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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

Charles-Sannat

«Edition spéciale baisse des marchés!»

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Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Cela n’aura échappé à personne mais au moment où j’écris ces lignes, il est environ 17h00. Je ne connais donc pas les chiffres exacts de clôture mais peu importe, la tendance est là. Partout baissière.

Je vous propose donc ce dossier spécial, beaucoup plus long que d’habitude car je le souhaite exhaustif sur ce qui se passe et sur ce que nous sommes en train de vivre. Pour nos lecteurs fidèles, vous reconnaîtrez certains passages de certains éditos puisque nous avons déjà écrit énormément de choses sur tous ces sujets.

Un constat : tout baisse !

Les marchés actions chutent sérieusement. Ce n’est pas un krach. Ceux qui ont vécu ces dernières années un peu en Bourse n’ont pas oublié en 2008 les chutes à deux chiffres des principaux indices… En une séance !

Le pétrole et l’énergie au sens large baissent largement.

L’euro s’affaiblit face au dollar.

Les taux d’intérêt sur les obligations souveraines sont en forte augmentation.

L’or, l’argent et de façon générale toutes les matières premières trébuchent, et fortement pour l’or.

Voilà pour les constats. Maintenant essayons de reprendre, de décrypter et de comprendre tout cela.

Je vais largement détailler dans ce dossier l’ensemble des paramètres qui influent sur la situation actuelle mais pour ceux qui n’auraient pas le temps de lire l’ensemble de ce dossier je vous propose cette petite synthèse en quelques lignes.

QUE RETENIR DE CES 10 PAGES ?

Il y a trois éléments qui influent sur le prix de l’or depuis 10 ans.

- La demande industrielle. Impact négligeable sur le prix de l’or. Disons que lorsqu’il n’y a que ce facteur l’or vaut 300 dollars l’once.

- Le risque hyperinflationniste. Impact massif et très fort qui explique 99 % de la hausse de l’or durant cette dernière décennie.

- Le risque d’insolvabilité. Impact quasi inexistant pour le moment car personne ne veut prendre en compte le risque pourtant réel d’insolvabilité généralisée des État, c’est-à-dire en d’autres termes une énorme faillite mondiale et simultanée de presque tous les pays !

L’arrêt annoncé, mais je dis bien annoncé, car il y a une différence majeure entre annoncée et avérée… Lorsque « je verrai de mes yeux vus » la FED stopper ses injections de monnaies alors j’y croirai. Pas avant, car pour tout vous dire je pense que la FED et toutes les autres banques centrales sont prisonnières des taux bas. Donc elles ne peuvent pas cesser ces injections. En revanche, elles peuvent déclencher les raisons qui rendraient leur poursuite nécessaire à tout prix.

Il faut que tout le monde exige la reprise des injections !


Je pense que c’est là l’essentiel. Aujourd’hui, certains s’inquiètent du risque hyperinflationniste. Il n’y a plus de consensus sur la création monétaire massive.

Pour que ce consensus revienne, il faut quelques raisons suffisantes pour que les bénéfices à court terme l’emportent sur les risques hyperinflationnistes à moyen et long terme.

Une dépendance réelle de l’économie aux injections monétaires

Tous les intervenants sur les marchés ont bien compris que nous ne vivons qu’une illusion de reprise économique. Il n’y a pas, et il n’y a jamais eu depuis 2007, de retour à une croissance saine, autonome et durable. La fameuse croissance américaine a fait long feu et il devient de plus en plus difficile de faire croire que tout va beaucoup mieux.

Tout, absolument tout, repose sur une nouvelle montagne de dettes créées afin d’ensevelir la montagne précédente. C’est tout cet édifice du mensonge économique qui se fissure avec l’arrêt éventuel des quantitative easing. Au bout du compte, et si la FED persiste dans cette voie, alors le krach sur les marchés actions et, encore plus grave, obligataires sera magistral.

Si les obligations s’effondrent, c’est l’ensemble des épargnants et des retraités du monde entier qui seront touchés avec un effet d’appauvrissement majeur. Mais avant que cela ne se produise, les banques et compagnies d’assurance qui ont obligation d’investir dans les obligations d’État leurs fonds propres verront leurs réserves disparaître. Ce sera l’ensemble du système financier qui explosera et le retour du risque systémique.

À partir d’un certain seuil, en quelques jours seulement, le système bancaire s’effondrera. Les autorités monétaires vont-elles, après tous les trésors d’ingéniosité qu’elles ont déployés depuis 5 ans, laisser faire… sans rien faire ?

Je ne le crois pas.

Je pense que Ben Bernanke subit des pressions fortes pour cesser cette politique. Mais nous sommes déjà allés trop loin. Si nous cessons ces injections alors tout disparaîtra dans un immense fracas.

Les politiques, les marchés, les investisseurs, les économistes, les peuples supplieront que l’on réouvre les vannes de l’impression monétaire. Et comme il n’y aura pas le choix pour éviter le pire à court terme, les vannes s’ouvriront à nouveau.

À court terme, tout cela risque d’être très pénible pour les cours du métal jaune. L’or pourrait aller tester de nouveaux plus bas. La résistance graphique majeure se situe globalement sur le seuil des 1 000 dollars l’once. Il est possible que nous nous dirigions sur ces niveaux.

