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Vincent Bénard - Energies Renouvelables : faute d’argent du contribuable, écroulement à l’horizon !

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(article du 16 août 2011)

Eolienne-en-feuSale temps pour l'industrie américaine des énergies renouvelables. Tant le secteur de l'éolien que celui du solaire subit de plein fouet la baisse, voire la fin des subventions fédérales. Et la nécessité impérieuse de réduire l'emballement de la dette publique ne va rien arranger.

Eolien US : le vent du boulet

C'est d'abord le Huffington post, organe peu suspect de sympathies droitières, qui nous apprend que le secteur éolien US est en grand désarroi. Ce secteur n'a dû sa survie qu'à 4,9 milliards de dollars de subventions en 2010, subventions amenées à s'arrêter au plus tard fin 2011. Et, faute d'avoir atteint un niveau de développement lui permettant de proposer des produits rentables sans subventions (on en est très loin), les clients se détournent de ce mode de production d'électricité capricieux et totalement inefficient. En outre, il y a plus de 170 associations anti-éoliennes qui se sont montées aux USA, et qui se montrent très combatives contre tout nouveau projet d'implantation, ce qui en augmente les risques et les coûts.

Solaire US : ça chauffe

La presse se fait également l'écho de la mise en faillite de l'ex entreprise vedette du secteur solaire, Evergreen Solar (ESLR). ELSR semble espérer qu'un repreneur chinois se présente, mais dans tous les cas, l'actif est tellement déprécié que les actionnaires actuels ne seront même pas dilués, mais simplement "wiped out". D'une façon général, le lobby du photovoltaïque craint des temps difficiles pour fin 2011 et 2012... 

(Mise à jour, mercredi 17 : Evergreen Solar avait touché $58 millions de subventions de l'état du Massachussets... Cela n'a pas suffi - source WSJ payant, reprise)

Et dans le monde... Pas mieux !

Bon, il n'y a pas qu'aux USA que les renouvelables souffrent. En Australie, le principal producteur d'énergie "verte" (enfin, verte... Il faut le dire vite) de Nouvelle Galles du sud, Rewind Energy, est en redressement, juste après trois autres firmes dénommées DCM Green, First Growth Funds and Intelligent Solar. Et les observateurs du secteurs s'attendent à de nouvelles difficultés, d'autant plus que les projets de Taxe Carbone portés par la première ministre (socialiste) Julia Gillard sont en train de provoquer la naissance d'un mouvement de protestation d'une ampleur inconnue jusque là sur l'ile-continent Down Under. Si cette taxe n'aboutit pas, le secteur sera cliniquement mort.

Même motif, même punition en Espagne, Allemagne, etc...

Pourquoi une telle débâcle ? Parce que nos dirigeants, tout à leur idée de croire qu'ils savent mieux que nous ce qui est bon pour nous, ont oublié que les forces qui meuvent l'économie sont aussi intangibles que les principes de la thermodynamique ou les lois de la gravité.

Petite leçon de bon sens économique aux cuistres étatiques qui prétendent nous gouverner


Voilà l'occasion de rappeler à tous ceux qui ne jurent que par le développement durable, comme si l'humanité les avait attendus pour se développer durablement, cette leçon de première page de tout manuel économique de bon sens :
 


Le profit n'est pas une condition suffisante de la durabilité, mais il en est une condition absolument nécessaire.

Les subventions à des activités intrinsèquement non rentables non seulement favorisent les offres les plus médiocres au détriment des meilleures, mais détournent des montants importants de capital privé d'investissements autrement plus prometteurs. Enfin, en cas d'incapacité pour l'état de maintenir son schéma de soutien aux canards boiteux au frais du contribuable, des milliers de salariés se retrouvent sur le carreau, après avoir dépensé un temps considérable à acquérir un certain nombre de savoirs-faire dont les débouchés se réduisent comme peau de chagrin. Superbe résultat !

C'est la faute au réchauffement climatique...

