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Loïc Abadie : Publireportage n°2, offres d’emploi du ministère de la Justice.

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(article du 13 juin 2011)

Dossier réalisé avec le soutien actif de :

  

Vous n’avez pas de travail ?
Pas de diplômes suffisants ou d’expérience professionnelle ?

Vous n’avez pas de logement ou des difficultés à vous loger en raison des prix trop élevés de l'immobilier ?
Le circuit traditionnel ne vous convient pas ?

Le ministère de la Justice vous propose :

  • Un travail à temps plein rémunéré au SMIC.
  • Un logement quasi-gratuit (un loyer symbolique de 100 euros par mois vous sera demandé) en chalet individuel, au sein d’un ensemble moderne, à proximité de la capitale.
  • Un haut niveau de prestations : restauration de qualité, laverie / blanchisserie, commerces intégrés, salles de divertissement avec un large choix de programmes télévisés, activités régulières et ludiques organisées par les animateurs du complexe résidentiel, formation professionnelle vous permettant une carrière évolutive.

Le contribuable français sera heureux de participer à votre épanouissement personnel et à votre bien-être, et de libérer les emplois associés, en réglant pour vous la modique somme de 98 000 euros par an et par personne (ce sont des estimations préliminaires du coût de fonctionnement de ce complexe hôtelier original, qui pourraient être revues à la hausse une fois le projet réalisé).

Pour que votre candidature soit acceptée, vous aurez simplement à accomplir une action qui vous rende éligible au programme, par exemple (liste non exhaustive, l’esprit d’initiative sera très apprécié) :

  •  Vol de voiture.
  • Cambriolage.
  • Braquage.
  • Escroquerie, détournement de fonds, corruption
  • Attaque de véhicule de police, de pompier ou des services médicaux.
  • Trafic de drogue suffisamment développé, de préférence avec actes de violence.
  •  Toute autre activité susceptible de donner lieu à une peine de prison ferme.


Un dernier conseil aux candidats :

Le jour de votre procès entretien d'embauche, vous veillerez à montrer votre motivation par un comportement exemplaire : injures au tribunal, menaces à l’encontre des forces de l’ordre et des magistrats.
Un comportement trop effacé pourrait en effet compromettre l’acceptation de votre dossier, en incitant le tribunal à vous octroyer une simple peine avec sursis au lieu d’une peine de prison ferme.

Postes à pourvoir dès 2012, pour une durée indéterminée (sauf accident électoral imprévu, offre valable jusqu’à ce que l’état français se trouve en cessation de paiement).

Vous trouverez les informations nécessaires ici.

Bonne chance les enfants, et à bientôt.



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Commentaires

Le 13 juin 2011 par : Yves

Dans les sponsors de ce fabuleux projet, je vois Lagardère, un proche de l’Elysée !

J’envoie mon CV dès demain, vive la France !!! Plus besoin de passer 2-3h dans les transports chaque jour, plus de salaire bloqué. En plus des conditions de travail et de vie, je vais pouvoir me faire un bon carnet de visite car cette résidence sera bien entendue visité régulièrement par Matignon, l’Elysée etc. En fait, un Rickers Island 5 étoiles pour les politiques français condamnés (tous partis confondus car il faut prôner la tolérance, marque française) !! En attendant d’être recruté, je me demande pour qui voter aux élections du printemps 2012. Ne voyant plus de personnes crédibles pour changer le système en place depuis 40 ans, le meilleur vote serait peut-être de repartir à l’étranger.


Le 13 juin 2011 par : Balthazar

Clochard honnête ou délinquant , choisit ton camp camarade !


Le 13 juin 2011 par : brucibru2

 :)


Le 13 juin 2011 par : Magnus Pym

Information précieuse, transmise à un ancien ponte du FMI qui supporte en ce moment un coût prohibitif pour son logement :)


Le 13 juin 2011 par : fabgrass

mm un bémol quand même c’est un investissement à risque sans doute. outre les protestations de principe consistant à fustiger l’incitation faite aux fainéants à venir se faire entretenir, le dispositif mérite quand même qu’on évalue son efficacité. Si elle est réelle, moi je n’ai pas de protestation de principe.

Si ca peut permettre de définir un cadre stable à des personnes qui en aurait besoin, et les remets sur les rails, le bébéfice à plus long terme peut justifier l’investissement.