Dès lors, il y a deux possibilités et chacun choisira celle qui lui correspond le mieux car les deux se justifient parfaitement.

La première stratégie pour les détenteurs d’or est de ne rien faire. De tout conserver puisque plus que jamais, nous dansons sur un volcan qui peut exploser à tout moment. Dans ce cas, vous prenez le risque de constater une perte potentielle de 20 à 30 % supplémentaire par rapport aux cours actuels.

La deuxième stratégie consiste à revendre son or au plus vite. Conserver le cash en banque. Attendre que l’or continue sa correction de 20 à 30 % supplémentaire et de se repositionner aux alentours de 1 000 dollars l’once.

Le risque dans cette stratégie est triple.

Premièrement, rien ne dit avec certitude que nous irons aussi bas et il suffit que Ben Bernanke prenne le micro dans deux jours en disant « je vous ai compris » pour que tout reparte aussi sec à la hausse, la Bourse comme l’or.

Deuxièmement, si vous sortez de l’or alors vous aurez du cash. Votre cash sera donc soumis au risque bancaire, au risque de « chyprage » qui peut survenir à tout moment.

Troisièmement, rien ne dit ni ne vous assure avec certitude de pouvoir vous repositionner à temps sur l’or.

En conclusion, j’ai déjà exprimé ma vision personnelle à ce sujet et je vous la redonne. J’ai de l’or parce que la situation est grave. Très grave. Qu’elle est explosive. Et parce que je ne connais pas le moment de l’explosion, je conserverai mon or quoi qu’il arrive et quel que soit son cours. Mais cela a un corollaire. Je supporte une moins-value potentielle latente qui, soit dit en passant, m’empêche beaucoup moins de dormir que les conséquences prévisibles d’un effondrement total de nos économies qui me donnent quelques cauchemars (d’où l’idée du plan épargne boîte de conserve).

En réalité, il n’y a pas de bonne solution pour un détenteur d’or. Soit vous en sortez au risque ne plus jamais pouvoir y revenir, soit vous y restez et vous risquez de contempler vos pertes quelques temps encore.

Vous pouvez aussi faire du 50/50 et ne sortir que la moitié et pas la totalité au cas où… Enfin, vous pouvez faire comme moi. Les bons mois, on achète quelques piécettes d’or supplémentaires. Les mauvais mois (en terme d’épargne), quelques pièces d’argent et on accumule sans se poser de question. C’est à mon sens la meilleure façon de faire et ce, quel que soit l’actif concerné. Celui qui accumule des actions Air Liquide depuis 40 ans… est à la tête d’une véritable fortune.

En tout état de cause, cette forte chute des marchés sur laquelle j’attire votre attention depuis plusieurs mois était parfaitement prévisible. Nous y sommes. Nous ne connaissons pas l’ampleur de la glissade. Mais tout cela vous prouve, s’il en était besoin, l’extrême nervosité des marchés et des investisseurs. Pourquoi ? Parce que les risques n’ont jamais été aussi élevés, ce que Jacques Attali est encore à nouveau en train d’expliquer dans tous les médias.

« L’édito du 19 février 2013 intitulé Merci Mario, l’or baisse et alORs »

Je vous reproduis ici les passages les plus importants. Il faut impérativement que vous remarquiez, car la similitude est frappante, les paroles prononcées à cette époque par Mario Draghi sur les bulles. Il y a quelques jours Ben Bernanke a prononcé mot pour mot exactement les mêmes ! C’est important que vous relisiez tout ça afin d’être en mesure de prendre du recul et de pouvoir éliminer les bruits de fond.

Tout commence aujourd’hui par la dernière intervention de Mario Draghi, notre grand argentier devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, à Bruxelles (pas d’ironie c’est le surnom donné aux gouverneurs des banques centrales à travers la planète) qui a provoqué une belle baisse sur le métal jaune qui se situe en plus sur des seuils graphiques très importants.

La BCE ne devrait pas aider l'économie à repartir à nouveau

Mario Draghi, le Gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), a parlé. Ce qu’il a dit est mauvais. Très mauvais pour l’or. L’essentiel de son message se résume avec l’idée suivante, que la monnaie doit être forte, que les politiques monétaires ne peuvent pas utiliser ni la planche à billets ni les taux bas pendant de grandes périodes impunément et sans que cela ait de conséquences. Je suis parfaitement d’accord avec lui et c’est pour cela justement que je suis un acheteur invétéré d’or (en plus ça brille et c’est beau).

Alors voici les petits moments choisis de l’intervention de Mario.

« La BCE est consciente des défis que soulève une longue période d'une politique de taux bas et d'une abondance de liquidités. »

« Les faibles taux d'intérêt risquent d'affecter la capacité des épargnants et des investisseurs à générer des rendements, notamment pour les compagnies d'assurance et les fonds de pension. »

« Des taux d'intérêt bas pendant une longue période, couplés à une abondance de liquidités en circulation, facilitent des prêts de refinancement à coûts très faibles ce qui peut conduire les banques à être moins prudentes dans la gestion du crédit, et peut encourager la formation de bulles spéculatives, en particulier dans l'immobilier. »

C’est exactement cela que redira Ben Bernanke, le gouverneur de la FED, il y a quelques jours.

