Vincent Benard - Foreclosure Gate : un accord judiciaire à $25 Milliards, pourtant très clément pour les grandes banques
Moins médiatique que l'accord-qui-n-en-finit-pas-d-être-conclu avec la Grèce, un autre accord long à accoucher pourrait enfin de trouver sa conclusion : c'est l'accord entre les 5 plus grandes banques de crédit immobilier aux USA - Bank Of America, Wells Fargo, Citi, JP Morgan et GMAC/Ally - et 49 des 50 procureurs généraux américains (l'Oklahoma n'a pas signé, aucune importance) sur le volet "saisies illégalement conduites" du Foreclosure Gate - Dont je rappelle que mon livre reste absolument le seul à décrire en détail et en français compréhensible. Fin de l'auto promo.
Enfin, pour l'instant, l'accord est annoncé, un site web est mis en place avec des résumés, mais l'accord lui même n'est pas encore en ligne à l'heure ou j'écris ces lignes (dimanche soir). Au point que le site "American Banker", généralement bien informé, se demande si l'accord est réel. Donc ce qui suit peut devoir être corrigé sous peu.
Le foreclosure-gate, c'est quoi ?
Rappelons brièvement de quoi il s'agit : Pour permettre la titrisation de créances de qualité très douteuse sans que cela ne se voie trop, les banques ont mis au point un système d'enregistrement électronique des créances (MERS) qui, après moult batailles juridiques, a été déclaré illégal dans environ 2 tiers des états de l'Union. Ce système ne respectait pas les règles d'enregistrement légal de la propriété foncière et des hypothèques rattachées à cette propriété. Face à un afflux de maisons à saisir, les grandes banques ont préféré fabriquer de faux documents reconstitués à partir de la base donnée MERS, et faire signer à la chaîne ("robo-signing") de faux certificats d'authenticité de ces documents par des employés qui n'avaient pas les moyens matériels de vérifier quoi que ce soit et qui imitaient la signature de vices présidents des banques en question, pour les présenter devant les tribunaux, généralement sans avoir conduit les étapes de négociation généralement obligatoires avec les propriétaires avant de conclure la saisie.
Cela, c'est le cas de figure le moins grave, celui ou l'emprunteur était vraiment en défaut de paiement. La banque s'est alors "simplement" assise sur les droits de la défense en présentant de faux documents au juge, mais "fondés sur des informations authentiques". Ce faisant, la banque a commis un faux en écritures publiques doublé d'un outrage à la cour, en droit américain, "parjure", au dépens des droits de la défense. Certainement, dans un monde normal,cela n'aurait pas dû donner au mauvais payeur un droit à une maison gratuite, mais sûrement à un chèque de dommages et intérêts de la part de la banque effectuant la saisie.
Pire encore, la base était percluse d'erreurs, et un certain nombre de ces saisies étaient non seulement conduites sur la base de documents "reconstitués", mais comportant des erreurs, voire des erreurs graves, sur la créance : erreur d'adresse de la maison à saisir (!), erreur sur le montant restant dû (! !), etc... Quel pourcentage des saisies menées était entaché de telles erreurs ? L'accord, nous le verrons, fait en sorte qu'on ne le sache jamais.
Et, ultime indélicatesse, dans de nombreux cas, les banques ont été soupçonnées, et parfois convaincues, d'avoir volontairement dégradé le bilan des débiteurs en facturant des frais fictifs, en tripotant les dates de valeur (Il n'y a qu'aux USA que cela choque. Les banques françaises le font tous les jours et personne ne dit rien !), ce qui, à l'injure du faux en écritures publiques, ajoute la blessure du vol. Certains audits d'échantillons de dossier en forclusion ont montré que de tels larcins bancaires étaient pratiquement la règle, le vol de grande ampleur, plus difficile à dissimuler, étant moins généralisé, mais sûrement pas marginal. J'ai évoqué dans le livre quelques unes de ces manoeuvres comme la vente forcées d'assurances par la banque à des tarifs prohibitifs, avec rétrocommission à la banque. Quelle proportion de propriétaires ont été victimes de ces manoeuvres ? Là encore, l'accord devrait rendre difficile l'évaluation future de l'ampleur des délits.
