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Loïc Abadie : le revenu de subsistance, une mesure non libérale pour une société libérale (1)

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(article du 20 novembre 2011)

Je vais détailler ici les avantages d’une mesure qui n’est pas libérale au sens strict du terme, mais qui permettrait d’avancer vers ce qui est pour moi la définition du vrai libéralisme, à savoir une société où l’état influence le moins possible les choix de vie des citoyens, tout en le rendant humainement acceptable par tous.

Ce filet de secours universel comprend pour moi :

- Un revenu de subsistance ou allocation universelle, versé à chaque personne de plus de 18 ans quelle que soit sa situation (travailleur, inactif, retraité), et permettant une « survie inconfortable » (il ne s’agit pas d’encourager le parasitisme, mais de donner à quelqu’un en difficulté la possibilité de rebondir). Montant approximatif : 500€ / mois.

- Une couverture médicale gratuite (au moins pour ceux qui ne perçoivent que l’allocation universelle et pour toutes les maladies graves nécessitant une hospitalisation ; un système de mutuelle pouvant couvrir le reste).

- Une éducation gratuite, sur la base du chèque éducation (laissant aux parents la possibilité de choisir leur école).

- Une allocation réduite pour les moins de 18 ans (200 euros par exemple)

Ce filet de secours, dont le coût peut être estimé à 25-27% du PIB, se substituerait à toutes les allocations, prestations sociales, subventions, niches fiscales de quelque nature que ce soit.

Il resterait alors 10 à 12% du PIB pour les dépenses régaliennes de l’état et des collectivités au sens strict (sécurité, diplomatie, justice, armée, grandes infrastructures publiques), ce qui est largement suffisant au vu des niveaux de dépenses réalisés aujourd’hui, et on en resterait à un niveau de dépenses publiques inférieur à 40% du PIB, contre plus de 54% aujourd’hui.

L’allocation universelle serait versée en fonction du PIB réalisé l’année précédente, via un pourcentage fixe pour éviter toute fuite en avant et tout déficit public.

Nous allons maintenant passer en revue tous les avantages de cette allocation et de ce sytème social de « filet de secours » :
 

1) Abaissement du coût du travail, relance de l’emploi.

La mondialisation est sans doute avantageuse à l’échelle mondiale. Il n’empêche qu’elle crée des déséquilibres et des pertes d’emplois dans certains pays industrialisés, dont les coûts salariaux deviennent trop élevés et ne peuvent s’ajuster du fait des rigidités sociales.


L’allocation universelle offre ici une solution acceptable par tous : le salarié touchant 1000€ de SMIC net aujourd’hui serait heureux d’avoir une allocation de 500€ et un SMIC net de 600€ (ses revenus augmenteraient de 10%), et son employeur verrait le coût du travail réduit de 40%, ce qui représente une puissante incitation à l'embauche.

Soyons clair : Sur le marché du travail, l’allocation universelle correspond à une forme de protectionnisme indirect (tant pis pour ceux qui sont allergiques à la simple évocation de ce mot) et intelligent, visant à subventionner dans notre pays le travail et la production de richesses, pour rétablir une compétitivité suffisante vis à vis des pays émergents, sans les effets négatifs du protectionnisme direct (faire payer plus cher au consommateur les produits importés en imposant des droits de douane).

La baisse du coût du travail serait plus marquée pour les bas salaires (puisque la réduction possible liée à la « subvention » de l’allocation universelle serait fixe), ce qui permettrait la création de nombreux emplois pour les moins qualifiés et les plus durement touchés par la crise.

2) Hausse du pouvoir d’achat

Elle se produirait grâce à trois facteurs :

- Les emplois nouveaux créés par l’abaissement du coût du travail mentionné précédemment.

- La hausse du revenu global des salariés (si on abaisse le SMIC un peu moins que le montant de l’allocation universelle).

- La baisse du prix des produits fabriqués par les entreprises, celles-ci pouvant répercuter dans leurs prix de vente la baisse des coûts salariaux permise par l’allocation universelle.
 

3) La simplification de la machine étatique et la réduction de ses coûts de fonctionnement.

