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Vincent Benard

Vincent Benard

Vincent Bénard est analyste à l'Institut Turgot (Paris) et, depuis mars 2008, directeur de l'Institut Hayek (Bruxelles). C'est un spécialiste du logement et  de la crise financière de 2007-2008 (subprimes). Grand défenseur du libéralisme économique, Vincent décortique tous les errements des Etats providence !

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Sauvetage des banques irlandaises et espagnoles: où va l'argent ?

Audience de l'article : 4219 lectures
Nombre de commentaires : 7 réactions
Hier soir sur Arte, un bon documentaire sur le "sauvetage" des banques Irlandaises et Espagnoles, qui déroule la thématique suivante, que j'ai fait mienne depuis le début de la crise:

"Il faut laisser les banques faire faillite, leurs créanciers manger les pertes, et ne pas transférer les pertes aux contribuables. Dans une société libre et responsable, on doit bénéficier de son succès mais supporter le poids de ses échecs."

L'occasion de saluer Arte qui, sur nombre de sujets, ose donner un temps d'émission à des voix discordantes du politiquement correct majoritaire.

Voici la vidéo, 52 minutes. 

 


Si la vidéo ne s'affiche pas bien, voici le lien:
http://www.arte.tv/guide/fr/048116-000/quand-l-europe-sauve-ses-banques-qui-paye


Si vous n'avez pas le temps de regarder toute la vidéo, en  voici les grandes lignes :

- Les banques irlandaises ou espagnoles sont "sauvées" dans la plus grande opacité. Les listes de créanciers sont tenues secrètes, alors que des milliards d'argent public sont en jeu.

- Les créanciers sauvés sont en grande partie de grandes banques ou de grands assureurs Allemands, Français, ou d'autres pays considérés comme en meilleure santé que les autres au sein de l'UE. Lorsqu'un Wolfgang Schaüble (interviewé dans le documentaire) affirme qu'il est normal que les Irlandais paient pour leurs mauvaises dettes, il oublie juste de préciser qui était le dealer.

- Les pertes dans les bilans des banques espagnoles en cours de renflouage sont très sous estimées. Les investissements immobiliers fantômes sont encore comptés à un pourcentage ridiculement élevé de leur valeur initiale au sein de leurs bilans: anticiper de nouvelles pertes serait sage.

- Les officiels interrogés (Schaüble, Almunia, Guindos...) manient la langue de bois comme personne, mais n'utilisent in fine que la rhétorique de la peur pour justifier l'absence totale de transparente de leurs opérations.

- Le transfert des pertes des banques irlandaises sur les contribuables irlandais a été imposé au gouvernement irlandais à la suite d'un véritable chantage.

- Au final, quand les états irlandais et espagnols seront rendus insolvables par ces transferts massifs de mauvaise dette, alors ce seront les contribuables d'Europe du Nord qui seront appelés en renfort... Et la pression sur la BCE pour annuler les créances qu'elle détient deviendra très forte.

- L'Europe reste une grande idée, mais l'Europe des "bailouts" pourrait aboutir à la fin de l'UE, ce qui serait dramatique.

Le documentaire n'est pas parfait (J'aurais aimé qu'un banquier central hors union européenne, comme Mladjan Dinkic, nous explique que l'on peut parfaitement liquider des banques systémiques...), mais il dit l'essentiel de façon assez compréhensible même pour un non initié. Ceux qui avaient suivi mes papiers sur la crise souveraine apprendront peu de choses nouvelles, mais c'est une bonne entrée en matière sur un sujet que peu comprennent.

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Lire également:

- Sauver les banques sans spolier les contribuables, c'est possible : article 1 (agefi) | art 2
- Liquider une banque systémique, la méthode Dinkic

Le documentaire donne la parole à Juan Ramon Rallo, de l'institut Juan de Mariana, que je vous ai déjà présenté dans objectif eco, et qui propose (sans succès pour l'instant) au gouvernement espagnol une gestion ordonnée de la faillite de Bankia

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7 commentaires

  • Lien vers le commentaire Helios jeudi, 28 février 2013 16:25 Posté par helios

    Ce qui est bizarre c'est cette notion de "nationalité" appliquée aux banques. C'est un concept bizarre pour des gens censés vouloir la disparition des frontières et la liberté totale de circulation des capitaux. Cette "nationalité" ne semble avoir de sens que quand il faut éponger des dettes, à ce moment-là on demande des comptes à des gens qui ont rarement pris part aux décisions des banques en question, les rendant solidaires. Est-ce que BNP ou CA m'ont demandé mon avis avant de faire des investissements pourris ?


  • Lien vers le commentaire Fabulous jeudi, 28 février 2013 11:49 Posté par OSS

    Pure demagogie, le scandale espagnol ou irelandais est dans la meme lignée que l'Islande. Les mecs ont cru au mirage economique créé par Greespan de 2001 à 2007 alors qu'il n'existait pas ! l'argent facile et pas cher ca n'existe pas! Ils ont depensé, profité, pourquoi ne payeraient ils pas pour le bien etre passé ?
    On croirait les debats demago du PS

  • Lien vers le commentaire alex6 jeudi, 28 février 2013 01:41 Posté par alex6

    Merci Vincent, je me joins aux autres commentateurs pour vous dire a quel point j'apprecie vos articles, toujours spot on!

  • Lien vers le commentaire Balthazar mercredi, 27 février 2013 20:31 Posté par balthazar

    Je ne peux que me ranger derriere Brouxdeb sur la qualité de vos interventions

  • Lien vers le commentaire ROUX mercredi, 27 février 2013 15:22 Posté par brouxdeb

    c'est sympa de vous relire Vincent... vous vous faisiez rare ces temps-ci, alors que vous êtres AMHA un des contributeurs les plus avisés de cette tribune.

    Welcome back !