ARTICLE

Vincent Benard : Des hautes personnalités dénoncent la guerre contre la drogue

(21) votes | note : 4.25
Votez pour cet article
1 carré orange : note minimale
5 carrés orange : note maximale
(article du 10 juin 2011)

Je signale au lecteur pas trop pressé la sortie récente d'un rapport d'une organisation internationale basée au Brésil (The Global Commission on Drug Policies) et signé d'une liste assez impressionnante du monde politique et économique international (Paul Volcker, et les anciens présidents du Mexique, de la Colombie et du Brésil, entre autres) condamnant sans appel l'échec abyssal de la guerre contre la drogue. Extrait (passages en gras d'Ob'Lib') :

The implementation of the war on drugs has generated widespread negative consequences for societies in producer, transit and consumer countries. These negative consequences were well summarized by the former Executive Director of the United Nations Office on Drugs and Crime, Antonio Maria Costa, as falling into five broad categories :

1. The growth of a ‘huge criminal black market’, financed by the risk-escalated profits of supplying international demand for illicit drugs.
 
2. Extensive policy displacement, the result of using scarce resources to fund a vast law enforcement effort intended to address this criminal market.
 
3. Geographical displacement, often known as ‘the balloon effect’, whereby drug production shifts location to avoid the attentions of law enforcement.
 
4. Substance displacement, or the movement of consumers to new substances when their previous drug of choice becomes difficult to obtain, for instance through law enforcement pressure.
 
5. The perception and treatment of drug users, who are stigmatized, marginalized and excluded.
 

Et encore :

Drug policies must be based on human rights and public health principles. We should (...) treat people dependent on drugs as patients, not criminals.

Certain fundamental principles underpin all aspects of national and international policy. These are enshrined in the Universal Declaration of Human Rights and many international treaties that have followed. Of particular relevance to drug policy are the rights to life, to health, to due process and a fair trial, to be free from torture or cruel, inhuman or degrading treatment, from slavery, and from discrimination. These rights are inalienable, and commitment to them takes precedence over other international agreements, including the drug control conventions. As the UN High Commissioner for Human Rights, Navanethem Pillay, has stated, “Individuals who use drugs do not forfeit their human rights. Too often, drug users suffer discrimination, are forced to accept treatment, marginalized and often harmed by approaches which over-emphasize criminalization and punishment while under-emphasizing harm reduction and respect for human rights".

 

Leurs propositions sont encore un peu tièdes à mon goût, elles abordent surtout la dépénalisation des consommateurs, pas suffisamment la question de la production et de la distribution, mais au moins, ces personnalités font oeuvre utile en démontrant, exemples à l'appui, que les politiques non répressives obtiennent de bien meilleurs résultats et créent bien moins de dommages collatéraux.

---------

Lire :

Le rapport (PDF, 16 pages) cosigné par, entre autres : Paul Volcker, George Schultz, Ernesto Zedillo, Fernando Enrique Cardoso, Cesar Gaviria, Richard Branson, Mario Vargas Llosa...

Articles précédents sur le même sujet - De votre serviteur :

Il faut arrêter d'urgence la guerre contre la drogue (Objectif Eco)

Afghanistan, pourquoi la guerre risque d'être perdue (Ob'Lib')

Drogue : le coût de la guerre ( publié par le nouvel économiste)

Drogue : sortir des impasses de la prohibition (interview, les dossiers du net)

 

Autres auteurs en Français :

Cannabis.free.fr, une mine de textes pro légalisation

Dossier "légalisation" du JDN - textes pro et anti légalisation.

 

Autres auteurs en Anglais  :

Dossier du Cato Insitute

A Drug War Carol, une BD pédagogique et parodique de Charles Dickens, désormais disponible aussi en français.

Autres articles par la Global Commission on Drug Policies

Plusieurs PDF de très bon niveau ici

Et notamment le texte de Moses Naim intitulé "The Drug Trade, the politicization of criminals and the criminalization of politicians" (malgré un passage inapproprié sur... le changement climatique !)

Et à voir et revoir, évidemment...

Traffic, Le chef d'oeuvre de Steven Soderbergh, avec Michael Douglas (IMDB), qui résume toutes les questions dérangeantes posées sur la politique de "guerre à la drogue".

----------

Retrouvez mon nouveau livre "Foreclosure Gate, les gangs de Wall Street contre l'Etat US"

----------



Vous souhaitez lire d'autres articles de "Vincent BENARD"


Vous souhaitez être averti par email quand Vincent BENARD publie un nouvel article

Vous souhaitez vous abonner à la Synthèse ObjectifEco chaque semaine

Votre email Saisissez votre email et validez par OK.Format non valide.


Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

[Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]


Commentaires

Le 10 juin 2011 par : london511

Si les drogues venaient à êtres autorisées, il faudrait faire prendre en charge les soins médicaux aux consommateurs et non au reste de la société.


Le 10 juin 2011 par : Sinclair

La prohibition de l’alcool a été un échec retentissant dans les années 20. La prohibition des autres substances a suivi le même chemin.

J’en suis arrivé à la conclusion que l’immense enrichissement des mafias grâce au trafic est une menace pour la démocratie.

@london511 : il y a déjà deux des drogues les plus dures qui sont légales, l’alcool et le tabac. Qu’envisagez-vous ?


Le 10 juin 2011 par : Sinclair

Le problème dans notre pays, c’est qu’on a "éduqué" les gens en leur disant "La drogue, c’est de la merde !"

1) au lieu d’exposer la réalité 2) en mettant toutes les substances dans le même sac 3) en oubliant que l’alcool est une des pires 4) en nous infantilisant et culpabilisant

L’opinion publique est telle que rien ne pourra bouger avant des éons. Triste...