« En assurant la stabilité des prix, la politique monétaire a contribué à des conditions financières plus stables. C'est essentiel pour les épargnants et les investisseurs. La politique de la BCE reste accommodante. »

« Soyons clairs : des changements de politique de taux d'intérêt ne sont pas normalement le meilleur instrument pour répondre à des déséquilibres financiers. Si ces déséquilibres ne menacent pas directement la stabilité des prix au niveau de l'ensemble de la zone euro, c'est aux États d'y faire face. »

Enfin, Mario Draghi a indiqué qu’il « était très exagéré de parler de guerre des devises ».

« J'invite tout le monde à adopter une stricte discipline verbale (sur les taux de change). Moins on en parle, mieux ce sera », a conclu Mario Draghi sur ce sujet.

La politique monétaire actuelle est bien la chronique d’une catastrophe inflationniste annoncée

Premier enseignement, nous sommes pour une fois tous d’accord. Effectivement des taux bas, l’injection massive de liquidités, et la création monétaire ne sont pas des politiques normales ni sans risque. Oui cela conduit à la création de bulles spéculatives dévastatrices comme la bulle immobilière dont il parle (mais rassurez-vous il n’y a pas de bulle immobilière en France, nous, c’est différent), ou encore celle des marchés actions qui sont gonflées à l’hélium et à l’hydrogène qui va finir par nous exploser à la figure.

Deuxième enseignement : nos grands « zamis » allemands qui n’y sont sans doute pas pour rien me semblent avoir sifflé la fin de partie monétaire. Fini la facilité. Message implicite adressé à la France qui ne veut plus faire des 3 % une limite intangible et qui devra se débrouiller seule.

C’est cela le message diplomatique subliminal délivré lorsque Mario dit que « si ces déséquilibres ne menacent pas directement la stabilité des prix au niveau de l'ensemble de la zone euro, c'est aux États d'y faire face ».

On va devoir se débrouiller sans l’aide de la BCE.

Troisième enseignement, l’euro fort n’est pas un problème pour l’Allemagne, qui a parfaitement conscience du fait que ce n’est pas l’euro qui est trop fort mais bien toutes les autres devises qui commencent à ne plus valoir tripette… Et c’est ce qui arrive lorsque l’on imprime trop la même quantité de billets. Tout le monde a déjà joué cette partie de Monopoly où, à la fin, la banque n’a plus d’argent, alors les gamins comme les grands commencent à tenir des ardoises vis-à-vis de la banque… Seule façon que la partie continue encore et encore sinon le jeu s’arrête.

Retenez donc que l’économie est aussi simple qu’une partie de Monopoly, surtout en ce qui concerne les aspects monétaires.

Il n’y a pas de guerre des monnaies mais un effondrement des monnaies, nuance !

Quatrième enseignement, maintenant que la situation recommence à devenir grave (bien qu’elle n’avait en réalité jamais cessé de l’être), il serait temps de se taire… Mario n’ayant pas osé dire de mentir. Donc il n’y a pas de guerre monétaire.

Lorsque l’on y pense, il n’a d’ailleurs par fondamentalement tort. Ce n’est pas une guerre monétaire à laquelle vous assistez mais à l’effondrement des grandes monnaies partout à travers la planète, et Mario Draghi est parfaitement au courant.

Cinquième enseignement, comme on tourne en rond depuis maintenant cinq ans et le début de cette crise (qui je vous le rappelle est finie, n’est-ce pas), on se repose la question de savoir si l’euro va exploser, ou si l’euro va être sauvé notamment grâce à la pression allemande qui souhaite que sa monnaie continue à valoir quelque chose.

Voilà de quoi nous parlions en Février 2013…

Ensuite, je souhaitais vous remémorer l’édito du 24 mai 2013, il y a peine un mois, lorsque les marchés au Japon ont commencé à trembler justement en raison des craintes de voir l’arrêt de l’impression monétaire.

« La peur du Big One ! »

J’avais consacré l’édito du 14 mai dernier du Contrarien Matin à « la bulle finale ». Voilà ce que je disais il y a presque quinze jours sur la notion de peur qui, quand elle disparaît, montre et démontre que nous sommes en pleine bulle financière :

« La définition d’une bulle, c’est lorsque les « zinvestisseurs » n’ont plus peur de rien, qu’ils n’ont plus peur de perdre, qu’il y a un sentiment général où on ne « peut que gagner ».

C’est une définition simple, très simple, mais c’est la meilleure. Lorsque le sentiment de peur s’efface, que l’on ne pense que pouvoir gagner à tous les coups alors la catastrophe n’est jamais loin.

Le sentiment de peur fait partie de tout être humain. L’absence de ce sentiment est, en terme psychiatrique, une pathologie. L’homme a peur parce que la peur lui donne conscience du danger. Avoir conscience du danger est la base de la survie dans le règne animal… et humain !

Lorsque l’on ne perçoit plus le danger, on peut dire que nos sens physiques ou psychiques sont altérés et cela aura pour conséquence directe une diminution considérable de notre espérance de vie. »

Un beau gadin au Japon !

