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Charles Sannat : J’ai compris pourquoi la France allait mal

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(article du 16 février 2012)

 

L'Etat providence, un héritage.

 

Le sujet brulant est sans conteste celui de la dette de l'Etat à la limite du soutenable, ce qui est reconnu par presque tout le monde. La dette est indissociable de la notion de dépenses.

 

A l'issue de la deuxième guerre mondiale, notre pays a mis en place ce que l'on appelle l'Etat Providence. L'essentiel de nos dépenses est constitué d'aides sociales héritées de l'histoire et d'un pacte républicain.

 

Je fais parti de ceux qui sont très attachés à notre "modèle social" et qui souhaite défendre non pas ce système, car un système doit forcément changer, évoluer et s'adapter mais je pense qu'il faut défendre une idée essentielle, qui consiste à dire que de façon générale "les forts doivent prendre soin des faibles".

C'est d'ailleurs fondamentalement le rôle de la cellule familiale où les parents protègent et s'occupent de leurs enfants... jusqu'à ce que l'âge faisant les rôles s'inversent.

 

Cette structure "naturelle" et "instinctive" a, peu à peu, été brouillée dans nos sociétés par la modernité et l'apparition très récente de l'Etat Providence.

 

Dans le cadre de la campagne électorale en cours, beaucoup se demandent quel impôt augmenter. Où trouver de nouvelles ressources ? Sur la base de quelle assiette ? De la TVA sociale, à l'augmentation de la CSG la créativité et l'insécurité fiscale atteignent leur paroxysme.

 

Dans les 5 dernières années, il y a eu une nouvelle règle fiscale tous les 10 jours soit 150... Une telle agitation est à la hauteur et à la mesure d'un emballement général. Emballement de la dette, emballement des coûts liés aux aides sociales, emballement des dépenses, et finalement l'incapacité de poser les bonnes questions sur notre situation.

 

Ces questions sont dérangeantes. Ces questions sont troublantes. Mais comment poser un diagnostic sérieux et apporter des réponses adaptées nous permettant de sauver l'idée à laquelle beaucoup d'entres nous tiennent sans les évoquer ? Ce n'est pas forcément politiquement correct, c'est même gênant, mais pourtant, il faut aborder ces sujets dans leur totalité. C’est à ce prix que nous pourrons sauver et faire vivre l'idée que les forts ont une responsabilité morale à l'égard des faibles, les biens portants envers les malades, et que la solidarité et l'intérêt que nous portons à l'autre est ce qui nous distingue de l'état animal.

 

Lundi soir France 2 chaine de télévision nationale diffusait un reportage sur deux femmes "habitant" dans leurs voitures respectives à Paris. La première est âgée de 36 ans. Plutôt jolie, parlant et s'exprimant bien.

Elle nous explique, les larmes aux yeux " je n'arrive pas à réchauffer mon corps, j'ai froid, j'ai tellement froid". Mots simples pour une réalité douloureuse.

La deuxième, 60 ans, bénéficiaire d'une pension d'invalidité de 850€ montrait un visage de "jeune" mamie digne. "Je ne veux pas aller dans un centre d'hébergement. Les gens crient, sont sales, ils sont pleins de poux..." Hélas, on la croit volontiers.

 

Le froid aidant ce reportage a ému une grande partie de la population française. De nombreuses propositions d'aides sont arrivées chez France 2. Des mails par centaines. Proposant hébergements ou travail. Un élan de solidarité tel, que mardi soir, France 2 faisait au JT de 20 heures un reportage sur le reportage de la veille.

 

Aller au delà des images

 

Tous autant que nous sommes nous ne pouvons pas rester insensibles à la détresse humaine. Mais ne faisons nous pas collectivement fausse route ? Parlons-nous des vrais problèmes ? Et si nous allions au delà des images ?

 

Reprenons. La dame qui gagne 850€ net de pension d'invalidité est-elle "obligée" de rester couchée et de vivre dans sa saxo dans Paris ? La réponse est non.

Donc il y a d'autres raisons qui la poussent à ce (non) "choix".