La description ci dessus ne recouvre pas l'autre volet du Foreclosure-Gate, à savoir les titrisations frauduleuses, qui ne sont pas couvertes par l'accord, je n'en parlerai donc pas ici (voir nombreux liens en fin d'article).
Ce que prévoirait l'accord
Tout d'abord, voici les termes officiels de l'accord, selon le site web des parties prenantes : Les cinq collecteurs de crédit condamnés ont accepté une pénalité de 25 milliards de dollars et de cesser les pratiques frauduleuses constatées sous astreinte pouvant monter à 1 millions de dollars pour toute infraction postérieure à l'accord.
Les 25 milliards se décomposent comme suit :
- 17 milliards de dollars de réduction de principal ou d'intérêts pour des emprunteurs en difficulté. Cela peut paraître beaucoup, mais cela fait moins de 3000$ par prêt actuellement en grande difficulté de paiement. Ajoutons que l'accord ne dit pas sur quels critères les dossiers "repêchés" seront sélectionnés, ce qui laisse la porte ouverte à certains abus, que nous détaillerons plus loin.
- Pour les emprunteurs qui paient mais dont la maison vaut moins que le prêt, une enveloppe de 3 milliards de réduction de principal sera ouverte. Mêmes observations.
- 5 milliards d'amendes versées aux états pour compensation des coûts sociaux supportés par la collectivité du fait des saisies illégales, dont 1,5 milliards de pénalités versés à 750 000 personnes victimes de saisies où les banques ont utilisé des documents "reconstitués" et "robo-signés". Cela fait 2000 $ par famille dont les droits juridiques ont été piétinés. Certains jugent que c'est une sinistre plaisanterie, d'autres disent que l'accord prévoit que cette somme sera versée même en absence de préjudice financier (forclusion vraiment due) et que l'accord n'empêche pas des poursuites individuelles lorsque le préjudice a été supérieur.
- Un nouveau code de protection de l'emprunteur, incluant l'obligation de négocier des réductions de principal ou d'intérêt avant mise en saisie, et l'interdiction du "robo-signing".
- Un superviseur national indépendant sera chargé de surveiller la mise en application de l'accord. De quels moyens disposera-t-il ? Les sanctions, en cas d'infraction, pourront monter jusqu'à 1 millions de dollars, voire cinq pour certain types d'infractions particulièrement grave. Tout est dans le "jusqu'à"....
- L'accord n'interdit pas les poursuites pénales au niveau des états pour chaque cas où les infractions commises iraient au delà d'un "simple" robo-signing" sur un prêt réellement en difficulté. Notamment, les procureurs des états peuvent poursuivre les pratiques de titrisation frauduleuse, et les investisseurs de RMBS poursuivre les manquements aux obligations de sincérité des émetteurs de ce papier.
- Les emprunteurs peuvent poursuivre seuls ou en class action tout comportement illicite des banques, indépendamment de cet accord.
Analyse
A première vue, l'accord parait correct : certes, les compensations financières aux emprunteurs victimes de forclusion illégales sont ridicules, mais l'accord n'interdit pas les poursuites individuelles ou collectives ultérieures. Pour un commentateur peu suspect de sympathies pro-banques comme Felix Salmon, c'est un point extrêmement positif.
En outre, les critères applicables à la collecte des prêts futurs rendront nettement plus difficiles l'imputation aux emprunteurs de frais fictifs, de placement d'assurances forcées, etc... Si la supervision de l'accord permet de faire respecter ces clauses, alors c'est une avancée pour les propriétaires en difficulté. Evidemment, l'on peut tout de même se demander si un tel accord pour simplement forcer les banques à respecter des provisions légales déjà en vigueur est réellement une victoire. Mais certains diront que c'est mieux que rien.
Mais à seconde vue, l'accord semble contenir tellement de "trous de souris" qu'on peut se demander s'il ne constitue pas un nouveau "bailout" furtif des banques. Faute de disposer du texte précis de l'accord au moment ou j'écris ceci, je suis réduit à poser des questions, mais le fait que ces questions ne sont pas traitées par les résumés fournit est tout de même inquiétant.