Dans la nuit, l’indice phare de la Bourse japonaise le Nikkei a terminé en baisse de 7,32 % ce qui s’appelle un krach.

Graphiquement, c’est même assez extraordinaire ce qui s’est passé à Tokyo puisque qu’en début de séance l’indice a en réalité commencé par inscrire un plus haut et un nouveau record historique… suivi d’une dégringolade également historique où, à la clôture, plusieurs jours de hausse ont été effacés, sans oublier que tout cela s’est fait dans des volumes également historiques.

Pour rester dans l’histoire, il faut savoir que ce genre de configurations techniques signe en général un renversement durable de tendance sur fond d’un retour de la peur.

La peur, le retour !

Cela ne trompe pas. Après avoir progressé de plus de 50 % depuis le début de l’année, ce qui est une hausse totalement irrationnelle, le marché japonais semble avoir retrouvé la sensation de peur.

Cette baisse prouve également la fragilité de cette hausse qui ne repose sur aucun fondamental sérieux ou crédible de retour de la croissance.

La peur de la fin des injections quotidiennes de monnaie

Hier, les minutes de la FED, c’est-à-dire le résumé des débats entre les différents membres du Board de la FED, ont été rendues publiques. Et là, panique sur les marchés puisque de plus en plus de gouverneurs souhaitent l’arrêt de la création monétaire illimitée… Tout en sachant que Ben Bernanke, le gouverneur en chef, disait hier devant le Congrès américain que stopper trop vite les quantitative easing pouvait poser quelques problèmes majeurs à la reprise économique.

Et c’est tout le problème des autorités monétaires partout à travers le monde (c’est un peu moins le cas en Europe) qui sont tombées dans le piège des taux bas et de la création de fausse monnaie.


La question devient : comment en sortir ?

Avant d’aborder le comment, voyons d’abord le pourquoi ! Pourquoi sortir de ces politiques dites non-conventionnelles ? Pour une raison finalement assez simple. Ce n’est pas la monnaie qui crée la richesse mais la richesse qui crée la monnaie.

Pour comprendre ce concept économique de base, utilisons l’image employée par Olivier Delamarche dans sa dernière intervention sur BFM Business et qui disait pour un autre sujet que « ce n’est pas la queue qui remue le chien mais le chien qui remue la queue » !

En clair, injecter trop de monnaie ne peut avoir comme conséquence à terme que la dévalorisation de cette monnaie et donc de l’hyperinflation. Tout le monde le sait ! Y compris les gamins qui font une partie de Monopoly et qui, pour la faire durer, pillent la banque puis finissent par faire ce que fait Ben Bernanke… imprimer des nouveaux billets ! C’est la seule façon de rendre solvable les joueurs qui ont déjà perdu pour que la partie puisse continuer sans fin… C’est ce que nous faisons, avec une grande différence : nous ne sommes pas dans un jeu !

Alors pourquoi en sortir ? Parce qu’à aller trop loin, nous déclencherons un tsunami hyperinflationniste qui ruinera tout le monde dans un bain de sang monétaire à la République de Weimar.

Maintenant comment en sortir ?

Tout d’abord, en essayant de préparer les esprits progressivement dans un savant dosage de communication avec un jour où je dis on va arrêter peut-être dès juin 2013, puis le lendemain en disant que non ce ne sera sans doute pas juin, puis en disant que ce sera juillet… On attend les réactions des marchés et en fonction on réajuste le discours. Au bout d’un certain temps et d’un nombre indéfini de séances boursières en yo-yo, les intervenants finiront par s’habituer à ce nouveau discours et répéteront à l’envie comme les crétins lobotomisés qu’ils sont « ben oui c’est normal comme l’économie va mieux que bien faut arrêter tout ça et tout se passera bien… »

Le petit hic, bien visible hier au Japon, c’est que l’on visualise bien ce que l’on dit depuis plusieurs mois à savoir que cette hausse ne repose que sur l’argent gratuit imprimé par les banques centrales. Il n’y a rien de sérieux et de solide économiquement derrière tout ça.

Le problème précisément c’est que l’économie ne va pas mieux !

Et il est bien là le problème majeur. Il n’y a aucune croissance saine, durable et autonome que les gouverneurs de banques centrales ont réussi à créer avec ces politiques. Rien, que de nouvelles bulles qui menacent la stabilité de l’économie mondiale de façon systémique.

Une situation rare sous vos yeux !

Les marchés boursiers baissent fortement. Au même moment, l’once d’or cotée monte de presque 2 %, ce qui est très rare lorsque les marchés boursiers s’effondrent. Normalement l’or doit baisser, or il monte.

Pourquoi ? Ce n’est pas tant l’explosion de la bulle boursière que les investisseurs redoutent mais l’explosion de la bulle obligataire et donc d’une part de la capacité des États à se financer et d’autre part la remise en cause de l’ensemble des placements à travers la planète qui sont en très grande majorité investis en obligations d’État.

Mais ce n’est pas tout. Un krach obligataire c’est aussi ravageur pour le bilan… des banques ! Et quoi qu’en dise notre président de la République, qui n’a toujours rien compris (il faut dire que si c’est Moscovici qui lui fait la leçon on est vraiment mal) et pour qui la crise financière est finie, elle pourrait bien recommencer !