L’allocation universelle se substituerait à toutes les allocations, prestations sociales, subventions, niches fiscales de quelque nature que ce soit. Cela impliquerait une simplification considérable de toutes les structures de l’état et des collectivités locales qui pourraient se concentrer sur leurs missions de base, avec des coûts de fonctionnement fortement réduits, et des démarches simplifiées pour les administrés.

Nous allons voir dans les articles suivants les avantages du revenu de subsistance (ou allocation universelle) au niveau de la continuité territoriale et de l'immigration.

Vous pouvez suivre mes anticipations économiques, la composition de mon PEA et mes opérations avec ma lettre Boostez votre PEA ! .

Loïc Abadie



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Commentaires

Le 20 novembre 2011 par : Brucibru4

"humainement acceptable par tous".

Ce truc n’est pas un noumène, intemporel et constant.

"foumilairement acceptable pour des fourmis" qui viennent de trouver un bon gros cadavre n’est pas ce qui est "fourmilairement acceptable" quand la fourmilière n’a pas trouver de cadavre.

L’humanité à trouvé le pétrole il y a quelques 10aine d’années, comme une fourmilière aurait trouvé un cadavre bien dodu.

Et du coup, on est devenu tellement gras que l’on se prend à être des fourmis. C’est évidemment plus facile d’être altruiste quand on est gras comme un cochon que quand on crève la faim.

C’est dans la tempête que l’on voit de quel bois est fait le capitaine. Et l’humanité n’est pas faite du même bois que les fourmis.

Et même avec les idées les plus nobles de la terre, on ne change pas le fond des hommes.

L’égoïsme sauvera le monde, non pas que l’égoïsme soit une valeur louable en soit, c’est surtout que c’est l’égoïsme qui fait se lever les hommes le matin.

Qui existe donc, l’égoïsme existe, vraiment, et à son impact dans le monde qui existe. Et exister pour une valeur c’est déjà pas mal, surtout quand on veut changer la réalité.

Ceci étant, pour ton truc là, sur le papier pourquoi pas, mais même des technocrates arrivant tous frais au pouvoir ne le pourrait le proposer sans se faire émasculer sur la place publique.

Si l’implosion que je pressens et la spirale se met en place, les décisions politiques auront toujours un temps de retard jusqu’à la probable catastrophe finale. Un des syndromes du système démocratique, qui accompagne la création du problème sans être capable de trouver de solution. "La démocratie est le pire des systèmes, excepté tous les autres" WC

La suite sera des "mains fortes" arrivant au pouvoir suite aux démissions des politiques démagogues et populistes, pas vraiment habitués à annoncer de mauvaises nouvelles. Et les discours actuels, craignant le rejeton putride du père LePen, me font bien rigoler.

C’est ça à votre avis qui peut se craindre ? Un ersatz de droite décomplexé, le danger n’est pas là. Le danger est dans la dynamique de la situation. Les allemands n’étaient ni plus cons ni plus méchants que le reste du monde dans les années 30. Ils ont juste été dans un contexte qui les amener à faire ce qu’ils ont fait.

On n’est pas à la fin de l’histoire. Et l’histoire, chaque fois qu’il y a une tête de chapitre, c’est qu’il y a eu beaucoup de têtes en moins.


Le 20 novembre 2011 par : Dadounet

> La simplification de la machine étatique et la réduction de ses coûts de fonctionnement

Vous supposez le problème déjà résolu avant de proposer votre solution ! Le prétexte de l’interventionnisme étatique est d’aider les pauvres. Mais son BUT réel est de se constituer une clientèle, au sens le plus abjectement romain du terme, d’électeurs en créant des emplois d’inutiles chargés de subventionner d’autres parasites ; et ça marche ! Il faut d’abord changer cette mentalité AVANT de pouvoir réduire la machine étatique.


Le 20 novembre 2011 par : Balthazar

D’accord avec vous Loic

Je partage votre vision 100% pour l’avoir imaginée pareillement.


