jeter la pierre. Qui n’a jamais succombé à la tentation dans sa propre vie ? Regardons trois secondes la vitesse sur la route, un problème qui me touche à titre personnel : on produit des voitures qui montent toutes à 200 km/h et on nous dit : non, pas touche, tu n’as le droit qu’à 130 km/h, toi. Les 200 km/h, tu les regardes ! Tu ne consommes pas ! Et bien oui cher lecteur, oui, j’avoue que je succombe à la tentation. Oui, je pète des 240 km/h quand je roule la nuit sur autoroute, à bord de mon Audi TT. Oui, je me suis fait choper en délit de grande vitesse. N’empêche que comme les politiciens, je recommence. Je resuccombe ! Alors oui, je suis mal placé pour leur jeter la pierre… La tentation est grande pour eux. On parle de dizaines de milliards d’euros de déficit chaque année ! Comment résister à la folie des grandeurs ?
Concrètement, la mécanique du vol est simple : la création monétaire est chaque année nettement supérieure à la croissance économique des biens et services. Qui dans le peuple s’en soucie ??? Franchement ??? Et pourtant, chacun le devrait… elle est la base de l’inflation, qui elle-même est le socle de la dévalorisation du pouvoir d’achat de la monnaie.
L’indicateur qui mesure cela s’appelle M3. Il est publié par les banques centrales. Actuellement, sachez que la masse monétaire augmente au moins trois fois plus vite que la quantité de biens et services !!! Toute la distorsion de notre système se trouve ici ! Heureusement que l’Allemagne fait partie de l’Europe. Sa traditionnelle politique monétaire orthodoxe et stricte limite les dérapages trop violents de la France et de l’Italie en la matière. Dans le passé, avant 1992 et Maastricht, la France pratiquait le truc de la dévalorisation compétitive de la monnaie face au mark allemand, ce qui était en réalité un cache misère de notre gestion budgétaire calamiteuse.
Vous aurez donc compris maintenant que ce qu’on appelle « l’inflation », « l’érosion monétaire » ou la « dévalorisation » de la monnaie n’est rien d’autre qu’une mise en circulation trop importante de monnaie par rapport à la croissance économique des biens et services produits par une population. Cet excédent de monnaie permet entre autres de payer les déficits budgétaires grandissants. Ce trou chaque année fait dire aux journalistes que la France serait en faillite si elle était un simple français ou une simple entreprise.
Avec ce décalage, il faut mécaniquement de plus en plus de monnaie pour pouvoir acheter la même quantité de biens et services chaque année, d’où la dévalorisation permanente et les éventuelles pertes de pouvoir d’achat qu’on subit si on place mal son argent ou si l’on oublie de réclamer chaque année une augmentation à son patron…
Je suis toujours renversé de constater avec quelle souplesse les Français acceptent de ne pas toujours renégocier chaque année leur salaire. Cela ne se fait pas de réclamer encore une hausse ??? Ou le patron a dit que les salaires étaient gelés pour trois ans… Ne pas renégocier son salaire équivaut implicitement à accepter une baisse de rémunération d’environ 3% par an ! Exprimer sous cet angle, la problématique me paraît nettement plus concrète ! Moi, je réponderais à un chef qui me tient un tel discours que je baisse désormais ma quantité de travail de 3%...
L’inflation est donc créée mécaniquement et n’est pas prête de s’arrêter, les politiciens ayant un appétit vorace sur le plan des dépenses publiques...
Parier que l’inflation ne sera pas au rendez-vous au cours des vingt prochaines années revient, en réalité, à parier que les politiciens vont se calmer au niveau de la folie de leurs dépenses…
Est-ce crédible ? Hein ?
Au mieux, nous pourrions parier sur le fait que les politiciens seront PLUS OU MOINS timbrés au niveau de leurs pulsions dépensières, à défaut de les stopper. Mais croire trois secondes que les déficits budgétaires vont disparaître, alors là, mes amis, je vous avouerais que j’ai un peu de mal à anticiper la chose en cette année 2007 ! L’époque du Père Noël est un peu loin pour moi…
Vous comprenez maintenant pourquoi toute personne qui arrive pour vous conseiller d’acheter ou louer avec conviction est, en fait, une personne qui n’a pas réfléchi au sujet. Car, en clair, cela revient à se demander si des gens qu’on ne connaît pas encore, vont un peu ou beaucoup déraper à l’avenir quand ils seront au pouvoir de notre pays… Il y a une dimension médium dans le débat…
Revenons à l’inflation et à la création monétaire…
Vous savez quoi ? J’en ai une bien bonne à vous raconter.
Question : quel est le plus grand voleur de tous les temps ?
Non, il ne s’appelle pas Arsène Lupin.
