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Charles Dereeper

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Rédacteur, éditeur, entrepreneur, trader...

Je vis en fonction de l’intuition, du coeur et de la possibilité de mourir à chaque instant. Pas de vie sans création quotidienne ! 

Je mets à la poubelle la culture chrétienne et le reste des religions pour neuneus attardés qui veulent nous faire gober qu'il existe trois dieux uniques (car 3 = 1, ben oui quoi, c'est un truc religieux, nous les quiches, on peut pas comprendre, c'est que eux) dont en plus, nous serions séparés (ben oui, si dieu est déjà en nous, on n'a plus besoin de se soumettre à des religieux assoiffés de domination... leur seule solution consiste à nous raconter qu'on est tout seul et dieu est ailleurs. Bien sûr, on peut lui dire bonjour, mais à condition de prendre une carte de membre...).

En fait, en considérant que nous sommes tous connectés ensemble nous les humains basiques, la vie retrouve son sens perdu et on peut se passer sans souci de cette morale catholique bidon...

Sinon, j'ai tenté du mieux que j'ai pu, d'effacer ce que m’ont raconté les profs gochos de mon enfance (yavait du boulot), l'éducation plus qu'inefficace de mes parents et toutes les âneries que l’Etat français a tenté de m’imposer pour me tenir en laisse...

Je suis totalement contre le dogme du profit maximal, qui égare la majorité des humains et qui détruit tout !

J'ai besoin autour de moi de gens électrons libres, insoumis aux normes sociales vicieuses et visqueuses et insoumis à leurs propres peurs !

Un spécial remerciement éternel pour Alain qui en 2001 / 2003 m'a offert le plus précieux des cadeaux.


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Interview de Gerard Sanz, gérant du hedge fund GLOBAL MACRO Regatta (+30% en 2 ans)

Audience de l'article : 3406 lectures
Nombre de commentaires : 2 réactions

Charles Dereeper (pour ObjectifEco.com) : Vous êtes à la tête d'un hedge fund étiqueté GLOBAL MACRO. Ce style de gestion n'est pas très connu du grand public et des épargnants classiques. Comment leur présenteriez vous votre approche ?

 

 

 

Gérard Sanz : Il me semble curieux que le style "global macro" soit aussi méconnu alors que c'est la stratégie poursuivie par des traders tels que George Soros ou Bruce Kovner dont les noms sont pourtant bien connus du grand public. Il s'agit d'une stratégie qui bénéficie aux généralistes plutôt qu'aux spécialistes. Le mot "global" signifie que les gérants considèrent que leurs investissements ne connaissent aucune restriction, ni géographique, ni sectorielle et le terme "macro" suggère que les idées de gestion sont basées sur des considérations macroéconomiques. Pour un gestionnaire appliquant une philosophie d'investissement global macro, les grandes tendances géopolitiques se révèleront plus importantes que les valorisations d'entreprises. On attribue à John Maynard Keynes le bon mot suivant, alors qu'il répondait à des critiques accusant ses théories de manquer d'exactitude: "Je préfère avoir vaguement raison que précisément tort". Cette citation résume clairement notre vision.

 

 

 

Nous n'allons jamais chercher à savoir quel titre nous devrions avoir en portefeuille, mais plutôt allons nous nous demander;  

 

 

 

1) s'il est opportun de sur-pondérer cette classe d'actifs dans l'environnement macroéconomique du moment;

 

 

 

2) si oui, quel(s) secteur(s) ou quel(s) indice(s) nous préférerons par rapport à quel(s) autre(s). Pour cela nous nous basons sur un modèle de valorisation relative que nous avons élaboré (Index Pricing Model, IPM). Celui-ci compare les indices entre eux et calcule un "ratio de préférence" qui nous permet d'évaluer la probabilité d'une évolution dans un contexte bien défini.

 

 

 

Notre stratégie se situe à la croisée des chemins entre l'analyse technique et l'analyse fondamentale. Typiquement, nous pourrions nous positionner long CAC40 et très légèrement short DAX si, selon notre analyse, nous arrivions à la conclusion que le CAC40 souffre historiquement d'une sous-performance momentanée par rapport au DAX et que, selon nos modèles, la probabilité d'un resserrement paraît élevée dans le contexte économique actuel. Si nous voulons résumer notre style de gestion, nous dirions que nous préférons des positionnements de valeur relative (arbitrage) à des transactions purement directionnelles. En d'autres termes nous ne serons jamais simplement optimistes sur le DAX, mais exprimerons une préférence toute relative pour le DAX par rapport au Nikkei, par exemple.   

