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Samuel Rondot : Les médias préssentent la fin de l’Euro mais les marchés ?

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(article du 9 novembre 2011)

Et si la zone euro n’allait pas aussi mal qu’on veut bien nous le dire.

 

À chaque crise boursière depuis mes quinze ans de carrière (et ça en fait un paquet), la cacophonie de la panique remplace la raison dans le discours de tous les opérateurs.

Journaux papier ou télé, analystes, blogs et j’en passe : l’Europe va éclater, l’euro va disparaître.

 

Oh, je ne dis pas que ça n’arrivera pas, je dis juste que quand c’est trop évident, on est parfois bien loin de la vérité.

Le problème de fond, on le sait, c’est que les sujets d’actualités ne passionnent les gens que quand ils sont vifs et douloureux. Alors on bat le fer tant qu’il est chaud.

 

Mon problème à moi c’est qu’on perd toute raison et que je ne suis pas du tout sûr que le discours ambiant dans ce contexte n’apporte quoi que ce soit.

 

Vous allez me demander qu’est-ce qui me permet de dire que la situation n’est pas si grave ?

 

Je répondrai une unique raison, mais elle est majeure : le cours de l’euro.

Rappelons quelques instants que le cours d’une devise sur les marchés financiers sanctionne l’opinion des opérateurs sur la situation du ou des pays concernés les uns par rapport aux autres.

Rappelons donc que lors de chaque crise MAJEURE, chaque dénouement historique, les devises ont été l’objet de variations fortes et volatiles.

 

Vous la voyez, vous, la vague de fond qui est en train d’emporter l’euro contre les autres devises ?

 

Prenons par exemple le graphique de l’euro contre dollar depuis l’été 2009 :

 

 

Vous voyez la différence entre l’extrême gauche du graphique avec le début de la crise grecque qui a surpris tout le monde, et la période récente ?

Vous trouvez que ça se ressemble ?

 

Eh bien, moi non, et la planète finance non plus, sinon la devise aurait été travaillée de la même façon et le résultat aurait été à peu près identique ou pire vu le contexte.

 

Sortons trente secondes la tête du sac et essayons de prendre un peu de recul par rapport à la cacophonie ambiante organisée par les médias qui, sur ce coup-là, ne font que refléter les cris gouvernementaux.

 

D’abord les faits :

Nous avons trop de dettes. Nous avons des concitoyens qui vivent assez protégés par notre État (je n’ai surtout pas dit que la vie est rose pour tout le monde) et qui par principe n’ont pas très envie de remettre leur acquis en question.

Nous avons un président de la République qui est à la tête de la 2e puissance de l’euro et qui a assure pendant quelque temps la présidence du G20.

Et pour conclure, nous avons un président qui brigue bientôt un nouveau mandat à partir d’une cote de popularité historiquement faible avec un opposant déclaré ultra léger sur son expérience internationale.

 

Alors oui, si c’est un plan de com’, il joue sacrément avec le feu. Notamment si le triple A lui pète dans les doigts avant l’élection. Mais c’est sûrement pour ça que ce lundi son Premier ministre tape un grand coup et adopte la stratégie du nuage de fumée sur cinq ans. 7 milliards d’économies l’année prochaine, ce n’est presque rien ; 65 milliards sur les prochaines années, ça c’est quelque chose (comment ça, c’est pas plus de 7 milliards par an...).

Mais pensez-y deux minutes.

Quel est le seul terrain où il a acquis une vraie légitimité aux yeux des Français (le peu qui lui reste) et qui surtout ne laissera aucun doute face à ses opposants ?

Tout juste, c’est le président de la crise, de l’urgence, de la réponse forte et rapide. Personne d’autre ne pourra présenter un tel CV.

 

Personnellement, je dis que pour le moment les marchés surveillent ça de près, mais ne jugent certainement nos problèmes plus durement que ceux des États-Unis ou du Japon sinon les cours de l’euro ne seraient certainement pas autour de 1,4.

Le fait est qu’on a le nez dans le guidon, car pour une fois le bazar est sous nos fenêtres.