Une autre idée ?
Son petit nom, c’est George Bush. Le Grand Satan « himself, en personne » qui occupe tant les esprits des mulsumans un peu excités du ciboulot…
George Bush a succédé à Bill Clinton qui, il faut bien le dire, avait fait le ménage économique, aidé en cela par la période la plus longue de croissance économique de toute l’histoire du pays dans les années 90. Certes, les détracteurs ont toujours quelque chose à dire sur Bill Clinton. Moi-même, je ne peux m’empêcher de sourire en pensant à cette homme-là, compte tenu du fait qu’il s’est quand même fait choper publiquement en train de se faire « hum hum » par Monica. On peut même dire qu’il s’agit probablement de la pipe la plus médiatisée de l’Histoire des hommes.
Cependant, lorsqu’il a remis les clés à George Bush, la situation était partiellement en train d’être assainie. Le Bill Clinton, tout fan qu’il était de la bouche de Monica, n’avait pas pour autant perdu de temps question travail puisque son Administration peut se targuer d’avoir vécu des exercices budgétaires créditeurs !
Un truc incroyable dans notre monde, finalement ! Imaginez un état qui gagne plus d’argent qu’il n’en dépense au cours d’une année d’exercice. Ce n’est pas un évènement qu’on voit tous les jours ! Pourtant, il a existé sous l’ère Clinton. Respect à lui, rien que pour cela.
Je peux vous dire que lorsque la grande fripouille Georges Bush est arrivée au pouvoir, les trois neurones qu’il a sous le capot ont du grave s’exciter. Un crédit budgétaire, mais qu’est-ce donc que cette chose-là ?
Il a rouvert les vannes de la création monétaire, en grand et même, en très grand ! Les vols ont repris de plus belle, les déficits budgétaires étant massivement de retour.
Seul problème, M3 de la FED (la Banque Centrale américaine) trahissait un peu trop visiblement ce sursaut violent des dépenses et du déficit. Du coup, à partir de 2006, George Bush ne s’est pas pris la tête trop longtemps pour résoudre ce nouveau problème. Il a pris une décision qui en dit long sur la situation monétaire américaine : il a, accrochez-vous bien à votre siège, suspendu la publication de l’indicateur M3, qui est donc devenu désormais top secret !
Vous avez bien lu : toutes les banques centrales des principales puissances économiques publient cette information capitale, sauf, désormais, les Etats-Unis ! Peut-être que George Bush espère, par ce biais, masquer le pillage monétaire incroyable auquel il se livre. Quel peut être, sinon son intérêt, de refuser désormais de publier cette information ? Je ne vois pas d’autres raisons… et je ne suis pas tout seul à penser de la sorte… aux Etats-Unis, des observateurs ont créé l’expression « taxe silencieuse » pour parler de l’inflation…
Le poste de dépense chouchou de George W Bush ? La guerre…
Lisez la dépêche AFP suivante :
Depuis le début des attaques contre l'Afghanistan lancées après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont dépensé 610 milliards de dollars pour ces deux conflits qui entrent dans le cadre de leur guerre contre le terrorisme ainsi que pour protéger leurs bases dans le monde entier, souligne le rapport.
L'Irak a représenté la majorité des coûts avec 450 milliards de dollars dépensés.
Sur la seule année fiscale 2006/2007 (1er octobre au 30 septembre) les opérations en Irak auront coûté 165,8 milliards de dollars, soit une augmentation de 40% sur l'année fiscale précédente.
Selon cet organisme de recherche, qui n'est affilié à aucun parti politique, le coût de la guerre devrait continuer à croître.
Si tous les financements demandés sont fournis, en 2008 le coût de ces guerres va atteindre 758 milliards de dollars, dont 567 milliards pour l'Irak.
« Sur les six premiers mois de 2007, CRS estime que les dépenses mensuelles du département de la Défense s'élèvent à 12 milliards de dollars, soit bien au-dessus des 8,7 milliards de dollars de l'année fiscale 2006 », a précisé le rapport.
Imaginez si les Etats-Unis avaient mis sur la table 600 milliards de dollars pour produire de l’énergie solaire plus rentable que le pétrole… Avec ce genre de budget, on peut penser qu’ils auraient trouvé une solution aux contraintes techniques existantes…
Au lieu de cela ? Quelques copieux dividendes au sein des entreprises d’armement et de guerre au sens élargi du terme. Un carnage humain et… une dévalorisation massive du dollar dont la valeur est littéralement spolliée par le gouvernement américain.