Un smicard gagne en France 980€ net/mois en travaillant à temps plein soit seulement 130€ de plus que cette SDF. Je concède que se loger à Paris sur le Champs-de-Mars avec vue sur la Tour Eifel est couteux. Mais les possibilités de logement ne se limitent pas à Paris.

J'invite tous les lecteurs à effectuer une recherche de logement, digne, à 250€/mois en location en faisant une recherche nationale. De Charleville Mézières, à Tulle, vous aurez le choix.

Il resterait donc à cette victime 600€ pour finir le mois.

Combien de famille terminent-elles le mois avec 600€ une fois leur charges fixes payées ? Beaucoup. Vraiment beaucoup.

Qui osera expliquer à cette dame que rien ne la retient dans sa voiture à Paris ? Qu'après le périph se trouve le reste du pays ? Que le logement n'est pas un marché unique mais très différent d'une ville et d'une région à l'autre ? Qui osera lui dire qu'elle se trompe sans doute ? Qui osera lui dire que la collectivité, la solidarité nationale (qui est indispensable) lui verse chaque mois, toute sa vie durant 850€ net (sans qu'elle soit productive) et que cela lui permettrait de vivre dignement comme des milliers de nos concitoyens au minimum vieillesse (qui est inférieur à cette somme) ? Doit-on d'ailleurs le dire ? Est-ce interdit de poser la question de la limite de l'assistanat et du commencement de la responsabilisation individuelle ?

 

Cent fois oui à la solidarité. Cent fois oui au fait de n'abandonner aucun de nos pauvres, de nos faibles, de nos malades sur le bord du chemin. C'est cela qui fait de nous des hommes et un pays. Mais non à la bêtise. Non à la démagogie économique, et non aux mauvais raisonnements.

 

Tous ceux qui veulent l'aider se trompent-ils également ? Cet élan de générosité va t-il se fracasser sur la réalité de l'aide à la réinsertion des SDF dont parlent très bien certains acteurs comme la Fondation Abbé Pierre qui sont des professionnels reconnus sur ce "secteur" de la grande misère.

Cette femme a les moyens (financiers) de s'en sortir seule avec les revenus dont elle dispose. Il y a bien sur certainement d'autres raisons à sa détresse. Certainement d'ordre psychologique. C'est peut-être choquant. Peut-être à contre courant de l'émotion. Mais c'est la réalité factuelle.

 

Ce qui amène un individu à la rue est une succession de ruptures et de souffrances, c'est plurifactoriel et généralement très complexe. Les bons sentiments ne font pas les bonnes solutions.

 

L'autre femme est âgée de 36 ans. Ses enfants ont été placés. Néanmoins, je pose la question qui fâche. Pourquoi cette femme "bien propre sur elle" car si elle ne l'était pas elle n'aurait ni passé le casting de France 2, ni ému la France entière ne travaille-t-elle pas ?

Les bonnes âmes sensibles me trouvent sans doute trop cynique, trop dur. Alors je leur demande quelle est la capacité d'émotion face à un grand bonhomme "issu de la diversité" (comme on dit pudiquement) à la tête de repris de justice ? Bien sur personne n'est raciste... mais franchement, vous lui donneriez les clefs de votre maison pour être solidaire ?

 

Mac do recrute. KFC recrute (y compris des "seniors" comprenez que sur le marché du travail français on est senior à partir de 40 ans).

Il existe des postes. Il y a du travail. Même pendant la crise. Surtout à Paris. De la distribution des journaux gratuits le matin, au portage de publicités dans les boites aux lettres, il existe des centaines de postes très, très accessibles. Pourquoi ? Parce que ce sont de "mauvais" boulots. Durs, mal payé (le smic) et à temps partiel. Les gens les prennent en attendant mieux. Dès qu'ils trouvent mieux ils partent. Le "turn over" y est très important. Il y a donc en permanence des postes à pourvoir. Alors pourquoi ne travaille t-elle pas pour pouvoir retrouver un logement, une dignité, et peut être un jour... ses enfants ?

Parce qu'il y a sans doute d'autres raisons. Peut-être psychologiques ou autre, je ne connais pas leurs situations personnelles.

 

Ce qui est sur c'est que notre politique d'assistanat doit être revue pour être efficace et que son coût reste sous contrôle (il semblerait que nous ayons un léger problème de dettes).

