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Buffett 1956-1968, les années du partnership

Audience de l'article : 1470 lectures
Nature de contenu : Edito
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Bien avant l’acquisition de Berkshire Hathaway, Warren Buffett était gestionnaire d’un partnership d’investissement. Les membres du partnership confiaient un certain montant d’argent à Buffett que celui-ci pouvait investir à sa guise. Il n’était même pas tenu de révéler la nature de ses investissements à ses “partenaires”. De nos jours, ce type de structure s’appelle tout bonnement un hedge fund. Buffett publiait une lettre semi-annuelle à ses partenaires pour leur donner un compte rendu des résultats. À l’image des lettres annuelles de Berkshire Hathaway, ces lettres sont un mélange de citations amusantes et de gestion des attentes, mais demeurent assez opaques quant à ses méthodes véritables d’investissement.

 

Buffett y décris néanmoins les quatre types d’opération d’investissement qu’il effectue pour le partnership :

 

 

 

1. Achat d’actions sous-évaluées pour un acheteur visant à privatiser la compagnie

 

Il s’agit d’actions nettement sous-évaluées sur la base d’une analyse financière minutieuse. Ces titres sont de petites sociétés ignorées par le marché que ne dédaignerait pas Benjamin Graham. La principale qualité de ces sociétés est donc leur prix d’aubaine. Elles se vendent à un prix inférieur à ce qu’un acheteur voulant privatiser la compagnie serait prêt à payer. Buffett achète ce type d’action, attend qu’un catalyseur fasse rebondir le titre et le revend ensuite à sa “juste valeur”. Si le catalyseur externe ne se présente pas, Buffett a toujours l’option de prendre le contrôle de la société et d’agir lui-même comme catalyseur pour en débloquer la valeur (voir no 4).

 

 

 

2. Achat d’actions sous-évaluées par rapport à des titres comparables

 

À qualité égale, il s’agit de titres ayant une évaluation boursière faible en comparaison de sociétés du même type. Par exemple, la banque ABC se vend à 14 fois les profits alors que la banque XYZ à un ratio c\b de 9. Ces actions sont des aubaines boursières au sens plus classique du terme. Ce sont aussi des sociétés de plus grande taille que la première catégorie. Un bon exemple de ce type d’opération fut son célèbre achat d’American Express. Buffett profita du “salad oil scandal” pour investir une grande partie du partnership en actions d’American Express à un prix très alléchant. Il fit le pari que le scandale n’affecterait pas de façon durable les opérations d’American Express et les résultats furent fabuleux.

 

 

 

3. Arbitrages (workouts)

 

Buffett aime beaucoup les opérations d’arbitrage. Il les voit comme une façon relativement sûre de faire de l’argent peu importe la direction générale du marché. Les années 60 sont fertiles en fusion/acquisition dans le domaine pétrolier et Buffett exerce ses talents d’arbitragiste sur bon nombre de ces transactions. Il suit ainsi les traces de son maître à penser Benjamin Graham, qui, à une autre époque, affectionnait les opérations d’arbitrage sur les restructurations de sociétés de chemins de fer.

 

 

 

4. Position de contrôle

 

Dès les débuts de son partnership, Buffett à l’audace de prendre le contrôle de petites compagnies qu’il juge nettement sous-évaluées en Bourse. Sa première prise de contrôle à lieu en 1958 et concerne la société Sandborn Map. Cette firme possédait un portefeuille d’investissements supérieur à sa valeur boursière et Buffett força le conseil d’administration à le distribuer aux actionnaires. Trente-cinq ans auparavant, Benjamin Graham avait mené une opération semblable avec la société Northern Pipeline.

 

Le fabricant d’éoliennes Dempster Mills fut sa deuxième prise de contrôle. Il restructura financièrement la société, générant un gros dividende pour les actionnaires, mais devenant au passage l’ennemi public numéro un de la ville… Le fabricant de textiles Berkshire Hathaway fut probablement sa prise de contrôle la plus célèbre. Tout comme Sandborne Map et Dempster Mills, son acquisition fut d’abord une opération de catégorie 1 et se transforma progressivement en position de contrôle.

 

En conclusion, ce blogue n’est évidemment qu’un résumé partiel des méthodes de Buffett à l’époque de son partnership. L’examen plus en détails de cette période nous révélerait probablement toute la complexité et la sophistication des méthodes du vieux renard d’Omaha. Il est clair que les méthodes 1, 3 et 4 ne sont pas à la portée de la plupart des investisseurs. Buffett à toujours été un financier brillant et sophistiqué à des années-lumière de l’image simpliste “du gars qui fait du buy and hold avec des blue chips” qu’en donne les médias financiers. Si c’était véritablement facile d’investir comme Warren Buffett; nous serions tous déjà milliardaires !

 

 

 

Philippe RANCOURT

 

Article original :

 

http://www.entrepreneurboursier.com/2010/11/29/buffett-1956-1968-les-annees-du-partnership/

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