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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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Loic-Abadie

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Les scénarios possibles pour la crise du covid, conséquences sur le pétrole.

Audience de l'article : 3121 lectures

Voici divers scénarios envisageables pour les trimestres à venir, après l'épidémie.

On va commencer tout de suite par en éliminer un, auquel je n'ai jamais vraiment cru :

 

Celui du retour de l'épidémie et de la seconde vague.

Partout en Europe, en Asie, et maintenant en Amérique du Nord, on observe des courbes de ce type : 

germany case
Avec une absence totale de rebond épidémique dans les pays qui ont confiné puis déconfiné leur population (on a maintenant plus d'un mois de recul en Allemagne).

L'hypothèse d'une épidémie saisonnière, qui disparaîtra d'ici la fin de l'année (hors petites résurgences locales et ponctuelles) est donc hautement probable, comme l'avait très bien vu le professeur Raoult, avec les dernières flambées épidémiques en Amérique du Sud.

Il y a plusieurs explications scientifiques possibles qui feraient que le seuil d'immunité collective soit bien plus bas qu'on ne le pensait initialement, peut-être inférieur à 10%. En voici quelques unes ici et ici (immunité croisée).

Voyons donc les scénarios restant possibles, dans un contexte où l'épidémie aura disparu presque totalement d'ici la fin de l'année.

1) Celui de la dérive vers la crise financière et économique prolongée.

C'est le scénario que je privilégie pour l'instant. Avant même le covid, les indicateurs (courbe des taux) annonçaient la fin de cycle et la récession. Le Covid n'a fait qu'accélérer de quelques mois son déclenchement, en la rendant beaucoup plus brutale.

A cause des choix désatreux et liberticides de nombreux gouvernements de confiner totalement leur population (pour une épidémie qui aura laissé plus de 99,95% de survivants en France,et encore plus ailleurs !), on va subir une récession sans doute supérieure à 10% du PIB sur 2020 dans une majorité de pays développés d'Europe et d'Amérique. En Asie le choc sera moins marqué. Le PMI manufacturier d'avril, à 41,6 a subi une chute modérée en Corée du Sud, qui n'a rien à voir avec les niveaux catastrophiques atteints en Europe où on se situe entre 30 et 35.

Dans tous les cas, une telle récession entraînera une cascade de faillite, une chute de la consommation importante des ménages et un creux d'activité sur plusieurs trimestres. Les actions des banques centrales (pour l'essentiel des injections de liquidités par rachat de prêts et garanties de prêts) ne sont pas des soutiens directs à la consommation.

Et jusqu'ici l'"helicopter money" (chèques consommations et prestations distribuées directement à la population) se fait à des montants nettement inférieurs à la perte d'activité.

Dans un tel scénario, la demande de pétrole rebondirait quand même rapidement, tirée par la fin des confinements partout dans le monde, et par le fait que la zone Asie a été nettement moins touchée. Elle pourrait s'établir d'ici quelques mois à un niveau simplement de 3 ou 4 millions de barils / jour en dessous de celui d'avant-crise, alors que l'offre a été réduite de plus de 7 millions, et que la production de pétrole de schiste US, étranglée par les prix bas, décroit au rythme de 1 millions de bpj en moins chaque mois actuellement.

- > Dans ce scénario l'offre deviendrait inférieure à la demande avant la fin de l'année, même avec une prolongation de la crise économique et la persistance de marchés baissiers. L'assèchement des stocks en excès surviendrait dans le courant de l'année 2021.

Le contexte redeviendrait donc favorable au pétrole assez rapidement, avec une hausse progressive des prix, ceux-ci restant toutefois modérés jusqu'en 2021 sans doute (mais largement suffisants pour que les pétrolières classique retrouvent une rentabilité correcte dès 2021).

 

Scénario 2 : Japonisation.

Ce scénario demanderait une forte entente politique (contrairement au précédent) sur la distribution forte d'"helicopter money" (plans type "Heroes act" à 3000 milliards de $ aux USA), et en même temps l'absence de réaction inflationniste au déversement d'argent gratuit.

Il déclencherait une reprise en V rapide, associé à un rebond de la demande en pétrole mondiale au niveau d'avant crise dès la fin de l'année 2020, et un niveau supérieur à celui d'avant-crise dès la fin 2021 tiré par les émergents d'Asie principalement.

On aurait ensuite comme avant une croissance molle et artificielle par une bulle d'actifs et des déficits publics sur la majorité des économies.

En raison de la forte chute de l'offre, de la situation financière désatreuse des producteurs de pétrole de schiste US et du gros retard à l'allumage des investissements pétroliers, il n'y aurait pas de redémarrage significatif de l'offre avant 2022 au moins, avec une probable explosion des prix pétroliers, à 100 $ / baril ou plus dès 2021. Cette hausse pourrait ressembler beaucoup au haut de cycle pétrolier post crise de 2009 (période 2011-2014), en plus fort.

Scénario 3 : Hyperinflation immédiate.

Ce scénario ressemblerait dans son début au précédent : fort consensus politique aux USA, en Europe et ailleurs sur un déversement d'"helicopter money" avec un "Heroes act" (ou une variante de même ampleur) accepté, et un équivalent adopté en Europe (il faudra beaucoup plus que les 500 milliards de Merkel et Macron !). La différence étant que cette fois les marchés perdraient confiance (ceci ne se contrôle pas) et que les monnaies seraient très fortement dévaluées.

Evidemment dans ce cas, inutile de vous dire que ce serait une issue optimale pour le pétrole, dont les prix exploseraient à la hausse tout comme ceux de l'or !