 

Ce que nous sommes devenus.

 

Cette vague de froid est très riche d'enseignement sur la société française et sur les limites évidentes de notre modèle social.

 

Tel ce reportage sur l'hébergement d'urgence et les hôtels appelés pudiquement les hôtels "préfecture" parce qu'ils ne louent leurs chambres que pour du relogement d'urgence à la Préfecture qui paie la note. Niveau de qualité de ces hôtels ? S’il y avait des étoiles négatives, ils seraient à -15 étoiles. Des taudis insalubres dont certains brulent de temps en temps avec 15 ou 20 personnes dedans. Ils sont payés au prix fort (2000€ par mois) par la collectivité pour une chambre de 10m². Certaines personnes y logent depuis 5 ou 6 ans alors qu'elles travaillent.

Un reportage de France 2 toujours à ce sujet est édifiant.... la fiche de paie de Monsieur est de 1700€ net....et l'Etat, c'est-à-dire chacun d'entre nous, paie 2000€ pour loger dans un hôtel cette famille, à qui aucune contribution n'est demandée. On marche sur la tête. Peut-on en parler ? Peut-on même le penser ? A-t-on le droit de l'exprimer même lorsque l'on est de gauche ?

 

Encore un autre reportage. Au Mirail cette fois. Quartier de 11 000 habitants. Une canalisation de chauffage urbain vient de céder. Il fait très froid dans les appartements. On nous montre une famille avec des enfants. Tous avec 96 pulls (c'est une exagération bien sur) et 10 doudounes chacun pour se tenir au chaud.

Il n'y a plus de chauffage central, mais EDF signale, soit dit en passant, qu'il y a aucune pénurie d'électricité.

Il n'y a donc personne pour dire au père de famille qu'il existe des magasins qui vendent des radiateurs électriques d'appoint. Juste de quoi au moins chauffer une pièce pour tenir ses gamins au chaud ? Personne pour lui expliquer que lorsque l'on a un bel écran plat dans son salon, on se doit (c'est un devoir) de tenir ses gamins au chaud au moins dans la pièce la plus petite avec le système "D" ?

Non, personne, on va collectivement s'émouvoir, et attendre la création d'un droit opposable au radiateur électrique d'appoint livré par la commune et mis à disposition gratuitement par des associations.

Doit-on le dire ? Doit-on pointer du doigt que manifestement nous ne pensons plus de façon raisonnable, simple, avec du bon sens ? Peut-on dire que nous sommes face à un emballement de l'assistanat et de la déresponsabilisation collective ?

 

Cette vague de froid est riche d'enseignements sur notre société. Sur ce que nous sommes devenus.

Nous sommes des enfants gâtés. Incapables de réfléchir par nous mêmes, râleurs, cherchant en permanence des coupables mais surtout pas nous. Nous sommes des assistés, nous sommes un peuple de déresponsabilisés.

 

Les riches aussi sont des assistés qui coutent cher.

 

Mais il n'y a pas que les "pauvres" qui soient déresponsabilisés. Nos "riches" aussi le sont. D'ailleurs les riches bénéficient d'un "assistanat de riches" extrêmement couteux.

 

Il n'y a donc personne pour poser la question de savoir si les niches fiscales sont autre chose qu'un simple assistanat pour "bourgeois" ?

 

Lorsque la Télé nous passe un reportage sur "les Robiens de la colère" il ne se trouve personne pour se poser les questions de fonds. Ce reportage de M6 concernait de pauvres victimes, qui ayant trop d'argent sur leur compte bancaire et qui ne voulant plus payer d'impôts sont allés acheter de mauvais appartements, dans de mauvaises résidences, pour lesquels ils ne trouvent pas de locataire ou alors avec des loyers très très bas (de là à conseiller à notre dame de tout à l'heure de se rapprocher de M6 pour avoir l'adresse de ces propriétaires à la recherche désespéré d'un locataire il y a un pas que je ne franchirai pas).

 

Le titre même de l'émission est scandaleux car il fait référence à l'ouvrage "les raisins de la colère" parlant des souffrances endurées par la population américaine lors de la grande crise de 1929.