Pour certains un cadre apaisé serait une première ; qu’ils aient au moins une fois cette chance. Moi je suis né avec une cuillère de miel dans la bouche, je me garde de juger trop systématiquement durement ceux qui ont eu une cuillère de mXrde.

Bon bien sur tout cela ne s’applique pas à Botton, instigateur du projet (c’est bien ca ?) et reconverti sur le tard en chevalier blanc de la cause carcérale :)) Mais bon peu importent les causes, il faudrait voir les résultats.

C’est un vieux débat ; je trouve votre approche un peu tranchée ; tout n’est pas qu’affaire de comptabilité court terme !...


Le 13 juin 2011 par : Loic Abadie

Bonjour Fabgrass, la réinsertion, pourquoi pas, à condition que ça ne nous coûte pas cher (sinon je préfère que les fonds soient destinés à aider des personnes non délinquantes qui en ont besoin).

Parce que dépenser 700 euros / jour / personne (plus de 20 000 euros / mois !)pour réinsérer (dans le meilleur des cas) quelques jeunes racailles, là je dis stop, qu’ils se débrouillent par eux-mêmes pour se réinsérer, ou qu’on les mette hors d’état de nuire de façon durable afin de réduire les coûts pour les personnes honnêtes. Et tant pis pour le politiquement correct !

Pour moi l’ordre de priorité, c’est :

1) Punir les délinquants et faire en sorte que leur peine soit suffisamment pénible et dure pour leur faire passer l’envie de recommencer. 2) Faire en sorte que cette punition ait le coût le plus faible possible pour nous (quitte à faire travailler les détenus et réexpédier directement chez eux les délinquants non français). 3) Réinsérer si il reste des moyens et qu’on n’a pas une meilleure utilisation de l’argent public ailleurs.

Au niveau des couts, il semblerait que les chiffres cités par Mr Botton pour le cout d’une prison classique (120 000 euros / détenu / an) soient complètement faux. Le cout annuel serait entre 30 000 et 40 000 euros (moins de 30000$ aux USA).

Donc son projet de club med à 98 000 euros / mois, disons qu’on a vraiment mieux à faire, pour des personnes plus méritantes, surtout en temps de crise.


Le 13 juin 2011 par : Loic Abadie

Erratum à la fin de mon message : je voulais dire 98 000 euros / an et non par mois !


Le 13 juin 2011 par : L’investisseur (très) particulier

J’avoue que je préfère quand vous vous contentez de parler de Bourse... Réduire le problème de la délinquance à un coût par détenu est une vision trop simpliste. D’autant plus que, présenté de cette manière, cela appelle des réflexions nauséabondes qui sentent l’intolérance.


Le 13 juin 2011 par : london511

A titre personnel , je préfère que mon argent serve à aider des retraités en galère ou des SDF que des délinquants.


Le 13 juin 2011 par : douver

Revisionnez l’émission C dans l’air du 8 juin "la prison est-elle efficace" pour prendre de la hauteur et ne pas tomber dans des simplifications nauséeuses.

http://www.pluzz.fr/c-dans-l-air-20...


Le 13 juin 2011 par : doudi

Une fois n’est pas coutume, il est difficile d’abonder en votre sens sur cet article en particulier lorsque vous abordez un sujet aussi complexe dans des lignes aussi simplistes et sur une tonalité nauséabonde qui frise l’intolérance.

Outre le fait de réduire les questions carcérales et de réinsertion à une problématique de coûts, vous semblez attribuer l’ensemble de la responsabilité des actes de délinquance à ceux qui les commettent. Or je ne suis pas certain qui si ces individus avaient une formation correcte obtenue à travers un accès égal à l’éducation, un emploi stable ainsi qu’un logement décent ils seraient incité à choisir le chemin de la délinquance. Je ne crois pas que ces personnes naissent fondamentalement mauvaises.

Il est aisé de s’indigner de ces pratiques lorsqu’on jouit d’une situation stable, de revenus aisés et que l’on vit loin de ces problèmes. On en arrive même à donner des leçons de vie à des gens sans aucune pudeur alors qu’on est à mille lieux de partager le quotidien qui leur est proposé.

