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Vincent Benard - Regarde l’Europe tomber

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(article du 6 décembre 2011)

L'Eurozone est morte, mais elle ne le sait pas encore. En tout cas, les annonces du duo Sarko-Merkel de ce début du mois de décembre ne laissent aucun doute sur l'avenir de notre continent : Sombre, pour ne pas dire plus. Et le problème est qu'il n'y a plus beaucoup d'endroits pour se barrer, sauf victoire de Ron Paul fin 2012 aux USA, mais ce n'est vraiment pas gagné.

J'assiste, totalement impuissant, à la fuite de nos dirigeants dans la recherche du bidule financier miracle qui permettrait de prolonger la durée de vie de la pyramide de dettes qu'ils ont accumulées parce qu'on leur avait dit qu'un état, cela ne pouvait pas faire faillite. Je n'écris plus beaucoup. J'ai déjà dit tout ce que j'avais à dire sur le sujet (sommaire), et je ne suis guère motivé à spéculer la vitesse de survenance de la crise fatale qui emportera les économies malades. J'ai naïvement espéré que certaines propositions de bon sens trouveraient écho chez certains leaders d'opinion, mais non, rien. Nos abrutis ne jurent que par la mutualisation des dettes et la poursuite des primes à l'incompétence. Entre colère et résignation...

Voyons donc ce qu'impliquent les dernières annonces de nos deux Laroque et Palmade des sommets européens, pardon, l'accord de principe conclu entre Shirley Merkel et Dino Sarkozy, lors de leur précédente sauterie, où je rappelle qu'ils ont annoncé une révision d'un traité dont ils ont pourtant, il y a à peine deux ans, forcé l'adoption par les parlements des peuples récalcitrants, forçant même les plus têtus à revoter deux fois, en nous jurant la main sur le coeur qu'il n'y avait pas d'alternative possible. Le traité "définitif", jusqu'à la révision de septembre 2012, devrait comporter les dispositions suivantes (Résumé par Mish Shedlock, j'ai la flemme de les traduire, désolé) :

  • Automatic sanctions. In case of non-compliance with the deficit rule, countries are subject to automatic sanctions, which will require a majority of 85% to overturn.


Houlà, des menaces de sanctions ! Ca va faire peur à Papademos, ça. Mais bon, admettons que la cessation de versement des subventions agricoles soit envisageable, ce qui, effectivement, promettrait quelques manifestations croquignolesques du milieu que l'on dit rural.

Pour éviter cela, les pays membres vont développer une comptabilité créative à côté de laquelle celle de la Grèce avant son adhésion à la monnaie unique paraitra plus rigoureuse qu'un hiver sibérien. Des accords bilatéraux bien sentis (rendus possibles par le traité de Lisbonne, bientôt modifié, donc...), assortis de rétro-commissions bien généreusement calculées entre chefs de gouvernement, devraient permettre de contourner les sanctions de type blocage des fonds structurels ou des subventions agricoles. L'UE va devenir le lieu de toutes les tricheries, de tous les détournements comptables. Ah, on me souffle qu'elle l'est déjà. Mais bon, les derniers gouvernements sérieux n'auront même plus intérêt à le rester.

  • Golden Rule : All EU member states, but in particular the eurozone, should subject themselves to uniform debt limits. The ECJ will adjudicate in case of a dispute, and should have the right to declare national budgets illegal.


Et oui, une règle d'or : par exemple, "il est interdit d'avoir plus de 60% de dette publique". Ou encore celle là, "pas plus de 3% de déficit annuel". Ah, cela existe déjà ? Et ce n'est pas respecté ? Oui, mais cette fois ci, il y aura des sanctions, voyez vous ?

Comment ça, lesquelles ?

Euh... Quand un budget sera déclaré illégal, Merkel fera envoyer les chars dans les rues d'Athènes ? Euh, bon, attendez...

Ah oui, elle fera destituer le gouvernement Belge ? Non plus ?

Elle fera saisir l'or de la banque de France ? Pas possible ?

Bon, allez, elle fera geler le versement des subventions agricoles. Voir paragraphe précédent.


  • Private Sector Participation will follow the rules of the IMF. The PSI agreement on Greece remains valid, but is a unique case that should not be repeated ;


Ah ça non, fini les vilains "haircuts" sur les dettes souveraines. Selon la doctrine du FMI, le secteur privé doit être AS-SO-CIE aux sauvetages. Donc caressé dans le sens du poil.