 

 

 

En termes de gestion du risque, notre grille d'allocation stratégique prévoit la pondération suivante: 50% de risque actions, 20% de devises, 15% à 20% d'obligations et 15% à 20% de matières premières. Nous n'achetons aucun titre singulier mais des indices, ce qui implique qu'une grande diversification est assurée. Nous nous servons principalement de contrats sur les marchés à terme, ce qui nous permet d'appliquer aussi bien une vue optimiste (positionnement long) qu'une vue pessimiste (positionnement short), tout en gardant une liquidité absolue dans le portefeuille.

 

 

 

Charles Dereeper (pour Objectifeco.com) : Vous avez réalisé une performance de 30% en deux ans. Quels ont été vos paris gagnants ?

 

 

 

Gérard Sanz : La performance n'est qu'un instantané et devrait toujours être observée avec beaucoup de prudence. Nous préférons mettre l'accent sur la performance que nous nous fixons à long terme, à savoir 20% de rendement annuel pour 15% de volatilité annuelle.

 

En début 2009 nous étions pessimistes sur l'évolution des marchés actionnaires à la suite de leur chute vertigineuse durant toute l'année 2008. A fin mars 2009, nous avons pourtant transformé notre biais négatif en une pondération positive après une bonne semaine de séances très positives sur les marchés européens et américains. Nos indicateurs techniques à court terme pointaient vers le haut et notre mesure du sentiment des investisseurs avait également décelé une reprise d'optimisme sur les marchés actions. En conséquence nous nous sommes positionnés: long SP500, CAC40, DAX, long Hang Seng, long EUR, short USD et ponctuellement short le Nikkei. Nous avons également bénéficié d'arbitrages entre Brent Crude et WTI Crude. 

 

 

 

En 2010 nous étions de l'avis que, suite au ralentissement de l'économie globale en 2008, la reprise amorcée en 2009 se poursuivrait grâce aux efforts des banques centrales et à une politique de taux très accommodante. Notre portefeuille a donc profité des positions long DAX, argent, AUD, CAD, short EUR et à nouveau des arbitrages entre Brent Crude et WTI Crude ainsi qu'entre l'huile et la graine de soya.

 

 

 

Charles Dereeper (pour Objectifeco.com) : Tout trader se souvient de deux ou trois coups d'anthologie qu'il a fait dans sa carrière : quels sont les vôtres ?

 

 

 

Gérard Sanz : Notre stratégie ne se prête pas vraiment à la réalisation de "gros coups gagnants" puisque nous ne prenons pas de paris fortement directionnels. Cela dit, certaines transactions sont plus payantes que d'autres et nous apprécions particulièrement lorsque nos scénarios se réalisent selon nos attentes. Notre modèle mesurant l'écartement historique entre les prix de deux produits corrélés (Dispersion Measurement Model, DMM) a délivré des résultats très satisfaisants. Notre système a suivi l'évolution de l'écartement entre le Brent Crude et le WTI Light Sweet Crude sur plus de dix ans. Quand l'écartement atteint une certaine distance par rapport à la moyenne mobile qui nous intéresse, notre modèle émet un signal indiquant la probabilité de resserrement ou d'écartement de la marge (spread). Dans le courant de l'année 2010 nous avons ainsi pu, à plusieurs reprises, reconnaître un écartement "atypique" et identifier ainsi une opportunité de "normalisation" de cette relation de prix. L'écart historique à long terme entre les prix de ces deux types de pétrole ne dépasse en général pas 1 USD voire 1,5 USD. Parcontre quand un écart inhabituel se produit il peut atteindre 10 USD et passer ensuite de USD 10 à USD 1 en l'espace de quelques semaines. Nous nous positionnons donc à la baisse sur le contrat "sur-évalué" et à la hausse sur celui qui nous paraît "sous-évalué". 