Non seulement elle pourrait recommencer mais surtout le risque systémique est réel et tout peut vaciller en quelques semaines. Pourquoi ?

Mais parce que les banques sont bourrées d’obligations d’État qui ne vaudront plus tripette si les banques centrales cessent leurs injections illimitées (ce qui permet de maintenir les taux au plus bas), puisque les taux d’emprunt des États exploseraient à la hausse, que les obligations émises ces dernières années à un taux réel négatif s’effondreraient, massacrant l’épargne des gens, et le bilan des banques et des compagnies d’assurance, en faillite, feraient appel à l’État surendetté qui ne pourrait plus sauver personne… d’où l’idée sans doute de la dernière directive européenne qui consiste à dire que ce qui s’est passé à Chypre deviendra la nouvelle norme dans le futur. Futur qui pourrait être plus proche que ce que l’on croit.

L’or c’est LE refuge ultime !

Du coup, l’or joue à plein ce rôle de refuge ultime et ce mouvement risque de s’amplifier si la baisse se poursuit et si les autorités monétaires ne ramènent pas le calme rapidement.

Les « zinvestisseurs » étant des crétins binaires et monomaniaques

Ils ont une vision en noir et blanc des choses. Soit ils chaussent leurs lunettes roses et toutes les nouvelles leur font acheter tout et n’importe quoi et à n’importe quel prix, soit ils sont pessimistes et quelle que soit la nouvelle, elle sera interprétée dans son acceptation la plus négative, le tout sur fond d’utilisation massive de robots boursiers travaillant à la milliseconde, ce qui amplifie tous les mouvements.

Est-ce le Big One ?

Reprenons les faits. L’or physique est au plus bas et les primes sur les pièces sont très faibles. Avec un Napoléon 20 Francs cotant moins de 215 euros, nous sommes dans des niveaux de prix très attractifs.

Vous l’aurez donc compris : marchés qui baissent, or « papier » qui monte alors qu’il devrait baisser, et or physique au plus bas depuis presque deux ans notamment sur les pièces de monnaies.

C’est une configuration rarissime qui se présente aujourd’hui… sous vos yeux.

Pour ceux qui étaient en attente ou qui souhaitaient renforcer, sans contexte, c’est le moment. Ne perdez pas de temps car l’or physique pourrait ne pas aller beaucoup plus bas.

Pour ceux qui pensent que nous pourrions vivre les prémices du Big One monétaire et financier – ce qui pourrait être le cas puisqu’Hollandouille nous disait l’inverse la semaine dernière mais nous ne pourrons jamais le prévoir avec certitude sans le prévoir à de multiples reprises à tort –, alors en plus de vos piécettes n’oubliez pas le célèbre PEBC (Plan Epargne Boîte de Conserve). Même ma femme est à l’heure actuelle en train de faire les comptes de MES boîtes de conserve qui sont subitement devenues les siennes… Que voulez-vous… c’est de toute façon elle qui commande à la maison !

Allez je vous laisse, Carrefour est ouvert et il paraît qu’il y a des promotions ! Car je ne sais pas si c’est le Big One, mais si c’était le cas je préfère prendre mes précautions avant. Une vieille leçon de vie enseignée par mon grand-père paysan. « Toujours être préparé au pire et profiter du meilleur. Un homme averti en vaut deux mon garçon mais un homme préparé en vaut quatre. Tu t’en voudras rarement d’avoir pris trop de précautions ! »

Beaucoup plus récemment, le 13 juin j’écrivais un édito intitulé L’or dort et le réveil se profile… Je dois vous avouer que pour le réveil, vu les performances d’aujourd’hui, nous repasserons un peu plus tard et nous allons continuer la sieste. Mais, comme le dis le proverbe… il faut se méfier de l’eau qui dort.

L’or est mou, c’est fatiguant !

Voilà mon sentiment sur les cours de l’or et je suppose que pour vous, ce doit être relativement similaire.

Alors quelles sont les raisons fondamentales qui expliquent cette mollesse de notre métal jaune préféré ?

La réponse tient dans le triptyque « Récession, Déflation, Dépression ».

Les marchés n’anticipent pas à plusieurs années ni même à un an mais tout au plus à 6 mois. Au-delà de 6 mois, toutes les anticipations deviennent totalement hasardeuses.

Aux États-Unis

Après avoir monté sur des injections massives de liquidités, les marchés se rendent compte que la croissance américaine tant vantée tient du mythe plus que de la réalité.

Créations d’emplois dans l’industrie qui ne repartent pas et restent proches de leurs plus bas niveaux historiques.

Une reprise du crédit pour de mauvaises raisons (les Américains s’endettent pour payer leurs soins médicaux, c’est le deuxième motif d’emprunt aux USA, ou pour payer le remboursement de leur crédit étudiant…).

Selon une étude (américaine et sérieuse), à ce rythme, le taux de chômage US sera sous les 7 % pas avant… 2020, c’est-à-dire dans 7 ans. Ce n’est pas une reprise fulgurante.

Le déficit américain semble s’améliorer certes, mais c’est au prix d’une augmentation des impôts et d’une baisse des dépenses, ce qui a un effet récessif important sur l’économie pour le moment compensé en grande partie par les interventions de la FED, la Banque centrale américaine, qui imprime et imprime encore.