Il ne manquerait plus que les banques, les compagnies d'assurance, les fonds de pension ou de placement, assument les conséquences de leurs mauvaises décisions de prêt ! Donc, la sodomie des contribuables va se poursuivre pour aider les pauvres petites banques à ne pas sombrer. C'est beau, une kleptocratie qui travaille.

Seul problème : quand les contribuables seront saignés à blanc et que les prêteurs déserteront les adjudications d'obligations souveraines, qui paiera ?



  • Germany and France want the ESM to start end-2012.


Ah, mais oui, il y aura l'ESM, et son article 9 (Celui qui dit aux états membres : "Payez ou... , euh... On envoie une lettre recommandée avec accusé de réception dans les rues de Rome").

Donc les états dépensiers auront leur aléa moral financé par la dette des enfants des contribuables, qui leur permettra de transférer leur dette aux pays en moins mauvaise santé qu'eux. L'ESM sera un gigantesque subprime dans lequel tout le monde voudra manger au ratelier de l'Allemagne, entrainant l'europe toute entière dans une abysse financière, ou, alternativement, provoquant la sortie de l'Allemagne de la zone Euro.

Les états (y compris ceux en grande difficulté comme l'Italie ou le Portugal) devront s'endetter, et donc augmenter leur instabilité financière, pour alimenter l'ESM, mécanisme visant à les stabiliser. Vous me suivez ? Déstabiliser pour stabiliser, mais pourquoi n'y avait on pas pensé avant, je vous jure ?

Les marchés obligataires sanctionneront tellement durement les états qui devront emprunter pour alimenter le MES que ce mécanisme est mort né. Ajoutons que la cours suprême de Karlsruhe risque fort de censurer les dispositions de l'ESM qui obèrent la souveraineté du parlement allemand...

Mais Shekel et Marcassine peuvent toujours faire semblant de croire que ce bidule est viable, si cela leur permet d'organiser des diners de gala à intervalles réguliers.
 

  • The heads of state and government meet once a month as the eurozone’s economic government.


Un gouvernement économique européen ? Waoh. En mutualisant tous les canards boiteux de la politique européenne, on envisage de créer un attelage de chevaux de courses ? Bon, soyons sérieux, comment des gouvernements qui, à domicile, détruisent de la valeur à un rythme effreiné, pourraient, d'un seul coup, en créer au niveau européen ? Mais passons sur cette prémisse que d'aucun jugeront ouvertement biaisée par mes préjugés anti-politiques, et voyons quelle forme pourrait prendre ce "gouvernement".

Je suppose que nos deux phares de la pensée politique européenne envisagent un gouvernement économique dans lequel la France et l'Allemagne représenteront 47% des droits de vote, conformément à la charte de l'ESM, ou du moins, une formule où les pays les moins peuplés seraient priés d'avoir une influence marginale. Les slovaques et autres péquenauds devront apprendre à marcher au pas. Ca leur fera les pieds, à ces petits pays de merde, tiens. "Zu Befehl, Herr Oberst !" - Alors que franchement, Richard Sulik a à lui tout seul plus de bon sens que tous les politicards franco allemands qui trainent dans les sommets européens. Comme quoi, en politique aussi, ce n'est pas la taille qui compte.

Mais imaginons que Nick Burton et Angela Taylor réussissent à imposer aux gouvernants d'un pays tiers une mesure impopulaire : comment comptent-ils s'y prendre pour empêcher que la population du petit pays en question ne se sente, disons, lésée par la décision, et ne provoque quelque chamboulement politique imprévu ? Ce gouvernement économique de l'Europe ne pourra jamais imposer une telle perte de souveraineté à des peuples échaudés par l'échec lamentable que nous sommes en train de vivre. Il ne fera qu'accélérer les forces eurofuges.


  • There shall be no eurobonds.


Certes, la mort des Bonds, Euro Bonds, n'est pas pour me déplaire. Mais puisque l'Europe va entériner le MES, elle aura de toute façon créé un dispositif de dédouanement des cigales aux dépens des fourmis. Alors, Eurobonds ou MES, quelle différence !

Tout ceci serait risible, si cela ne portait pas en germe l'écroulement généralisé de la zone Euro.