Au nom de la "lutte contre le réchauffement climatique", menace très hypothétique dont une science totalement pervertie par la mauvaise politique nous affirme qu'elle pourrait mettre en danger nos descendants dans 100 à 150 ans - comme si 150 ans de progrès technologique ne donneront pas à nos petits enfants les moyens de s'adapter ! - les états, sous la pression de lobbys financiers aux très gros moyens tels que l'INCR (Investor Network on Climate Risk), ont créé les conditions d'un nouveau désastre industriel et financier qui mettra en danger nos économies, et donc des milliers de familles durement frappées au portefeuille.

Voici ce que j'écrivais il y a 3 ans, anticipant déjà le désastre à venir - "Quand la bulle verte éclatera" :
 

L'état interventionniste, destructeur net de valeur

En dirigeant des flots importants d'épargne vers des secteurs structurellement non rentables, et de fait peu incités à le devenir, l'état favorise la formation de capital dans des secteurs qui ne le mériteraient pas sans son intervention. L'état crée l'illusion d'une création de richesse à court terme, mais favorise en fait une création de "non-valeur", par l'utilisation de ressources que l'économie réelle, dirigée par les souhaits individuels de milliers de consommateurs et d'épargnants, aurait bien mieux allouées. Et il favorise la formation de bulles d'actifs dont l'éclatement donne toujours lieu à des phases d'adaptation douloureuses tant pour les épargnants, que pour les personnes qui ont le malheur de s'être trouvé employées par la mauvaise entreprise, au mauvais moment.

Les bulles d'actifs finissent toujours par éclater, telle est l'une des nombreuses bonnes leçons dispensées par les maîtres de l'économie autrichienne, Mises et Hayek, que la crise actuelle nous rappelle douloureusement. Lorsque les investisseurs se rendent compte qu'ils ont mal alloué leurs ressources, vers des secteurs dont la création de valeur se révèle inférieure aux attentes, alors ils tendent à sortir en masse des secteurs considérés. Le marché, même distordu, contrarié, manipulé, finit toujours par sanctionner les investissements qui ne créent pas la valeur attendue.

La compétition entre lobbies pour accaparer les largesses des états est féroce, et les sommes en jeu sont telles que tous les coups semblent permis à certains, y compris entretenir un... climat de peur irrationnelle, afin de forcer la main des décideurs. Pour empêcher ce type de comportement de prédateur, il est urgent que les états reviennent à des règles beaucoup plus strictes, constitutionnellement bien protégées, en matière de dépense publique : toute mesure prenant aux uns pour arroser d'autres intérêts particuliers devrait être tout simplement interdite, les dépenses redistributives devant se borner à des aides d'urgence envers des personnes en situation difficiles. En tout état de cause, toute aide, toute niche fiscale, toute subvention, qui vise à modifier les comportements qui naîtraient de la confrontation des offres et des demandes sur des marchés libres doit être bannie.

 

Réchauffement climatique, que de drames économiques et humains auront été provoqués en ton nom...

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Lire également :
 

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Commentaires

Le 17 août 2011 par : zoulou

C’est les chinois qui vont se régaler, le profit bien bien sur, mais ne pas dépendre d’une puissance étrangère pour son énergie. Les pseudo communistes ont une vision plus longue que les capitaliste étranger. (je rappel que seulement 2% de la population chinoise est inscrite au partis communiste chinois, les 98% autres sont capitaliste).

Chez nous on a pas de pétrole, donc on fait des centrales nucléaire, zut on a pas d’uranium aussi, oblige d’envoyer des français dans des pays dangereux pour extraire l’uranium et se faire enlevé par la même occasion.


Le 17 août 2011 par : Vincent BENARD

@ Zoulou : en l’état actuel des technologies renouvelables, tant le solaire que l’éolien dépendent de minerais dits "rares" dont la production se fait essentiellement... En Chine, justement.

Donc parler d’indépendance énergétique du fait des renouvelables est une faute de jugement, certes complaisamment colportée par un certain nombre de médias.


Le 17 août 2011 par : zoulou

Napoléon a dit "impossible n’est pas français"

C’est faux : impossible n’est pas chinois.

Ce qui est pas possible ailleurs est possible en Chine.

Les panneaux solaires ou éoliennes se posent en chine sans le consentement de la population, le choix est simple : tu as de l’électricité ou t’a rien.

