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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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conquerirlabourse

Une reprise fantôme.

Audience de l'article : 7711 lectures
Nature de contenu : Edito
Nombre de commentaires : 6 réactions
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Voici un petit bilan de la reprise économique en cours depuis 2009 au niveau de la richesse nette des ménages, qui est le résultat, comme chacun le sait du fin et savant pilotage de l’économie organisé par les autorités monétaires et économiques des USA sur la base de la noble pensée keynésienne.

 

Cette mesure du patrimoine net des ménages US est donnée chaque trimestre par la FED à la rubrique « Z1 -flow of funds » ,ici .

 

J’ai repris les données de la FED, en les corrigeant des effets de l’inflation, pour les exprimer en dollars réels et en extraire deux tableaux :

 

Le premier indique l’évolution de l’actif net global des ménages, de 2006 à 2010.

 

Le second indique l’évolution du même actif net, mais cette fois hors actifs volatils (valeurs cotées en bourse et fonds de placement associés).

 

Voici ces tableaux :

 

 

 

Nous constatons que :

 

1) La perte générée par la crise sur l’actif net (2007-2008) des ménages s’est élevée à près de 15 000 milliards d’euros, ce qui correspond à une érosion de 23% de leur patrimoine net.

 

2) La reprise n’a permis de regagner que 3068 milliards, soit seulement 1/5 de ce qui a été perdu.

 

3) Ce petit rattrapage n’est du qu’à un seul élément : la hausse des marchés boursiers, gavés par les liquidités de la FED, qui sont de nouveau en situation de bulle (voir plus loin).

 

En dehors de ces actifs boursiers volatils, le patrimoine net des ménages n’a cessé de diminuer depuis 2006, avec une perte de 25% entre 2006 et 2010, soit 9310 milliards de $.

 

Tel est le bilan du quantitative easing et de la fuite en avant dans le déficit du gouvernement US (l’Europe a suivi globalement la même voie) : Une reprise fantôme, qui :

 

- Ne crée pas d’emplois (le taux d’activité reste scotché à 58,4% de la population en âge de travailler depuis le début de la « reprise »)

 

 

- Ne crée aucune richesse réelle pour les ménages.

 

- Mais menace de façon bien réelle à terme la solvabilité de l'état US.

 

 

Pour ce résultat, l’état  US a réalisé 4500 milliards de nouveaux emprunts, atteignant un niveau d’endettement sans précédent depuis la 2ème guerre mondiale, sans compter les garanties données aux banques et aux organismes zombies et paraétatiques de refinancement hypothécaires (Freddie Mac et Fannie Mae), et la FED a triplé son bilan, en créant miraculeusement plus de 1500 milliards de liquidités qui n’ont fait que nourrir de nouvelles bulles (encore plus fragiles que les précédentes) sur les marchés financiers.

 

Les économistes qui ont érigé la fuite en avant dans la dette au rang de doctrine économique universelle appellent cela le "multiplicateur keynésien".

 

Voulez vous voir un effet du "multiplicateur keynésien" sur le long terme ?

 

Regardez ce graphique de Dshort.com, qui montre le résultat de deux décennies de fuite en avant dans la dette et dans le "quantitative easing" au Japon : -77,3% pour le Nikkei, soit une division par plus de 4 de sa valeur réelle.

 

 

 

Pour cette réalisation, l'état japonais a contracté un niveau d'endettement supérieur à celui de la Grèce, ce qui lui vaudra une situation similaire (et sans doute une nouvelle chute du Nikkei) dès que les ménages japonais qui ont financé la dette publique japonaise pour assurer leur épargne seront suffisamment nombreux à prendre leur retraite et à puiser dans leur épargne pour leur vieux jours (coupant ainsi la principale source de financement de l'état japonais).

 

C'est pour dans quelques années tout au plus au vu des données démographiques japonaises.

 

Pour finir, sur le thème des bulles générées par les politiques publiques de fuite en avant, jetez un coup d’œil à cet autre graphique instructif de dshort.com, sur le Q-ratio des actions américaines (il s’agit du rapport entre la capitalisation boursière des sociétés cotées, et de la valeur totale de leurs actifs).
Les données datent de la fin 2010, depuis les marchés ont progressé d’environ 6% et le Q-ratio se situe donc vers 1,24.

