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Je suis naturellement grand, beau, j’ai le teint buriné par le soleil et le sourire enjôleur et des mocassins à gland, un très gros zizi et une absence totale de lucidité sur mes qualités et mes défauts !

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conquerirlabourse

Pendant qu’on parle de Fillon, on ne parle pas d’économie

Audience de l'article : 575 lectures
Nature de contenu : Edito
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Ces deux ou trois dernières semaines, au moins la presse n’avait-elle pas trop d’efforts à faire pour se trouver des sujets et une raison de vendre du papier puisque l’affaire Fillon remplissait facilement ses colonnes. Cependant, le reste du monde, nettement moins occupé à regarder le nombril politique de la France, a continué à tourner. Pour la France, cela ne signifie pas forcément de bonnes nouvelles…

En conséquence, la presse n’a relayé qu’un peu trop discrètement le dernier rapport de la Cour des Comptes.

En fait de rapport, c’est une véritable tempête de consternations, de puissants facepalms qui s’abat sur le lecteur moyen. Difficile en effet d’y trouver des motifs de réjouissance, tant l’accumulation de gabegies et d’incompétence compensent plus que largement toute amélioration que la Cour aurait pu trouver dans son étude.

Ainsi, on pourrait s’étaler en commentaires sur les contre-performances scandaleuses de la douane française qui accumule le n’importe quoi, n’importe comment au rang d’art dans ses passations de commandes pour divers moyens de transport, depuis les bateaux jusqu’aux avions où la gestion des contrats n’est plus ni faite, ni à faire.

petit facepalmAinsi, les sages de la rue Cambon estiment la facture de l’écotaxe à plus d’un milliard d’euros, et s’empressent d’y ajouter le fameux « manque à gagner » sans lequel la Socialie n’est plus vraiment elle-même, ce dernier se chiffrant tout de même à 10 milliards, le montant des recettes attendues si la taxe avait finalement vu le jour.

Qu’on prenne le plus petit ou le plus gros des deux chiffres, il reste en définitive que ce projet, réclamé par personne, lancé sous Sarkozy et signé avec gourmandise par Ayrault et Cazeneuve, va coûter au contribuable 1 milliard d’euros, et grèvera les pauvres finances publiques d’une dizaine supplémentaire. Sachant qu’en face, aucune réduction ou aucun ajustement des dépenses n’est envisagé, tout ceci se terminera comme d’habitude en France, non par des chansons, mais par un nouveau paquet de dettes.




Or, cette dette commence à inquiéter bien au-delà des quelques Français vaguement au courant de cette épée de Damoclès qui pendouille au-dessus de leur nez : depuis le début de l’année, le taux d’intérêt de l’emprunt d’État français à 10 ans (sur les OAT) est passé de 0,66% à 1,11% (une progression de 0,45 point) en seulement un mois, ce qui est bien plus rapide que les taux des emprunts allemands (+0,19 point), néerlandais (+0,26 point) ou espagnol (+0,33 point).


Bien évidemment, beaucoup pointent sur l’incertitude politique qui règne sur la campagne électorale française : les investisseurs étrangers ont bien du mal à imaginer la situation économique de la France à plus de quelques mois tant les pronostics sur le prochain président sont difficiles.

D’autant que, du point de vue étranger et en tenant compte des surprises passées du Brexit et de la victoire de Trump, une victoire de Marine Le Pen n’apparaît plus aussi improbable qu’avant. Cette dernière, ne faisant pas mystère de son désir de faire sortir la France de l’Europe, provoquerait une fois au pouvoir un tel chambardement à l’échelle internationale que ces investisseurs commencent à calculer, froidement, un tel risque en augmentant mécaniquement le taux d’intérêt de la dette française.

Alternativement, alors que s’érode la popularité de Fillon, qui a les faveurs de ces investisseurs, la probabilité de tomber sur Hamon au pouvoir n’est pas moins faible que pour Marine Le Pen. Là encore, cela suffit à rendre nerveux ceux qui doivent se projeter quelques années en avant et achètent (ou pas) de la dette française : compte-tenu du programme pas vraiment économique du candidat Hamon et de la véritable distribution de cadeaux et d’argent public qu’il entend mener, pas étonnant que le risque sous-jacent à la dette française augmente.

Parallèlement en Europe, la situation de la Grèce n’est pas non plus meilleure.

Ses finances toujours tendues, elle espère revenir sur les marchés d’ici à la fin de l’année pour bénéficier du « Quantitative Easing » européen. Dans quelques jours, la Grèce et ses créanciers doivent se réunir pour trouver un accord, et l’état de la situation économique grecque ne donnera guère de levier à Tsipras pour négocier : le FMI est plutôt pessimiste.

Enfin, à côté de la Grèce, la situation italienne n’est pas franchement meilleure. Si la dette publique y est moins forte que l’explosive dette grecque, les taux d’intérêt négociés pour son émission sont, eux aussi, à la hausse et contribuent à mettre l’ensemble de la zone euro sous pression.



Qu’il est difficile, finalement, d’intéresser les Français au sort de leur propre pays ! Si l’on s’en tient aux gros titres de la presse, tout le peuple semble tendu comme un seul homme pour l’échéance électorale pourtant encore distante de plusieurs mois ; il ne semble guère intéressé par les questions économiques, la bonne gestion du pays et la direction prise par les administrations et les services publics en matière de dépenses.

Pourtant, ces sujets, non contents d’occuper régulièrement les pensées de ces Français, devraient même être propulsés au premier plan de cette campagne dont la presse est si gourmande : après tout, c’est de l’avenir du pays, c’est même de l’avenir très concret des petites économies de chacun qu’il s’agit ici.

Malheureusement, ce constat ne semble effleurer ni les politiciens qui se gardent bien d’évoquer les questions en profondeur et nous bassinent d’analyses et de propositions sociétales vagues, ni les journalistes qui ne posent, finalement, aucune question économique gênante au gouvernement en place, ni à la majorité agissante actuelle, ni aux candidats dont on demandera d’abord le patrimoine ou les habitudes sexuelles bien avant de s’enquérir de leurs capacités réelles à mener la France ailleurs qu’au fond du gouffre.

La médiocrité de l’actuelle campagne électorale, dont tous les sujets d’importance ont été évacués à coup de polémiques périphériques, risque bien d’accoucher d’un président médiocre, choisi plus par défaut que par élan populaire et la moindre volonté d’affronter le péril en face. Le prochain quinquennat verra un président devant affronter une situation économique catastrophique pour la France et probablement très détériorée pour l’Europe.

Forcément, ça va bien se passer.




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