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Charles Dereeper - Acheter ou Louer - Fiche 11 - Les Réponses : Scénario des personnes vivant au même endroit pendant 20 ans et plus… dans une maison en périphérie de villes de province

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(article du 5 août 2010)

Le boulot d'auteur est parfois compliqué...

Comment vous présenter toutes les hypothèses ? Je suis condamné à faire, à partir de maintenant, un livre à tiroirs.

Premier scénario étudié, celui du locataire - ou du propriétaire - qui ne déménage jamais au cours des vingt prochaines années.

Prenons l’hypothèse d’une maison en banlieue d’une grande ville de province (située à une dizaine de kilomètres du centre ville) d’une valeur de 240.000 euros, de 110 à 140 m², avec un jardin inférieur à 1000 m².

En face, il faut payer environ 700 euros de loyer par mois pour jouir du même bien.

La clé est dans ce coût entre location et prix des mètres carrés. Il faut sentir le rapport de forces entre les deux options. Je vais vous fournir quelques points de repères dans les chapitres suivants.

 

Passons aux paramètres financiers

Commençons avec des hypothèses où le couple n’a AUCUN apport financier au départ et emprunte donc tout à la banque.

Prix acquisition : 240.000 euros

Apport : 0

Frais de notaire : 16.800 euros

Frais sur prêt : 5100 euros

Durée du prêt : 20 ans

Taux : 4,3%

Assurance mensuelle : 35 euros

La mensualité à payer est de 1 664 euros. Bien entendu, ces paramètres varient en permanence avec les offres commerciales des banques et le niveau des taux d’intérêt. Cependant, ces modifications mineures n’empêchent pas de comprendre le raisonnement principal.

En face de la mensualité de 1664 euros, le loyer est de 700 euros. Le différentiel est donc de 964 euros par mois en faveur de la location ! Cela signifie que si vous achetez, vous dépensez 1664 euros dans un remboursement d’emprunt à la banque. Si vous louez, vous donnez 700 euros à votre propriétaire et vous épargnez le solde de 964 euros sur un compte.

 

Bien sûr, nous raisonnons en théorie, car, quel locataire aura la discipline d’épargner tous les mois le montant qu’il économise à louer au lieu d’acheter ? A peu près personne ! Mais nous sommes là pour évaluer l’intérêt d’un point de vue financier. Un locataire qui n’épargne pas signifie tout de même qu’il dépense son argent autrement et qu’il a, en conséquence, un niveau de pouvoir d’achat supérieur à celui de l’acheteur ! L’achat d’un logement a comme principal atout de forcer à l’épargne, la banque se rappelant à votre bon souvenir en cas de relâchement de votre part…

 

Passons maintenant aux autres critères.

Quand on possède une maison, il existe des frais d’entretien : comme disent souvent les propriétaires, « il y a toujours quelque chose à faire dans sa maison » ! Les dépenses vont de la toiture aux peintures, et autres aménagements. Partons sur une dépense moyenne de 1.500 euros par an pendant vingt ans, même si des spécialistes estiment que les frais d’entretien sont supérieurs, en moyenne, à ce tarif !

Travaux : 1.500 euros

Taxe foncière : 500 euros (la première année…)

Crédit d’impôt Sarkozy : -1500 euros (les cinq premières années)

Progression moyenne du coût de la taxe foncière en pourcentage par année : 3,9%

Passons aux données sensibles… faisons un premier test en dehors des propositions initiales pour illustrer la mécanique.

 

Inflation des loyers : 4% par an pendant 20 ans

Progression de la valeur de la maison : 4% par an pendant 20 ans - hypothèse basse - et 9% par an pendant 20 ans - hypothèse haute.

 

La rémunération du capital placé à long terme, issu du différentiel entre le coût du loyer et le coût du remboursement de la mensualité, sera calculée avec un taux de 7%. Ce chiffre représente la hausse moyenne à long terme, depuis deux cents ans des marchés actions, établie par les chercheurs. Il est bien sûr possible d’obtenir plus ou moins, en fonction de ses aptitudes.