Quelle sortie ?

Car il n'est pas question, par exemple, de laisser tomber les mauvaises banques. Au contraire, la rumeur bruisse de nationalisations et de nouveaux "bailouts". Il n'est pas question de forcer un grand mouvement européen de reflux de la part des secteurs publics dans les produits intérieurs bruts. Etc, etc, etc...

Tout ceci va très mal finir... Je voudrais que la fin de l'Euro ne soit qu'un mauvais moment à passer mais qui nous aide à rebondir. Après tout, l'Europe d'avant le traité de Maastricht, celle de l'acte unique de 1986, n'avançait pas si mal que cela.

Mais la voie autoritaire et sans issue choisie par les dirigeants franco-allemands ne fera qu'exacerber les rancoeurs entre nationalités, ce qui, par mouvement de balancier excessif, pourrait non seulement casser l'eurozone, ce que je ne pleurerai pas, mais aussi détruire de nombreux acquis de l'union antérieurs à la monnaie unique. Car l'échec inéluctable des plans de maintien de l'Europe en survie artificielle ne pourra qu'alimenter rancoeurs et prétextes à des manoeuvres politiciennes contre-productives.


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Lire également :

La prospérité est devant nous (ob'eco)

Faillites bancaires ordonnées : article 1 (agefi) | art 2

Le mur des dettes souveraines, quelles solutions ? (ob'eco)

Liquider une banque à la serbe, la méthode Dinkic (ob'eco)

Flat Tax, plus qu'un générateur d'opportunités, un outil de réforme structurelle (ob'lib')

Pourquoi il faut avoir la peau de l'EFSF| L'ESM, un hold up européen

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Commentaires

Le 6 décembre 2011 par : Brucibru4

excellent


Le 7 décembre 2011 par : Joseph Pietri

Bonsoir Bernard, je vous sens comment dire...désabusé ! Mais il y a de quoi ! On marche sur la tête et on va le payer TRES cher.


Le 7 décembre 2011 par : Joseph Pietri

Pardon je voulais écrire Vincent, en plus j’ai écorché votre nom. a+


Le 7 décembre 2011 par : Patrick

Le pire dans ce désastre annoncé est que les peuples sont maintenus dans l’ignorance, la mièvrerie des infos stupides quotidiennes où personne ne parle des vrais problèmes... et certes les gens sont très heureux de ne pas y penser aussi...

Quand tout cela va leur "tomber sur la gueule du jour au lendemain"... c’est là que ça va vraiment faire Mal (comme en Grèce...) et que le CHAOS va s’installer partout et très rapidement !

C’est pour cela que je pense qu’ils nous concoctent une petite 3ème WW pour accompagner le chaos économique et social => mesures fascistes d’urgence... !


Le 7 décembre 2011 par : zoulou

Excellent article.


Le 7 décembre 2011 par : sebEco

Excellent article qui résume bien la gabegie, la fuite en avant dans laquelle nous entrainent les politiciens, avec une vision unique - aussi bien la gauche que la droite d’ailleurs - l’Europe ne marche pas ? alors il faut plus d’Europe !

Et comme dirait ma mère... les spécialistes a la radio on dit que...

Tout est dit, les foules ne se réveilleront que quand elles n’auront plus a manger. Et la qui sait ce que ça peut donner... le pire sans doute


Le 7 décembre 2011 par : ursus35

Bonjour,

je pense que la BCE va racheter les dettes à tour de bras pour gagner du temps, mais sans pouvoir totalement ponctionner les dépots des banques en contrepartie comme elle l’a fait jusqu’ici (à cause de l’énormité des sommes) pour éviter une trop grosse inflation.

Donc, inflation en vue....

Bonne journée


Le 7 décembre 2011 par : Patrick

M. Jean, dans une cité de la région parisienne : "Tout le monde se fout de notre sort" Reportage | | 06.12.11 | 15h29 • Mis à jour le 06.12.11 | 15h34

C’est une cité sans renommée, dans une petite ville de la banlieue parisienne. Des immeubles proprets, de quatre ou cinq étages, pas plus. Il y a un arrêt de bus où les bus s’arrêtent encore. Il y a quelques commerces de proximité, un centre social et un poste de la police municipale. Le centre-ville est à 300 mètres à peine, mais c’est déjà un autre monde. "Ici, monsieur, nous vivons dans une bulle. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes." M. Jean, 75 ans, et Mme Françoise, 64 ans, habitent à quelques numéros l’un de l’autre. Une fois obtenue la promesse de ne pas être reconnus ("Ça peut être risqué pour nous"), la parole se débonde en un flot ininterrompu, pendant plusieurs heures.