Tout d'abord, qui supportera in fine les réductions de principal aux emprunteurs en difficulté ? Ces emprunts sont détenus en priorité par des investisseurs institutionnels ou des épargnants, et pour l'instant, si le texte de l'accord n'est pas encore mis en ligne, les annonces de presse et résumés sont muets sur le sujet. Inquiétant pour les investisseurs : si les pertes sont imputées aux RMBS, cela veut dire que les 25 milliards de pénalité en seront réellement bien moins. (site de l'accord). Les banques devront elles compenser les éventuelles pertes des RMBS sur les 20 milliards de réduction de principal ?
D'ores et déjà, une association de détenteurs de RMBS a fait part de ses inquiétudes dans le Wall Street Journal. Le professeur de droit Adam Levitin, souvent recruté comme expert judiciaire dans les affaires de RMBS et cité abondamment dans mon ouvrage, estime que l'accord sera en fait payé par les investisseurs, pas par les banques. Il y a de la gruge dans l'air ?
Deuxièmement, l'office central de supervision pourra-t-il superviser efficacement des millions de prêts ? Comment cet office appliquera-t-il la formule "jusqu'à" un million par infraction ? Là encore, le texte définitif nous éclairera.
Mais ces considérations pourtant majeures ne sont pas les plus importantes.
Pas d'investigation fédérale : les dirigeants qui ont couvert la fraude peuvent dormir tranquille... avec leurs bonus
L'absence d'investigation fédérale rendra bien plus difficile la tâche des propriétaires expulsés indûment ou sur la base de sommes mal calculées, car s'ils portent plainte individuellement contre les banques, ils ne pourront pas faire état des découvertes faites dans le cadre de ces enquêtes. En outre, l'état fédéral et les états peuvent lancer des commissions rogatoires ("subpoena"), pas les plaignants individuels, même s'ils se regroupent au sein d'une class action. Comme je le dis dans mon livre, des propriétaires expulsés, financièrement exsangues, et sans l'aide d'une enquête du procureur, ne sont pas le plus gros danger pour les banques.
Ajoutons que d'habitude, ce type d'accord se conclut après une enquête établissant les charges. C'est ainsi que la SEC procède, par exemple. Ici, pas d'enquête, donc pas de charges détaillées, hormis les pratiques connues révélées par la presse. Pas d'estimation du pourcentage réel de faillites frauduleuses. Pas de tentative de relier ces faillites à des pratiques de "predatory lending" visant à faire signer "du prêt" à n'importe quel "pigeon" pour encaisser des commissions sur la revante des créances, au mépris le plus absolu des "chartes de prêt" régissant les critères d'octroi habituels de crédit au sein de chaque établissement, etc...
Enfin, l'état ne cherchera pas à déterminer dans quelle mesure les dérives constatées étaient le fruit de décisions délibérées du top management des banques impliquées.
Par conséquent, il devient extrêmement improbables que des poursuites PENALES puissent être menées contre les ex-dirigeants qui ont orchestré ce grand bal des escrocs, qui pourront donc continuer à jouir de leurs monstrueux bonus gagnés pendant les années bulle.
Si vous pensez en vous même : "c'est scandaleux", vous avez raison. Bienvenu dans le nouvel ordre oligarchique des grandes banques de Wall Street, ou les compensations des fraudes sont juste un coût opérationnel parmi d'autres.
Mais il y a pire. L'accord pourrait laisser le champ libre aux 5 banques concernées pour continuer à masquer des pertes importantes et leur permettre d'imputer des pertes qui devraient leur échoir à d'autres investisseurs...
Le problème de l'imputation des pertes aux premières et secondes hypothèques, une bombe à 175 milliards... voire 475 !
Les lecteurs d'Objectif Eco dotés d'une bonne mémoire s'en rappellent peut être :
D'une part, les banques ont conservé par devers elles environ la moitié des obligations collatéralisées par de l'immobilier émises sous "label privé", c'est à dire sans passer par Fannie Mae ou Freddie Mac. L'autre moitié, environ 1400 milliards de dollars, a été revendue à des investisseurs. Sur les 1400 milliards conservés dans leurs bilans, les banques ont environ 400 milliards de prêts dits de "seconde hypothèque", plus risqués que les prêts dits de "première hypothèque", puisque ce sont des prêts que des emprunteurs ont contractés par dessus un premier prêt pour profiter de la valorisation artificiellement gonflée de leur maison.
