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Charles Dereeper : L’euro va vous ruiner, c’est certain, mais l’euro survivra...

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(article du 29 décembre 2010)

Y aura-t-il une nouvelle récession ou non ? Je crois que cette question est devenue secondaire, bien qu’elle m’ait correctement excité les neurones pendant toute l’année 2010…

 

Je ne sais pas si les Etats vont gagner la guerre contre la crise. Jusqu’à présent, si on est honnête, il n’y a aucun vainqueur ni vaincu ! C’est justement ce constat qui m’amène à changer mes priorités en stratégie pure. Je me suis trompé de cible. Il n’est même pas écrit ou garanti qu’une nouvelle crise économique fasse un gros bear market sur les indices boursiers !

 

Ce qui compte, ce n’est donc pas l’issue, mais le remède que les Etats utilisent et l’impact qu’il a sur la machine économique.

 

En effet, quelque part, en tant qu’épargnant, notre implication dans le système est limitée. Seuls les politiciens et les fonctionnaires sont finalement concernés en disposant d’un certain pouvoir pour agir. L’épargnant, lui, doit avoir comme objectif numéro 1 de préserver son patrimoine et le faire travailler au mieux. La gestion du système, c'est en dehors de sa zone...

 

Le remède, nous l’avons vu, s’appelle, quantitative easing ou monétisation des dettes souveraines.

 

J’y ai longuement réfléchi. Je crois de moins en moins à l’idée que la France a signé dans les années 90 la construction de l’euro avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, en se leurrant.

 

Voyons l’histoire du franc rapidement. La dette de la France est passée de 21% en 1981 à l’arrivée de Mitterand et de ses voleurs à 57% du PIB en 1994 à son départ, soit de 92 à 660 milliards d’euros. Nous connaissons tous les délires des socialistes... Inutile de recommenter le carnage. Chirac arrive et met en œuvre exactement les mêmes blagues. Du coup, la dette publique passe de 57 à 67% du PIB, soit de 660 à 1200 milliards d’euros. Après 2000, en pleine folie immobilière et de croissance économique mondiale, au lieu de réduire l’endettement, tout le monde parle de redistribution, compassion, solidarité… Après 2008, la fuite en avant commence à faire exploser le système. Nicolas Sarkozy est le dindon de la farce et doit gérer la merde (ce qu’il ne fait pas d’ailleurs…). Dans cette folle course de l’hyper endettement, le franc a été dévalué à plusieurs reprises. Cette dévaluation est finalement l’autre pan de la monétisation de la dette.

 

Je retire donc de cette perspective l’idée que les Etats au final trichent toujours de la même manière, que ce soit les USA ou l’Europe : ils transforment à chaque fois l’excès de dettes en dévaluant. Si on remonte plus loin dans l’histoire et même à l’origine des monnaies fiduciaires, le procédé identique (« the » remède) peut être constaté à chaque fois.

 

Conséquence, il est probable à l’avenir que cela continuera de la même manière.

 

Quand je dis que j’ai changé d’avis récemment sur la construction de l’euro, cela signifie que je devine que les pays européens ont signé une sorte de pacte du diable dans les années 90. Je crois de moins en moins à une version où les stratèges des pays européens se seraient laissés berner par l’Allemagne. Pour moi, l’Allemagne a misé sur l’euro pour éviter d’avoir un deutsche mark qui s’apprécie trop, ce qui au final, lui permettait de développer une machine de guerre à l’échelle mondiale pour les exportations : elle a fait donc le pari que le mauvais comportement de ses partenaires perdureraient, pour son plus gros bénéfice. En face, la France, l’Italie et l’Espagne sont les principaux partenaires de l’Allemagne, import et export. Leurs intérêts étaient donc d’aider l’Allemagne à disposer d’une devise affaiblie pour qu’elle cartonne à l’international à leur place. La France, l’Italie et l’Espagne ont misé sur les retombées d’une Allemagne conquérante du monde, en tant que fournisseur. Ces pays se sont divisés le travail.

 

La stratégie n’a que trop bien fonctionné. D’un côté, la France, l’Italie et l’Espagne étaient certaines de devoir dévaluer. Ces trois pays sont totalement inadaptés à la survie dans la mondialisation. En s’adossant à l’Allemagne, ils se sont offerts une devise plus stable et plus forte, ce qui a permis de masquer leurs lacunes structurelles.