Nos "petits bourgeois" qui ne veulent pas payer d'impôts endurent-ils la même souffrance ? Peut-on et doit-on poser la question ?

Alors que font-ils ? Ils se regroupent en association. Portent plainte contre les vendeurs, promoteurs, qui les ont forcés avec une arme à signer 300 pages de papier à "l'insu de leur plein gré" chez un notaire pour ne pas payer d'impôt.

Ils font pression sur l'Etat pour avoir des aides et des aménagements. Peut-on poser la question de la responsabilité personnelle lors d'un investissement ?

Pauvre riche devenu la propre victime de son argent ? La collectivité doit-elle l'aider ? Sans doute pas.

 

Riche ou Pauvre, tout ne peut pas être attendu de l'Etat, des collectivités ou des associations. Il arrive un moment certaines grandes lois de la nature doivent être rappelées.

La nuit le soleil se couche.

L'hiver il peut faire froid.

Une belle BMW ou une Mercedes à propulsion arrière ne fonctionnent pas sur la neige.

On peut vivre ailleurs qu'à Paris.

On peut chercher un travail et en trouver.

 

Nous sommes un peuple d'enfants attendant le salut de sa maman l'Etat. C'est pour cela que la France va mal. Nous devons être inventifs et courageux. Nous devons préserver notre système de solidarité. Mais plus je regarde la télé et plus je me dis qu'il ne faut pas confondre solidarité et absurdité.

 

Notre système ne pourra pas être sauvé si nous continuons comme cela. De plus en plus d'économistes parlent à demi-mots de la fin de l'Etat Providence.

Aucun d'entre nous souhaite que la fête ne s'arrête, aucun d'entre nous ne pose la question de la redéfinition du rôle de l'Etat dans notre économie. C'est le sujet essentiel des prochaines années. Quel rôle pour l'Etat ? Quel degré de dépenses et donc d'impôt ? Quel pacte social ? L'aide c'et quoi ? Aider signifie quoi ? Quelle est la limite à l'assistanat ?

 

Car il faut en être conscient, quelle que soit notre émotion, nous n'aurons plus les moyens très rapidement de verser les retraites à nos ainés avec en 2010 1,42 actif pour un retraité. Un système économique fonctionne sous contrainte. La principale contrainte est la richesse disponible. Tout le reste n'est que de la littérature.

 

Mais personne n'ose le dire.

 

Charles SANNAT

Directeur des Etudes Economiques Aucoffre.com

Professeur d'Economie

sannatcharles@yahoo.fr



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Commentaires

Le 16 février 2012 par : zoulou

Criant de verites.

Lu recement dans un forum d’expat : un jeune etudiant (23 ans) veut s’expatrier pour 6 mois en Asie.

La 1ere question qu’il pose : comment je fais pour la securite sociale ?

A 23 ans, jeune, plein de force, en bonne sante, se pose deja la question pour une expat de 6 mois.

Incroyable, jeune et deja asssiste.


Le 16 février 2012 par : Patsux

« L’assistanat absurde » est selon moi le fruit d’un modèle où les violences sont colossales.

Les entreprises soumissent à la pression actionnariale et concurrentielle ne peuvent pas prendre des décisions sensées. La politique étant un métier, comment nos représentants (sic) peuvent-ils prendre des décisions judicieuses alors que leur survie est en jeu ? Et que dire de la population ensevelie sous une avalanche d’informations plus stupides les unes que les autres, envahie par la publicité, les émissions abrutissantes,...

Dans ces conditions, comment s’étonner que la raison s’efface, que l’on soit riche ou pauvre, de droite ou de gauche ? Comment s’étonner que des désordres psychologiques apparaissent dans un système où les tensions (psychologiques) sont aussi énormes ?

Le désordre actuel dépassent largement le seul problème de l’assistanat. Mais vouloir changer de modèle sans reposer ses fondements est voué à l’échec. Il va falloir une sacré prouesse intellectuelle pour sortir des ornières creusées durant toute ces années par la droite et la gauche, afin de repenser la politique social dans un contexte global.