M. Jean, un ancien photograveur, est arrivé ici, avec sa femme et son enfant, à la fin des années 1960. La construction des immeubles n’était pas encore achevée. Les voisins étaient alors des fonctionnaires de La Poste ou d’autres administrations, des militaires, des ouvriers de l’usine voisine. "Tout le monde travaillait. On se connaissait. On laissait la porte ouverte." "On causait les uns avec les autres", poursuit Mme Françoise, employée trente-huit ans dans un grand magasin et qui a emménagé en 1986.

"ENTASSÉS DANS DES F3"

Quand tout cela a-t-il commencé à déraper ? "C’est difficile à dire. Quand on s’aperçoit des choses, c’est trop tard." M. Jean situe tout de même le basculement dans les années 1980. La cité a commencé à accueillir des familles délogées des squats de Paris qui entravaient les projets immobiliers de prestige dans la capitale. "Elles ont commencé à s’installer à un bout de la rue et puis ont remonté à chaque appartement libéré. On mettait quatre personnes dans un logement et on en voyait d’autres arriver avec des valises d’on ne sait où. Très vite, les gens se sont entassés dans des F3."

Quand il s’agit de décrire les nouveaux venus, le discours s’embarrasse un peu, les mots deviennent encombrants, le vocabulaire forcément connoté. Alors on cherche, on change : les étrangers, les immigrés, les Noirs, les Africains, les Arabes, les Maghrébins. Les anciens habitants, eux, sont partis, appartement après appartement.

Autres circonvolutions, contorsions de langage pour décrire cette population en fuite : les Français, les Gaulois, les Blancs. Mme Françoise et M. Jean sont restés.

L’ancien photograveur décrit la paupérisation croissante du voisinage. "Plus personne ou presque ne travaille, décrit cet homme investi de fonctions associatives qui lui permettent de pousser les portes fermées. Quand on entre dans certains appartements, y compris ceux des Français qui restent, on voit des choses incroyables, des gens entassés, de la misère."

DROGUE CACHÉE DERRIÈRE LES COMPTEURS

Depuis les années 1990, les petits trafics ont gangrené le voisinage, les cambriolages n’ont cessé de se multiplier. "Je vois des jeunes circuler à bord de voitures comme jamais je ne pourrais en avoir alors qu’ils sont officiellement au RSA. Ici, c’est tout petit. On connaît la situation de chacun." Mme Françoise dit retrouver régulièrement de la drogue cachée derrière les compteurs. Elle ne descend plus seule dans sa cave. Même si sa cité a été épargnée par les émeutes de 2005, elle voit régulièrement de ses fenêtres des voitures brûler sur le parking, notamment au Jour de l’an.

"Grande gueule", comme elle se décrit elle-même, Mme Françoise n’a jamais hésité à expulser les jeunes qui investissaient le hall. Cela lui vaut des déboires. Il y a un mois, sa guimbarde, vieille de 20 ans, a été vandalisée. En mai, elle a été agressée en bas de chez elle, s’est retrouvée avec des points de suture à la tête. "Régulièrement, je me fais insulter."

"Les gamins jouent en toute impunité à des choses qu’ils voient à la télévision ou entendent avec le rap, explique M. Jean. Ils refont l’histoire. Pour eux, on reste les colons. Chez les parents, c’est la loi du silence. Ils n’osent rien dire. Ils ont peur de leurs enfants ou peur de la police parce qu’ils sont en situation irrégulière."

Il y a peu, les deux témoins voient également la religion musulmane prendre la rue. "Depuis un an ou deux, les femmes sortent maintenant avec le voile. La fille de ma voisine s’est mise à le porter, il y a six mois. Ça m’a fait un choc. Les hommes se laissent pousser la barbe et s’habillent à la pakistanaise." Une salle de prière devrait bientôt ouvrir dans la cité.