La logique voudrait que les secondes hypothèques soient des créances "junior", c'est à dire que tout encaissement doit d'abord servir les fonds détenteurs de premières hypothèquues, puis seulement les secondes s'il reste de l'argent. Or, les banques détentrices de ces secondes hypothèques et collectrices des remboursements sont fortement soupçonnées d'avoir mis en place des montages permettant de servir mieux que la normale les prêts de seconde hypothèque, qu'elles conservent par devers elles.
Or, je n'ai rien trouvé sur cette question dans les textes préliminaires du site web. Selon l'analyste indépendante Yves Smith, il semblerait, mais cela devrait être étudié finement avec le texte final de l'accord, que le texte oblige les banques à traiter "équitablement" et à "au moins" à parts "égales" (l'expression latine employée est "pari passu"). Or, si le texte précise "au moins pari passu", nombre d'observateurs feront remarqué que dans les faits, les banques traiteront "au mieux" les deux types d'hypothèques pari passu, alors qu'en bonne logique, les secondes hypothèques devraient être traitées avec un rang inférieur.
Il existe donc un risque que l'accord ne force pas les banques à prendre dans la figure les pertes sur leurs secondes hypothèques, lesquelles seront en fait "transférées" en douce sur les RMBS détentrices majoritairement de premières hypothèques.
Ce problème n'est pas mineur. Le 25 janvier, la firme R&R consulting, spécialisée dans l'évaluation des produits structurés (typiquement, les RMBS...) publiait un rapport selon lequel les grands collecteurs de crédits n'avaient pas correctement répercutés 175 milliards de dollars de pertes (emprunts en retard, etc...) sur les fonds concernés, et auraient encore 300 milliards de pertes latentes dans les tuyaux. Il semble que l'enjeu, pour les banques collectrices, soit de faire porter un maximum de pertes aux tranches "senior", et de préserver les revenus des tranches junior (liens en fin d'article). Si tel est le cas, l'escroquerie aux RMBS atteindrait des sommets.
En tout état de cause, j'attends avec impatience le texte de l'accord définitif pour savoir si ces craintes sont fondées. Mais les doutes sont réels.
Conséquences pratiques
Si les termes de l'accord sont aussi contournables par les banques, cela constituerait indéniablement une défaite pour l'état de droit et une victoire pour les banques.
La question est de savoir si cet accord ouvrirait la voie à d'autres "transactions" aussi favorables aux banques, notamment par rapport à la plainte du procureur Schneiderman contre le MERS et les banques actionnaires (dont les big 5) dans l'état de New York pour fraude sur la législation des titres, ou celle intentée par la tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac contre 17 banques, toujours sur le volet "titres" du foreclosure gate.
Si tel devait être le cas, il est clair que même pour Bank of America, pourtant en très petite forme, comme je l'ai souvent dit ici, le spectre de la faillite s'éloignerait : Si tout est fait pour trouver le moyen d'exonérer les banques de leurs fautes sans perdre la face, alors aucune ne tombera. Mais la justice américaine n'est pas monolithique : des magistrats indépendants pourraient avoir la main bien plus lourde que 50 procureurs politisés en année électorale...
Evidemment, si les banques incriminées peuvent s'en tirer après avoir autant piétiné l'état de droit, quel degré de confiance les partenaires commerciaux de ces banques pourront ils leur accorder à l'avenir, ça, c'est une autre histoire...
-----
Lire également : articles de base pour comprendre le Foreclosure Gate :
Mon livre : "Foreclosure gate, les gangs de Wall Street contre l'état US"
Foreclosure gate (IV) : synthèse - Pour y voir plus clair dans un gigantesque scandale financier (20 000 vues sur Objectif eco)
Foreclosure gate (V) : Quoi qu’en disent les banques impliquées, c’est une affaire très grave
Foreclosure Gate (VI) : vers des pertes astronomiques pour les banques US - Le prix de l’escroquerie ?
Foreclosure gate (VIII) : l'enfant du dirigisme social de l'état US
Foreclosure gate (IX) : Toujours plus fort - au dessus de l'escroquerie, l'escroquerie gigogne !