Le 16 février 2012 par : patapon22

bonjour,

rien à ajouter. je suis fonctionnaire , conscient de tous ces problemes, personne n’ose en parler. "C’est mal vu" que ce soit au travail ou dans le cercle amical parfois. C’est le boulot des politiques , l’économie ou la guerre se chargera de faire le sale boulot, pardon d’etre abrupt, , on est condamné à changer de toute façon. cordialement.


Le 16 février 2012 par : feder

En effet depuis longtemps je me demande comment ces hotels "prefecture" peuvent etre maintenus tant le systeme est inique ; beaucoup trop de gens pretendent vouloir et "devoir" habiter à Paris ... pourquoi moi petit provincial ne revendiquerais je pas la meme chose ? .... Nos politiciens sous la domination infernale de La bien-pensance cèdent et maintiennent jusqu’a l’absurde ces situations aux frais du contribuable ; Ainsi le rationalisme n’est il plus français , les nouveaux hérauts du "bien" sont les "complaisants" envers ces derives .....


Le 16 février 2012 par : Stifler

Bonjour,

Très bon article encore une fois.

La déroute de la France est dûe à 3 facteurs :
- l’assistanat (il y a une différence entre la solidarité et l’assistanat).
- la masse de fonctionnaire (qui ont des régimes plus avantageux que le privé).
- les immigrés qu’on a fait rentrés pendant des années en France(familles nombreuses, etc).

....


Le 16 février 2012 par : london511

Très bon article, cependant si on venait à tenir des tels propos en publique l’on se ferait fusiller sur place par la bien pensante.


Le 16 février 2012 par : Charles Sannat

London 511 Objectif éco est une des places publiques ;)


Le 16 février 2012 par : Charles DEREEPER

charles, tes toujours aussi fort !!! excellent !


Le 16 février 2012 par : Fredo

Très très bon, j’ai eu exactement la même reflexion sur le reportage sur lequel j’ai zappé avec l’écran plat géant et le chauffage. J’ai arrêté car cela m’agace au plus haut point. Et c’est le genre de débat qu’il est très compliqué d’avoir (j’ai tenté avec des collègues) sans passer pour une espèce d’enflure capitaliste.

En tout cas lorsque j’entends parler de "révolution" avec la société qui va mal, cela me fait doucement rire. Hormis quelques exceptions, la préocupation principale des gens est de s’acheter le dernier Iphone, Ipad et autres conneries inutiles mais pas de manger ou de survivre. Et en plus dehors il fait froid en ce moment alors la révolution...


Le 16 février 2012 par : MacBen

Totalement en phase avec vos propos ! Un bémol tout de même sur l’emploi, je penses notamment au livre de Florence Aubenas - Le Quai de Ouistreham qui montrait la difficulté pour certains de trouver un emploi stable.


Le 17 février 2012 par : Charles Sannat

Bonjour MacBen,

Concernant l’emploi vous avez parfaitement raison. Dans ce papier je prenais soin de ne parler que de la Région parisienne qui est le plus gros bassin d’emplois de France. Il est évident que de nombreuses zones du territoire sont totalement sinistrées.

Néanmoins, je suis "surpris" par les statistiques suivantes : 7 français sur 10 habitent dans leur ville de naissance. 9 femmes sur 10 habitent à moins de 10 km de leur maman....

Même si cela peut s’expliquer notamment par les soucis de garde des enfants, petits enfants, ils n’en demeure pas moins que le peuple français déteste la "mobilité".

Je constate ce fait, en aucun cas je plaide pour forcément plus de mobilité. Une France de propriétaires n’est pas compatible avec une France de gens mobiles. Tout cela est essentiellement culturel et depuis très longtemps.