 

LES RESULTATS AU BOUT DE 20 ANS avec une hausse de 4% des prix

Ils sont favorables au propriétaire, eh oui ! Malgré les 900 euros d’épargne mensuelle dégagée et placée. Etonnant non ? En fait, au bout de la période, le propriétaire possède une maison d’une valeur de 505.000 euros qui lui aura coûtée 174.000 euros en frais d’intérêts et autres, 261.900 euros d’épargne forcée avec les remboursements des traites à la banque et enfin, environ 68.000 euros de pure plus-value !

En face, le locataire aura accumulé au bout de toutes ces années, avec le différentiel loyer contre remboursement, un capital de 442.000 euros, soit un écart négatif d’enrichissement de 62.700 euros en faveur du propriétaire.

 

Cette première situation est richissime d’enseignements.

Commençons par le propriétaire : avec une progression de la valorisation de sa maison de 4% par an en moyenne pendant 20 ans, il ne réalise, en fait, que 68.000 euros de plus-values réelles, nettes de frais ! C’est peu. Cela signifie qu’il est impératif que l’immobilier progresse d’au moins 3,2% par an pour que le propriétaire couvre ses frais ! Sinon, il perd de l’argent !

En simulant avec une hausse moyenne des prix de 9% par an au lieu de 4% en hypothèse basse, le scénario est forcément très avantageux. Le propriétaire encaisse une plus-value de 994.000 euros, soit un écart par rapport au locataire de 791.000 euros. Si ce dernier place son apport à 9% également au lieu des 7% retenus, l’écart reste très conséquent, puisque la différence est encore de 660.000 euros.

 

Bref, dans tous les scénarios il est plus intéressant, à long terme, d’acheter que de louer avec ces conditions de marché immobilier de départ (loyer de 700 euros contre 1 600 euros de remboursements).

 

Attention néanmoins à ne pas raconter de bêtises : les gens expliquent qu’il vaut mieux acheter que louer, car quand arrive l’âge de la retraite, il est très dur de payer un loyer alors qu’en possédant son logement principal, il n’y a plus rien à financer. C’EST FAUX ! FAUX ET FAUX !

Le locataire qui a placé chaque mois son argent issu du différentiel entre loyer et remboursement, dispose, au final, d’un capital de 442.900 euros. Cela lui rapporte, à 7%, l’équivalent de 28.975 euros en année 20. Le montant des loyers réévalués est de 17.700 euros par an. Cela signifie concrètement qu’en année 21, le locataire paye son loyer et dispose encore de 11.000 euros, soit à dépenser, soit à épargner ! La difficulté de paiement est donc tout-à-fait absente !

Autre point intéressant, au bout de 20 ans, le propriétaire ne dispose d’absolument aucun capital. Tout est immobilisé dans sa maison. En face, le locataire se retrouve à la tête d’un capital de 442.000 euros de cash, une somme qui en fera rêver plus d’un ! Pour que le propriétaire se retrouve dans la position du locataire et finalise son avantage financier acquis, il est impératif qu’il extraie son cash en vendant sa maison… puis en devenant locataire… amusant non ?

Je n’ignore pas que les crédits hypothécaires « made in US » débarquent en France en 2007. Nul doute qu’ils permettront aux propriétaires, à horizon 20 ans, de récupérer du cash à partir de la valeur de leur maison.

Tout aussi paradoxal, le capital immobilisé du propriétaire dans sa maison se valorise avec la hausse du marché de l’immobilier à long terme, tout en lui servant de toit pour dormir.

 

L’option qui consiste à acheter présente donc un double emploi pour un même coût !

 

Contrairement au locataire qui doit placer son argent et éventuellement subir le poids de la fiscalité, son capital accumulé ne lui étant d’aucune utilité pour dormir sur un plan strictement pratique…

Et après ?

Oui, après la période de 20 ans, que se passe-t-il ? Le propriétaire n’a plus aucun remboursement à réaliser. Ses flux de trésorerie deviennent positifs par rapport au locataire. Petit à petit, il regagne le terrain perdu sur le plan de l’argent comptant, car au-delà de 20 ans, le locataire continue à payer un loyer qui ponctionne le rendement de son capital accumulé. Ce dernier ne progresse pas aussi vite.

Conclusion ?