Le problème des secondes hypothèques
Tous mes articles sur le Foreclosure gate
Lire également :
Site de l'accord
Discours de Barack Obama sur l'accord
Commentaires sur l'accord
Analyse très critique de Yves Smith : "12 reasons you should hate the mortgage settlement"
Bonne ITW video d'Yves Smith, anglais avec sous titres anglais
Adam Levitin (prof. de droit de finance pour l'université George Mason) : Banques 1, peuple 0.
Rapport R&R sur les pertes non imputées des RMBS
Ritholtz : lien vers de nombreuses critiques de l'accord
Inquiétudes des investisseurs de RMBS sur l'accord (WSJ)
Avis positif sur l'accord :
Felix Salmon, peu suspect de sympathies pro-wall street
-----
Vous souhaitez lire d'autres articles de "Vincent BENARD"
Vous souhaitez être averti par email quand Vincent BENARD publie un nouvel article
Le 13 février 2012 par : Dadounet
Ce qui m’abasourdit, moi, pauvre franchouillard de base, à la lecture de cette explication aussi bonne que possible de toute cette pourriture, c’est qu’il y ait encore des libertariens pour donner les US en exemple de la libre entreprise !
Tiens, une citation de quelqu’un qui semble penser comme vous : "La lutte contre la finance internationale est devenue le point le plus important de la lutte de la nation pour son indépendance et sa liberté économique."
Le 13 février 2012 par : Vincent BENARD
@dadounet :
Quelques décennies de socialisme rampant ont transformé le modèle de la libre entreprise en "modèle" d’entreprise "librement créée" dans un environnement vérolé pour favoriser certains.
Et, non, personnellement, je ne pense pas comme le monsieur, car je ne souhaite pas "lutter contre la finance" et "contre le prêt à intérêt" (la citation est tronquée) mais simplement les forcer à opérer selon les règles de l’état de droit originel, celui des pères fondateurs de la nation US, entre autres.
Si vous assimilez cet état d’esprit à celui de la personne que vous citez, alors, désolé, vous avez tout faux. Identifier le problème ne signifie pas être d’accord sur les solutions...
Le 13 février 2012 par : fbastiat
J’ai sans doute loupé un épisode, mais je crois me rappeler que la FED a dans son bilan un énorme paquet de créances sub primes. A-t-elle racheté ces créances aux banques ou seulement à Freddy et Fanny ? Si elle les a rachetées aux banques sont-elles vraiment débarrassées du risque ou s’agit-il de "pensions" avec donc l’obligation pour les banques de reprendre le risque à l’échéance ? Bref ce serait intéressant de savoir, dans un prochain article quelle est la part de ce désastre qui a été monétisée par le brave Bernanke.
Le 14 février 2012 par : Dadounet
> je ne souhaite pas "lutter contre la finance" et "contre le prêt à intérêt" (la citation est tronquée) mais simplement les forcer à opérer selon les règles de l’état de droit originel, celui des pères fondateurs de la nation US, entre autres.
Certes, mais comment, puisqu’ils dirigent tous les merdias ? Ron Paul le pourrait peut-être, mais il ne sera pas élu.
> Identifier le problème ne signifie pas être d’accord sur les solutions... Je n’ai pas dit cela. Toutefois, j’aimerais avoir une analyse libérale des excellents résultats obtenus entre 1933 et 1940, en particulier par le Docteur Schacht, qui ne soit pas qu’un tissu de points Godwin destinés à se dédouaner - car, enfin, le redressement de cette Allemagne est sans précédent.
Et surtout, j’aimerais, puisque vous êtes dans un parti politique, que vous expliquiez de manière crédible comment passer de la situation actuelle (faillite, monnaie unique idiote qui aboutira dans la volonté de ceux qui nous l’ont imposé à un échelon gouvernemental parasitaire de plus, ignorance générale - voulue - de l’économie, un futur président qui flatte la partie la plus bornée de son électorat, les professeurs, qui ont eux-mêmes beaucoup d’influence sur les futurs crétins, un chômage galopant, un travail qui rapporte à peine plus que le RSA, une immigration qui nous amène à la guerre civile puis à la charia...) à une situation enfin normale, saine, propre, démocratique, libérale enfin. Parce que l’épargne retraite personnelle et le chèque scolaire (vieille proposition du Front National), c’est bien, mais sur le long terme ; alors témoigner pour pouvoir dire dans 30 ans on avait raison, ce n’est que de la lâcheté.