L’erreur que vous faites et vous n’êtes pas le seul, l’ensemble de la classe politique la commet depuis plusieurs décennies c’est de privilégier la répression là où l’accompagnement vers l’insertion serait une voie bien plus vertueuse pour l’ensemble de la société.

Pour ce qui est de minimiser les coûts carcéraux, je vous renvoie aux prisons américaines, modèle de réduction des couts et qui pourtant ne dissuadent personne de récidiver vu le succès qu’elles connaissent.


Le 13 juin 2011 par : Balthazar

A ceux qui parlent d’idées nauséabondes (encore un truc politiquement correct pour ne pas appeler les choses par leur nom .. ).

Qu’est ce que le refus de l’angélisme naïf a de nauséabond ??

On peut être égoïste, économe, se penser réaliste, ne pas tout tolérer, penser que l’Etat est décidément bien à côté de la plaque ou encore préférer les pauvres aux délinquants sans être "nauséabond".

Et de vous à moi, qu’est ce qui est le plus nauséabond ? Exprimer ses idées honnêtement ou dénigrer celles des autres lorsqu’elles sortent de la pensée "bonne" commune ?

Et puisqu’il s’agit d’argent public, tout le monde contribue, chacun a donc un droit d’exprimer son avis sur ce type de dépenses.

Sur le fond, cette mesure étant une dépense étatique dans un contexte où nous savons tous que l’Etat est très endetté, je trouve que cela n’est pas du tout hors sujet sur un site boursier : cela montre que l’Etat n’est pas encore focalisé sur la réduction des dépenses, malgré l’urgence. Et c’est inquiétant.

Quant à l’utilité de réhabiliter 120 personnes, alors que 100 000 autres n’exécutent pas leur peine faute de prison existante. On peut s’interroger sur cet ordre des priorités pour le moins curieux.

Donc merci Loïc pour cet article, que l’on soit d’accord ou pas avec vous, il est argumenté et permet une réflexion sur l’actualité.


Le 14 juin 2011 par : Loic Abadie

Oui, je rajouterais que l’angélisme naïf en matière de délinquance a exactement la même origine que l’angélisme économique qui prétend que c’est la vie à crédit, la planche à billets et la fuite en avant dans la dette qui créent la richesse : un immense excès d’optimisme (dont la génération 68 est le porte-drapeau) et une vision complètement utopique de la nature humaine. Le balancier devrait cependant repartir dans l’autre sens, et fortement, avec la poursuite de la crise.

"vous semblez attribuer l’ensemble de la responsabilité des actes de délinquance à ceux qui les commettent"

Je ne "semble" pas. C’est pour moi une évidence, même si ça ne l’est pas pour certains intellectuels d’une "élite" qui a perdu tous ses repères et ses valeurs. Nous sommes tous responsables de nos actes, à moins d’être mentalement inaptes. J’enseigne actuellement dans une ZEP ou 70% des familles sont aux minimas sociaux, et l’immense majorité d’entre elles fait tout ce qu’elle peut pour bien s’occuper de ses enfants et respecte nos lois. Ceux qui s’engagent dans la délinquance sont entièrement fautifs, quelle que soit leur origine.

Moi ce qui "m’écoeure", c’est qu’on dépense 21000 euros par mois pour réinsérer un jeune délinquant multirécidiviste, là où cet argent aurait pu servir à payer une quinzaine de retraites, un nombre encore plus grand de bourses pour étudiants méritants ou une bonne dizaine d’emplois pour aider par exemple des personnes handicapées.

Une dernière chose : Un délinquant est quelqu’un qui a commis un acte qui nuit et coûte à l’ensemble de la collectivité. La collectivité ne lui est en aucun cas redevable de quoi que ce soit. C’est le délinquant qui est redevable vis à vis de nous et c’est d’abord à lui de se bouger pour se "réinsérer". Ce n’est en aucun cas un "devoir" du système carcéral ou de la prison vis à vis de lui. Si nous pouvons le faire à un coût faible, faisons le, sinon notre argent sera bien mieux utilisé ailleurs, parce qu’il y a beaucoup d’autres personnes plus méritantes à aider en temps de crise.


