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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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Loic-Abadie

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Hausse des taux : un calcul tout simple pour en comprendre les effets

Audience de l'article : 2098 lectures
Nombre de commentaires : 1 réaction

Le petit calcul que je vais vous présenter sur les effets d'une hausse des taux longs dans différents scénarios d'endettement est à la portée d'un enfant de CM2. Et pourtant ses conséquences sont essentielles à comprendre dans le système économique actuel et son évolution.

 

  • Premier cas de figure : système normalement endetté

Prenez un système normalement endetté (un groupe de pays dont la dette globale est d'environ 80% du PIB. Je parle ici bien de dette globale, donc publique et privée), avec un PIB de 10 unités (l'unité pouvant représenter par exemple 1000 milliards d'euros).

 

La dette du système sera de 8 unités.

Soumettez le à une hausse des taux de 2% à 7% sur deux ans avec une inflation et une croissance du PIB au même niveau (je simplifie volontairement pour rendre l'explication simple à calculer)

Que va-t-il se passer ?

Avant la reprise de l'inflation : 

Le PIB est de 10

Les intérêts sont de 8*0,02 = 0,16

PIB restant après paiement des intérêts : 9,84

Après la reprise de l'inflation :

Le PIB nominal (avant intérêts) en année 2 passe à 10*1,07*1,07 = 11,45

Les intérêts payés sont de 8*0,07 = 0,56 (Je fais l'hypothèse simplificatrice que la dette initiale ne soit pas augmentée, dans la réalité elle augmente mais cela change assez peu les résultats)

PIB restant après paiement des intérêts : 10,89 unités, soit 9,5 unités en monnaie constante.

Conclusion : La hausse des taux a provoqué une petite baisse du PIB en monnaie constante (logique effet négatif de la hausse des taux et d'une reprise d'inflation sur l'économie), mais en monnaie courante le PIB continue de croître, et le poids de la dette par rapport au PIB tend à diminuer si on ne souscrit pas de nouvelle dette. La reprise de l'inflation et la hausse des taux sont donc soutenables dans ce système si celui-ci ne dépend pas trop du crédit pour assurer sa croissance future, et l'inflation finit par désendetter en douceur le système.

 

  • Second cas de figure : Un système endetté à hauteur de 320% du PIB (c'est le cas du système mondial actuel).  Notre stock de dettes passe à 32 unités pour 10 unités de PIB

Nous gardons les mêmes hypothèses que pour le cas précédent, avec une hausse des taux et du PIB nominal de 2% à 7% par an en deux ans.

Avant la reprise de l'inflation : 


Le PIB est de 10

Les intérêts sont de 32*0,02 = 0,64

PIB restant après paiement des intérêts : 9,36

Après la reprise de l'inflation :

Le PIB nominal passe à 10*1,07*1,07 = 11,45

Les intérêts payés en année 2 sont de 32*0,07 = 2,24 (Je fais l'hypothèse simplificatrice que la dette initiale n'augmente pas, dans la réalité elle augmente mais cela change assez peu les résultats)

PIB restant après paiement des intérêts : 9,21 unités, et 8,04 unités en monnaie constante.

Conclusion : Cette fois le PIB chute même en monnaie courante et s'effondre (-20%) en monnaie constante, et le ratio d'endettement (PIB courant / dette) augmente mécaniquement même si on ne souscrit pas de nouvelle dette. La hausse des taux n'est plus soutenable dans ce contexte !

 

Les enseignements de ce calcul sont simples à comprendre : 

Dans un système très endetté comme le système actuel, une hausse modérée des taux n'est pas un scénario "possible" sur le long terme. Elle enclencherait un cercle infernal dans lequel la hausse des taux provoquerait une forte chute du PIB, qui elle même provoquerait une hausse des ratios d'endettement de tous les acteurs du système, donc des faillites en cascade, encore plus de chute du PIB et une nouvelle hausse du ratio d'endettement du système. Les états tenteront alors sans doute d'enrayer la crise par le déficit et la planche à billet, ce qui rajoutera encore de la dette dans le système !

L'issue finale étant forcément hyperinflationniste (une hausse des taux d'inflation et du PIB en monnaie courante de 50 ou 100% / an finirait quand même par remettre les compteurs à zéro au bout de deux ou trois ans après de nombreuses faillites) après une première partie de crise déflationniste. Pour ces deux phases, il existe heureusement des stratégies à utiliser pour en profiter !

Quoi qu'il en soit, vous pouvez oublier le scénario du retour d'une inflation modérée à 5 ou 10% pour régler en douceur le problème du surendettement actuel du système. Il fonctionne dans un système endetté à hauteur de 60 ou 100% du PIB, mais à 320% du PIB c'est juste une utopie !

Pour finir, regardez maintenant la courbe des taux longs aux USA : C'est précisément un scénario de hausse des taux à long terme qui commence à se mettre en place, avec la cassure d'une tendance baissière qui était en cours depuis le début des années 80.

hausse taux us

 

 

 

 

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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire alex6 mercredi, 17 octobre 2018 06:19 Posté par alex6

    Toujours pas convaincu que le soucis viendra des taux d'interet, tout le monde sait que ca va remonter, c'est deja price.