En conclusion

J'ai beau tourner le problème dans tous les sens, je n'arrive pas à imaginer dans le contexte actuel de scénario défavorable au pétrole (en dehors de celui hautement improbable de la grande seconde vague épidémique).

Tout au plus dans le scénario récessif, on pourrait avoir une petite rechute des cours du baril (et des actions pétrolières) d'ici la fin de l'année et / ou le début 2021. Mais à plus long terme, quasiment tous les scénarios pointent vers une demande qui croiserait assez vite l'offre à la hausse, donc vers une hausse significative des prix pétroliers.

Et lorsque je fais tourner les screeners d'analyse fondamentale, je vois clairement que les valeurs les plus décotées aujourd'hui sont les valeurs pétrolières, alors que ce sont pourtant celles qui sont sur un des secteurs qui devrait à priori s'en sortir plus vite que les autres.

Ajoutez à cela que le pétrole est un secteur "démodé", "mal vu" (chose que je recherche en général !)...que de nombreux investisseurs vont délaisser parce que comme vous le savez "le pétrole c'est has been, c'est très mal et vraiment pas bisounours d'investir là dedans quand de gentils khmers verts collectivistes vous expliquent que si vous ne vous convertissez pas à la religion écolo-décroissante, cela va causer au moins la fin du monde (ou de l'univers, je ne sais pas trop), créer d'atroces virus et autres punitions divines (tiens au fait c'est bizarre, il semblerait qu'un gros réchauffement climatique appelé "été" ait mis fin à l'épidémie en Europe. Il semblerait aussi que l'habitat dispersé, les voitures et transports individuels soient d'excellents moyens de distanciation sociale !)...

Et vous aurez une excellente recette pour la formation d'une belle anomalie de marché !

loic-investir-devenirrentier
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8 commentaires

  • Lien vers le commentaire Engin-ear mercredi, 03 juin 2020 07:38 Posté par Engin-ear

    Excellent article!!!

    Pourriez-vous prévoir un article sur la "cascade de faillites" possible? Ampleur et les délais?

    De mon point de vue, 2.5 mois de confinement vont supprimer ~2 mois du chiffre d'affaires à de nombreuses PME qui étaient à peine à l'équilibre jusqu'ici.

    Les prêts de secours vont se rajouter à la dette existante qu'il faudra encore  savoir rouler.

    Rajoutez à cela la perte de confiance dans l'avenir pour certains.

  • Lien vers le commentaire Gibondi samedi, 30 mai 2020 07:34 Posté par JMG

    Bonjour Loic Je me suis abonné à une des vos formation (PEA) il y a 1 mois et je n'ai pas de news de votre part, je vous laisse me contacter merci à vous Jm

  • Lien vers le commentaire Pierre lundi, 25 mai 2020 17:55 Posté par moon14@free.fr

    Sur le retour de l'épidémie et la seconde vague, elle semble quand même bien visible en Iran par exemple non ?

    https://www.worldometers.info/coronavirus/country/iran/

  • Lien vers le commentaire francois lundi, 25 mai 2020 09:09 Posté par frcclair

    Concernant les screener d'analyse fondamentale, lesquels utilisez vous?

  • Lien vers le commentaire RP69 lundi, 25 mai 2020 08:44 Posté par rp69

    A pascal : il est tout à fait possible que la très grande majorité des emplois permettant le  "télétravai" à ce jour soient détruits dans moins de 15 ans (pour ne pas dire 10 ans)....un comptable qui travaille de chez lui et s'imagine qu'il va le faire  toute sa vie devrait rapidement réagir...c'est une des professions dont on commence à se passer : des centres de comptabilités de plus en gros se sont créer et permettent à n'importe quel chef d'entreprise possédant des connaissances mêmes minimes en informatique de saisir sa compta sans que cela soit chronophage...le tout conjuguée à l'IA (déjà intégré à ces centres...je vous laisse imaginer la suite...)...et la compta n'est qu'un exemple...je peux me tromper, mais le secteur tertiaire est celui où destructions d'emplois sera la plus forte...vous croyez vraiment que la "dématérialisation" de tout va créer de la richesse ? l'industrie, l'agriculture ont encore un peu d'avenir, le pétrole aussi  mon sens (et rappeler vous des alarmistes de tous horizons depuis 40 ans sur le peak oil...MDR

  • Lien vers le commentaire francois lundi, 25 mai 2020 08:37 Posté par frcclair

    Assez en phase avec toi Loïc, mais je me pose la question des conséquences des nouvelles politiques d'investissement "green" "RSE" etc....
    Quelle quantité de flux en moins dirigées vers ces société considérées comme "sales"?

  • Lien vers le commentaire pascal dimanche, 24 mai 2020 17:22 Posté par pascal

    Bonjour
    Votre raisonnement est sûrement partagé par beaucoup de gros investisseurs. Les marchés ont coutume d'anticiper. Alors pourquoi le cours des pétrolières ne démarre t il pas une hausse dès maintenant ?
    il y a peut être d'autres facteurs qui maintiendront basse la consommation de pétrole: faiblesse prolongée du trafic aérien (gros consommateur de pétrole), incitation lourde au télé travail et aux vidéo conférences au lieu des déplacements professionnels, maintien de quarantaines à l'entrée des pays qui réduiront durablement le tourisme de masse.
    Bref une mutaton de nos sociétés vers la digitalisation et l'économe locale. Mutation annoncée pour lutter contre le réchauffement climatique et accélérée pour se protéger de la pandémie. 
    cordialement

  • Lien vers le commentaire Harry Haller dimanche, 24 mai 2020 16:31 Posté par harry

    Bonjour, merci David pour ce nouvel exercice difficile. Toujours aussi savoureux. :)