Le 20 novembre 2011 par : geloule

Je pense que ça rejoint ce que le parti "Vivant" en Belgique avait proposé : http://www.vivant.org/fr/


Le 4 décembre 2011 par : cook

1) tu oublies un point important. Un autre énorme avantage de cette allocation est qu’elle sortirait du marché du travail tous ceux qui ne sont pas motivés ou ne sont pas en état, laissant ainsi la place à ceux qui le sont, pour créer, s’investir, produire. Alors OUI, cette mesure encouragerait au parasitisme, mais dans le bon sens. Plutôt que de forcer à travailler des gens qui vont y aller à reculons, qui vont saboter les efforts de production, ou qui vont faire n’importe quoi, rester à leur seuil d’incompétence (principe de Peter), péter un plomb (burn-out), cacher leur lassitude ou aller au travail malades, ce système encouragerait une partie de la population à arrêter de travailler, et une autre partie à s’y remettre, par les places qui se libèrent ou par la garantie d’avoir un filet minimal quels que soient les risques pris (encouragement à la création d’activités). Bien sûr, ceux qui sont d’idéologie purement à "droite" vont hurler aux loups car ils considèrent que l’homme est intrinsèquement paresseux et fort. Personnellement, j’ai constaté que seule une faible part des gens que je connais seraient capables de ne RIEN faire, de se laisser vivre avec un petit revenu. L’immense majorité a ce besoin de faire quelque chose, de donner un sens à son existence. En fait, j’ai remarqué aussi que le système actuel est injuste, car il force les 5 à 10% de gens qui veulent se la couler douce à aller au turbin, et que par contre, la majorité des gens condamnés à l’inactivité (chômage, dépression, maladie, accident...) voudraient au contraire faire quelque chose de leurs dix doigts. Et ces deux populations, par ce qu’on leur impose, souffrent beaucoup, et cela génère beaucoup de souffrance, voir des problèmes psychologiques importants, qui se répercutent sur leur entourage, diminuant l’efficacité de tous. Complètement improductif... Dans un souci de rationalisation et d’optimisation du rendement d’un groupe, il faut admettre que tous les gens ne sont pas égaux en capacité, et qu’une minorité ne sera pas productive, et qu’une autre minorité sera ultra-productive. C’est seulement en acceptant cela, et en le prenant en compte, qu’on peut espérer obtenir le meilleur rendement d’un groupe. Car croire qu’on peut éliminer la minorité de "parasites", c’est faire fi de la nature humaine. En effet, si on enlève une partie d’un groupe, celui-ci se réorganisera automatiquement comme avant (expérience de Didier Desor).

2) Là aussi, il faut prendre en compte la nature humaine. Exemple : la baisse récente de la TVA pour la restauration, qui aurait dû faire baisser les prix et créer de nouveaux emplois. Au final, l’immense majorité des dirigeants ont préféré augmenter leurs bénéfices. Donc, plutôt qu’espérer que les entreprises vont répercuter la baisse des coûts dans leurs prix de vente, il faut l’imposer. En conditionnant la baisse des charges à un % de recrutement et à une baisse des prix, ou en limitant seulement le % de bénéfice sur le chiffre d’affaire, ce qui laisserait une plus grande liberté d’utilisation des sommes ainsi libérées, soit en recrutement, soit en investissement, soit en compétitivité, etc... L’état est quand même là pour ça, imposer des mesures pour limiter les dérives que chacun d’entre nous serait amené à commettre, par son égoïsme naturel, et ainsi privilégier l’intérêt de la communauté, pour assurer sa pérennité et son développement.

3) La réduction des coûts de fonctionnement s’appliquerait aussi au privé. Car des gens moins contraints de travailler, moins stresser, demandent moins de surveillance dans leur travail, moins de personnel d’encadrement, et ont un meilleur rendement. Ce que l’on appelle mettre en place un cercle vertueux...


L'auteur
Loic Abadie

Ingénieur de formation. Habite la Réunion. Travaille pour l’éducation. Je gère un PEA que j’ai fait passer de 35.000 à 400.000 euros entre 2004 et 2010. J’ai écrit le livre "La crise financière en 2008-2010 : mode d’emploi pour la décrypter et l’exploiter" disponible sur www.edouardvalys.com. Celui ci s’est vendu à 5000 exemplaires.

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