Mais quand on prend un peu de hauteur, de recul et qu’on embrasse la situation dans son ensemble, ce n’est certainement pas la nouvelle crise de croissance des États-Unis ou la déflation japonaise qui peuvent nous donner des leçons.

 

D’ailleurs, c’est bien simple. Si demain vous décidez d’abandonner l’euro pour placer une partie de vos capitaux, vous iriez les convertir en dollar ou en yen ?

Si vous voulez vraiment savoir quand le vent va tourner, si vous voulez dissiper le nuage de fumée des médias et autres commentateurs, branchez-vous sur les devises. En ce moment, c’est le seul miroir qui n’est pas déformé et la spéculation, avec tout le mal qu’on peut penser d’elle, s’assurera que le message soit fort et clair s’il devait y avoir des changements.

 

Samuel Rondot, directeur de www.bestcfd.com



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Commentaires

Le 9 novembre 2011 par : Fredo

Excellent article pour prendre un peu de recul sur la situation actuelle !

Et question concernant CFDPerformance, quelle est votre conseil sur le capital minimum à utiliser pour 1 stratégie ?


Le 9 novembre 2011 par : Samuel RONDOT

Le CAC vaut 3000 points donc le CFD correspondant 3000 euros. Si on travaille sans levier c’est donc la somme a investir.

Ensuite on peut créer du levier en ayant sur son compte moins que ce que l’indice représente. C’est alors à chacun en fonction de son patrimoine, de son acceptation du risque et de sa perspective d’investissement de faire un choix raisonnable sur le levier à utiliser. Par expérience je recommande de ne pas dépasser un levier de 2, c’est souvent déjà assez difficile à vivre si on n’a pas assez de bouteille.


Le 9 novembre 2011 par : ursus35

Bonsoir Samuel,

Si je devais ouvrir un compte en devises, ce serait en SGD. Il n’y a qu’à comparer les graphes sur 5 ans du SGD avec l’USD, EUR, CAD,.... Apparemment, le SGD est une monnaie "forte". Sinon, il reste l’or physique, à chaque correction vers sa mm200.

Mais bon, bien malin celui qui tirera son épingle du jeu dans les années qui viennent.

Bonne soirée


Le 9 novembre 2011 par : alex6

Utiliser le dollar us comme reference me semble biaise etant donne le niveau de dette des Etat-unis. En revanche, les devises suivantes montrent a quel point l’euro ainsique le dollar us ont ete desertes sur la derniere annee : EUR/AUD tres largement en dessous de sa moyenne long terme, EUR/JPY presque au plus bas historique et EUR/CHF avant intervention BNS qui enchainait les plus bas historiques et reste sous pression baissiere. Certes rien ne plaide pour une fin de l’euro mais le niveau de defiance vis-a-vis de la monnaie unique a certainement augmente de maniere importante recemment. A suivre mais peu d’elements permettent d’etre optimiste quand a un retournement de la tendance. Sauf sur le dollar australien qui souffrirait d’une poursuite de la baisse des marches.


Le 10 novembre 2011 par : Yves

Effectivement pas de panique sur le forex en 2011 mais les monnaies asiatiques sont quand même un refuge depuis 3 ans face à la faiblesse de l’euro et du dollar. L’euro n’est pas en danger, ce sont les mauvaises gestions de plusieurs états européens qui sont par contre clairement mis en cause. L’opération profite effectivement à certains politiques ... Les changements structurels suite à ces pressions des marchés vont finalement renforcer l’euro.


Le 12 novembre 2011 par : loic29

Bonjour, j’ai dû rater un train, mais d’où viennent les 65 milliards d’économie sur les prochaines années ?


Le 12 novembre 2011 par : loic29

J’ai trouvé la réponse tout seul. Je n’ai pas eu de suite le réflexe google est mon ami. Mes excuses


L'auteur
Samuel RONDOT

Directeur de BestCFD.com, auteur de livres et stratégies de trading, trader systématique dans un hedge fund, je cumule les casquettes depuis 15 ans sur les marchés financiers. Site commercial : www.samuelrondot.com

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