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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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Reprise économique, le modèle américain en question

Audience de l'article : 7050 lectures
Nature de contenu : Edito
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 Le grand débat actuel sur la croissance en zone euro, entre l’Allemagne centrée sur un semblant de rigueur budgétaire (je dis bien un semblant, parce que les positions allemandes sont en fait simplement en faveur d’une fuite en avant un peu moins rapide dans la dette) et des pays comme la France qui souhaitent relancer la croissance par plus d’emprunts nous vient en fait directement d’un pays, les USA.

Que proposent les partisans de la relance (à commencer par notre nouveau président) ?

Tout simplement d’imiter les USA, c'est à dire :

- Régler la crise des dettes souveraines en se servant de la BCE pour racheter directement et massivement les dettes des pays les plus fragiles, comme la FED a acheté de la dette US en contribuant au maintien de taux très bas.

- Relancer les économies par encore plus d’emprunts, à l’échelle européenne (eurobonds), ou à l’échelle nationale (rigueur reportée et utilisation des déficits publics), tout comme les USA l’ont fait avec des déficits de l’ordre de 10% du PIB, donc bien supérieurs à ceux de la quasi-totalité des pays européens.

Le principal argument de ce camp qui s'est  autoproclamé "défenseur de la croissance" est la réussite apparente des USA : Il est incontestable aujourd’hui que les marchés américains se sont montrés depuis 2009 bien plus solides que les marchés européens (à l’exception notable de l’Allemagne), à la fois sur les marchés actions, mais aussi sur le marché obligataire, et que le dollar US n’a pas subi d’attaques ou de dévaluations notables.

Il est aussi incontestable que la croissance des USA est en apparence redevenue correcte, avec un PIB qui a dépassé son niveau d’avant-crise.

Mais si on regarde de plus près, au niveau des conséquences pratiques sur la population, on s’aperçoit que cette réussite apparente cache une réalité bien différente.

Des conditions de vie de plus en plus précaires :

Les américains sont maintenant obligés de s’endetter avant même leur entrée dans la vie active pour couvrir leurs besoins, le montant des prêts étudiants ont ainsi été multiplié par 4 depuis 2009.

 

Le nombre de personnes ayant besoin des coupons d’aide alimentaire est passé de 27 millions en 2009 à 47 millions aujourd’hui (les graphiques sont issus de cet article très intéressant de Lance Roberts)

 

Pas d'emplois, pas de création de richesse pour les ménages

- Il n'y a aucune création réelle d’emplois depuis 2009, comme nous le voyons sur ce graphique (ratio population employée / population active). La petite baisse du taux de chômage américain n’est que le résultat d’actifs ayant renoncé à chercher un emploi.

- Aucune amélioration du revenu réel par habitant non plusdepuis 2010, comme le montre ce graphique de dshort.com

- On observe enfin une désépargne de plus en plus généralisée pour les classes pauvres et moyennes qui n’ont plus d’autre moyen pour tenter de s’accrocher à leur niveau de vie : 41,6% des américains aujourd’hui ont moins de 1500$ d’épargne, et 23% n'ont aucune épargne (source).


Pour obtenir ces brillants résultats, la dette publique américaine a augmenté de plus de 4000 milliards de $ en trois ans. Cela signifie aussi que la dette publique par ménage US standard (un couple et deux enfants) a augmenté de plus de 50000$ en trois ans !

C'est toute l’absurdité de ces politiques de relance par la dette qui s'exprime à travers ces chiffres. A court et moyen terme, elles créent un fantôme de croissance qui ne parvient même pas à améliorer la vie ordinaire des citoyens, et à long terme elles entraînent des faillites d’état et des dépressions économiques terribles, comme celle que la Grèce vit aujourd’hui.

Voilà le modèle qui fait aujourd’hui rêver nombre de décideurs et experts européens, mais à laquelle de moins en moins d’américains croient si on se fie à la cote de popularité du président Obama :

 

Vous pouvez suivre mes anticipations économiques, la composition de mon PEA et mes opérations avec ma lettre Boostez votre PEA ! .

Loïc Abadie

loic-investir-devenirrentier
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20 commentaires

  • Lien vers le commentaire sigsegv jeudi, 24 mai 2012 04:59 Posté par sigsegv

    @gwladys : il n'y a ni vérité ni certitude, il est clair qu'une crise provoqué par un surendettement insoutenable peut se terminer par une déflation car il faut purger toutes ces dettes en excès.

    Alors soit on accepte de les purger et c'est la déflation, soit on choisit la voie alternative ("imprimer") et c'est à terme une inflation très forte.

    Ensuite soit on choisit de suprimer totalement les dettes et ça se termine en hyperinflation, soit ils tentent de juguler l'inflation en remontant très fort les taux, ce qui aurait pour effet de resserer le crédit et le prix à payer pour juguler l'inflation serait un crash (voir la politique de la FED sous Volcker).

    à courte terme j'ai plutot l'impression que les pressions sont déflationnistes en Europe (pas de monétisation directe de la banque centrale) alors qu'aux USA c'est inflationniste (QEs...)

  • Lien vers le commentaire yves mardi, 22 mai 2012 01:39 Posté par yves

    Les américains veulent moins de gouvernement et moins de taxes. On verra en novembre si le vote suivra ce choix. http://www.zerohedge.com/news/guest-post-americans-want-smaller-government-and-lower-taxes

  • Lien vers le commentaire sigsegv lundi, 21 mai 2012 16:09 Posté par sigsegv

    Bonjour.

    Merci de dénoncer les politiques de relance qui ne relancent rien :-) Olivier Delamarche (sur BFM Business) et Olivier Berruyer (www.les-crises.fr) dénoncent depuis longtemps la manipulation des chiffres du chomage US (comtpe tenu de la manipulation de la "labour force participation" et de la publication de l'indice U3 alors que le chomage réel est obtenu avec les indices U5 ou U6 du BLS) le chomage US se monte plutôt autour de 20%

    Pour répondre au post ci dessous, la baisse des taux est en général associée à l'inflation (augmentation du money supply par la dette) à court terme; or à moyen terme une déflation peut apparaitre (ce fut le cas de la grande depression, ainsi qu'en 2008 - n'oublions pas que le prélude à la grande depression des années 30 fut une bulle immobilière crée par une gestion monétaire laxiste); le mécanisme en est le suivant :

    à capital constant, la baisse des taux incite les agents à s'endetter; c'est à dire que le rapport capital/actif (actif = passif = capital+dette) tend vers 0; autrement l'actif (autrement dit le risque) que l'on met en face du capital explose, et dès qu'il y a quelques dépréciations, le capital saute; entrainant la faillite; la masse dette due étant donc énorme; ces dettes non remboursées provoquent des faillties en cascade puisqu'elles représentent des dépréciations comptables (donc du capital qui saute, puisque le processus d'endettement est global à l'économie) chez les créanciers; et le processus se répète.

    Un excès de dette peut très bien provoquer la destruction du capital.

    Ajoutez à cela la vitesse de circulation de la monnaie qui chute et vous avez tous les ingrédients pour une déflation.