EN DÉCALAGE

Alors, Mme Françoise et M. Jean ont commencé à se sentir en décalage, pour ne pas dire esseulés. "Nous nous retrouvons enfermés dans un ghetto", résume M. Jean. Ils se sentent intrus dans "leur" cité. "On me conseille de partir, on me dit que je n’ai pas à occuper seule un appartement de 60 m2, dit Mme Françoise, qui a perdu son mari. Je ne demande pas mieux que de me barrer mais je n’en ai pas les moyens."

La veuve dont la retraite est de 1 250 euros, paye 506,95 euros de loyer pour son F4. "Je ne pourrais jamais trouver ça ailleurs avec mes revenus." M. Jean touche 2 100 euros de retraite avec sa femme, et paye un loyer de 652 euros pour un appartement de 82 m2. " Si je pouvais partir, pensez bien que je le ferais. Mais j’ai passé l’âge d’acheter." Alors M. Jean a fait une demande de logement social dans le Var qu’il renouvelle chaque année, sans grand espoir.

"Tout le monde se fout de notre sort", estime M. Jean. C’est sans doute le plus cruel. "La police nous dit qu’elle n’ose pas intervenir car elle craint de mettre le feu aux poudres." Le bailleur social, lui, a ses bureaux dans les beaux quartiers de Paris. "Quand vous vous retrouvez autour d’une table avec ces gens-là, vous sentez que vous n’êtes rien." Un constat amer que ne confirment pas exactement les importants travaux de rénovation entrepris par le bailleur et la municipalité ces dernières années.

"LES POLITIQUES NOUS ONT OUBLIÉS"

Quant aux hommes politiques... Mme Françoise explose d’un rire sardonique. "Ils nous ont oubliés. La cité ne vote pas. La participation atteint à peine 30 %. Alors nous n’intéressons personne." Les deux voisins avaient choisi Nicolas Sarkozy en 2007. "J’y ai vraiment cru", assure M. Jean. Il éprouve aujourd’hui plus que de la déception, de la révulsion pour "cet homme qui nous a trompés, qui a dit qu’il s’occuperait de nous et qui ne s’est occupé que de ses amis les riches".

Aujourd’hui, affirme Mme Françoise, "ce qui se passe à la télé, ce qu’il dit à l’Elysée, on s’en balance, ça ne nous concerne plus". Ils iront quand même voter puisqu’ils l’ont toujours fait. Mme Françoise a arrêté son choix : "Sarkozy ? Il n’y a pas de risque que je me fasse avoir à nouveau. A gauche, il n’y a personne qui puisse vraiment changer les choses. Alors, pour moi, je vous le dis tout net, ce sera Marine Le Pen et tant pis si ça pète."

M. Jean, ancien syndicaliste chrétien, ne peut se résoudre à ce choix. "C’est contraire à mes convictions. Je ne me suis pas encore fixé. Je regrette que le vote blanc ne soit pas comptabilisé." Il soupire. "Pourquoi ces gens-là ne sentent-ils pas que nous n’en pouvons plus ?"


Le 7 décembre 2011 par : ChrisDum

Bonjour Vincent,

Excellent article, comme toujours. Mais, pour la 1ère fois, je sens chez vous une sorte de résignation, de fatalisme. Et je trouve cela vraiment dommage. On a besoin de gens sérieux et réfléchis pour mener la bataille.

Je pense tout comme vous que la fin économique est inévitable. Et j’ai du mal à concevoir qu’un chaos économique ne débouche pas sur un chaos social et politique. C’est dans la nature de l’homme de construire et de détruire. Nous entrons très probablement dans la phase de destruction.

Il ne nous reste plus qu’à nous battre, pour imposer nos idées, tenter de faire changer d’opinion et de vision des choses à une partie de la population. Si le pire se produit dans quelques années, il ne nous restera plus qu’à prendre les armes ou alors s’exiler pour mieux réfléchir à la situation et voir comment améliorer, ne serait-ce que notre pays, la France. Puis revenir.

Je suis convaincu que le choix se posera à un moment : rester et crever, ou fuir pour vivre. Mais dans ce cas, faisons-le avec l’envie de revenir, de changer les choses, de retrouver ce beau pays qu’était la FRance...

ChrisDum


Le 7 décembre 2011 par : Patrick

"quelques années" vous êtes très optimiste ChrisDum... moi je dirais quelques mois tout au plus... !