Il paraît très sensé, avec ces paramètres initiaux, de miser sur l’achat plutôt que la location, tout particulièrement lorsqu’on est situé dans la tranche d’âge 25 / 35 ans. Car cela laisse espérer un scénario qui s’étale à horizon 50 ans au moins. Du coup, les vingt premières années sont négatives au niveau financier en terme de trésorerie (le propriétaire ne possède qu’une maison alors que le locataire dispose de 442.000 euros en cash), mais les trente années suivantes inversent la vapeur.

 

Revenons maintenant aux paramètres proposés au début de ce livre

Hausse des loyers de 3,25% par an et hausse de l’immobilier de 3,25% par an.

Comme je le disais précédemment, en achetant sa maison on connaît son prix de revient à l’avance. Une maison de 240.000 euros coûte 174.000 euros de frais à horizon 20 ans, si on intègre tout (paramètre été 2007). Cela signifie que la progression doit être d’au moins 3,25% par an pour tout juste compenser ces frais.

Conséquence logique avec cette hausse moyenne de 3,25% des prix au mètre carré, la location obtient un meilleur score que l’achat, puisqu’au bout de vingt ans le locataire dispose d’un capital de 472.000 euros tandis que le propriétaire possèdera une maison d’une valeur de 440.000 euros, soit un écart de 32.000 euros en sa défaveur.

Au contraire, avec une hausse de 6% ou 9%, le propriétaire compense largement ses coûts et dépasse le locataire dans le match.

 

Conclusion pour une maison en province : si vous êtes très pessimiste à horizon 20 ans sur le marché de l’immobilier, n’achetez pas, louez ! Vous y gagnerez financièrement.

 

Ce qui est intéressant à noter, c’est que la simple variation des loyers de 3,25% de progression capitalisée au lieu de 4% par an fait basculer assez nettement les résultats financiers en faveur du locataire. Si vous connaissez le moyen de louer un logement principal avec une progression très limitée des loyers, pour la période 2008 / 2018 par exemple, n’hésitez pas une seconde. N’achetez pas. Les probabilités de hausse des m² pour les propriétaires sont faibles. Cela signifie que l’espoir de plus-value est relativement limité et a beaucoup de chance de ne pas pouvoir compenser les frais liés à l’achat. Votre différentiel mensuel loyer contre mensualité bancaire vous rendra nettement plus riche à horizon 10 ans, à condition encore une fois de bien choisir votre zone immobilière.

 

L'impact de l'apport

Je vais maintenant faire varier le paramètre « apport », toujours avec cette maison de 240.000 euros et un loyer équivalent de 700 euros. Imaginons que nos acquéreurs fictifs disposent de quelques économies. Disons pour commencer, 20% du prix de la maison, soit 48.000 euros.

 

LES RESULTATS AU BOUT DE VINGT ANS avec une hausse de 3,25% :

L’écart se creuse en faveur du locataire. Normal, il s’agit du mécanisme des intérêts composés. En matière de finance, rien ne peut remplacer le temps. Plus vous démarrez tôt avec une somme élevée, plus vous touchez à long terme. Le locataire finit en année 20 avec un capital de 501.000 euros en cash, alors que le propriétaire conserve une maison de 440.000 euros, soit un différentiel de 60.000 euros.

Ce chiffre met le doigt sur votre aptitude à gagner de l’argent avec vos économies. En effet, rappelons ici que j’ai choisi un taux intermédiaire de rentabilité de 7% par an pour l’argent placé. Alors que nous avons simulé une hypothèse de hausse de l’immobilier de 3,25% par an. En tant que propriétaire, si vous mettez un apport dans votre maison, il est impératif que vous anticipiez une hausse élevée de l’immobilier à long terme, car cela revient à investir votre argent dans de la pierre, tout en vous logeant au passage… Encore une fois, si vous ne savez pas comment gagner 7% par an et que vous êtes abonné aux sicav monétaires de votre banque, alors oui, il n’est pas inutile d’apporter votre argent pour l’acquisition, car à horizon 20 ans, le marché de l’immobilier a de bonnes chances de battre la performance du monétaire.

 

Imaginons maintenant que l’immobilier grimpe de 6% par an et non 3,25%.