La pollution commence a être comprise par la population, rien que la semaine dernière, 12 000 personne se sont réunis dans une ville pour demander l’expulsion d’une usine qui polluait au centre ville.

Soit l’usine déménage soit des émeutes vont débuter.


Le 17 août 2011 par : fred76

Il est vrai que comme consommateur, la première chose que je demande, c’est : EST-CE RENTABLE ? est-ce que àminima, c’est amortissable, et sur combien de temps exemples multiples :
- le bac de récupération d’eau pour un jardin, vu le coût de quelques mètres cubes d’eau est-ce valable d’acheter un bac en jardinerie qui me coûtera entre 30 et 300 euros, ou même un bac enterré, de 10000 litres pour qu’il soit utilisable pour la machine à laver, les toilettes et l’arrosage ( 6000€ environ)
- La voiture électrique qui coûte au bas mot 30000 € pour faire 15000 kms par an avec changement des batteries au bout de 7 ans.
- Les panneaux photovoltaiques qui perdent 10 % de puissance chaque année LA MEILLEURE ENERGIE EST CELLE QUE L ON NE CONSOMME PAS, je dirais même qu’on ne dépense pas !


Le 17 août 2011 par : brucibru2

Vincent, je t’aime.

Mais comme à mon habitude je vais donner de la critique pas trop hargneuse pour cette fois.

"Il n’y a pas de développement durable sans développement profitable".

"Durable", voila la faiblesse dans la citation, qui l’affiche directement, le facteur temps.

Va savoir, peut-être les énergies vertes seront rentables un jour, qui peut le dire. Dans l’absolu, difficile de juger de la pertinence de l’idée d’un entrepreneur qui met ses "couilles sur la table" avec celle des amibes moites et visqueuses du populisme. Si ce n’est ce qui vient d’être dit, il y en a un des deux qui a ses "couilles sur la table".

L’égoisme sauvera le monde.


Le 18 août 2011 par : Helios

@fred76 Il est évident que le bac de récupération d’eau pour le jardin est rentable (avec le prix de l’eau à pas loin de 5€ le m3 chez moi).

Le vrai développement d’énergies alternatives viendra du peak-oil. Je sais qu’on cherche et qu’on trouve encore des gisements de pétrole et de gaz, mais à des coûts de plus en plus élevé.

Quand au nucléaire il est vrai aussi que l’uranium est de plus en plus difficile à trouver, donc de plus en plus cher. La solution serait le surgénérateur qu’on a abandonné il y a quelques années. Mais après Fukushima il y a peu de chances pour qu’on se lance dans des technologies a priori encore plus dangereuses.

Il reste un énorme gisement : les économies d’énergie.


Le 19 août 2011 par : anonymous56

@Vincent

Pas mal ton article comme toujours. Je considère aussi comme toi que l’éolien et le solaire ne sont pas crédibles. Pour moi, il font office de gadgets pour satisfaire les écologistes et tenter une ouverture en vue des energies alternatives pour satisfaire des protocoles de reduction de co2. Le "grand jeu", et le pouvoir économique qui va avec, se joue sur de l’énergie peu chère. Dans l’ordre historique : Moulin à vent pour les Pays-bas, puis charbon pour le Royaume-Uni, pétrole pour les USA, prochaine étape : pays ou région X pour la fusion nucléaire. J’aurais tendance à parier 1 Euro sur le stellarator de Greifswald en Allemagne. http://fr.wikipedia.org/wiki/Wendel...

Je sens que cet article sur le nucléaire en allemagne va te "plaire".

Les E-On, RWE, Groupes de l’énergie allemande en grandes difficultés financières et stratégiques

http://www.leblogenergie.com/2011/0...

Ou comment la décision de Merkel d’arreter le nucléaire va faire licencier 9 à 11 000 personnes en Allemagne...


L'auteur
Vincent BENARD

Analyste à l’institut TURGOT, Conseiller national du Parti Libéral Démocrate, www.lepartiliberal.fr -

Spécialiste du logement, du libéralisme, des retraites et de l’économie en crise ; Auteur de "Foreclosure Gate, les Gangs de Wall Street contre l’état US", éditions Edouard Valys - http://bit.ly/foreclosure-gate

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