Le problème c’est que même la FED commence à vouloir essayer de limiter ses impressions monétaires pour ne pas continuer à alimenter des bulles financières sans fin, raison pour laquelle elle essaie tant bien que mal de piloter le plus finement l’arrêt de ces injections en essayant de ne pas provoquer un krach brutal.

Inutile de vous dire que, pour le moment, ce qui menace aux États-Unis, ce n’est pas l’inflation mais bien notre triptyque « Récession, Déflation, Dépression », et ce n’est pas bon pour l’or à court terme (mais « excellent » à moyen terme).

En Europe, c’est la catastrophe économique !

En Europe, le triptyque « Récession, Déflation, Dépression » est carrément à l’œuvre. En Grèce bien évidemment, puisque comme vous avez pu vous en apercevoir ils en sont même à couper la télé publique tellement les caisses sont vides.

En Espagne ? N’en parlons pas, maintenant ce sont les Espagnols qui sont clandestins et sans papiers au Maroc dans une inversion des flux migratoires hallucinante et inattendue ! Tout s’effondre en Espagne. Tout. Le Portugal n’est pas mieux loti, l’Italie s’enfonce, la France rejoint progressivement les pays d’Europe du Sud dans la récession et la déflation avec une baisse de la consommation des ménages sans précédent depuis… 1949 !

Seule l’Europe du Nord, Allemagne en tête, résiste encore mais pour combien de temps ? L’Europe est donc en pleine récession, et là aussi, inutile de vous dire que les marchés n’anticipent pas vraiment le retour de l’inflation à court terme puisqu’en réalité elle est en train de se rapprocher très dangereusement de 0. Là encore, ce n’est pas bon pour l’or, en tout cas à court terme.

Les pays émergents

C’est-à-dire tous les autres, les BRICS et consorts subissent les effets du ralentissement de leurs deux principaux clients que sont l’Europe et les USA. Résultat : croissance en baisse en Chine, Russie qui annonce un plan de relance. Bref, les émergents ne peuvent pas prendre le relais de la croissance mondiale.

Là aussi, cela signifie qu’au niveau international il n’y a pas vraiment de craintes hyperinflationnistes.

Une mention spéciale pour le Japon

Le Japon est un cas particulier puisque l’excès de création monétaire de la Banque centrale nippone est tel que certains prémices d’hyperinflation se font sentir avec quelques augmentations de prix de l’ordre de 20 %, sans oublier une très forte dégradation de la balance commerciale déficitaire en raison d’un renchérissement de toutes les importations à commencer par les produits énergétiques.

Et là, les marchés anticipent plutôt une inflation forte et une baisse de la devise japonaise, le yen, puisque l’or exprimé en yen est justement sur ses plus hauts niveaux, ce qui confirme la théorie que pour le moment les marchés ne feront monter l’or que sur des craintes inflationnistes.

Les marchés ne prennent en compte que la moitié du risque !

Reprenons. Point d’inflation à l’horizon, (vous pouvez vous reporter à mon édito sur l’indéflation pour plus d’explications). Résultat : point d’appréciation de l’or et de l’argent (métal), avec un recul encore plus marqué pour l’argent qui amplifie très fortement les tendances à l’œuvre sur l’or en bon et en mauvais.

Donc pour les marchés, ce n’est pas un risque crédible à 6 mois, par conséquent l’or reste désespérément scotché sur des niveaux 30 % plus bas que ses plus hauts.

Mais les marchés ont tort car ils omettent un risque essentiel qu’est celui de l’insolvabilité des État, de l’explosion de l’euro ou encore du choc de confiance… qui pourrait vite se transformer en choc de défiance, sans oublier non plus le risque systémique bancaire, puisque les banques sont encore plus fragiles qu’hier, puisque tout continue comme avant mais en pire.

Le problème avec ses éléments, c’est que personne ne veut les pricer à 6 mois, les anticiper maintenant. Tous les acteurs jouent une partition d’autiste, orchestre sur un Titanic en train de sombrer et faisant comme si de rien n’était. Courage et honneur pour les uns sur le vrai Titanic, déni pour les autres sur le Titanic financier. Des autruches. Rien de plus.

Pour le moment, c’est cette politique de l’autruche qui l’emporte mais déjà ce consensus se fissure, et l’on voit bien pointer à l’horizon quelques sombres nuages annonçant une nouvelle tempête. Il faudra du temps encore pour admettre que la France est insolvable et insauvable. Pour l’Italie, l’Espagne, le Portugal, il en est de même.

Mais tôt ou tard, les marchés seront obligés d’anticiper et de prendre en compte ces risques. Dès lors, le potentiel de l’or et de l’argent sera énorme et nous connaîtrons sans doute des performances de plus de 20 ou 30 % par jour !

Posez-vous cette question : quel prix êtes-vous prêts à payer une pièce d’or ou d’argent si vous avez la certitude que nous allons tous être chyprés d’ici quelques semaines ou quelques jours ?

Sans doute un prix proche du milliardaire en train de mourir de soif dans le désert et à qui on propose une planche de salut sous la forme d’une bouteille 1,5 l d’Évian et fraîche !! Combien pour cette bouteille ? L’acheteur paiera le prix que fixera le vendeur dans la limite de sa fortune.

