Olivier Crottaz : Des taux négatifs pour "s’enrichir" ? C’est possible
Aujourd’hui les taux d’intérêts mondiaux sont au plus bas.
Il semble que le marché anticipe un ralentissement, une récession ou pire une dépression. Comment expliquer autrement (que les inflationnistes et hyper inflationnistes me pardonnent) que les taux ne montent pas. Ce qui monte (pour l’instant) ce sont certaines matières premières (Je vous ai montré que certains indices de commodités sont en baisse), nous sommes donc éventuellement dans une période de stagflation. Les taux des mauvais débiteurs montent aussi, mais ce n’est pas le propos du jour.

Aujourd’hui si un investisseur désire mettre son argent en sécurité, il lui est possible d’acheter des obligations de sociétés à brève échéance (maturité).
Dans un de mes derniers articles, j’ai montré qu’en achetant un emprunt de la Confédération Helvétique, le rendement final était négatif car le prix d’émission était au dessus du prix de remboursement.
Il est actuellement de même avec les obligations (de qualité) en CHF.
Comment alors puis-je dire qu’il est possible de s’enrichir. C’est un peu sur le ton de la boutade, mais ce n’est pas si faux, si on raisonne uniquement en terme de pouvoir d’achat.
Si une période de récession-déflation s’installe et que les prix baissent, le détenteur d’un emprunt, même avec un rendement négatif, peut se retrouver à la fin de la vie de son placement avec un pouvoir d’achat plus fort.
Un exemple :
Vous achetez une obligation à deux ans avec un rendement négatif de -1%, que l’économie se contracte et que sur cette période les prix baissent de 10%. Vous avez un pouvoir d’achat de +9% par rapport au jour où vous avez acheté cette obligation.
Vous aller me dire qu’il vaut mieux laisser l’argent en compte bancaire. Oui tout à fait pour autant que le banque ne fasse pas faillite. Les obligations de sociétés permettent aussi de prêter de l’argent à des entreprises non financières ou à un Etat (peu endetté). On pourrait aussi me dire qu’il est aussi plus intéressant d’acheter des actions avec un haut dividende. Je réponds oui, sauf que vous devez accepter le risque de fluctuation de cours (pertes possibles) et le risque qu’en cas de problèmes la société diminue ou coupe son dividende.
Il n’y a pas de free lunch
OLIVIER CROTTAZ
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