 

 

 

 

 

Un second scénario que nous avions prévu en 2010 et qui nous a pernis d'obtenir une belle performance fut l'effet néfaste que la crise de la dette souveraine européenne eut sur l'EUR. Après avoir capitalisé sur la dévalorisation de l'EUR nous avions prévu qu'un EUR faible bénéficierait aux économies exportatrices en Europe et que l'Allemagne en particulier profiterait probablement de cette compétitivité sur sa balance commerciale. Nous étions par conséquent haussiers sur le DAX dès les premiers signes d'accalmie qui suivirent la crise grecque.

 

 

 

 

 

Charles Dereeper (pour Objectifeco.com) : Vous souvenez vous de certains de vos pires trades, les erreurs que vous avez commises et les leçons que vous avez tiré ?

 

 

 

Gérard Sanz : Il est vrai qu'un bon trade ne vous apprend rien, alors que vous pouvez toujours tirer des leçons d'une mauvaise opération. Lorsque vous suivez une stratégie discrétionnaire une transaction perdante est souvent la conséquence d'un manque de "jugeotte" ou d'un mauvais timing mais ce qui définit réellement un très mauvais trade est l'ampleur de la perte occasionnée par la bévue. Une petite position perdante n'occasionnera jamais de dégâts irréversibles sur un portefeuille. Lors d'un désastre, il s'agira donc toujours d'une position perdante dont la pondération aura été trop importante au sein du portefeuille.

 

Dans notre cas, nous étions convaincus en novembre 2010 que les résultats des entreprises allaient dépasser les attentes des analystes des deux côtés de l'Atlantique, ce qui nous a entraîné à tolérer une position consolidée des indices actionnaires au-delà de notre allocation stratégique. Nous avons souffert en novembre de la correction inattendue des marchés face à l'insécurité causée par les tensions entre Corée du Sud et Corée du Nord. Notre optimisme fut donc sanctionné en novembre, par contre, une fois que les positions furent recalibrées nous fûmes récompensés en décembre.

 

 

 

Nous avons complètement raté l'or en 2009 car nous n'acceptions pas l'idée de valeur refuge alors que le spectre de l'inflation était complètement inexistant. Nous avons pourtant pris notre revanche en dénichant l'argent qui évoluait bien en dessous de sa valeur si on le valorisait en terme de corrélation historique par rapport à l'or. 

 

 

 

Charles Dereeper (pour Objectifeco.com) : Parlons de votre quotidien - actuellement les politiciens mettent le paquet sur le thème de la faute aux traders (limite leur chouchou "les paradis fiscaux" est dépassé...). Les petits chinois et indiens sont affamés avec l'envolée des matières premières et c'est la faute aux traders. Le problème immobilier US et les expulsions : encore la faute aux traders ! La récession et l'hyper endettement des ménages. Toujours eux. Vu que vous faîtes un job très vilain qui fait beaucoup de mal à des centaines de millions de gens, du moins, c'est ce que les responsables politiques prétendent, pourriez vous décrire la vraie réalité d'un gérant de hedge fund ? La part que vous consacrez au travail d'information et compréhension ? Vos sources d'information ? Votre veille technologique sur l'art d'anticiper l'avenir économique ? Votre suivi des marchés ? Les ordres que vous passez ? La part du travail commercial pour vous promouvoir auprès des investisseurs souscripteurs ?

 

 

 

Gérard Sanz : Afin de comprendre les discours il est souvent utile de comprendre les enjeux et les motivations. La crise financière la plus sévère depuis la grande récession des années 30 fut causée par un cocktail explosif composé de plusieurs éléments et dont plusieurs acteurs devraient se partager la responsabilité: des taux extrêmement bas donc de l'argent très bon marché, un consommateur avide de rendements et qui vit au-dessus de ses moyens, des banques et des organes de régulation qui sous-évaluent les risques, de entreprises de rating qui manquent d'indépendance, des politiciens qui se félicitent de faciliter la croissance... Chercher un coupable dans ce contexte ressemble à une chasse aux sorcières et serait une erreur qui de plus n'apporterait rien pour endiguer une crise similaire. 