Que peut-on rajouter à cette analyse quelques jours après et à la lumière des événements du jour sur les marchés ? Pas grand-chose. Le risque de défaut et d’insolvabilité n’est pas pris en compte par les marchés. L’or ne s’est apprécié que sur des craintes hyperinflationnistes qui, pour le moment, ne se matérialisent pas.

Enfin, le 17 juin 2013, il y a juste quelques jours, je faisais part de ma vision concernant l’inflexion sémantique des propos tenus par Ben Bernanke concernant la future politique monétaire américaine.

« Que peut faire la FED ? »

Désormais, tout le monde a compris que la FED, la Banque centrale américaine, souhaitait sortir de ses politiques monétaires dites non-conventionnelles.

Je voulais revenir sur ce que c’est qu’une politique monétaire conventionnelle, c’est-à-dire finalement une politique monétaire normale et standard.

Dans un monde normal, où il y aurait une situation économique normale et sans doute un président normal, une banque centrale « pilote » (en théorie seulement, car en pratique les résultats ne sont pas si évidents que ça) l’économie pour essayer de tendre vers le potentiel de croissance normal de son économie.

L’idée c’est d’éviter toute surchauffe génératrice de déséquilibres quand tout va très bien, et de stimuler l’économie quand tout va très mal.

Pour ce faire, les gouverneurs de banques centrales ne disposent globalement que d’une seule arme ou d’un seul outil dans leur boîte à outils pour reprendre une analogie « hollandaise » : les taux d’intérêt.

Lorsque tout va mieux que bien (cela fait très longtemps que ça ne s’est pas vraiment produit), on augmente les taux d’intérêt. L’emprunt devient plus cher. Moins d’investissement, moins d’achat à crédit, moins d’emprunt vont « calmer » la croissance et indirectement l’inflation.

Lorsque tout va mal, on baisse le taux d’intérêt (ça se passe très souvent depuis mars 2000 et l’explosion de la bulle Internet), le crédit est moins cher, les emprunteurs sont plus solvables, il est plus facile d’acheter à crédit (au hasard de l’immobilier), la croissance repart à la hausse.

Les limites de la politique du taux d’intérêt unique

Or il y a un double problème avec cette histoire de taux d’intérêt comme seul outil disponible dans la boîte à outils.

Le premier c’est qu’une fois les taux à zéro, on ne peut plus aller plus bas, ou cela voudrait dire que l’on commencerait à payer au sens propre un emprunteur pour qu’il emprunte et que la banque lui verserait un intérêt à chaque crédit effectué… ce qui, vous en conviendrez, serait assez surprenant. Donc une fois les taux à zéro, si l’économie ne repart pas et que le moteur reste calé… on ne peut plus rien faire si ce n’est simplement contempler la crise faire ses ravages (c’est ce qui se passe depuis 2007 et le début de la crise dite des subprimes).

Le deuxième problème c’est que le taux d’intérêt est unique. Unique pour tous les achats, pour tous les secteurs, pour tous les États lorsque l’on parle de l’Europe ou même des USA qui sont de si vastes régions.

Résultat ? On peut obtenir la formation de bulles spéculatives dans certains États ou dans certains secteurs, la crise actuelle nous montrant que l’on obtient en réalité des bulles dans certains États et certains secteurs encore plus prononcées, au hasard comme l’immobilier en Espagne ou en Floride.

Lorsque ces bulles explosent, c’est dévastateur pour l’économie.

C’est parce que les banques centrales ont touché les limites de la politique dite du taux d’intérêt unique, et que les taux à zéro ne servent plus à rien ou presque pour stimuler des économies profondément malades tout autour de la planète, qu’elles ont dû se lancer dans ce que l’on a appelé les politiques monétaires non-conventionnelles.


Ceux qui veulent aller plus loin sur ce sujet peuvent relire mon article sur l’importance de la mise en place de taux d’intérêt multiples qui sont une des solutions pour un réglage plus fin de la politique économique des banques centrales.

Kesako qu’une politique monétaire non-conventionnelle ?

Dans une politique conventionnelle, il y a donc deux positions pour régler l’économie (ce qui n’est pas très pratique pour avoir un pilotage fin et précis des choses), un accélérateur (taux plus bas) mais limité à zéro. Un frein, illimité en augmentant les taux qui là, en théorie, peuvent monter de façon infinie. Dans un tel processus, il n’y a aucune création monétaire ex nihilo, c’est-à-dire à partir de rien et ne correspondant à aucune réalité économique.

L’idée du non-conventionnel c’est de faire ce que l’on peut pour sortir de l’impuissance du taux à zéro et de pouvoir se rajouter des outils dans sa boîte… histoire de continuer à pouvoir faire quelque chose, même si ce quelque chose devient n’importe quoi.

Résultat ? Les banques centrale impriment des billets et de la monnaie, rachètent des obligations aux banques pour qu’elles ne fassent pas faillite ou puissent continuer à faire leur travail de banquier, elles rachètent aussi les obligations d’États, c’est-à-dire qu’en réalité ce sont elles qui financent les pays avec de l’argent tout frais sortant de leurs rotatives !

