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Les années 30

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L’endettement élevé des gouvernements et les déficits monstres suscitent bien des craintes en ce moment.  Il s’agit sans contredit de la peur numéro un en Bourse et de l’argument le plus souvent invoqué pour justifier une chute prochaine des marchés. Pour beaucoup de gens, il est complètement illogique d’avoir utilisé l’endettement excessif pour combattre une crise causée par… l’endettement excessif!  Selon eux, il aurait mieux valu faire preuve d’austérité et purger le système capitaliste en laissant les entreprises et les individus irresponsables faire faillite.

 

Ce discours, c’est exactement celui que tenait le Secrétaire du Trésor des États-Unis Andrew Mellon au président Herbert Hoover dans les jours suivant le krach de 1929.  Je le cite :

 

 

"Liquidons le marché du travail, liquidons les actions, liquidons les fermiers, liquidons l’immobilier… et purgeons le système de sa pourriture."

 

 

 

Malgré ses réticences, le président Hoover finit par suivre les conseils de Mellon, car ils représentaient l’opinion majoritaire de l’époque. Les taux d’intérêts furent donc augmentés et le gouvernement comprima ses dépenses afin d’équilibrer son budget. La hausse des taux d’intérêts avait aussi pour but de protéger les réserves d’or de la Federal Reserve. À cette époque, le dollar US était convertible en or à un prix fixe. Des taux d’intérêts élevés incitaient donc les gens à conserver leurs placements libellés en dollars US plutôt qu’à les convertir en or (et ainsi vider les réserves de la Fed).

 

Le résultat de cette politique monétaire fut un désastre total! Dix années de misère et de pauvreté qui marquèrent pour la vie plusieurs générations. L’élection de Franklin D. Roosevelt à la fin de 1932 entraîna un virage à 180 degrés de la politique monétaire, mais les dommages étaient déjà tellement grands qu’il fallut attendre la fin de la décennie (et le début d’une guerre atroce) pour sortir du marasme.

 

Avec cet éclairage historique, il est très facile de comprendre pourquoi les banquiers centraux de par le monde ont adopté une approche diamétralement opposée à celle de l’administration Hoover. Le président de la Fed, Ben Bernanke (lui-même un expert des années 30), n’allait sûrement pas répéter les mêmes politiques ayant conduit à La Grande Dépression. Une idée répandue veut que l’Homme ne tire jamais de leçons de l’histoire. Heureusement pour nous, ce n’est pas toujours le cas.

 

 

 

Philippe RANCOURT

 

Article original :

 

http://www.entrepreneurboursier.com/2009/12/02/les-annees-30/

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