D’ailleurs, si vous ne croyez toujours pas qu’il y a un vrai problème dans le domaine de la gestion publique des finances des pays, il vous suffit de regarder un graphique du Dow Jones exprimé en once d’or, la seule monnaie fiable. Vous verrez très rapidement que les Américains possèdent, avec leur dollar-papier, des actifs qui se dévalorisent à une vitesse hallucinante, happés par l’érosion monétaire.
D’ailleurs, pour vous éviter les recherches fastidieuses, les voici ces quelques graphiques pour bien comprendre dans quel jeu monétaire international on vit, car un achat d’un bien immobilier SERA, a priori, la plus grosse dépense de toute votre vie entière ! Saisir les enjeux capables de transformer votre achat en bonne et fructueuse décision ne me semble pas dénué d’intérêt…
Pour démarrer, le Dow Jones, l’indice de la Bourse de New York depuis 1896, sur la période 1961 / 2001, celui dont tout le monde checke les cours au quotidien.

En 40 ans, la valeur du Dow Jones est passée de 500 à 10500 points, soit une progression de 7,1% par an en approche capitalisée. Aujourd’hui d’ailleurs, il vaut autour des 13000 points. Vous pensez que les actions rapportent donc autant ? C’est en réalité du vent si on analyse cette progression en terme de pouvoir d’achat ; pour le voir, l’opération va consister juste à enlever de la progression du Dow Jones, le montant de l’inflation.
Le Dow Jones obtenu s’appelle « l’indice déflaté » et il est nettement moins joli que le précédent !

De 7,1% de rendement moyen par an, on passe à seulement 2,5% de rendement effectif ! Le reste est la « taxe silencieuse » prélevée par l’Etat américain à travers l’inflation… Avec ce genre de démonstration chiffrée, je trouve qu’on mesure mieux qui gagne quoi et comment… On sait même précisément qui se goinfre…
De notre côté, en tant qu’Européens, nous avons désormais un discount de 37% grâce à l’euro sur la zone dollar. Ne vous êtes vous jamais interrogé de savoir pourquoi les prix de vos joujous informatiques n’arrêtaient pas de baisser ? Les économies d’échelle et industrielles ? Mon œil ! Tout le matériel informatique est produit en zone dollar. En tant qu’Européens, nous touchons 37% de remise immédiate à l’achat !

Cet écart sur les devises, ce n’est pas une si bonne nouvelle. Je vous rassure, Européens comme Américains, on se fait pigeonner royalement avec l’inflation. Mais par chance, chez nous, la facture est moins salée. C’est que notre armée coûte moins cher… et le déficit commercial est moins élevé !
Certes, les devises reflètent également d’autres facteurs que l’inflation et les déficits budgétaires. Tradant sur le marché des changes à travers le Forex, j’ai bien conscience de caricaturer dans ces pages. Il n’empêche que, grossièrement, je ne suis pas si éloigné que cela de la réalité…
En outre, si vous croyez trois secondes que cette manière de fonctionner est caractéristique de notre époque, vous n’avez rien compris. Il suffit d’étudier l’histoire économique des trois ou quatre derniers siècles pour comprendre que de tous les temps, les administrations et les politiciens n’ont jamais su maîtriser leurs pulsions et ont toujours fait tourner la planche à billets.
La seule monnaie qui a traversé les siècles s’appelle l’OR : ce métal précieux est le seul que les hommes n’ont jamais pu corrompre. Toutes les autres monnaies papiers ont disparu, au fil des siècles, détruites par le système de la création monétaire. Les effondrements successifs font sourire tant la répétition des mêmes causes provoque les mêmes effets à terme ! Si nous étions pas tous frappés d’amnésie au niveau de l’histoire économique, le monde serait il différent ?
Nous ne disposons que d’un siècle de statistiques. Je le trouve déjà assez éloquent. Maintenant, nous allons nous livrer à une petite expérience…
Mettons nous fictivement quelques instants dans la peau d’un américain centenaire (on lui a collé des « piquouses » d’un médicament spécial qui lui a permis de vivre 107 ans…)
Ses parents lui ont acheté un Dow Jones à sa naissance, qu’il a conservé toute sa vie. Il habite les Etats-Unis. Il possède donc ce Dow Jones avec des dollars !

Regardez bien la courbe de progression autour de la flèche ascendante que j’ai tracée. Comme vous pouvez le constater, le Dow Jones a grimpé assez régulièrement tout au long du siècle, à condition d’accepter de posséder cet actif avec des dollars et de subir donc le vol perpétuel de l’inflation au niveau du pouvoir d’achat. En 1897, le Dow Jones valait 29 points à la fin de sa première année de cotations, contre environ 13.000 de nos jours, soit un prix multiplié par 433.
Mettons-nous maintenant dans la peau d’un homme qui refuse comme monnaie le dollar et qui n’a confiance que dans l’or comme valeur d’échange.