Immédiatement le scénario s’inverse. Normal ! La plus-value potentielle sur la maison du propriétaire explose à 313.000 euros, coûts, frais et épargne déduite. Au final, le prix de vente de la maison grimpe à 726.000 euros, alors que le locataire aura accumulé un cash de 501.000 euros, soit un écart de 224.000 en faveur du propriétaire.

Si une hausse de 9% par an a lieu, comme cela a été le cas en France depuis quelques décennies, la maison cote 1.234.000 euros.

Ainsi, malgré un apport de 20% et un placement annuel à 7% par an, le locataire se retrouve avec un déficit de 732.000 euros par rapport au propriétaire ! Même s’il avait placé son capital à 10% par an en moyenne au lieu de 7%, il ne parviendrait pas à compenser les plus-values du propriétaire.

 

L’explication ?

C’est là aussi normal. Le propriétaire investit au départ en année 1, 240.000 euros qui travaillent, année après année, à 9%. En face, le locataire place, certes, 48.000 euros plus 700 euros par mois, mais, il ne pourra jamais rattraper le retard au niveau du temps. 48.000 euros ne peut pas lutter contre 240.000 ! Je le répète : en matière de finance, rien ne peut lutter contre le temps qui s’écoule. C’est votre plus précieux allié. J’ai calculé : pour que le locataire compense son retard, il faudrait qu’il puisse placer son argent à 13% par an en permanence…

En outre, vous noterez que le propriétaire apporte 48.000 euros. Du coup, ses mensualités baissent à 1365 euros contre 1664 euros sans apport. Mécaniquement, l’écart diminue entre la mensualité de la banque et le loyer à payer pour ne plus représenter que 665 euros contre 964 euros précédemment. Le locataire perd donc un flux de trésorerie positif d’environ 300 euros par mois.

 

Poursuivons sur l’apport.

Simulons un propriétaire qui dispose de 50% du cash au moment de son achat. Vous avez maintenant compris la mécanique. Acheter une maison coûte cher en intérêts et en frais, mais on récupère, en contrepartie, un gros effet de levier, puisqu’on investit une belle somme au départ dans des pierres qui permettent, à la fois de se loger et en même temps de gagner de la valeur. En face, le locataire a besoin de beaucoup plus de temps pour se constituer une épargne à travers le différentiel loyer / mensualité.

En augmentant l’apport du propriétaire, c’est autant d’argent en plus pour le locataire à placer dès le départ. Donc, l’effet de levier de l’emprunt joue moins. Et vous allez le voir, le match change totalement de couleurs…

Apport = 131.000 euros, soit 50% de l’achat de la maison avec frais de notaire et de dossier.

 

LES RESULTATS AU BOUT DE VINGT ANS avec une hausse de 3,25% par an :

Le propriétaire dispose toujours de sa maison valant 440.000 euros, tandis que le locataire se retrouve avec une somme de 558.000 euros, soit un écart positif en sa faveur de 118.000 euros. Qui a dit que payer des loyers était jeter de l’argent par les fenêtres ?

A tous les pessimistes qui anticipent un krach notoire de l’immobilier et le retour de la déflation, il est très clair qu’il faut louer si vous disposez d’un apport de 50%. Le point mort pour le propriétaire est une hausse moyenne annuelle de l’immobilier de 4,6% contre 3,25% sans apport financier.

En clair, si l’immobilier ne grimpe pas d’au moins 5% en progression capitalisée par an, la location est vraiment conseillée.

En revanche, imaginons que l’immobilier baisse à horizon 5 ans et que vous placiez à ce moment là votre achat de résidence principale, la situation sera assainie en terme de probabilités de hausse des m² à long terme. L’achat sera alors pratiquement gagnant dans tous les cas de figures par rapport à la location sur une période de 20 ans !

 

Charles DEREEPER



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L'auteur
Charles DEREEPER

Rédacteur, éditeur, entrepreneur, trader...

L’intégralité de mes articles est publiée sur Objectifeco à cette adresse : http://www.objectifeco.com/auteur/c... que je considère comme mon blog perso.

Je vis en fonction de l’intuition, du coeur et de la possibilité de mourir à chaque instant.

Je mets à la poubelle la culture chrétienne, ce que m’ont raconté mes profs ou mes parents et toutes les âneries que l’Etat français a tenté de m’imposer pour me tenir en laisse...

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