Le 14 février 2012 par : Patrick
Les Grecs se serrent la ceinture depuis plusieurs mois, pas leur représentants.
Un symbole. Les députés grecs sont encore parmi les mieux payés de l’Union européenne. Bien qu’ils aient adopté dimanche 12 février un programme actant notamment l’abaissement de 22% du salaire minimum – de 32% pour les moins de 25 ans-, des coupes dans les retraites et le licenciement de 15.000 fonctionnaires, ils ont refusé toute baisse de salaire jusqu’à maintenant, explique sur son blog Jean Quatremer, spécialiste de l’Europe.
Un député grec touche chaque mois 8.500 euros nets, auxquels s’ajoutent 8.900 euros d’indemnités pour ses frais, ses participations aux commissions parlementaires, son logement et son bureau.
Et ce n’est pas tout. En décembre, 121 députés ont réclamé 250.000 euros chacun. La raison ? En Grèce, la Constitution stipule que le salaire des députés ne peut être inférieur à celui des présidents des cours suprêmes . Or, ces derniers ont obtenu que leur salaire soit aligné sur celui du président de la commission nationale des postes et communication, qui bénéficiait d’un traitement de faveur, selon Jean Quatremer. Et ailleurs ? Pour comparaison les députés allemands touchent 7.668 euros imposables, révèle le site Myeurop.info. En Italie, l’indemnité a été réduite de 10% en 2006, gelée pendant six ans, et diminué à nouveau de 10% en septembre 2011 (pour les salaires de plus de 90.000 euros par an et de 20% pour ceux qui déclarent 150.000 euros brut par an). Les députés Italiens touchent un peu plus de 12.000 euros par mois. En France, les députés touchent « 5.247 euros nets de salaire, 6.412 euros pour frais divers, 9138 euros pour payer des assistants, transport et téléphone gratuit », rappelle Jean Quatremer. Et ils ont refusé une baisse de 10% de leur salaire en novembre dernier. Source : Le Monde
Le 2 avril 2012 par : Dadounet
Un extrait instructif de : la Parabole d’Esther, anatomie du peuple élu www.editionsdemilune.com http://www.editionsdemilune.com/la-...
Contrairement à la Grande-Bretagne vieillotte, où Tony Blair avait recruté Lord Levy pour encourager ses « Amis d’Israël » à verser leur obole à un parti (travailliste) qui s’apprêtait à lancer une guerre criminelle, en Amérique, Alan Greenspan offrit à son Président un étonnant boom économique. Il semble que les conditions prospères, à l’intérieur, ont eu pour effet de détourner l’attention des citoyens américains de la guerre américaine désastreuse en Irak. Greenspan n’est pas un économiste amateur, il savait parfaitement ce qu’il faisait. Il savait parfaitement que tant que les Américains connaîtraient la prospérité, achetant et vendant des logements, leur Président pourrait continuer à mettre en oeuvre la « doctrine Wolfowitz » et la philosophie du PNAC, détruisant les « mauvais Arabes » au nom de la « démocratie », de l’« éthique », et même des « droits des femmes ».
