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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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Loic-Abadie

Le moteur des crises, et les tendances de nos sociétés sur les années à venir

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Je vous propose ici une suite à cette vidéo pour approfondir ce qui déclenche les grandes impulsions et reculs économiques et sociaux de nos sociétés, et faire un point sur la situation actuelle en Europe.

Quelques principes auxquels je crois : 

- Les alternances de phases d'expansion et de recul sont en grande partie liées à des variations du sentiment de foule dominant (optimisme / pessimisme), à divers échelles. (théorie socioéconomique de Prechter).

- Elles sont endogènes : chaque grande impulsion contient déjà en son sein le recul qui suivra et inverserment.

Par exemple l'excès de pessimisme du marché baissier 1929-1945, par les extrêmes auxquels il a abouti (fascime, guerres) a abouti en réaction à l'excès d'optimisme suivant (euphorie de l'humanisme universaliste, du vivre ensemble, de la mondialisation rapide, et de la croissance à crédit). 

De la même façon, les excès d'optimisme associés à la vague universaliste, et leurs conséquences néfastes (immigration non sélective, vision utopique et naïve de la justice, des droits de l'homme et de la construction européenne, bulles de crédit généralisées par perte de conscience du risque),  sont en train aujourd'hui de créer la crise qui suivra et le prochain excès de pessimisme.

- Il est impossible de "réguler" ces impulsions et reculs, parce que les régulations éventuelles sont liées au sentiment de foule dominant : On "régule" après une crise quand cela ne sert plus à rien (tout le monde est naturellement prudent après une crise !), et on fait sauter les régulations quand l'excès d'optimisme se développe (perte de conscience du risque) au moment où elles seraient le plus nécessaires. C'est simplement la nature humaine qui est ainsi faite.

- Comme pour la météo, ces successions de phases sont en partie prévisibles, mais de façon limitée par leur nature fractale et chaotique.

- Bien entendu les théories du complot diverses sur ce sujet sont absurdes parce qu'aucun comploteur ne peut avoir l'intelligence nécessaire pour prévoir et maîtriser sur le long terme un système aussi complexe qu'une société humaine.

La réaction d'un Macron début décembre face à une agitation sociale somme toute encore bien modeste était nettement plus proche de celle d'un enfant apeuré qui ne comprenait rien à ce qui lui arrivait et découvrait qu'il existait un monde différent de celui des bobos parisiens que de celle d'un "brillant comploteur" !

Maintenant qu'en est-il de la situation actuelle ?

Si on analyse la situation au regard du tableau de cette vidéo , je pense qu'il y a une particularité dans la société actuelle, à savoir un sentiment de foule qui est dédoublé.

La vague de croissance de fin de supercycle (depuis les années 1980 aux USA et les années 90 en Europe) a été en grande partie une croissance provoquée par la consommation à crédit et les politiques de relance. Ces politiques ne créent que très peu de richesses réelles, et créent beaucoup de bulles d'actifs.

Ce document de la FED montre bien ce qui se passe : 

percentile

 

En dollars constants, les ménages des classes les moins riches et des classes moyennes (percentiles 0 à 60%) n'ont connu aucun enrichissement sur la période au niveau de leur patrimoine sur une durée de 27 ans !

Seuls les 10% les plus riches ont vu leur richesse réellement augmenter fortement...augmentation qui est d'ailleurs en grande partie illusoire, parce qu'entièrement provoquée par les bulles d'actifs gonflées par les banques centrales, qui se dégonfleront à la prochaine crise.

Notez bien au passage que cette situation de création de richesse illusoire, qui ne profite qu'aux fractions les plus favorisées d'une société, n'est en aucun cas la conséquence d'un "libéralisme" qui n'existe nulle part mais de l'intervention des états et banques centrales qui gonflent les bulles d'actifs par leurs politiques de relance par la dette et la création de monnaie.

La conséquence est qu'une partie de la société (une grande partie des classes pauvres et moyennes) a en réalité déjà basculé dans la phase suivante, c'est à dire la fin du cycle de croissance, pendant qu'une autre profite encore des derniers instants de la fin du cycle de croissance en cours, et essaie tant bien que mal de le maintenir à flot.

La part qui a basculé voit donc son sentiment de foule aller vers de plus en plus de pessimisme : Cela se traduit par exemple par la progression des courants souverainistes à l'échelle mondiale, par un scepticisme grandissant vis à vis des théories universalistes et mondialistes (que personne n'aurait remises en cause dans les années 60 au moment où le super-cycle de croissance qui a débuté en 1945 était encore sain et à son apogée), et par une montée en puissance de théories du complot diverses (les pensées magiques / ésotériques étant corrélées à un sentiment de foule pessimiste, alors que les pensées rationnelles l'emportent en sentiment optimiste).

Les "gilets jaunes" français sont une expression de plus de cette tendance.

L'autre catégorie, qui profite encore du cycle en cours est elle encore en mode "sentiment optimiste" : elle croit toujours à l'Europe fédérale, à l'universalisme, à une version "bisounours" des droits de l'homme et de l'immigration, au fait que les banques centrales pourront entretenir indéfiniment la croissance.

Mais au sein de ces deux catégories, les "gilets jaunes" ont déjà gagné quelque part, ce n'est qu'une question de temps. Je ne porte aucun jugement de valeur là dessus, c'est une simple prévision pour moi : ils ont "gagné" simplement parce que leur sentiment de foule est en avance dans le cycle économique sur celui de l'autre catégorie (très schématiquement les "bobos de grande ville").

Quelles conséquences pratiques pour l'investisseur à long terme au delà de la phase "marché baissier" qui peut être une vraie source de profits si vous savez l'exploiter ?

- Il faut s'attendre à voir un coup d'arrêt à la construction européenne, et peut-être la fin de l'euro. Pas pour tout de suite, mais c'est une chose possible d'ici quelques années au point bas de la crise.

- Les idées souverainistes déjà fortes en pré-crise devraient s'imposer dans une majorité de pays. Si jamais ces idées devaient être portées par un parti de gauche radicale, il y aurait une menace directe pour votre épargne et votre patrimoine, d'où la nécessité d'avoir préparé la mobilité de son patrimoine avant que cela n'arrive. Ce n'est pas du tout certain évidemment, mais autant y être préparé.

- Si vous avez une vocation de "gourou" et adorez les théories du complot et l'ésotérisme, il y aura de grandes opportunités pour vous dans ce secteur vu la psychologie des foules à venir. Ce n'est malheureusement pas mon cas ;-)

- Les idées protectionnistes vont avoir le vent en poupe également. Les sociétés du domaine de la surveillance et de la défense, ainsi que celles du secteur primaire (agriculture / pêche / mines) devraient en bénéficier. Les multinationales beaucoup moins.

Voilà pour ces quelques premières idées, à affiner bien sûr au fur et à mesure que le retournement de cycle progressera !

 

 

 

 

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