 

 

 

La seconde erreur serait de considérer le monde des gérant alternatifs comme un groupe homogène; il ne l'est pas. Les gérants peuvent avoir des vues diamétralement opposées en ce qui concerne l'évolution d'un prix ou le timing d'un scénario; ceci discrédite la thèse du groupe agissant de concert afin de spéculer d'un commun accord pour influencer les prix. Le troisième point qui choque par son esprit de contradiction est l'interprétation subjective du concept de prix soi-disant "trop élevés" ou "trop bas". Si la denrée est trop chère c'est la consommation qui en devient prohibitive et si le prix est trop bas, c'est le producteur qui souffre et les voies pour un négoce équitable s'élèvent. Ces arguments nous font penser aux interventions d'un certain président qui lève le ton lorsque l'EUR est trop fort car il handicape les entreprises et freine la compétitivité à l'exportation. Un EUR faible fait souffrir le consommateur car cela réduit son pouvoir d'achat. Je me permettrai de paraphraser Alexander Ineichen, un économiste au sens de l'humour remarquable qui écrivait récemment de l'absurdité de l'exagération de l'impact des traders sur le prix du pétrole: "..puisque certains politiciens ont accusé les traders d'avoir poussé le prix du baril de pétrole jusqu'à 140 USD, il aurait fallu remercier ces mêmes traders d'avoir raccompagné ce prix jusqu'à environ 40 USD 8 mois plus tard". Il existe beaucoup d'autres exemples illustrant le non-sens d'une telle argumentation. 

 

 

 

Le travail au quotidien d'un gérant de hedge fund est d'accepter que, quels que soient les efforts de recherche déployés il ne saura jamais tout d'une situation d'investissement. Sa seule consolation sera d'en évaluer et d'en gérer les risques: il est impossible de gérer une performance, on ne peut que gérer les risques. Le plus clair de notre temps est passé à lire et à chercher des idées de trading. Il s'agit également de prendre des décisions en sélectionnant des risques qui nous paraîssent opportuns et de négliger des situations qui nous paraissent inadéquates. Nos sources sont très diverses et comprennent des journaux spécialisés, des recherches sur internet, Bloomberg et parfois des voyages qui nous permettent de valider ou d'infirmer une préconception. Mes journées commencent à 8:00 heures et ne se terminent pas souvent avant 22:00 heures particulièrement si je dois suivre le marché US,ce qui se produit 2 à 3 fois par semaine.

 

 

 

Pour l'instant nous ne consacrons pas beaucoup de temps aux efforts de vente car nous pensons que le meilleur marketing, c'est notre performance. Au-delà de la publication mensuelle de notre rapport de gestion, nous proposons à nos investisseurs une conférence téléphonique qui nous permet de détailler la performance et nous organiserons des présentations semestrielles dès le milieu de cette année.

 

 

 

Être gérant de hedge fund est une activité relativement solitaire et je vous assure qu'un hedge fund qui sombre ne pourra compter sur aucune aide étatique, quelle que soit le nombre des employés qui perdraient leur situation.  

 

 

 

 

 

Charles Dereeper (pour Objectifeco.com) : Cherchez vous à devenir meilleur gestionnaire ? Si oui, que faites vous pour vous améliorer et progresser ?

 

 

 

Gérard Sanz : Un gestionnaire qui ne chercherait plus à s'améliorer devrait prendre sa retraite. Il s'agit pour nous de rechercher la manière la plus pure pour exprimer nos vues. Je travaille avec un analyste quantitatif afin d'améliorer la compréhension des risques que contient notre portefeuille. Il existe de "bons risques" et de "mauvais risques" dans tout portefeuille. Nous cherchons constamment à qualifier ces risques de façon à privilégier les transactions à asymétrie positive. En d'autres termes, nous voulons mettre toutes les chances de notre côté. La Rochefoucault a bien dit: " Le hasard favorise ceux qui le combattent"…

 

 

 

Charles Dereeper (pour Objectifeco.com) : Je vous remercie d’avoir pris le temps et l’énergie pour répondre à ces questions. Je souhaite à votre hedge fund une longue vie très profitable.

crisedusiecle
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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Charles DEREEPER mercredi, 02 mars 2011 23:47 Posté par Charles DEREEPER

    bonjour, nous avons mis en place les forums qui gèrent nettement mieux cet aspect que les zones commentaires. n'hésitez pas à vous en servir. il y a une rubrique gestion collective / hedge fund.

    cordialement
    charles