Le 7 décembre 2011 par : Helios

Votre blog ne traite en principe que d’économie (ce n’est pas un reproche). Mais lorsque la situation se détériore sensiblement et que l’économie est à plat, ce qui devient déterminant c’est la politique, et ce qui devient au moins aussi utile que les manuels d’économie pour comprendre ce qui se passe ou risque de se passer, ce sont les livres d’histoire. Et leur accorder de l’attention montre déjà qu’on est libéré de l’idée saugrenue que nous aurions atteint un stade de développement supérieur à celui de nos ancètres, tel que les leçons du passé nous seraient inutiles.

C’est ce qui m’avait conduit, lors d’un de vos précédents articles au sujet de l’état mauvais gestionnaire, à dire que l’état est d’une essence supérieure à celle de l’entreprise, il peut subsister et se regénère même lorsque toutes les entreprises sont à terre.

Quant à la situation actuelle elle donne plutot l’impression d’un vaste suicide, une auto-destruction, que j’ai vu rapprocher dans un autre blog de celle de la Russie peu avant la révolution de 1917. L’auteur prétendait que le pouvoir n’avait pas été conquis par les bolchéviks, mais simplement ramassé, de nombreux indices prouvant que toutes les structures de la société, y compris surtout l’économie, étaient absolument HS. Reste à savoir si on arrivera là, et si c’est le cas, qui seront les nouveaux bolchéviks ?


Le 7 décembre 2011 par : Patrick

Les gauchistes très "démocratiques" cassent tout à Dauphine pour empêcher Marine Le Pen de débattre... !

http://www.frontnational.com/videos...


Le 7 décembre 2011 par : fbastiat

C’est d’autant plus désepérant qu’on pourrait s’en sortir assez facilement. Le problème c’est la France. Inutile de changer les traités, ni de passer des jours avec Merkel. Il suffit d’appliquer une politique de redressement : réduction de l’Etat et de son coût, libération de l’économie. On annonce la nouvelle politique et on commence à l’appliquer. Les marchés réagiront immédiatement. Quand aux syndicats de fonctionnaires, lorsqu’ils auront défilé pendant un mois, si le gouvernement tient le cap, ils s’arrêteront. Ca vaut en tous cas la peine d’essayer. Mais voilà, pour cela il faut un gouvernement lucide et volontaire.


Le 11 décembre 2011 par : airinys

Tu te prends sacrément la tête pour essayer d’expliquer le truc incompréhensible qu’ils ont pondu.

Ce n’est ni plus ni moins que le pacte de stabilité, mais le formule était déjà prise. Pacte de stabilité qui n’a rien empêché, et n’a produit aucune sanction, alors même que les 2 plus grands pays l’ont baffoué durant 10 ans.

Ils ne peuvent pas abattre l’euro, comme le trader en forte MV ne coupera pas sa position et s’entêtera.

Donc rien de ne s’arrangera, au contraire.

Ca se terminera en "coup d’Etat" continental, et la création d’un Etat fédéral européen.


Le 11 décembre 2011 par : Colas

bonjour,

vous écrivez "Il ne manquerait plus que les banques, les compagnies d’assurance, les fonds de pension ou de placement, assument les conséquences de leurs mauvaises décisions de prêt !". Il faut quand même distinguer au sein du secteur financier entre ceux qui tentent d’avoir une approche réaliste des choses et ceux qui participent activement à la débacle future. Dans le premier volet, je range beaucoup d’assureurs européens, qui n’ont pas eu d’autre choix que d’acheter des obligations souveraines comme valeurs représentatives lorsque les actions chutaient et que les autres investissements paraissaient surévalués puisque ces obligations souveraines alliaient sécurité et rendement. Dans le deuxième volet, je range beaucoup de banquiers européens qui ont créé une volatilité par leur ingéniérie financière ; et les banques françaises sont en première ligne ici. Prétendre aujourd’hui que certains ont fait de "mauvaises décisions de prêt", c’est clairement lire le passé avec les yeux et la connaissance d’aujourd’hui.


L'auteur
Vincent BENARD

Analyste à l’institut TURGOT, Conseiller national du Parti Libéral Démocrate, www.lepartiliberal.fr -

Spécialiste du logement, du libéralisme, des retraites et de l’économie en crise ; Auteur de "Foreclosure Gate, les Gangs de Wall Street contre l’état US", éditions Edouard Valys - http://bit.ly/foreclosure-gate

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