Greenspan exhortait les Américains à acheter – il ne cessait de répéter le vieux mantra : « Dépenser [son argent] est patriotique ». Il réussit, par ailleurs, à les convaincre que s’ils ne possédaient pas ce fameux argent, cela ne devait en rien les arrêter ; ils paieraient « plus tard ». Dans une certaine mesure, il avait raison, puisque nous avons tous à « payer plus tard »… Nous risquons même fort de ne jamais arrêter de payer. Sans trop nous engager dans les développements économiques, disons que ce fut Greenspan qui, par une dérégulation excessive, prépara le terrain monétaire à l’ascension des compagnies de crédit immobilier, un marché financier spécialisé dans les prêts hypothécaires et les emprunts à haut risque. « L’innovation », avait dit Greenspan en avril 2005, « a amené une multitude de nouveaux produits financiers, tels que les prêts subprime et les programmes de crédits aidés pour les immigrés. » Il est presque touchant de voir que Greenspan avait un tel souci des immigrés… « De tels développements », avait-il poursuivi, « représentent les réponses du marché qui ont guidé les services de l’industrie financière tout au long de l’histoire de notre pays… Avec de telles avancées technologiques, les prêteurs ont tiré profit de modèles d’évaluation du crédit et d’autres techniques afin d’offrir celui-ci à un éventail plus large de consommateurs. »
Greenspan reconnaît qu’il entraîne le système bancaire américain dans une expérimentation « innovatrice » : « Alors que jadis, l’on aurait tout simplement refusé un crédit à des impétrants insolvables, les prêteurs sont aujourd’hui en mesure d’évaluer d’une manière très fiable le risque représenté par les emprunteurs individuels et d’assurer la garantie de ce risque de manière « appropriée. » Il semble que l’économie occidentale dans son ensemble soit en train de payer le prix de la notion non scientifique qu’avait Greenspan de ce qui est (ou non) « approprié ». Ces progrès ont conduit à une croissance rapide des prêts immobiliers subprime ; de fait, aujourd’hui, ces prêts représentent en gros 10 % de tous les prêts immobiliers en cours, au lieu de 1 ou 2 % au début des années 1990. Comme Wolfowitz, Greenspan avait un plan. Comme la guerre de Wolfowitz, ce plan a fonctionné pendant un temps, mais, d’une façon ou d’une autre, il n’a pas fonctionné jusqu’au bout. De même que nous nous souvenons tous de cette déclaration embarrassante du Président Bush au sujet de la « victoire » américaine en Irak (« Mission accomplie ! »), nous savons qu’il n’a pas fallu longtemps au peuple américain pour savoir que l’Amérique ne gagnerait jamais cette guerre. De la même manière, Greenspan a eu quelques résultats dont il pouvait être fier, au début. Les prêts subprime dont il faisait la publicité ont apporté une contribution majeure à la croissance de la propriété immobilière et de la demande de logements. Le taux global de propriété aux États-Unis s’éleva, de 64 % en 1994, jusqu’au record de tous les temps de 69,2 %. L’immobilier était devenu un secteur de pointe en Amérique, des spéculateurs de plus en plus nombreux y investissaient. Durant l’année 2006, 22 % des appartements achetés (soit 1,65 millions d’unités) l’ont été à des fins d’investissement, 14 % ayant été acquis en tant que résidences secondaires (soit 1,07 million d’unités). Ces résultats avaient amené les Américains à penser que leur économie était effectivement en plein boom. Et quand une économie est prospère, personne ne s’intéresse réellement à la politique étrangère, et certainement pas à un million de victimes irakiennes. Mais c’est alors que la triste réalité se rappela aux nombreux Américains de la classe laborieuse, et aux immigrants, qui n’arrivaient pas à rembourser des sommes d’argent dont ils ne possédaient pas le premier dollar. En raison de l’augmentation du prix du pétrole et de celle des taux d’intérêt, des millions d’Américains défavorisés ont été laissés sur le bord de la route. Tandis qu’ils rejoignaient en voiture la maison de leurs rêves dans les grandes banlieues urbaines, il ne restait plus assez d’argent, sur leur compte, pour payer les primes de leur prêt immobilier ou leurs besoins vitaux. En conséquence de quoi, en très peu de temps, ils furent expropriés par millions. Manifestement, dans les parages, personne n’était en mesure d’acheter les maisons saisies. Résultat : les pauvres d’Amérique devinrent plus pauvres qu’ils ne l’avaient jamais été. De même que Wolfowitz avait renversé Saddam, qui avait entraîné l’Empire américain dans la tombe avec lui, les Américains pauvres, dont on avait obtenu qu’ils facilitent la guerre de Wolfowitz, entraînèrent dans leur chute le capitalisme américain, ainsi que le système monétaire et bancaire de l’Amérique. La politique de Greenspan provoqua la ruine de toute une classe de la société, laissant dans le système financier américain un trou aujourd’hui évalué à mille milliards de dollars.