 

Mais, de l’autre, l’Allemagne a respecté la loi de Pareto en dominant totalement l’Europe au niveau économique dans les échanges. J’ignore si les constructeurs de l’euro ont sous estimé ou non ce process naturel. A mon avis, c’est surtout là qu’ils ont merdé. Ils ont sous estimé la canibalisation inévitable de l’Allemagne sur les autres protagonistes. C'est trop contraire à la manière de penser des députés et autres têtes à claque qui nous dirigent...

 

Au final, la variable d’ajustement est le déficit budgétaire entre les pays européens. Tous ces pays ont intérêt à continuer la musique. J’ai été TRES surpris en mai 2010 quand les Allemands ont accepté la possibilité de monétiser les dettes. Je me suis dit que des choses m’échappaient… euh, les champions de la discipline budgétaire !

 

Tous les pays, le fort qui bénéficie de l’euro affaibli et les faibles, qui bénéficient d’un euro non dévalué grâce à la présence du fort, ont intérêt à faire du déficit budgétaire qui est ensuite monétisé. Personne n’a intérêt à faire imploser le système. Tout le monde gagne avec la stratégie que j’évoque.

 

Je crois donc que l’euro est condamné à être dévalué lentement mais méthodiquement et sûrement. L’issue de la crise économique importe peu. L’euro est l’outil pour maintenir le système en vie. Ce n’est qu’un dosage dans le temps que nos élites vont orchestrer.

 

De très nombreux commentateurs sur internet nous expliquent encore que la seule solution passe par une sortie de l’euro de certains pays européens, ou que nous allons droit dans le mur.  (J’ai tenu ce discours également pendant plusieurs trimestres avant de voir la France exploser son déficit budgétaire http://www.objectifeco.com/economie/anticipations-tendances/article/fabien-pot-france-budget-de-l-etat-en-octobre-2010 en pleine crise irlandaise... Il est devenu impossible de croire que les politiciens français sont suffisamment stupides pour poursuivre la voie de l’hyper endettement sans avoir un atout dans leur jeu qu’on ignore. Sinon, la France aurait mis la pédale douce sur les dettes. Elle a fait l’inverse…)

 

Je n’y crois plus une seule seconde. L’euro va tenir le choc. La BCE va racheter et monétiser. Et tout le monde va écraser de la même manière que pour les USA et la FED.

 

Cette situation a des conséquences directes sur notre argent en tant qu’entrepreneur, salarié, épargnant, ménage de la sphère privée européenne. La stratégie est très claire et très simple… pour se protéger, éviter la spoliation étatique et avancer plus vite que les centaines de millions de couillons d’européens qui écrasent, impuissants ou juste inconscients, il faut… ?

 

La suite plus tard...

Charles Dereeper

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Commentaires

Le 29 décembre 2010 par : axel18

solution la plus simple se débarrasser de tout ce qui est monnaie qui forme l’epargne. La transformer en monnaie plus dur : CHF est une petite solution. Maintenant, est ce que la monetisation va augmenter l’inflation, surement. Dans ce cas, achat de tracker ou equivalent anti inflation. Sinon achat de titres, l’argent est mis dans un titre qui sera toujours coté dans une monnaie donc même chose pour les trackers index, il y aura toujours les sous jacents. Plus costaud, achat de physique, or, argent, metaux platinoide. par contre l’immobilier, je n’y crois pas trop car trop de taxes. Sinon voir la possibilité de prendre un credit à taux fixe et longue echéance ( possibilite in fine ??) et acheter ses matières premières. Là, j’ai dû mal à voir les risques en cas de sortie euro partiel pour un pays.


L'auteur
Charles DEREEPER

Rédacteur, éditeur, entrepreneur, trader...

L’intégralité de mes articles est publiée sur Objectifeco à cette adresse : http://www.objectifeco.com/auteur/c... que je considère comme mon blog perso.

Je vis en fonction de l’intuition, du coeur et de la possibilité de mourir à chaque instant.

Je mets à la poubelle la culture chrétienne, ce que m’ont raconté mes profs ou mes parents et toutes les âneries que l’Etat français a tenté de m’imposer pour me tenir en laisse...

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