Le 10 juin 2011 par : london511

A titre personnel je ne veux pas payer les soins médicaux souvent lourds pour des maladies qui pourraient êtres évitées, si les drogues se diffusent massivement ceci aura un cout énorme pour la collectivité.


Le 10 juin 2011 par : Vincent BENARD

@ London 511 : Sur le fond, personne n’a envie de payer pour l’inconséquence des autres. On veut bien se cotiser pour la malchance mais pas pour ceux qui se mettent volontairement dans la M... Je comprends donc parfaitement votre interrogation.

Ceci dit, aujourd’hui, vous payez déjà. Un toxico qui va chez le docteur bénéficie de la CMU comme n’importe qui. La cirrhose de votre voisin alcoolique, vous la payez également. Le Cancer du type qui s’est fait ses deux paquets/jour, aussi. Mais au moins ceux qui ont pêché légalement ont payé des taxes... même si ces taxes ne vont pas à l’assurance maladie.

Bref, le problème est ici le système de santé qui ne fait pas de différence entre malchance et irresponsabilité.

Le rapport cité montre que dans les pays ou la légalisation est effective, la consommation n’augmente pas. D’autre part, la légalisation de la production permet de normaliser les dosages et les produits de coupage. Enfin, un prix contenu signifie quasiment zéro délinquence. Donc le prix pour la collectivité serait BIEN PLUS FAIBLE en cas de légalisation. Et en plus, on pourrait prélever la TVA...


Le 10 juin 2011 par : Sinclair

Moi non plus je n’ai pas envie de payer parce que les autres se défoncent. Et je n’ai pas envie de payer les maladies des gens qui bouffent mal, les handicaps des victimes des chauffards, etc.

Seulement il y a d’autres considérations. Et pour la prohibition, le remède appliqué depuis des décennies est pire que le mal qu’il est censé soigné.

A noter que si les fumeurs/alcooliques coûtent plus chers à l’assurance maladie, ils coûtent moins chers aux caisses de retraite...


Le 11 juin 2011 par : london511

Ceci serait une solution , mais la TVA devrait parfaitement couvrir les coûts des soins médicaux.


Le 11 juin 2011 par : enzov12

Ah bon, comme on n’arrive pas à lutter contre la drogue, légalisons la ! Dans le même genre : comme on ne peut pas empêcher le meurtre, légalisons le ! Voilà ce que ce genre de raisonnement simpliste suppose. La loi est la loi. Bien evidemment, son application n’est pas parfaite. Ce n’est pas une raison pour légaliser tout et n’importe quoi...

Certains considèrent qu’il est hypocrite de s’attaquer à la drogue car on en tolère chez nous parmi les plus dangereuses : tabac et... alcool ! L’alcool que certains médecins ont même classé parmi les drogues les plus dures ! Mais c’est vrai, nous nous déplaçons tout le temps avec notre fiole de whisky à la main... Un peu de sérieux s’il vous plait ! Par contre la dépendance vis à vis du tabac n’est plus à démontrer...


Le 13 juin 2011 par : fabgrass

^^ oui mais il ne s agit pas de meurtre la


Le 13 juin 2011 par : Sinclair

"L’alcoolisme a causé environ 1 800 000 morts par an dans le monde vers 2004 (soit autour de 3 % des décès35), dont 45 000 en France (troisième cause de mortalité évitable en France après le Tabac)" source Wikipedia


Le 14 juin 2011 par : enzov12

J’aime bien l’idée : troisième cause de mortalité après le tabac. Savez vous qu’une consommation modérée quotidienne de vin (2 à 3 verres par jour pour un homme) ferait selon certaines études gagner... de 3 à 5 ans d’espérance de vie aux hommes (et bizarement pas aux femmes ?) ?.


Le 15 juin 2011 par : Helios

A Singapour je crois les problèmes liés à la drogue sont quasiment inexistants. Il est vrai que les lois de ce pays appliquées en France produiraient une véritable hécatombe.


Le 15 juin 2011 par : Sinclair

@enzov12 : eh oui, une consommation modérée est rarement problématique, et c’est vrai pour toutes les substances.

C’est l’addiction (2 millions de français sont alcooliques) qui pose de gros problèmes, ainsi que l’excès entraînant la perte de contrôle (violences, accidents de la route, etc.).

En plus la prohibition, c’est très faux-cul. Ce sont les pauvres qui trinquent. L’usage de la cocaïne dans les milieux aisés est répandu depuis longtemps.


L'auteur
Vincent BENARD

Analyste à l’institut TURGOT, Conseiller national du Parti Libéral Démocrate, www.lepartiliberal.fr -

Spécialiste du logement, du libéralisme, des retraites et de l’économie en crise ; Auteur de "Foreclosure Gate, les Gangs de Wall Street contre l’état US", éditions Edouard Valys - http://bit.ly/foreclosure-gate

Boutique ObjectifEco

1070€ AU LIEU DE 3188€ - TOUS LES CONSEILS - TOUTES LES STRATEGIES PDF - TOUS LES AUTEURS

[Cette offre n'est valable que pour 20 clients. Abonnez vous à Loïc Abadie pour votre PEA, Charles Dereeper si vous souhaitez jouer sur le CAC 40 avec succès, Claude Mathy sur les Trackers. Lisez David Renan sur les petites valeurs ou Sacha Pouget pour le secteur explosif de la santé. Découvrez les stratégies de Samuel Rondot, celles de Cédric Froment ou de Eric David sur le Forex. A un prix CANON : -66% !

Il reste actuellement 3 places disponibles ! ->http://www.objectifeco.com/offre-co...]