Le 14 juin 2011 par : kagli

Comme dans d’autres cas similaires, je propose un exercice très simple pour que ceux qui marchent sur la tête retrouvent leurs esprits :)

Je propose donc que ce soit ceux qui sont d’accord avec cette mesure (ces créations de postes), qui la rémunèrent eux même, plutôt que de la faire payer à toute la communauté.

Et là je suis bien certain que peu vont se précipiter pour défendre cette mesure aberrante.

Un peu de bon sens, le nauséabond, l’intolérance ... la violence, c’est d’abord chez les délinquants qu’ils sont, il serait bon d’arrêter de marcher sur la tête.


Le 14 juin 2011 par : tychobrahe

Enfermer ou éduquer, c’est bien la question fondamentale. Complexe et n’acceptant pas les racourcis "efficaces", elle est au cœur de bien des débats. Je me permet de conseiller le livre écrit en 2004 par Jean-Marie Petitclerc, prêtre, polytechnicien et éducateur spécialisé....Brillant et perspicace, il analyse en profondeur la problématique de l’éducation des jeunes dans un contexte de violence. Efficace, pragmatique et engagé, il obtient de vrais résultats en terme d’éducation des jeunes sur un terrain qu’il n’a cessé de labourer depuis des décennies.


Le 15 juin 2011 par : Sinclair

Cher Loïc, j’apprécie beaucoup vos compétences économiques, et je suis aussi d’accord avec certains pour dire que vous vous égarez sur un sujet que vous maîtrisez manifestement beaucoup moins.

En disant "c’est au délinquant de se réinsérer", vous prenez le problème à l’envers.

La société ne doit rien au délinquant, certes, mais ce n’est pas la question ! La société a besoin qu’il se réinsère et ne renouvelle pas ses délits ou ses crimes. La société a besoin d’être pacifiée.

Nul angélisme de ma part. Je cherche l’efficacité.

Vous dites : "1) Punir les délinquants et faire en sorte que leur peine soit suffisamment pénible et dure pour leur faire passer l’envie de recommencer."

C’est là qu’on voit votre méconnaissance : ÇA NE MARCHE PAS !


Le 15 juin 2011 par : fabgrass

J’en ai fait une tartine que je n’ai finalement pas postée parce que c’était une grosse tartine, alors que tout ést résumé dans le point de vue de Sinclair, qui pour le coup sera aussi le mien.


Le 15 juin 2011 par : Sinclair

Une idée intéressante pour faire des économies massives est relayée par votre collègue Vincent Benard : Des hautes personnalités dénoncent la guerre contre la drogue

Légaliser les drogues => Fin du trafic => Chute des revenus du crime organisé => Baisse massive de la criminalité => Pas besoin de nouvelles prisons.


Le 16 juin 2011 par : Timtim

Cela fait quelques mois que je vous lis tous. D’ailleurs je vous félicite pour vos articles. C’est mon premier poste ici... Pour ma part je n’ai pas l’impression que Loïc s’égare. Je vois par contre que c’est un sujet qui touche à notre éducation profonde. Moi j’ai interprété les propos de Loïc comme : "Combien on en sauve, pour combien on en sacrifie". Peut être faut-il sacrifier cette génération de délinquant pour ne pas en créer une nouvelle. Je me demande dans quelle mesure nous nous focalisons sur les personnages qui "crient" médiatiquement le plus et que nous oublions la masse silencieuse. Et au final si cet argent doit être dépensé, j’ai le sentiment que de payer une équipe de balayeurs + des éducateurs rendrait le quotidien de milliers de gens plus agréable tout en limitant l’émergence d’une nouvelle génération de délinquant... Politiquement c’est moins sexy, pas sur le bon timing et cela ne soulage pas notre conscience pour la génération sacrifiée. Revenons aux chiffres que vous maîtrisez si bien. J’aimerai pouvoir lire pour chaque solution, combien on en sauve pour combien on en sacrifie ?


L'auteur
Loic Abadie

Ingénieur de formation. Habite la Réunion. Travaille pour l’éducation. Je gère un PEA que j’ai fait passer de 35.000 à 400.000 euros entre 2004 et 2010. J’ai écrit le livre "La crise financière en 2008-2010 : mode d’emploi pour la décrypter et l’exploiter" disponible sur www.edouardvalys.com. Celui ci s’est vendu à 5000 exemplaires.

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