Le 17 février 2012 par : grosben

Je ne remet pas en cause le fond de l’article mais je voudrais apporter quelques précisions au sujet de la panne de chauffage du Mirail, c’est là où j’habite. Il ne faut pas prendre les habitants pour des idiots, les pannes de chauffage étant assez fréquentes (les joies du collectivisme !), tout le monde a déjà chez lui un ou plusieurs chauffage d’appoint. Le problème est que les immeubles sont très mal isolés et la puissance limité du compteur électrique ne permet pas de chauffer correctement ne serait-ce qu’une seule pièce. De plus la coupure concerne aussi l’eau chaude et là c’est difficile d’installer un cumulus en urgence... J’ai pas spécialement suivi dans les médias le traitement de cette info mais pour le peu que j’en ai vu c’était vraiment du n’importe quoi journalistique. Ils n’ont montré que les cas soc’ disponibles dans la journée pour le reportage, alors que la majorité des gens ont pris leur mal en patience et n’ont pas réclamé quoi que soit. Ceux qui ont un métier dur et salissant, qui travaillent à l’extérieur et qui rentrés chez eux, ne pouvaient ni se laver, ni se réchauffer, eux ils en ont vraiment bavé. Pour l’anecdote, la mairie de Toulouse avaient mis en place des lignes de bus gratuites pour amener les habitants dans 5 gymnases chauffés équipés de lits de camp. Ils pensaient sérieusement que les gens préféreraient le dormirensemble au dormiraufroid, ça n’a pas loupé personne n’est venu dormir dans les gymnases !


Le 17 février 2012 par : Timtim

Bonjour excellent article, je me sens moins seul en lisant objectifecho :)

Bon par contre et là cela n’engage que moi, je suis très partagé entre

A) le cynisme absolu consistant à dire : " que quelque soit le niveau de solidarité nous aurons toujours des SDF" En effet une expérience, avec des rats devant chercher leur nourriture en nageant, montre que sur un groupe de 5 rats il y aura toujours 2 donneurs d’ordre, 2 esclaves et 1 indépendant. Sélectionnez 5 indépendants et mettez les dans une cage, alors il y aura à nouveau très rapidement la répartition 2,2,1. C’est une réaction que j’ai cru observer dans mes équipes... sous la pression d’un ’mauvais’ manager il y a toujours 1 rebelle pour euh... se rebeller. Quand ce rebelle s’en va alors un autre membre de l’équipe jusqu’ici soumis vient prendre sa place et se met à se rebeller. Bref avec le cynisme le plus absolu quelque soit les aides, le nombre de personnes aidées s’adaptent, elles consomment les budgets jusqu’à l’incapacité d’aider, engendrant ainsi autant de SDF à terme. Et pour être encore plus cynique c’est le même principe pour la famine dans le monde... La conclusion serait donc d’aider le moins possible... Mais bon ce n’est pas si simple car nous ne sommes pas des rats. Peut être finalement devrions nous faire en fonction de ce que notre société estime raisonnable en % de PIB (avec un budget à l’équilibre évidemment) ?

B) Mon côté bouffe (de certains) patrons qui me fait dire que les patrons ont les employés qu’ils méritent. Alors oui cette femme pourrait trouver un job mais quand je vois certaines pressions psychologiques exercées par des petits chefs il est parfois plus agréable de vivre dans sa voiture. Il est trop simple et déresponsabilisant de dire que les suicidés de tel ou tel entreprise étaient fragiles... comme si les managers n’y étaient pour rien. Il parait rassurant que notre système de protection force certaines entreprises à se remettre en question... J’en connais plusieurs et notamment une qui laisse ses salariés dehors par -3 parce-qu’une panne de cars ce n’est pas son problème. Pas étonnant que cette boite ai des difficultés de recrutement. Maintenant et c’est tout le dilemme il serait préférable que cela soit du à de la compétition entre deux jobs plutôt qu’entre 1 job et 1 aide


Le 17 février 2012 par : stemaie

Concernant l’assistanat en France, pensez ce que vous voulez mais remerciez le bon dieu qu’il existe encore car sans lui on ne pourrait pas faire vivre 65 millions de personnes ensemble avec les écarts de salaire qu’on connait surtout dans un pays sur le déclin. 30% du fonctionnement de l’état(entre autres,paiement des retraites, sécu, chomage....) est financé par de l’emprunt tous les mois, quand nous aurons atteint le point de non retour, les robinets du crédit vont se fermer et là croyez bien que même les révoltes en Grèce vont passer pour du pipi de chat à coté des évènements qui risquent d’arriver en France... Aujourd’hui on voit ces quelques SDF avec les yeux du dédain, demain nous pourrions en voir plusieurs millions avec la peur dans les yeux....