La question à 1000 euros est la suivante : combien vaut le Dow Jones évalué en once d’or, c’est-à-dire à l’aide d’une monnaie non pervertie par les politiciens et qui, par voie de conséquence, n’a pas subi d’érosion monétaire et a conservé pratiquement intact son pouvoir d’achat intrinsèque !
Réponse sur le graphique ci-dessous découvert dans un forum du site www.pro-at.com.

La vraie valeur du Dow Jones qui symbolise la progression réelle du niveau de richesse obtenue est finalement assez faible, puisqu’elle représente une multiplication de 6,66 (voire flèche tracée et échelle à gauche) contre 433 en données brutes d’inflation.
433 contre 6,66 ! Les actions n’ont enrichi leurs détenteurs que de quelques centaines de pourcents en un siècle…
Ainsi, les cours boursiers montent à long terme, mais cela ne signifie nullement que votre pouvoir d’achat augmente, lui… Une nuance de taille ! En avez-vous vraiment conscience ?
Je vous donne un dernier chiffre qui, je l’espère, achèvera de vous convaincre.
Le dollar US a perdu 99% de sa valeur en un siècle ! Un Américain centenaire qui aurait conservé un billet de un dollar pendant toute sa vie, sous son matelas, ne pourrait pratiquement plus rien en faire aujourd’hui comparé à avant. Toute sa valeur se serait évaporée en un siècle.
En quoi cela vous concerne-t-il, vous qui souhaiter louer ou acheter un bien immobilier ?
Les prix aux mètres carrés de l’immobilier et ceux des loyers s’inscrivent au cœur de cette problématique de l’inflation. Quand vous réfléchissez à l’avenir, vous devez absolument intégrer ce paramètre. Nous l’avons vu au chapitre précédent, les loyers ont augmenté en France d’environ 5,21% par an sur longues périodes et de 3,13% au cours de la dernière décennie, qui a connu l’une des périodes les plus faibles de l’histoire en terme d’inflation.
J’ai essayé de vous apporter une vision large de cette variable. Maintenant, nous pouvons donc parler d’avenir au niveau des loyers.
En synthèse, il existe une très forte certitude que nos politiciens de la terre entière GERENT TRES MAL dans l’avenir, l’argent public des Etats qu’ils gouvernent. Nous savons qu’ils vont créer, pour la plupart d’entre eux, plus de monnaie que leurs économies ne génèrent de biens et services et entretenir les déficits budgétaires par le biais de dépenses aussi énormes que bien souvent inutiles. Cette gestion calamiteuse va entraîner de l’inflation de manière quasi mécanique. Certes, un peu d’inflation oui, cela ne fait pas de mal, mais dans les proportions actuelles, définitivement NON !
Les loyers sont indexés en partie sur l’inflation. Nous sortons actuellement d’un cycle historique de niveau bas de taux d’intérêts. Celui-ci a entraîné une création monétaire abondante sous la houlette des Etats-Unis. Aujourd’hui, n’importe quel expert économique de base sait que la situation mondiale économique est une poudrière qui tourne année après année, sans que rien ne craque ! Pour le meilleur de tous ou pour le pire de la génération qui va manger l’addition finale énorme ? Je ne sais pas. Une chose est certaine néanmoins : il est très peu probable que les vingt prochaines années connaissent un taux aussi faible d’inflation. J’ignore si on remontera sur une base moyenne de 5% par an comme dans le passé. Mais il me paraît sain d’anticiper une progression moyenne des loyers d’au moins 3,25% par an pour la période 2007 / 2027 en se fondant sur le nouvel indice trafiqué par l’INSEE, l’IRL. Si l’ICC était resté en place, je parierais sur une progression moyenne annuelle de 4%.
Une autre théorie économique existe. Le système monétaire mondial ne résistera pas au cours des vingt prochaines années : une méga crise initiée par un crédit crunch géant et mondial amorcera un cycle de déflation identique à celui que le Japon a connu pendant une douzaine d’année après 1990. Cette crise monétaire se transformera en crise économique majeure comme celle des années 30, aidée en cela par les départs massifs à la retraire des baby boomers occidentaux à partir de 2010. Ces derniers vont en effet complètement changer leurs comportements de consommateurs, entraînant dans leur sillage des modifications économiques majeures. Déflation égale progression très faible des loyers. Mais ce retour de la déflation ne durerait pas plus de quelques années. Je ne sais pas si cette crise aura lieu, ni évaluer le niveau de probabilité que le G8 et les banques centrales perdent le contrôle de la situation. Si cette situation se manifestait, il est clair que la progression des loyers pour les 20 prochaines années serait plus faible. A vous de choisir. Moi je prends 3,25%.
Charles DEREEPER
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