 

Ce Q-ratio est au plus haut depuis plus de 100 ans, à l’exception du pic liée à la bulle internet de la fin des années 90. Il est aussi largement au dessus du niveau atteint lors du pic de 2007.

 

Vous pouvez suivre mes anticipations économiques, la composition de mon PEA et mes opérations avec ma lettre Boostez votre PEA ! .

 

Loïc Abadie

 



loic-investir-devenirrentier
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6 commentaires

  • Lien vers le commentaire pascal Vinosoft jeudi, 26 mai 2011 22:43 Posté par pascal Vinosoft

    Salut loic,
    Exprimer les données de la FED en dollars réels relève ici de la haute voltige avec un brin de magie en effet.

    Pour l'anecdote: au Canada Mc'do vient de lancer une opération promotionnelle amusante. Les gamins pouvant payer avec des billets de monopoly (durant un temps limité)

    Juste histoire certainement de les familiariser avec la virtualité des monnaies qui attend leur très éventuel futur.
    Un sorte de stage d'immersion en somme...

  • Lien vers le commentaire Loic ABADIE jeudi, 26 mai 2011 05:01 Posté par Loic ABADIE

    Bonjour, sur le GEAB :

    Je partage entièrement leur opinion sur le fait que la crise n’est pas finie, qu’elle sera très grave et que le plus dur est à venir. Je n’ai jamais été optimiste sur ce sujet.
    J’ai par contre les points de désaccord suivants :

    - Leur biais anti-américain et pro-européen systématique. Les USA et l’Europe sont pour moi dans le même bateau de la fuite en avant dans la dette, et les conséquences seront du même type dans les deux ensembles. Cette crise n’amènera pas pour moi un supposé « euroland » à remplacer les USA et le $ dans un rôle de leader, les problèmes croissants sur les dettes souveraines auront au contraire tendance à faire éclater l’euroland en tant qu’entité économique et politique.

    - Leur timing. Depuis 2006, ils promettent quasiment chaque mois l’effondrement du $ et des bons du trésor. Or les bons du trésor (US) ont connu au contraire un vrai marché haussier. Je pense qu’avant la phase d’hyperinflation qu’ils promettent depuis 4 ans comme « imminente », nous passerons par une nouvelle phase de déflation d’1 à 3 ans, qui sera plutôt haussière pour le $ et les treasuries (malgré leurs mauvais fondamentaux), simplement à cause du deleveraging qui reprendra.

    - Leur obsession géopolitique sur la supposée « intervention américaine » en Iran, à laquelle je n’ai jamais cru.

  • Lien vers le commentaire Loic ABADIE lundi, 23 mai 2011 05:30 Posté par Loic ABADIE

    Pour la France, le phénomène est beaucoup moins marqué, puisque la bulle immobilière n'a pas encore éclaté chez nous. Cependant, je pense que notre patrimoine net sera fortement attaqué dans les années à venir, sous l'effet de la baisse de l'immobilier, d'une pression fiscale croissante due à la dégradation de la santé financière de l'état et à plus long terme de problèmes monétaires.
    [
    http://www.banque-france.fr/fr/publications/revues/Bulletin-de-la-Banque-de-France/telechar/2010/Bulletin-de-la-Banque-de-France-etude-181-1.pdf->http://www.banque-france.fr/fr/publications/revues/Bulletin-de-la-Banque-de-France/telechar/2010/Bulletin-de-la-Banque-de-France-etude-181-1.pdf]

  • Lien vers le commentaire julien cornu dimanche, 22 mai 2011 19:35 Posté par julien cornu

    Loic,
    Les données que vous mettez en avant dans votre article sont celles des ménages US.
    Peut-on extrapoler ces données & vos conclusions à la situation des ménages européens ou Français? Ou le contexte économique différent par ex. pour la France (pas d'éclatement de la bulle immobilière, une monaie qui se valorise de plus en plus / dollars) peut nous amener a des conclusions différentes?
    Merci d'avance pour votre réponse.