Le 18 février 2012 par : Patrick

Les humains... ils seront toujours étonnants sous toutes les latitudes et longitudes... !!!

En Inde certains ont très peu d’eau... Mais laissent les robinets ouverts et l’eau des citernes coule dans le sable... !!!

http://www.project-freebird.com/pag...

La gestion quotidienne de l’eau en Inde est un problème extrêmement lugubre. Après 4 semaines d’observations à travers plusieurs régions du pays, on s’aperçoit qu’il y règne un vrai problème d’eau. Les grands fleuves, tels la Yamuna qui traverse Delhi et s’écoule au pied du bien connu Taj Mahal, s’assèchent tous les ans un peu plus et croulent sous une pollution toujours croissante ; les villes en bordure de déserts ne reçoivent plus assez de précipitations ; le sud, bien que plus tropical, connaît des moussons extrêmement modérées. A cela vient s’ajouter une population en pleine expansion et un pays en pleine industrialisation (peu contrôlée semblerait-il) et on comprend bien pourquoi le pays court au drame humanitaire ! Comme si cela ne suffisait pas, le comportement des gens est loin d’être en adéquation avec le problème auquel ils sont confrontés. Deux exemples viennent parfaitement illustrer cette constatation :

1. A Pushkar, d’après les explications obtenues, le lac aurait été asséché de sorte à être approfondi sauf qu’une fois les travaux finis, l’eau n’est pas revenue, ceci étant du à une mousson particulièrement faible ! Aujourd’hui, la ville ne possède plus de lac à cause d’une erreur humaine.

2. Dans le désert, au large de Jaisalmer, les gens non pas l’eau courante et doivent se contenter d’eau de pluie et de puits. Il n’est donc pas nécessaire de dire que leurs ressources sont extrêmement réduites et pourtant … nous avons pu observer comment des gens ne ferment même pas le robinet de leurs citernes, laissant l’eau s’écouler dans le sable !?!

Alors comme se fait-il que ces gens, en manque d’eau, n’adaptent pas un comportement plus approprié vis-à-vis de cette ressource si précieuse ? Une des raisons est que presque aucune éducation n’est faite dans ce sens. Une autre raison possible viendrait du niveau de vie extrêmement bas d’une grande partie de la population, survivre au quotidien devient alors la seule priorité.

Il faut donc au moins deux approches différentes pour la gestion de l’eau au quotidien en Inde selon la classe sociale. Pour les plus aisés, et donc les plus grands consommateurs, sensibiliser au sujet de l’importance de cette ressource et leur apprendre à réduire leur consommation journalière (chose que nous avons faite lors de nos interventions à l’école française de Delhi) ; pour les moins aisés, il faudrait sûrement commencer par leur faire prendre conscience de l’importance de ne pas polluer l’eau.

Beaucoup, voire tout, reste encore à faire dans ce pays, mais il nous semble clair que celui-ci court vers une tragédie si aucun changement n’intervient à très cours terme.


Le 19 février 2012 par : Patrick

Décidément c’est le "sort" qui s’acharne sur N. Sarkozy... !

Sur son affiche de campagne il se fait représenter sur fond de Mer Egée... (avec le slogan "La France Forte" qui nous emmène vers la situation de la Grèce... => il est la risée d’internet...) Maintenant c’est le Yacht de son copain Stéphane Courbit qui coule en Mer Egée... Sans compter qu’il a commencé son quinquennat sur le Yacht de Vincent Bolloré...

Et le Costa Concordia qui coule avec tous ses étages au nom d’un pays européen...

Si ça se sont pas des signes... !!!

http://tempsreel.nouvelobs.com/soci...

VIDEO. Stéphane Courbit perd son yacht dans un naufrage en mer Egée

Créé le 19-02-2012 à 08h16 - Mis à jour à 20h27 65 réactions Le Nouvel Observateur

Par Le Nouvel Observateur Le "Yogi" était le plus grand yacht immatriculé en France. Le luxueux navire de l’homme d’affaires français n’aura même pas navigué un an.


L'auteur
Charles Sannat

Directeur des Etudes Economiques Aucoffre.com EX Chargé d’affaires chez BNP PARIBAS. Professeur d’Economie Internationale.

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