Depuis 5 ans, le résultat n’est pas brillant. Cette politique non-conventionnelle a créé de nouvelles bulles potentiellement très dangereuses que sont la bulle boursière (pas trop grave si ce n’est pour les banques et les fonds de retraite du monde entier) et, plus dramatique, une bulle obligataire gigantesque qui menace le monde entier en cas d’explosion. D’où l’idée de la FED, qui est la plus avancée dans ces politiques non-conventionnelles, d’en sortir dès que l’économie montrera quelques prémices de rémission.

L’objectif : en sortir avant qu’il ne soit trop tard !

Le problème c’est que cet objectif repose sur plusieurs postulats plus que douteux

Le premier : en sortir avant qu’il ne soit pas trop tard signifie par définition qu’il n’est pas trop tard. Or je pense qu’il est trop tard. Il n’est pas minuit moins cinq mais minuit cinq et cela fera toute la différence. Pourquoi ? Parce qu’avec des indices boursiers stratosphériques, la bulle boursière est déjà là ! Elle est déjà formée. Donc la dégonfler c’est l’exploser. Une bulle ne se dégonfle pas, elle explose !

Pour la bulle obligataire, c’est la même chose : elle est déjà là. La FED rachète environ, selon les mois et d’après les estimations, 60 à 70 % de la nouvelle dette émise par le Trésor américain.

Résultat ? Si la FED arrête ce type de politique non-conventionnelle, les taux vont grimper vers le ciel. Mécaniquement, toutes les obligations qui rapportent du 1 % ou 2 % vaudront beaucoup moins cher. Les banques et les assureurs, les épargnants, devront constater des pertes énormes.

Le deuxième postulat, c’est que l’économie et les États soient suffisamment forts pour supporter et survivre à cet arrêt d’injection de monnaie et donc de supporter des taux élevés. Lorsque vous voyez le marasme européen avec des taux qui, somme toute, sont proches de zéro, il y a de quoi avoir de sérieux doutes quant à la capacité de l’économie mondiale de s’accommoder d’argent moins abondant.

Le troisième postulat, c’est de penser que la FED pense vraiment ce qu’elle dit ! D’accord, ce n’est pas clair, donc je vais préciser.

Tout le monde pense, (à juste titre) puisque c’est ce que dit son gouverneur, que la Banque centrale américaine veut cesser progressivement et en douceur cette politique. Mais Ben Bernanke, son gouverneur, connaît très bien la réalité de l’économie américaine et donc sa fragilité intrinsèque.

La question qui se pose est donc croit-il lui-même dans ses chances de succès ? Rien n’est moins sûr, et cela pourrait être l’une des dernières manœuvres pour faire croire que l’on contrôle encore la situation alors que cela fait bien longtemps que l’on ne contrôle plus rien.

Impossible me direz-vous ?

Ce n’est pas plus impossible que de m’expliquer en 2009, 2010 et 2011 qu’il fallait impérativement faire des politiques de relance en France et en Europe qui ne pouvaient qu’aboutir à des déficits monumentaux et à plus de dettes (c’était parfaitement prévisible ET prévu) pour nous expliquer dès 2012 et 2013 qu’il fallait impérativement faire de la rigueur avec un bref passage sur l’idée de « rilance » – mi-rigueur, mi-relance – pour réussir à faire de la relance tout en faisant de la rigueur…

Là encore, c’est une illustration parfaite en réalité d’une situation qui dépasse totalement les dirigeants puisqu’il n’y a plus aucune bonne solution à leur disposition pour affronter cette crise.

C’est bien cette absence de solution facile et non douloureuse qui montre la gravité de cette crise.

Alors la FED va-t-elle le faire ?

Je pense qu’au bout du compte la FED ne fera pas grand-chose, elle ne peut plus sortir des politiques non-conventionnelles. Tout au plus peut-elle essayer de le faire croire, au moins un temps, histoire de gagner encore un peu de temps et de faire croire qu’il n’y aura pas d’hyperinflation et que le roi dollar est toujours vivant.

Un peu comme Jean-Claude Trichet qui avait augmenté les taux d’intérêt juste avant de laisser la place à Mario Draghi et qui mettait en garde en pleine crise contre l’inflation et qu’il allait continuer à les augmenter. Il n’en fut rien, mais l’essentiel c’était de le faire croire. C’était en 2011 ! C’était hier, et cela semble une éternité.



Charles SANNAT
Editorialiste et rédacteur du Contrarien Matin
Directeur des Études Économiques Aucoffre.com
http://www.lecontrarien.com/


Ceci est un article 'presslib', c'est à dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, Directeur des études économiques.  Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitementwww.lecontrarien.com 


http://www.boursorama.com/actualites/espagne-le-fmi-percoit-la-fin-de-la-recession-mais-s-inquiete-du-chomage-1cbb3989913d7cbb63b6299b6f189bbe





























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4 commentaires

  • Lien vers le commentaire alex6 dimanche, 23 juin 2013 23:37 Posté par alex6

    "mi-fin juillet / août / septembre / octobre me semblent d'excellents "candidats" en termes de Timing..."
    On a maintenant droit a des previsions "rayer la mention inutile". Il manque l'annee, petit garnement va!