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Michel Delobel

Michel Delobel

Gestionnaire de portefeuille sous mandat via une société de gestion agréée, trader pour compte propre et formateur au trading et à l'investissement en bourse, je suis aussi fondateur du site Fenêtre sur Cours et de la société ACGest, via laquelle j'accompagne également mes clients dans la constitution et le développement de leur patrimoine, la préparation de leur retraite ou encore l'optimisation de leur fiscalité.

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Nouvelle économie vs ancienne économie

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J’aimerais vous parler aujourd’hui d’un fait qui m’a marqué la semaine dernière. A l’occasion de la publication de ses résultats, Amazon a en effet vu sa valorisation (250 milliards de dollars) dépasser celle de Wal-Mart (233 milliards de dollars). « Ok, très bien, et alors ? » me direz-vous… Je suis d’ailleurs sûr que si on faisait un sondage de notoriété, Amazon arriverait largement en tête.

Au-delà de cet évènement plus symbolique qu’autre chose, le « problème » se pose quand on commence à regarder ce qu’il y a derrière ces deux entreprises. Loin de moi l’idée de dire que c’est du grand n’importe quoi, puisqu’il y a visiblement des millions de personnes pour penser qu’Amazon vaut plus que Wal-Mart. Je vous laisse juste juger d’un phénomène qui est loin d’être unique et qui est très révélateur à la fois de la comparaison « nouvelle économie » vs « ancienne économie », et de ce qui fait la valorisation d’un titre en bourse : les investisseurs regardent en effet bien au-delà d’une situation à l’instant t.

La situation en juillet 2015

C’est donc à l’occasion de la publication de ses résultats qu’Amazon a dépassé Wall Mart en termes de capitalisation boursière. Des résultats qui ont fait état d’un revenu net enfin positif, à hauteur de 92 millions de dollars sur le trimestre, pour un chiffre d’affaire de 23.2 milliards. C’est mieux que des pertes certes et mieux que ce que les analystes anticipaient, mais c’est dans l’absolu loin d’être transcendant, surtout ramené au chiffre d’affaire (0.4%) et à la capitalisation boursière.

Si on regarde les estimations sur l’année 2015, pour comparer sur une année complète, le chiffre d’affaire attendu se situe un peu au-dessus des 100 milliards, pour un résultat net de 600 à 700 millions. Ok. Et du côté de Wall Mart ?

Le chiffre d’affaire est juste près de 5 fois supérieur (près de 500 milliards), pour un résultat net de plus de 16 milliards (soit 3.3% du CA).

Wal-Mart offre par ailleurs un rendement de 2.65% à ses actionnaires, contre 0 pour Amazon. Et si Amazon n’est pas endettée et possède au contraire une trésorerie de l’ordre de 10 milliards de dollar, contre une dette également de l’ordre de 10 milliards du côté de Wal-Mart, ce serait oublier un peu vite les 10.000 magasins que possède dans le monde.

A l’instant t, il n’y a donc pas photo entre les deux entreprises, que ce soit en terme de chiffre d’affaire, de résultat net ou de rentabilité. Et si la situation financière d’Amazon est un peu plus confortable, on peut néanmoins s’étonner de l’absence d’endettement, souvent synonyme d’investissement et d’effet de levier pour les résultats futurs.

Des perspectives qui justifient un tel écart ?

Seulement voilà. On a d’un côté une entreprise du « passé », dite de l’ancienne économie, et de l’autre une entreprise du « futur », de la nouvelle économie, avec des perspectives de croissance sensiblement supérieures. Pour autant, les consommateurs auront toujours besoin d’aller dans des magasins réels pour faire leurs courses, tandis que les achats sur internet ont leurs limites, et des coûts et risques qui leur sont propres. Où se situe donc la « juste » valorisation de ces deux sociétés ?

On a tendance à dire que le marché a toujours raison… Pourtant, dans tout échange, il y a toujours un acheteur et un vendeur, et a priori un qui a tort, et l’autre qui a raison… Et si le marché avait toujours raison, il n’y aurait pas de réelles opportunités d’investissement qui se créeraient. Or il y en a (demandez à Warren Buffet), car derrière le marché comme on dit, il y a surtout des investisseurs, qui ont une fâcheuse tendance à se comporter comme des moutons…

Sur ce, je vous donne rendez-vous début septembre pour de nouveaux articles. En attendant, vous pourrez retrouver de temps à autre mes analyses techniques du CAC 40, quand je jugerai qu’il y a des choses intéressantes à dire.

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