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L'or - Fiche 3 : L'Etalon-or International (1870-1914)

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L’étalon-or a vu le jour en Angleterre au 18e siècle, et presque tous les pays s’y rallient au cours du 19e siècle.

 

Le terme étalon-or signifie que chaque monnaie est liée à un taux de change fixe avec l’or (par exemple, le change du dollar se fait au taux fixe de 20,67 dollars pour une once d’or).

 

Partout où l’étalon-or est en usage, les billets de banques sont en tout temps convertibles en monnaie or, sur simple demande. La monnaie est dite couverte par de l’or. Ceci pour rendre impossible la dévaluation des billets de banques par rapport à l’or. Le franc français a ainsi conservé son pouvoir d’achat pendant 100 ans.

 

 

Le système monétaire américain est basé sur le bimétallisme (étalon or-argent) de 1792 à 1873, à cause de la puissance des propriétaires des mines d’argent aux Etats-Unis. La loi autorise les banques américaines à émettre leur propre monnaie-papier pour autant qu’elle soit remboursable à vue par de l’or ou de l’argent. A un certain moment, il existe jusqu’à 10'000 sortes de billets de banques différents en circulation !

 

 

Certificat d’or de 1922 donnant droit à $100 en or, remboursable à vue en pièces d’or. Source http://www.ronscurrency.com 

 

 

Certificat d’argent de 1896 donnant droit à $2 en argent, remboursable à vue en pièces d’argent. Source : http://www.ronscurrency.com

 

Durant la Guerre de Sécession, le Congrès américain émet une série de billets, les fameux « greenbacks », pour financer l’effort de guerre, et les impose comme moyen obligatoire de paiement. Théoriquement couverts par de l’or, ces billets ne sont pas convertibles en or et permettent au gouvernement d’en imprimer autant qu’il le désire, pour les besoins de la guerre.

 

L’inflation ne tarde pas à se manifester, les pièces d’or et d’argent sont thésaurisées. Le billet vert ne s’échange plus qu’à 35% de sa valeur or en 1864. Mais, par une série de décisions politiques, le dollar papier retrouve sa valeur or à partir de 1879. Puis, sous un système proche de l’étalon-or, les USA connaissent, de 1879 jusqu’en 1913, une inflation moyenne proche de zéro et les prix ne fluctuent que dans une fourchette de 17% sur 34 ans.

 

Avec l’étalon-or, les réserves de monnaie des Etats sont uniquement constituées d’or et tous les déficits de la balance des paiements se paient en or (balance des paiements = ensemble de toutes les opérations commerciales et financières d’un pays avec le reste du monde). En cas de déficit de la balance, l’or sort automatiquement du pays pour aller remplir le coffre d’une banque centrale étrangère. En conséquence, il reste moins d’or en circulation dans le pays où la balance est déficitaire, ce qui tend à faire baisser les prix et relancer l’exportation. Finalement, la balance est forcée de retourner à l’équilibre. William Bonner décrit en ces termes cet ancien système monétaire dans son livre « L’empire des dettes » : « Le système était ingénieux, il était honnête. Ce qui le rendait peu adapté aux besoins de la guerre et des bâtisseurs d’empires ».

 

Un autre aspect fondamental de l’étalon-or, c’est que les gouvernements sont contraints à ne pas vivre au-dessus de leurs moyens, ce qui irrite au plus haut point certains politiciens. Alan Greenspan en personne, avant qu’il ne devienne président de la Réserve fédérale américaine, vantait pourtant les mérites de l’or en tant que monnaie, et de l’étalon-or en tant que système monétaire. Il écrivait en 1966 : 

 

« En l’absence d’un étalon-or il n’y a aucun moyen de préserver son épargne de la confiscation par l’inflation. S’il y en avait un, le gouvernement rendrait sa possession illégale, comme ce fut le cas avec l’or [la possession d’or a été rendue illégale aux USA de 1933 jusqu’en 1975]. Voici le plan mesquin des adversaires de l’or : les déficits budgétaires sont simplement un mécanisme de confiscation de la richesse. L’or se tenait sur leur chemin, comme un protecteur des droits patrimoniaux. En sachant cela, on n’a aucun mal à comprendre pourquoi l’étalon-or avait autant d’adversaires ».

 

Léonard SARTONI

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